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20/10/2004
LETTRE OUVERTE AU MAIRE D'ORLÉANS
DES
PARKINGS ! DES PARKINGS !
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DISTRIBUTION
ACTUELLE DES PARKINGS A ORLEANS
On voit nettement que tous les parkings existants sont concentrés sur
les boulevards et en centre-ville "commercial" ou "administratif".
AUCUN NE CONCERNE LE SECTEUR EST DU QUARTIER BOURGOGNE !

Monsieur
le Député Maire,
Ca ne peut plus durer. Il nous FAUT des parkings DE PROXIMITE dans ce
secteur Est !
Il n'est pas possible de laisser les centaines de véhicules
d'étudiants et de professeurs des deux grands établissements scolaires
du quartier, St-Euverte et surtout St-Paul (qui se garaient auparavant
sur les quais) phagocyter nos rues amenant les résidents à se garer "au moins mal" et du coup à s'exposer régulièrement à la verbalisation.
Dieu merci ! la Faculté a repoussé votre projet d'intégration de l'Université de Lettres dans le quartier. Les 5000 étudiants attendus n'auraient fait qu'encombrer un peu plus notre chaussée et je ne suis pas sûr que leurs logements seuls n'entraînent pas la même nuisance. On est plutôt porté à penser que s'ils habitent en ville sans que leurs salles de cours y soient, ils se déplaceront eux aussi en voiture !...
Je vous sais amateur d'Histoire, et je me souviens très bien de notre discussion, lors de la visite que vous m'aviez faite quand vous n'étiez encore que candidat à la Mairie. Votre souci majeur pour l'Est de ce quartier portait déjà et à juste raison sur le stationnement. Vous m'aviez demandé mon avis sur la construction possible de parkings SOUS le Cloître St-Aignan, à quoi je vous avais répondu que le sous-sol réservait sans doute des surprises en matière d'archéologie et que la durée des travaux à envisager nécessitait probablement de chercher d'autres réponses dans l'immédiat...
Nous étions en Février 2001. Disant cela, je ne soulignais alors, déjà, que l'urgence d'une réponse au problème...
J'ai eu tort de vous orienter vers la recherche d'autres solutions car, en quatre ans aujourd'hui, celle-ci au moins aurait pu être largement terminée.
Dès son entrée en fonction en 2001, le Comité de Pilotage du CCQ Bourgogne au sein duquel vous m'avez convié à travailler s'est donné la peine d'arpenter chaque rue pour répertorier les emplacements supplémentaires possibles dont la liste a été communiquée à vos services. (transformation possibles en certains endroits du stationnement parallèle en places "en épi", à cheval sur le trottoir dans certaines rues sens unique, repérage des emplacements de livraison caduques, etc.). Malheureusement, fin 2004, vos services par ailleurs si agiles du stylo pour verbaliser n'ont toujours pas montré leur dextérité en matière de pinceaux. Il ne s'agissait en effet que d'investir dans un peu de peinture pour définir quelques dizaines de places supplémentaires. C'était peu mais c'était déjà ça...
Devrons-nous investir nous-même avec quelques peintres du dimanche pour réaliser ces travaux d'utilité publique ? L'expérience a déjà été faite avec un certain retentissement du temps de votre prédecesseur, nous souhaiterions ne pas avoir à la reproduire.
Sans rire, la question du stationnement dans cette partie Est du quartier Bourgogne est un sujet grave auquel vous devriez accorder une réelle priorité.
On voit parfaitement sur le plan ci-dessus la distribution très inégale des parkings de la ville. L'Est a été oublié en cela comme en d'autres choses depuis fort longtemps. J'ai coutume de dire que cette partie Est était "hors les murs" à l'époque de Jeanne d'Arc, et qu'elle l'est restée. Elle abrite pourtant aujourd'hui plus de 4 000 résidents, qui votent eux aussi !
Si les calèches d'autrefois entraient sous les porches d'hôtels particuliers ou de granges, quand ce quartier ne comportait qu'une faible densité d'habitants, le laisser-faire des municipalités successives et la logique du fric facile depuis plusieurs décennies nous ont conduits à une impasse, un excès, un goulot d'étranglement : Les voitures ont envahi les rues et la ville ne peut en absorber plus.
