Dominique Colas
Professeur de Science politique, chercheur au CERI
Directeur de la spécialité Russie-CEI au sein du master de recherche et
de l' Ecole doctorale de l'IEP de Paris
Directeur des Cahiers Anatole Leroy-Beaulieu
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27 rue Saint Guillaume - 75337 Paris Cedex 07
Mon bureau est au 199 boulevard Saint Germain
Vous pouvez m'envoyer un email : dominique.colas@sciences-po.fr
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Ce cours vise à pemettre la lecture de texte
(plutôt
des
ouvrages que des fragments) qui sont à la base de la
pensée
politique et sociale moderne, du moins en occident. On articulera une
réflexion sur la "société civile" et sur la guerre
On montrera comment se structurent certaines
problématiques et se forment certains concepts politiques, en
dessinant les
implications dans l'éthique et la politique contemporaines de
conceptions souvent séculaires mais aussi comment elles peuvent
être une ressource pour penser le présent. Le cours de
l'automne 2009 mettra en avant différentes conceptions
de la "société civile" et de ses rapports aussi
bien avec l'Etat qu'avec l'Eglise (ou plus généralement
la religion). Mais il accordera aussi une importance
particulière à la notion de guerre : une
société en guerre est-elle à l'opposé d'une
"société civile" ? La paix n'est-elle pas le fondement de
celle-ci, selon Cicéron par exemple ?
Le cours orientera les étudiants dans la lecture de certains ouvrage dont certains devront être lus en entier. Mais le nombre total de pages n'est pas considérable
Le premiers cours, -après une réflexion rapide sur ce qu'est un texte et un auteur politique - montrera la différence entre la liberté chez les anciens et chez les modernes à travers un texte de Xénophon - la Constitution de Sparte- et un texte de Benjamin Constant : De la liberté chez les anciens comparée à celle des modernes qui est une lecture obligatoire. Puis on examinera l'actualité de Platon, à partir du lien qu'il construit entre savoir et pouvoir politiques et de sa vision hiérarchique de la société idéale : certains arguments du débat sur le platonisme, tels qu'ils apparaissent chez Nietzsche, Popper ou Foucault seront analysés. Ce sera le moment d'une première interrogation sur l'individualisme et le totalitarisme, avec une référence à Bertrand Russell ou à Tocqueville et à l'oppostion société individualiste, société démocratique. Les livres IV et V de la République de Platon sont une lecture obligatoire. En s'appuuyant sur Les Lois on montrera certains aspects du lien entre Etat et guerre chez Platon. Pour les Grecs le citoyen est soldat.
La formule d'Aristote sur l'homme comme " animal politique " (ou " social ") sera replacée dans son contexte théorique (notamment dans l'opposition entre société civile et "ethnie"), et son rejet par Hobbes, comme sa tentative de dépassement par Rousseau, seront étudiés. On comparera les différentes théories du contrat (chez Hobbles, Locke et Rousseau). La présentation de la théorie de " l'état de nature " comme " guerre de tous contre tous ", opposé à la "société civile" chez Hobbes impose une lecture de chapitres du Léviathan, dont on commentera brièvement l'iconographie qui comprend une symbolique guerrière (et religieuse).
En même temps que la notion de "guerre", et en
lien avec elle,
le cours travaille la
notion de société
civile. Après l'avoir analysée chez Aristote
(dont la lecture du livre I des Politiques
est obligatioire) on
montrera sa transformation chez Saint
Augustin qui oppose cité de Dieu et société
terrestre ou société civile : l'on soulignera le
caractère toujours actif de cette opposition, sous la forme des
conflits, et compromis, entre Etat et Eglise, pouvoir politique et
pouvoir hiérocratique mais aussi que chez Augustin la guerre,
l'impérialisme sont des marques du mal en l'homme. Machiavel
et sa conception du souverain comme artiste
de l'Etat apparaît comme un novateur radical : la lecture du Prince de Machiavel s'impose. On
étudiera des notions comme celle de "fortuna" ou de
"virtù". Et l'on dessinera la figure de quelques hommes de
guerre remarquables (comme Annibal ou Giovanni Acuto)
On étudiera aussi comment la
Réforme protestante, avec Luther
et Melanchthon, puis Calvin,
a vu naître le concept de fanatisme
en liaison avec celui de société
civile. On s'intéressera particulièrement à
Rousseau qui, à la fois, distingue "état de nature" et
"société civile" et identifie "société
civile"
et "Etat" (dans le Discours
sur l'origine et le fondement de
l'inégalité entre les hommes - lecture
obligatoire -
et dans Du
Contrat
social). Mais Rousseau renverse entièrement Hobbes :
il ne pense pas que l'homme soit méchant et le "contrat" a chez
lui un autre sens que ches l'auteur du Léviathan.
L'histoire de "société civile" sera
suivie
jusqu'à Hegel,
en montrant, chemin faisant, l'importance de l'apparition au
XVIIIe siècle de l'économie politique.
L'originalité de Marx
par
rapport à Hegel,
-une véritable rupture notamment par le rejet de l'idée
de
droits
de l'homme sera présentée : lecture obligatoire
du
Manifeste du Parti communiste.
Marx et Engels réhabilitent la guerre civile, alors qu'Hegel
faisait de la guerre étrangère le "tribunal de
l'histoire". On
fera apparaître la novation politique que représente le
bolchévisme de Lénine
et sa vision d'une
société épurée par la guerre civile et
l'hygiène social.
Pour terminer : un cours sur le micro pouvoir et le
pouvoir pastoral chez Miche Foucault (Foucault, " 'Omnes et
singulatim' Vers
une critique de la raison politique", Dits et écrits,
t. IV, Gallimard, 1994 un
texte
à lire en entier ) en renvoyant à la problématique
du pouvoir
et de l'Etat proposée dans Sécurité,
territoire, population. On rappellera les travaux de Foucault
sur la guerre ("Il faut défendre la societé" et
l'armée (Surveiller et punir).
On
ne cherchera pas à présenter la totalité
de la doctrine politique d'un auteur mais, cependant les
étudiants devront fournir un effort de lecture particulier en
allant au-delà
de la lecture d'extraits afin d'aborder des textes en entier. Aussi
le cours implique-t-il la lecture de textes proposés dans leur
intégralité.
On donnera des références à des
oeuvres picturales, essentiellement
des collections du Musée
du Louvre et du Metropolitain
Museum de New York, sans
pouvoir néanmoins engager de véritables analyses
iconographiques.