Conclusion rapide de certains, logique mais de courte vue : on doit chasser la voiture de l'espace urbain.
Pourtant, on peut voir les choses sous un autre angle : LA VOITURE FAIT PARTIE INTEGRANTE DE LA FAMILLE MODERNE, ELLE EST SON INSTRUMENT DE LIBERTE, DE TRAVAIL, DE LOISIRS, SON AUTONOMIE DE DEPLACEMENT ET D'APPROVISIONNEMENT.
Elle est même plus (ou pire) que cela. Elle est devenue un symbole de réussite...
Aucun Transport en Commun, fût-il TSP, ne remplira jamais son rôle avec la souplesse souhaitable pour ne parler que de son aspect utilitaire.
Aux oiseaux il a poussé des ailes. A l'Homme du commun il n'a poussé que des roues, mais c'est pour satisfaire ce besoin vital d'indépendance que l'industrie de l'automobile existe, et à court terme je vous vois mal remettre en question l'évolution.
Il n'est pas question ici de déïfier la civilisation de l'automobile pas plus qu'on ne doit la diaboliser. C'est juste un constat. Il faut FAIRE AVEC, et sans doute encore pour de nombreuses années...
Que souhaitent les orléanais en réalité ? Mieux circuler par tous moyens (à pied, à vélo, skate, fauteuil roulant, trottinette, ou voiture) en garant facilement leur véhicule personnel, quel qu'il soit, au plus près du but de leur expédition en centre-ville. (Non, non! le terme "expédition" n'est pas trop fort !)
La circulation/stationnement est à la fois un problème de tuyauterie et de Physique moléculaire.
Je m'explique : L'écoulement d'un fluide dans un conduit dépend tout à la fois de la dimension du conduit, de la viscosité du fluide et de son adhérence aux parois. Plus le fluide a d'énergie, plus il est liquide et mieux il s'écoule. Plus on retire d'énergie à ce fluide, et plus il se transforme en masse solide; ce qui finit par tout bloquer. Or, réglementation et répression sont des facteurs de refroidissement du système qui vont paradoxalement à l'encontre de son bon fonctionnement. Toute réglementation imposée est un facteur "organisationnel" amenant à une cristallisation des fluides. C'est un moyen de contrôle pratique pour l'observateur, mais pas du tout un moyen de facilitation du flux.
Inflige-t-on des coagulants à un organisme atteint d'athérosclérose ? Non! On lui donne de l'aspirine pour liquéfier le sang, et autant que faire se peut on nettoie ses artères !
Or, c'est l'inverse qui se passe dans notre ville... On sclérose définitivement les artères atteintes !
La réfection de la place de la République en est la dernière illustration : C'était l'un des derniers endroits en centre-ville où l'on pouvait encore stationner sans gêner la circulation. Certes, cette place sera beaucoup plus agréable à traverser à pied, aucun doute là-dessus, mais les commerces alentour vont sentir la différence !
Ce sont pourtant ces artères qui irriguent les organes importants qui font la VIE de notre ville (accès aux commerces, aux banques, aux administrations, aux travaux privés ou sur les voies publiques, etc.). Il est donc essentiel d'en faciliter les flux.
J'entends d'ici votre question : Que faudrait-il donc faire, alors ?...
- Laisser au fluide son énergie propre (ne pas lui piquer d'argent sous prétexte de réguler le stationnement, ça ne fait que diminuer la clientèle pour les commerces de centre-ville), voire en rajouter (en subventionnant des taxis gratuits pour les courtes courses intra boulevards). Ca coûte en apparence, c'est vrai, mais au final, c'est toute l'activité du centre-ville qui s'en trouverait revivifiée. Il devrait être possible de trouver un accord avec les commerçants pour financer cela. C'est leur intérêt bien compris que les clients viennent facilement chez eux et en repartent sans problème de transport avec leurs gros paquets dans les bras.