Voici, peint par Ucello, dans le Duomo de Florence le momument
funéraire d'un
condottiere, Acuto, (en anglais : John Hawkwood) un professionnel de la
violence (né en Angleterre en 1320, mort en Italie en 1394)
évoqué par Machiavel dans le Prince. Allez voir au Louvre La
Bataille de San Romano par le même Ucello. Et au Musée
Jacquemart André son Saint Georges tuant un dragon

Un des objectifs du cours est de
permettre aux étudiants la lecture d'ouvrages dans leur
intégralité
ou de parties significatives d'ouvrages : la formation des
étudiants de Sciences Po, repose sur l'acquisition
d'outils intellectuels
qui passe, nécessairement, par la lecture de textes classiques.
Il faut
entreprendre ces lectures dès le début du semestre.
Le nombre de
pages n'est pas très élevé (les textes de Platon
et
Aristote quelques dizaines de pages par exemple) mais ces textes
devront
avoir été compris.
| Lectures obligatoires : |
|
Platon, La
République, Livres IV et
V Machiavel, Le Prince (si possible dans la traduction d'Yves Lévy, Garnier Flammarion) (texte en italien) Hobbes, Léviathan, chap. XIII et XIV Rousseau, Discours sur l'origine et le fondement de l'inégalité parmi les hommes Benjamin Constant : De la liberté des Anciens comparée à celle des modernes (1819) Marx, Le Manifeste du parti communiste (texte en allemand) Foucault, " 'Omnes et singulatim' Vers une critique de la raison politique", Dits et écrits, t. IV, Gallimard, 1994 (ce texte de Michel Foucault est une conférence qu'il a donnée en anglais dans le cadre des "Tanner Lectures on Human values" à l'université de Stanford dont la version originale peut être lue sur le site qui rassemble ces différentes conférences en format PDF). Etant donné le prix de l'ouvrage où se trouve ce texte en français il en sera fait un tirage à part |
Vous trouverez des bibliographies dans les ouvrages suivants :
Colas, D., La Pensée politique,
Larousse, 1992
Colas, D., Dictionnaire de la pensée
politique. Auteurs, Œuvres. Notions , Larousse, 1998
(LA COUVERTURE MONTRE UN FRAGMENT DE LA FRESQUE DU BON
GOUVERNEMENT DE AMBROGIO LORENZETTI)

Le fragment
reproduit sur la couverture de ce livre provient de la fresque
d'Ambrogio Lorenzetti au Palais communal (Palazzo Publico)
de Sienne 1337-1340 : "Du bon et
du mauvais
gouvernement" Au dessus de la femme du haut on lit : "SAPIENTIA",
et sur celle qui est assisse en dessous : "DILIGITE IUSTITIAM QUI
IUDICATIS
TERRAM"
Colas D., Le
Glaive et le Fléau. Généalogie de la
société civile
et du fanatisme, Grasset, 1992, traduit en anglais, par Amy
Jacobs,
sous le titre Civil Society and
Fanaticism. Conjoined histories.
Stanford University Press, 1997
[Ces trois ouvrages sont
très différents l'un de l'autre ; le premier est une
anthologie, le second un dictionnaire critique, le troisième un
ouvrage d'histoire de la pensée, de philosophie politique et de
sociologie politique dont la lecture est plus difficile].
Et aussi : D. Colas, Races et racismes de Platon à
Derrida, Anthologie critique, Plon, 2004
(pour en savoir plus sur ce livre cliquer sur ce
lien ). Certains éléments de cet ouvrage seront
utilisés dans le cours

LISEZ DANS CET OUVRAGE LES NOTICES
CONCERNANT LES AUTEURS TRAITES DANS LE COURS
| La bibliographie du cours que nous
proposons ici est plus
une liste de lectures qu'une bibliographie scientifique.
Methodoloiogie bibliographique :
les
titres doivent être soulignés (ou en italiques) pour les
ouvrages et les titres de revue, tandis que les titres d'articles sont
entre guillemets) ; chaque notice bibliographique doit comporter
le nom de l'éditeur, celui de l'édition, le
lieu d'édition et pour
les traductions l'indication de la langue source et le nom du
traducteur.
Vous trouverez des indications bibliographique
plus conformes aux normes scientifiques dans : Châtelet, F., Duhamel O., Pisier, E., Dictionnaire
des Oeuvres politiques, PUF |
Plan du cours
(les plans détaillés des cours sont mis en ligne au fur et à mesure)
AVANT CHAQUE COURS IL FAUT DÉCHARGER LE PLAN DE COURS ET L'UTILISER LE JOUR DU COURS POUR NE PAS AVOIR À RECOPIER LE POWER POINT
I Introduction. Les Anciens et les modernes selon Benjamin Constant.
Bibliographie complémentaire pour le cours I
Textes politiques :
Héraclite : Fragments in Colas D., La Pensée politique, Larousse, 1994
Aristote, Constitution d'Athènes, Gallimard, "Tel", présentation par D. Colas
De Gaulle : Discours des 18 et 19 juin 1940 dans Discours et Messages, t. 1, Plon et in Colas D., La Pensée politique, Larousse, 1994
Ibn Khaldûn, Discours sur l'histoire universelle, ( Al-Muqaddina), trad. Monteil, Sindbad, (Livre 1, chap. 2, au moins les deux premières pages, à défaut du chapitre en entier, un classique de la sociologie politique).
Mao tsé toung, Petit Livre Rouge
Wittgenstein, L., Tractacus Logico-Philosphicus, (1922) trad. Granger, Gallimard, 1993 (les propositions 4.4003, le sous-chapitre 6.4 en entier, la totalité du chapitre 7 - il ne comprend qu'une phrase.)
Lectures recommandées sur le discours et le pensée politique :
Austin J.-L : Quand dire c'est faire, trad. de l'anglais, Le Seuil
Balzac, H. de, Le médecin de campagne, Préface d'Emmanuel Le Roy Ladurie, "Folio", Gallimard
Barthes : Mythologies, Le Seuil
Colas, D., "La grammaire politique de l'occident" in Aristote, Constitutions d'Athènes, Xénophon, Constitutions de Sparte, Gallimard, "Tel"
Searle John : La construction de la réalité sociale, trad. française, Gallimard
Plan du coursIntroduction : présentaton du cours, objectifs
Lecture obligatoire : Benjamin Constant : De la liberté des Anciens comparée à celle des modernes (1819)
(ce texte ne fait que quelques pages : essayez de le lire avant le 9 septembre)
Lectures conseillées :I Qu'est-ce qu 'une "idée politique" ?
Xénophon, La Constitution de Sparte (collection Tel Gallimard)
Dominique Colas, "Evolution des conceptions de la liberté", Juris Classeur, LexisNexis, 2009
a) On peut trouver des "idées politiques" dans la peinture :
- La politique de Platon à partir d'un tableau de David (voir plus bas)
- La "puissance" de Dieu d'après un tableau de Piero de la Francesca (voir plus bas)
- Mais un tableau a contenu religieux peut avoir un signification directement politique. Ainsi un tableau de Raphaël (voir plus bas) qui se trouve au Musée du Louvre et la notice qui l'accompagne sur le site informatique de la base de données Joconde.
b) On peut trouver un contenu politique dans des statues
voir Dominique Colas, "An Icon of the Republic: Statues of Rampart-Crowned Women in Paris, Prague and Italy" dans Dominique Colas and Oleg Kharkhordine, eds., The Materiatlity of Res publica. How to Do Things with Publics. Cambrigde Scholars publishing. 304 pages. 94 illustrations.
c) On peut trouver des "idées politiques" dans la musique
Selon Theodor W. Adorno, (qui fit des études musicales avec Berg) la musique de Gustav Mahler (mort en 1911) a "pressenti le fascisme" comme Kafka (Adorno, Mahler, p. 56), juif lui aussi.
d) Les idées politiques dans la propagande : exemple l'hymne soviétique
II Un exemple de pensée politique : l'opposition anciens, modernes chez Benjamin Constant
Une pensée : système plus ou moins structurée de concepts. Un concept n'existe jamais seul mais il est lié à d'autres concepts, il peut se retrouver dans des domaines différents. Par exemple le concept de "constitution" trouve chez Rousseiau une partie de sa signifiication dans le jeu entre constitution politique et physiologique.
a) Qu'est-ce qu'un ancien ?
- Les "anciens" (Platon notamment) critiqués par Aristote
- Rousseau est-il un auteur "ancien" ?
- Le libéralisme idéologie "ancienne" car du XVIIIe siècle ?
b) La critique des "anciens" par Constant
- La Constitution de Sparte de Xénophon, Sparte exemple de la cité antique- ancienne
- Le monde moderne selon Constant
c) Constant s'inscrit dans une tradition ancienne et moderne
- Un prédecesseur de Constant : Adan Ferguson (XVIIIe siècle) et la peur du "moderne"
- Un successeur de Constant : Karl Marx (XIXe siècle) et la valorisation du "moderne"
Distinctions entre les genres de liberté selon Constant
Peuples anciens
Nations modernes
Participation active et constante au pouvoir collectif
Jouissance paisible de l’indépendance privée
Des esclaves
Uniquement des hommes libres
Exercice de la liberté
Jouissance de la liberté
Suprématie du corps social
individu
Aristocratie monacale à Sparte
Gouvernement représentatif : la nation se décharge sur quelques individus, ce qui implique leur contrôle et leur surveillance
Tyrannie, pouvoir sans bornes, arbitraire, despotisme
Droit de proprieté, à une vie familiale, à la liberté de pensée, liberté religieuse
Liberté collective mais assujettissement complet de l’individu
souveraineté dans les affaires publiques mais esclave dans tous les rapports privés
Individu indépendant dans sa vie privée, mais souveraineté politique limitée
Etendue et population limitée donc importance politique de chacun élevée
L'influence personnelle élément imperceptible dans volonté sociale agissant sur le gouvernement
Limites étroites des cités donc esprit belliqueux
Etats vastes avec une masse d’hommes
Guerre, force, impulsion
Doux commerce, calcul, spéculation, crédit
Moments d’inaction entre les guerres et grâce à l'esclavage
Occupation continuelle dans la spéculation et amour de l'indépendance individuelle
Rousseau,
Mably
La Fayette
Sparte Athènes, France, Angleterre
La liberté individuelle sacrifiée à la liberté politique
La liberté politique garantie de la liberté individuelle
III Pourquoi étudier l'histoire des idées politiques
a) Différence entre "pensée politique" et "idéologie politique"
b) La réflexivité occidentale est historique
c) La structuration du monde par la pensée
Conclusion
Présentation du cours du semestre. Indication des concepts à étudier particulièrment. Précisons sur la validation. Bibliographie.
Appendices au plan du Cours I
On peut trouver des "idées politiques" dans la peinture :
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Le personnage à gauche est Platon (qui, en fait, n'était pas présent). Sur le sol des chaînes. Socrate reçoit une coupe contenant la ciguë, le poison mortel qui va le tuer. Il désigne le ciel avec son bras tendu à la verticale, tandis qu'un disciple pose, à l'horizontal, sa main sur sa jambe comme pour le retenir sur terre. Nous sommes dans un sous sol, comme un caveau. "Le corps est une prison", dit Socrate, et la mort une libération. (voir l'encart : la vie est-elle une maladie ?)
Mais pourquoi Socrate a-t-il accepté une condamnation injuste ? Suicide dépressif disait Gilles Deleuze dans la tradition de Nietzsche qui voit dans Socrate une des figures du "nihilisme". Affirmation de la liberté subjective selon Hegel mais que le monde antique rend impossible et ainsi il faudrait rapprocher la mort de Socrate de celle du Christ.
Mais on pourrait dire de Socrate qu'il est comme esclave des lois de la Cité, qui sont supérieures à la liberté individuelle. Une lecture qu'on trouvera aussi bien chez Hegel que chez l'historien Paul Veyne. Et l'on devra réfléchir au terme qui désigne la ciguë : un "pharmakon", poison mais aussi remède ce qui permet à Jacques Derrida de s'interroger sur le statut du "logos" (la parole, la raison) chez Platon (pour qui l'écriture est un "pharmakon". Mais on le voit l'interprétation politique du tableau exige la lecture des textes de Platon, dans ce cas au moins, le Phédon.
Et les dernières paroles de Socrate peuvent apparaître comme énigmatiques :
LAVIE EST-ELLE UNE MALADIE ?
UN DÉBAT SUR LA DERNIÈRE PAROLE DE SOCRATE , ALORS QUE LE POISON (PHARMAKOS) FAIT DÉJÀ SON EFFET :
"CRITON, NOUS SOMMES DÉBITEURS D'ASCLÉPIOS POUR UN COQ : ET BIEN PAYEZ MA DETTE, PENSEZ Y" (PHÉDON, 118)
ASCLÉPIOS EST LE DIEU DES MÉDECINS ET DE LA GUÉRISON. FAUT-IL DONC COMPRENDRE QUE SOCRATE VEUT FAIRE UN SACRIFICE POUR REMERCIER LE DIEU DE LE GUÉRIR DE LA MALADIE QUE SERAIT LA VIE ?
CETTE INTERPRÉTATION EST REFUSÉE PAR GEORGES DUMÉZIL ET, À SA SUITE, PAR MICHEL FOUCAULT (1).
LA MALADIE À LAQUELLE PENSE SOCRATE CE N'EST PAS LA VIE, MAIS LA PENSÉE MAUVAISE, TELLE QU'ELLE EST APPARUE DANS LE DIALOGUE QUI S'APPELLE, JUSTEMENT "LE CRITON". SOCRATE CONTRE L'AVIS DE CRITON (QUI À CE MOMENT PENSE MAL) SOUTIENT QU'IL FAUT ACCEPTER LA CONDAMNATION QUI LE TOUCHE AU NOM DE LA SUPÉRIORITE DES LOIS DE LA CITÉ QU'IL FAUT MAINTENIR.