- Et surtout "décrasser la tuyauterie" pour éliminer les adhérences aux parois du conduit (encourager les résidents et employés du centre-ville à utiliser des parkings à tarifs TRES réduits, voire gratuits, à condition bien sûr qu'il y en ait de disponibles !).
En la matière, le respect strict des règles d'urbanisme est essentiel. Encore faut-il qu'elles soient observées et que leurs manquements soient sanctionnés.
La division d'immeubles pratiquée comme un sport national a enrichi certains individus au détriment de la collectivité. Il faut faire payer les profiteurs !
Normalement et selon la loi, quand elle n'est pas détournée par des arguments spécieux, la division d'immeubles n'est permise par le Code d'Urbanisme qu'avec une compensation : la création d'un parking et demi par cuisine supplémentaire créée, ou par le paiement d'une taxe à la ville (50 000F dans les années 90 augmentée à 80 000F depuis. Tout promoteur sérieux pourra vous le confirmer, je vous laisse vérifier auprès de vos services combien ça fait aujourd'hui en Euros).
En bonne arithmétique, les centaines de studios créés légalement dans le centre-ville depuis vingt ans devraient avoir généré un sacré pactole.
Cette taxe est sensée permettre à la Ville de créer des emplacements de substitution dans un rayon de 300 mètres de ces divisions. Ce sont autant de véhicules particuliers qui ne coucheraient pas dans la rue. Or, depuis vingt ans pour ne pas remonter plus loin, de nombreux immeubles anciens du quartier, monofamiliaux à l'origine, ont été découpés en des centaines de studios sans générer aucune contrepartie en parkings DE PROXIMITÉ. Et pour cause : la plupart d'entre eux l'ont été illégalement, sans aucune déclaration, pourtant obligatoire en cas de changement de destination.
Il serait facile de comparer chaque adresse des listings d'impôts locaux ou d'ordures ménagères d'il y a cinq, dix, et vingt ans, avec celles d'aujourd'hui. On se rendrait compte immédiatement que le nombre d'habitants a décuplé sans raison logique dans certaines maisons monofamiliales qui n'ont jamais fait l'objet d'aucune demande de division officielle.
Leurs occupants ne vivent pourtant pas en communauté, et la création de cuisine est - plus exactement aurait dû être - le fait générateur de la taxe.
Que constatera-t-on? Que les immeubles sis à ces adresses appartiennent en nom propre ou au travers de multiples SCI à une poignée de propriétaires dont les mêmes noms reviennent en permanence !...
Les locataires de ces individus n'ont d'autre choix que de laisser à journée faite leur(s) véhicule(s) stationné(s) sur la voie publique, ce qui, même en cas de stationnement dans un cadre autorisé, a pour conséquence inéluctable de privatiser subrepticement le domaine commun.
Or, pour faciliter la circulation dont elle reste le but primordial, la "voie publique", comme son nom l'indique, doit être PUBLIQUE ! A défaut de l'être restée, elle doit le redevenir, mais pas au détriment des autres habitants du quartier !
Les résidents de cette partie Est du quartier Bourgogne doivent-ils se garer à la charpenterie ou au Martroi pour satisfaire quelques spéculateurs immobiliers ? (ne parlons pas du Campo Santo ni St-Pierre Lentin où tout est réservé aux administrations - plus d'un an d'attente pour espérer obtenir une place)
Nous
vous proposions avec le projet Coquille un emplacement idéal
pour décongestionner nos rues en construisant un vrai parking "DE PROXIMITÉ" pour les résidents. C'était une occasion à ne pas manquer qui aurait dégagé plus d'une centaine de places dans les rues avoisinantes.
On ne peut que constater avec regrets que vos services ont autorisé un promoteur parisien à construire un immeuble d'habitations à la place, et il appert (outre son aspect hôtelier qui paraît pertinent) que le projet "Motte-Sanguin" en prévoit d'autres...
Personne n'a rien contre l'arrivée de nouveaux habitants mais, même si un nombre de parkings suffisants accompagne ces nouveaux logements (d'étudiants dans le cas de la rue Coquille, ou familiaux dans le cas de Motte-Sanguin), il n'en reste pas moins que le manque de garages et parkings, cruellement accumulé au fil des décennies précédentes, DOIT ÊTRE RÉSORBÉ.