(1) Dumézil, G., "...Le moyne noir en gris dedans Varennes", Gallimard, 1984, pp. 131-170
Foucault, M., Le Courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des autres II, Cours au Collège de France. 1984, Hautes Etudres, Gallimard, Le Seuil, 2009
Piero de la Francesca, Saint Michel : http://nationalgallery.org.uk/paintings/piero-della-francesca-saint-michael
Sur la cuirasse de ce Saint Michel on peut lire : "Angelus potentia Dei". "L'ange est la puissance de Dieu". Saint Michel a tué le dragon de l'Apocalypse. Il a dans la hiérarchie des anges le statut d'archange. Chef de la milice céleste il combat pour l'Eglise.
- Mais un tableau a contenu religieux peut avoir un signification directement politique. Voici un tableau de Raphaël qui se trouve au Musée du Louvre et la notice qui l'accompagne sur le site informatique de la base de données Joconde.
Raffaello SANTI, dit RAPHAËL
Urbino, 1483 - Rome, 1520
Saint Michel terrassant le démon, dit Le Grand Saint Michel
Bois transposé sur toile en 1751
H. : 2,68 m. ; L. : 1,60 m.
Signé et daté sur le bord de la tunique de Saint Michel : RAPHAEL. VRBINAS. PINGEBAT M.D.XVIII
Commandé en 1518 par le pape Léon X à l'intention de François Ier, à qui il fut offert quelques mois plus tard par le neveu du pape, Lorenzo de' Medici, dans le cadre des échanges diplomatiques qui scellaient l'alliance récente du roi de France avec la papauté. Le thème de l'archange saint Michel terrassant le démon est une flatterie à l'égard de l'Ordre de Saint Michel, dont le roi de France était grand-maître et dont l'existence même était le gage de l'union de la France et de l'Église, renouvelée à cette date pour lutter contre les Turcs.
POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA HIERARCHIE DES ANGES SELON SAINT THOMAS D'AQUIN LISEZ UN EXTRAIT DE LA SOMME CONTRE LES GENTILS (TEXTE ÉCRIT AUTOUR DE 1270 POUR DONNER DES INSTRUMENTS INTELLECTUELS AUX MISSIONAIRES QUI CHERCHENT À CONVERTIR MUSULMANS ET JUIFS EN ESPAGNE). A LA SUITE DE DENYS L'ARÉOPAGITE, SAINT THOMAS ETABLI UNE CLASSIFICATION HIERARCHIQUE DES ANGES DANS LE LIVRE III, CHAPITRE 80
LA SOMME CONTRE LES GENTILS EN LATIN : http://www.corpusthomisticum.org/iopera.html
LA SOMME CONTRE LES GENTILS EN FRANçAIS : http://bibliotheque.editionsducerf.fr/
La "hiérarchie" selon Saint Paul (Aux Colossiens chap. I) )
12 ....vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des saints dans la lumière.
13. Il nous a en effet arrachés à l'empire des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé,
14. en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés.
15. Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature,
16. car c'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui.
17. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui.
18. Et il est aussi la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Église : Il est le Principe, Premier-né d'entre les morts, il fallait qu'il obtînt en tout la primauté ,
19. car Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude
20. et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.
http://www.unboundbible.org/index.cfm?method=searchResults.doSearch
- On peut trouver un contenu politique dans des statues : Dominique Colas, "An Icon of the Republic: Statues of Rampart-Crowned Women in Paris, Prague and Italy" dans Dominique Colas and Oleg Kharkhordine, eds., The Materiatlity of Res publica. How to Do Things with Publics. Cambrigde Scholars publishing. 304 pages. 94 illustrations.
On peut trouver des "idées politiques" dans la musique : exemple Adorno et Mahler
Selon Adorno montre que Mahler, dans ses symphonies ne méprise pas la "collectivité" et ne fait pas une valeur supérieure du "moi isolé" mais qu'il ne considère pas non plus que le moi devrait disparaître dans la foule (On peut voir ici chez Adorno une influence des théorisations de Freud sur la "psychologie de la masse" cf. Psychologie collective et analyse du moi). "La musique du Mahler ne s'identifie pas à la masse sans la craindre en même temps"( idem, p.56). En témoigne le début du premier mouvement de la Sixième symphonie.
Sous la direction de Leonard Bernstein :
http://www.hosting-media.com/fr/amazon/ram30s20k/0028945908021-08_01.ram
ou sous la direction de Pierre Boulez
http://www.hosting-media.com/fr/amazon/ram30s20k/0028944583526-01_01.ram
Mais sans la lecture d'Adorno, qui a écrit sur Mahler dans les années 1940-1950, pourrions nous entendre dans Mahler un contenu politique ? Le double refus de l'anéantissement du moi dans la masse mobilisée et d'un mépris pour la foule qui caractérise Mahler ne s'entend que si on dispose d'instruments conceptuels, comme ceux qu'utilise Adorno (qui a étudié la composition musicale mais qui a choisi de devenir sociologue et philosophe).
L'ouvrage de Theodor W. Adorno, Mahler, une physionomie musicale, a été publié en allemand en 1960, et traduit en français par Leleu et Leydenbach, aux Editions de Minuit (1976, dans la collection "Le sens commun" dirigée par Pierre Bourdieu)
Les idées politiques dans la propagande
Bien entendu on trouvera un contenu politique plus facilement dans des affiches de propagande, dans des hymnes nationaux, ou encore dans la peinture allégorique, par exemple la fresque que l'on trouve dans le Palazzo Publico de Sienne, "le bon gouvernement". par Ambrogio Lorenzetti (sur ces fresques voir les deux articles de Quentin Skinner dans Q. Skinner, Visions of Politics, vol. II, Renaissance Virtues, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.
Exemple de texte de propagande : L'hymne soviétique.
Texte russe de la version de 1944
Texte anglais de la version de 1944
Anthem of the USSR
Music: A. Alexandrov Lyrics: S. Mikhalkov and El- Registane
Союз нерушимый республик свободных
Сплотила навеки Великая Русь.
Да здравствует созданный волей народов
Единый, могучий Советский Союз!
Славься, Отечество наше свободное,
Дружбы, народов надежный оплот!
Знамя советское, знамя народное
Пусть от победы, к победе ведет!
Сквозь грозы сияло нам солнце свободы,
И Ленин великий нам путь озарил.
Нас вырастил Сталин - на верность народу
На труд и на подвиги нас вдохновил.
Славься, Отечество чаше свободное,
Счастья народов надежный оплот!
Знамя советское, знамя народное
Пусть от победы к победе ведет!
Мы. армию нашу растили в сраженьях,
Захватчиков подлых с дороги сметем!
Мы в битвах решаем судьбу поколений,
Мы к славе Отчизну свою поведем!
Славься, Отечество наше свободное,
Славы народов надежный оплот!
Знамя советское, знамя народное
Пусть от победы к победе ведет!
1944
Anthem of the USSR - English
Music: A.Alexandrov Lyrics: S. Mikhalkov
United Forever in Friendship and Labour,
Our mighty Republics will ever endure.
The Great Soviet Union will Live through the Ages.
The Dream of a People their fortress secure.
Long Live our Soviet Motherland,
Built by the People's mighty hand.
Long Live our People, United and Free.
Strong in our Friendship tried by fire.
Long may our Crimson Flag Inspire,
Shining in Glory for all Men to see.
Through Days dark and stormy where Great Lenin Lead us
Our Eyes saw the Bright Sun of Freedom above
and Stalin our Leader with Faith in the People,
Inspired us to Build up the Land that we Love.
Long Live our Soviet Motherland,
Built by the People's mighty hand.
Long Live our People, United and Free.
Strong in our Friendship tried by fire.
Long may our Crimson Flag Inspire,
Shining in Glory for all Men to see.
We fought for the Future, destroyed the invaders,
and Brought to our Homeland the Laurels of Fame.
Our Glory will live in the Memory of Nations
and All Generations will Honour Her Name.
Long Live our Soviet Motherland,
Built by the People's mighty hand.
Long Live our People, United and Free.
Strong in our Friendship tried by fire.
Long may our Crimson Flag Inspire,
Shining in Glory for all Men to see.
1949
Choeur du Bolchoï, 1944
http://download.sovmusic.ru/m32/ussr44.mp3
Paul Robeson, 1949
http://download.sovmusic.ru/m32/ussr_eng.mp3
SI VOTRE ORDINATEUR CONSERVE LES PAGES DEJÀ VISITÉES N'OUBLIEZ PAS DE RECHARGER LA PAGE (RELOAD)
II la République de Platon et ses interprétrations
Lecture obligatoire :
Platon, La République, Livre IV et V
Lectures recommandées :
Colas, Dominique
- "Anomie et légalité : les origines de la science politique chez Platon et Aristote" in La Sociologie Durkheimienne : tradition et actualité. A Philippe Besnard, in memoriam. Textes et études réunis par Massimo Borlandi et Giovanni Busino. Revue Europénne des sciences sociales. Cahiers Vilfredo Pareto, Droz, Genève, Paris, T. XLII, 2004, n°129. : http://ress.revues.org/374
- "LE VOYAGE EN RUSSIE SOVIÉTIQUE DE BERTRAND RUSSELL, HERM7ÈS", 1990, http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/2042/15336/1/HERMES_1990_7_215.pdf
Dumont, Louis, Homo Hierarchicus, Gallimard,
Popper, K. : Open society and its ennemies (traduit en français sour le titre : la Société ouverte et ses ennemis)
Nietzsche, Humain, trop humain
Tocqueville, De la démocratie en Amérique (II, chap. II; 2e partie : "De l'individualisme dans les pays démocratiques")
(lire le passage sur l'individuallisme chez Tocqueville in Colas, D., Sociologie politique, PUF, Tocqueville, L'Ancien régime et la révolution, notamment livre II, chap. 12)
Sloterdijk, Peter Ecumes, Sphères, III, trad. de l'allemand par O. Mannoni, Hachette, Pluriel, p. 247 et sv. (commentaire d'un passage des Lois Livre X de Platon)
République :
res publica , la chose publique,
ou Cité (civitas)
Traduit politeia qui vient de polis , la Cité, l’Etat, la « société civile » ( societas civilis ).
Politeia parfois traduit par « police » ou « politie » (Policy en anglais)
I Quelques thèses fondamentales de la République
« L’individu est sage de la même manière et en fonction du même principe que la cité » (440e)
1 ) « le juste ne prend pas avantage de son semblable, mais de celui qui n’est pas juste comme lui, tandis que l’homme injuste prend avantage de son semblable [l’injuste] comme de celui qui n’est pas comme lui [le juste] » (349 c-d)
2 ) L’injustice engendre la dissension (stasis), tandis que la justice engendre la concorde et l’amitié (551d)
(la stasis - la guerre intestine - est pire que la polemos, la guerre)
3 ) L’injustice peut exister dans l’individu comme dans la cité : elle engendre la dissension interne (551d)
4 ) Il existe une « fonction », une « tâche » (ergon) propre à l’âme : commander, délibérer.
5 ) La justice est une vertu, l’injustice est un vice (353d)
6) L’homme juste est heureux, l’homme injuste est malheureux (354a)
7 ) Les individus ne peuvent se suffire à eux même (369b) (cf. Le mythe de Prométhée dans le Protagoras)
8) Les individus ont, naturellement, des compétences différentes (370 b) : si chacun ne s’occupe que de la tâche pour laquelle il est compétent l’efficacité est plus grande (371a)
10) Une cité est composée de trois principes (ou classes) (genos) : le principe par lequel l’âme raisonne (439 d), celui de l’ardeur morale (441a), celui par lequel l’âme désire (439c)
11) Une cité est juste si chacun des trois groupes s’occupe de la tâche qui lui est propre (441d)
12) Le principe rationnel doit commander parce qu’il est sage et possède la capacité de penser avec prévoyance (441e)
Les trois "classes" de la Cité idéale (dans La République, LivreIV)
classe
("genos" : lignée, race)
vertu, principe, fonction
lieu du corps faculté (partie de l'âme) analogie métal mélangé à l'âme rois-
philosophes
sagesse tête raison bergers or guerriers courage poitrine colère chiens argent
II Les interprétations de La République
1) L'utopie
a) Divers auteurs ont traité la République comme une utopie et d'abord celui qui a inventé le mot : Thomas MORE, L'Utopie, 1516
b) Mais aussi fin XVIe siècle : Bodin, Les Six Livres de la République, L. chap. I
c) Apologie de Platon par Kant. Critique de la Raison pure, « Dialectique transcendantale, L.Ier, Des concepts de la Raison pure » (Ed. de la Pléiade, t. 1, p. 1028-1029)
2) La société démocratique et individualiste de Tocqueville contre modèle de l'Etat hiérarchique
a. Passion pour l'égalité / passion pour la liberté, société démocratrique/société aristocratique
b. La société démocratique : les individus dans un même plan et sans passé. Le primat du contrat et la fin de la hiérarchie aristocratique : l'exemple des domestiques américains opposé aux serviteurs des sociétés aristocratique (Sganarelle dans le Don Juan de Molière, Leporello dans le Don Giovanni de Mozart)
Société aristocratique et société démocratique selon Tocqueville : De la Démocratie en Amérique
[Sources des tableaux : D. Colas, Sociologie politique, PUF, 2002]
Société aristocratiqueSociété démocratique corps intermédiaires Etat petite patrie/grande patrie petite société/grande société égoïsme individualisme individus liés à quelque chose en dehors d'eux famille (même état, même lieu) inférieurs, supérieurs masse, semblables, humanité haut /bas proximité dans un même plan mémoire, honneur oubli longue chaine solitude, individus isolés, indifférents, étrangers entre eux intensité extension aristocratie-paysannerie aristocratie/paysannerie inégalité égalité Passion pour la liberté passion pour l'égalité
3) Platon ancêtre du communisme totalitaire
a) L’interprétation par Nietzsche : « Platon, vieux socialiste type » (Humain, trop humain § 473)
- Critique de l'Etat, de Bismarck ou des socialistes :
« L’Etat, plus froid de tous les monstres froids » (Ainsi parlait Zarathoustra)
Le socialisme peut servir à enseigner de façon bien brutale et frappante le danger de toutes les accumulations de puissance étatique, et à inspirer une méfiance fondée envers l’Etat lui-même.