Il faut donc en priorité dégager d'autres emplacements, DE PROXIMITÉ RÉELLE CETTE FOIS, décourager de manière drastique toutes futures divisions sauvages d'immeubles (qui ne font que produire des usines à sommeil concentrant des populations marginales), et encourager les propriétaires à réaménager des garages et parkings privés plutôt que faire juter chaque mètre carré de POS.
Les subventions relatives à l'obligation de réfection des façades (dans le cadre de la restauration du Centre Ancien) pourraient être prises en exemple pour cette reconquête. Il pourrait être fait la même chose pour encourager la construction ou la récupération de garages et parkings à l'intérieur des boulevards.
(accessoirement, on pourrait aussi n'accorder de Permis de construire ou de diviser qu'en rapport avec l'obligation d'un local à bicyclettes et à poubelles proportionné au nombre futur d'occupants).
On se plaint depuis des années que les commerces de centre-ville disparaissent au profit des grandes enseignes de périphérie .
C'est tout simplement parce qu'on peut s'y garer facilement !
Le cas caractéristique et particulièrement frappant est celui du haut de la rue de Bourgogne qui s'est vidé de tous ses commerces en moins de vingt ans.
En l'espèce, le retournement du sens de circulation (et donc la fréquentation différente des pendulaires qui faisaient leurs courses en sortant du bureau le soir et pas en y venant le matin) s'est ajouté aux difficultés de stationnement dûes à ces divisions sauvages.
Le projet Motte-Sanguin dont nous avons eu écho semble très valorisant pour l'Est de la rue de Bourgogne, et on ne peut que se réjouir de voir revivre cette partie du quartier. D'autant que si vous voulez vraiment créer un lien entre le centre ancien et l'hôtellerie de classe projetée, il vous faudra bien envisager la remise en sens "sortie" de la rue de Bourgogne. Nos futurs commerçants ne pourront que s'en réjouir également.
Mais si tous les véhicules de riverains pouvaient être "logés" à PROXIMITÉ de leurs domiciles, la chaussée serait libérée pour le stationnement temporaire des chalands venant de l'extérieur, et la circulation s'y ferait plus fluide. Tout le monde y trouverait son compte.
Au lieu de ça, la suppression du stationnement sur les quais (mesure avec laquelle tout le monde est d'accord sur le plan de l'esthétique) a été prise avec anticipation, pour ne pas dire avec précipitation sur les plans de l'économie et de l'urbanisme !
Une bonne part des 800 à 900 véhicules qui y stationnaient quotidiennement se retrouvent maintenant à encombrer nos rues étroites, depuis le châtelet jusqu'au secteur Est du quartier (en orange sur le plan) qui nous préoccupe ici.
Devant les difficultés croissantes de stationnement pour leurs clients, plusieurs petits commerces autour du Châtelet ont dû émigrer au-delà des boulevards.
La verbalisation ne peut résoudre à elle seule le manque de places nécessaires.
Vous avez également repoussé le projet de 1000 places sous le boulevard A. Briand, officiellement en l'attente d'une intégration dans le projet de liaison TSP qui doit passer au nord du théâtre. Soit ! il est des cas où il est sage d'attendre, on vous l'accorde, mais la polémique est restée dans les esprits : une certaine association de riverains n'en voulait pas... Ces gens auraient-ils donc tant d'influence ? On nous a parlé d'une pétition réunissant 400 signatures... Nous serions curieux de consulter la liste de ces pétitionnaires, car peu d'entre eux doivent habiter le quartier.
Notre enquête (.pdf), réalisée en Novembre 2003 à propos de ce projet de parking, montre au contraire que plus de 80% des habitants du secteur (en orange sur notre plan) attendent avec impatience une solution pour le stationnement entre Loire et théâtre ! fichier des résultats (.pdf)
A toutes fins utiles, nous tenons à votre disposition l'ensemble des réponses à cette enquête.
Agréez, Monsieur le Député-Maire, mes sentiments distingués.
Jacky MINIER
Président d'AVB |