- L'idéal politique de Nietzsche : Le prince de Machiavel comme artiste, qui impose une forme à une matière (comme un sculpteur : Michel Ange)
b) Bertrand Russell et la Russie soviétique comme Cité platonicienne.
Voir film de Lénine et photos illustrant l'analyse de Bertrand Russell
• Lénine : roi philosophe (il est le chef du parti, qui est vite devenu parti unique)
• Trotsky : chien de berger (il est le fondateur de l'Armée rouge, un des instruments de la violence dictatoriale)
• Le peuple : troupeau (les associations, syndicats, grèves, manifestations sont interdites)
(Pratique et théorie du bolchévisme, 1920)
c) Platon penseur "holiste" (d'un mot grec qui veut dite le tout, l'ensemble)
- L’interprétation par Popper : Platon, ancêtre du totalitarisme (s'appuie notamment sur une texte des Lois de Platon)
POPPER : Open Society and its ennemies (1945)
représentation du grand système d'oppositions proposé par Popper .
Société close Société ouverte tyrannie démocratie holisme
individualisme
tribalisme confrontation à des décisions personnelles primat de la race, de la nation ou de la classe primat de l'individu gestion sociale utopique gestion sociale fragmentaire changement de gouvernement avec effusion de sang changement de gouvernement sans effusion de sang Fichte, Hegel, Heidegger Kant, 1789, Russell politisation de la morale moralisation de la politique nationalisme totalitaire fraternité humaine
Pour Popper : Marx est un Platon diachronique (les lois de l'histoire sont comme les Idées platoniciennes : elles sont comme des essences qui s'accomplissent dans le temps) et Platon est un Marx synchronique (les Idées sont vraies et immuables comme les lois de l'histoire). Mais Popper reconnait à Marx le mérite d'avoir proposer dans certains cas un modèle sociologique individualiste et non holistique
- Mais Platon a aussi pensé tous les hommes comme doué des mêmes capacités cognitives (voir le Ménon où un jeune esclave retrouve la propirété de la diagonale d'un carré)
CONCLUSON
ARISTOTE CRITIQUE DE LA RÉPUBLIQUE DE PLATON (DANS LES POLITIQUES) (II, 2, 3, 4, 5) : LA CITE DOIT ÊTRE UNE MULTIPLICITÉ (II, 2 ET II, 5 §§14-15)
MATÉRIAUX SUPPLÉMENTAIRES du cours II
Thomas MORE, L'Utopie, 1516 (traduit du latin : le texte de l'Utopia en latin peut être lu sur le site de l'université de Bielefeld http://www.ub.uni-bielefeld.de/diglib/more/utopia/
Platon a dit : L'humanité sera heureuse un jour, quand les philosophes seront rois ou quand les rois seront philosophes. Hélas ! que ce bonheur est loin de nous, si les philosophes ne daignent pas même assister les rois de leurs conseils!
- Vous calomniez les sages, me répliqua Raphaël ; ils ne sont pas assez égoïstes pour cacher la vérité ; plusieurs l'ont communiquée dans leurs écrits ; et si les maîtres du monde étaient préparés à recevoir la lumière, ils pourraient voir et comprendre. Malheureusement, un fatal bandeau les aveugle, le bandeau des préjugés et des faux principes, dont on les a pétris et infectés dès l'enfance. Platon n'ignorait pas cela ; il savait aussi que jamais les rois ne suivraient les conseils des Philosophes, s'ils ne l'étaient pas eux-mêmes. Il en fît la triste expérience à la cour de Denys le Tyran.
Si je rapportais les théories de la république de Platon, ou les usages actuellement en vigueur chez les Utopiens, choses très excellentes et infiniment supérieures à nos idées et à nos mœurs, alors on pourrait croire que je viens d'un autre monde, parce qu'ici le droit de posséder en propre appartient à chacun, tandis que là tous les biens sont communs. Mais qu'ai-je dit qu'il ne soit convenable et même nécessaire de publier ? Ma morale montre le danger, elle en détourne l'homme raisonnable ; elle ne blesse que l'insensé qui se jette à corps perdu dans l'abîme.
Carte d'Utopia dans l'éditon de 1518 de l'ouvrage de Thomas More. Gravure de Holbein.
Platon "totalitaire" ? (Les Lois, Livre XII, 942) (texte utilisé par Karl Popper dans la Sociéte ouverte et ses ennemis) traduction Chambry, http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/loisindex.htm#LOIS
En ce qui concerne les expéditions militaires, il y aurait, pour bien faire, bien des conseils à donner et bien des lois à faire. Mais ce qui importe le plus, c'est qu'il n'y ait personne, ni homme ni femme, qui échappe à l'autorité d'un chef et qui s'accoutume, soit dans les combats sérieux, soit dans les jeux à agir seul et de son chef, mais que toujours, en paix comme en guerre, tout le monde ait les yeux sur le chef, le suive et se laisse gouverner par lui, jusque dans les plus petites choses ; que, par exemple, lorsqu'il le commande, on s'arrête, on marche, on s'exerce, on prenne un bain ou un repas, on s'éveille la nuit pour monter la garde ou transmettre des ordres : qu'au milieu même des dangers on ne poursuive personne et qu'on ne recule devant qui que ce soit que sur un signe des chefs, en un mot qu'on ne prenne pas l'habitude de faire quoi que ce soit seul, en dehors des autres, et qu'on ne cherche pas à connaître et qu'on ne sache absolument rien sans eux, mais qu'on vive tous et toujours, autant que possible, groupés dans une vie commune. Il n'y a pas en effet et il n'y aura jamais de meilleur moyen, d'invention, ni d'art plus efficace pour assurer à l'État le salut et la victoire à la guerre. C'est à cela que les citoyens doivent s'exercer dès l'enfance, même en temps de paix ; il faut qu'ils apprennent à commander et à obéir ; il faut bannir l'esprit d'indépendance de toute la vie de tous les hommes et des animaux soumis aux hommes. (Souligné par nous)
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, trad. Albert
De la nouvelle idole
Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n’est pas chez nous, mes frères : chez nous il y a des États.
État ? Qu’est-ce, cela ? Allons ! Ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples.
L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l’État, je suis le Peuple. »
C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie.
Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits.
Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois.
Je vous donne ce signe : chaque peuple a son langage du bien et du mal : son voisin ne le comprend pas. Il s’est inventé ce langage pour ses coutumes et ses lois.
Mais l’État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu’il dit, il ment – et tout ce qu’il a, il l’a volé.
Tout en lui est faux ; il mord avec des dents volées, le har-gneux. Même ses entrailles sont falsifiées.
Une confusion des langues du bien et du mal – je vous donne ce signe, comme le signe de l’État. En vérité, c’est la vo-lonté de la mort qu’indique ce signe, il appelle les prédicateurs de la mort !
Beaucoup trop d’hommes viennent au monde : l’État a été inventé pour ceux qui sont superflus !
Voyez donc comme il les attire, les superflus ! Comme il les enlace, comme il les mâche et les remâche.
« Il n’y a rien de plus grand que moi sur la terre : je suis le doigt ordonnateur de Dieu » – ainsi hurle le monstre. Et ce ne sont pas seulement ceux qui ont de longues oreilles et la vue basse qui tombent à genoux !
Hélas, en vous aussi, ô grandes âmes, il murmure ses som-bres mensonges. Hélas, il devine les cœurs riches qui aiment à se répandre !
Certes, il vous devine, vous aussi, vainqueurs du Dieu an-cien ! Le combat vous a fatigués et maintenant votre fatigue se met au service de la nouvelle idole !
Elle voudrait placer autour d’elle des héros et des hommes honorables, la nouvelle idole ! Il aime à se chauffer au soleil de la bonne conscience, – le froid monstre !
Elle veut tout vous donner, si vous l’adorez, la nouvelle idole : ainsi elle s’achète l’éclat de votre vertu et le fier regard de vos yeux.
Vous devez lui servir d’appât pour les superflus ! Oui, c’est l’invention d’un tour infernal, d’un coursier de la mort, clique-tant dans la parure des honneurs divins !
Oui, c’est l’invention d’une mort pour le grand nombre, une mort qui se vante d’être la vie, une servitude selon le cœur de tous les prédicateurs de la mort !
L’État est partout où tous absorbent des poisons, les bons et les mauvais : l’État, où tous se perdent eux-mêmes, les bons et les mauvais : l’État, où le lent suicide de tous s’appelle – « la vie ».
Voyez donc ces superflus ! Ils volent les œuvres des inven-teurs et les trésors des sages : ils appellent leur vol civilisation – et tout leur devient maladie et revers !
Voyez donc ces superflus ! Ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent pas même se digérer.
Voyez donc ces superflus ! Ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d’argent, – ces impuissants !
Voyez-les grimper, ces singes agiles ! Ils grimpent les un sur les autres et se poussent ainsi dans la boue et dans l’abîme.
Ils veulent tous s’approcher du trône : c’est leur folie, – comme si le bonheur était sur le trône ! Souvent la boue est sur le trône – et souvent aussi le trône est dans la boue.
Ils m’apparaissent tous comme des fous, des singes grim-peurs et impétueux. Leur idole sent mauvais, ce froid monstre : ils sentent tous mauvais, ces idolâtres.
Mes frères, voulez-vous donc étouffer dans l’exhalaison de leurs gueules et de leurs appétits ! Cassez plutôt les vitres et sautez dehors !
Évitez donc la mauvaise odeur ! Éloignez-vous d’idolâtrie des superflus.
Évitez donc la mauvaise odeur ! Éloignez-vous de la fumée de ces sacrifices humains !
Maintenant encore les grandes âmes trouveront devant elles l’existence libre. Il reste bien des endroits pour ceux qui sont solitaires ou à deux, des endroits où souffle l’odeur des mers silencieuses.
Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. En vérité, celui qui possède peu est d’autant moins possédé : bénie soit la petite pauvreté.
Là où finit l’État, là seulement commence l’homme qui n’est pas superflu : là commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, la nulle autre pareille.
Là où finit l’État, – regardez donc, mes frères ! Ne voyez-vous pas l’arc-en-ciel et le pont du Surhomme ?
Ainsi parlait Zarathoustra.
Ebooks libres et gratuits
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Adresse du site web du groupe :
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Dans les dernières années de son activité intellectuelle Nietzsche attaque vivement Wagner et dans l'oeuvre de celui-ci Parsifal. Et il manifeste un grand enthousiasme pour la Carmen de Bizet : musique du sud, opposé au nord. Le Mistral : manifestation même de la puissance. Nietzsche rejette le christianisme qu'il assimile à un nihilisme : désir de mort, qui se trouve aussi chez Socrate. Il refuse l'idée qu'il y aurait une positivité du négatif : il est contre la dialectique.
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III La "société civile" selon Aristote dans Les Politiques
Lecture obligatoire :
Aristote,Les Politiques, L. I
Lectures recommandées :
Aristote, Ethique à Nicomaque le début
Aristote, Constitution d'Athènes Gallimard, collection "Tel" présentation par D. Colas
Amselle et M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, La Découverte, 2e édition, 1999, ns la Grèce antique, Nathan, 1993
INTRODUCTION
LA SUPÉRIORITÉ DE LA « SCIENCE POLITIQUE » SELON ARISTOTE. (voir début de l'ETHIQUE À NICOMAQUE)
A SPECICITÉS DE L'OEUVRE D'ARISTOTE
1)IMPORTANCE DU MODÈLE BIOLOGIQUE. Aristote est notamment préoccupé de "taxinomie" : classification. Il distingue des "espèces" (animal) et des genres (mamifères)
2) THÉORIE LOGIQUE : LE SYLLOGISME
Raisonnement ou de deux propositions, qui sont les prémisses on tire une conclusion :
Tous les hommes sont mortels
Socrate est un homme
Donc Socrate est mortel
C'est le début de la logique formelle :
Tous les A sont B
X est un A
Donc X est un B
Mais
Quelques Athéniens sont philosophes
Socrate est Athénien
Donc ...Pas de conclusion nécéssaire
Quelques A sont B
X est un A
Donc .....
3) THÉORIE MORALE : L’AMITIÉ
B) DIFFUSION D’ARISTOTE DANS LE MONDE ARABE. LA REPRISE D'ARISTOTE PAR SAINT THOMAS D'AQUIN : LES RACINES ARISTOTÉLICIENNES DE LA PENSÉE CHRÉTIENNE QUI CONNAÎT AUSSI L’INFLUENCE DE PLATON
C) LES POLITIQUES, REPRISE A L'ÉPOQUE MÉDIÉVALE (NOTAMMENT PAR SAINT THOMAS D'AQUIN) ET AU MOMENT DE LA REFORME PROTESTANTE: MELANCHTHON LECTEUR D’ARISTOTE (VOIR DANS DEUX COURS).
I ARISTOTE CRITIQUE DE PLATON
A) ARISTOTE PRÉCURSEUR DE LA SOCIOLOGIE ET PLATON PHILOSOPHE NORMATIF : UNE OPPOSITION DISCUTABLE.
1) LA VALORISATION D’ATHÈNES DANS LA CONSTITUTION D’ATHENES.
2) LA SUPÉRIORITÉ DE LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE DANS LES POLITIQUES
B) ARISTOTE CRITIQUE DE LA RÉPUBLIQUE DE PLATON (DANS LES POLITIQUES) (II, 2, 3, 4, 5) : LA CITE DOIT ÊTRE UNE MULTIPLICITÉ (II, 2 ET II, 5 §§14-15)
II L’HOMME « ANIMAL POLITIQUE » ET LA « SCIENCE POLITIQUE »
A) LA « SCIENCE POLITIQUE » A POUR OBJET LA COMMUNAUTÉ POLITIQUE QUI VISE LE « BIEN SUPRÊME » C’EST LA SCIENCE SUPÉRIEURE : LES POLITIQUES CHAP. 1, §1 ET L’ETHIQUE À NICOMAQUE. DISTINCTION SCIENCE POLITIQUE ET « STRATÉGIE » ET « ECONOMIE ».
B) L'HOMME "ANIMAL SOCIAL" ET/OU "ANIMAL POLITIQUE" PAR NATURE.
- L’EXISTENCE DU LANGAGE PREUVE DE LA NATURE POLITIQUE DE L’HOMME : LE LANGAGE PORTE SUR LE JUSTE ET L’INJUSTE.
- L’HOMME ANIMAL SOCIAL DONT L’ESSENCE EST POLITIQUE
- IL N’Y A PAS DE POLIS CHEZ LES ANIMAUX MÊME GREGAIRES,
- IL N'Y A PAS DE SOCIÉTÉ CIVILE CHEZ LES BARBARES
III ANALYTIQUE DU « POUVOIR » ET DES « COMMUNAUTÉS »
(analytique : distinction de différents types)
A) ANALYTIQUE DU POUVOIR
- LA « DIFFÉRENCE SPÉCIFIQUE » ENTRE LES TYPES DE POUVOIR (I, 3, § 4)
- L’AME DOIT COMMANDER AU CORPS (I, 5, §6),
LE MÂLE (PLUS FORT) À LA FEMELLE (PLUS FAIBLE) (I, 5, §7),
L’HOMME À L’ANIMAL (I, 5, §7),
LE MAITRE À L’ESCLAVE (I, 5, §7)
- POUVOIR DANS LA FAMILLE ET POUVOIR POLITIQUE SONT DIFFÉRENTS
B) ANALYTIQUE DES « COMMUNAUTÉS »
- LA FAMILLE
- LA MAISONEE (OIKOS), UNITÉ DE VIE ET DE PRODUCTION.
(MARI ET FEMME) +(PARENTS ET ENFANTS)+(MAÎTRE ET ESCLAVES) = MAISONÉE
PLUSIEURS FAMILLES = VILLAGES.
PLUSIEURS VILLAGES = CITÉ (POLIS)
C) QUE VEUT DIRE POLITEIA (CONSTITUTION)
D) LA "SOCIÉTÉ CIVILE" (koinonia politike) OU "CITÉ" OU "ETAT", « REPUBLIQUE » (polis)
- OPPOSÉE À L'ETHNOS (« PEUPLADE »). HELLÈNES ET BARBARES.
- DISTINGUÉE DE LA FAMILLE ET DE LA MAISONÉE
- LA SOCIÉTÉ CIVILE » RÉGLÉE PAR LA JUSTICE QUI INTRODUIT L’ORDRE (TAXIS) DANS LA COMMUNAUTÉ POLITIQUE
- SPÉCIFICITÉ DU SENS DE SOCIÉTÉ CIVILE CHEZ ARISTOTE ET SES SUCCESSEURS
IVQUELQUES CONCEPTS FONDAMENTAUX CHEZ ARISTOTE
A) NATURE (PHYSIS) OU ESSENCE . EXEMPLE L’ESSENCE DES « GRAVES » (: LOURDS) : LEUR LIEU NATUREL EST LE BAS;
B) FIN. LA FIN (TELOS) D’UN ÊTRE PERMET DE LE DÉFINIR : FINALITÉ DES FEMMELLES MAMIFÈRES : ENFANTER
C) DÉFINITION : PAR LE GENRE ET PAR L’ESPÈCE. DENOTATION ET CONNOTATION (VARIENT EN RAISON INVERSE L’UNE DE L’AUTRE)
D) CAUSALITÉ
Aristote,
V ARISTOTE ET LA CLASSIFICATION DES PEUPLES
LE MEILLEUR RÉGIME : LA DÉMOCRATIE MODÉRÉE. VALORISATION DE L’AUTARCIE
A) LA THÉORIE DES CLIMATS ET SON SENS POLITIQUE. CONDAMNATION DES BARBARES ET VALORISATION DES HÉLLÈNES
Carte conceptuelle du monde d’après Aristote
POLITIQUES, LIVRES VII,chap. 7 )
Zone spatiale
Europe de l’Ouest
(Celtes
Centre
(Hellènes)
Asie
(Perses)
Climat
Humide et froid
Tempéré
Sec et chaud
Caractère des hommes
Energiques mais
peu intelligents
Intelligents et énergiques : prudents
Intelligents mais
peu énergiques
Type de régime politique ou social
Tribal ("ethnique")
Société civile (Cité, Etat)
Despotisme
B) L'ESCLAVE EST "ESCLAVE PAR NATURE" (PHYSIS) (ET NON PAR ACCIDENT).
IL EST UN « INSTRUMENT ». (I, 4, §6).
IL EST AVANTAGEUX ET JUSTE POUR L’ESCLAVE D’ETRE COMMANDÉ (I, 5, §8 ET § 11).
L’ESCLAVE A UNE FONCTION DU MÊME TYPE QUE CELLE DE L’ANIMAL : IL APPORTE UNE AIDE (I, 5, §9).
L’ESCLAVE A UN CORPS ROBUSTE MAIS IL N’EST PAS ADAPTE AUX TÂCHES POLITIQUES (DE LA PAIX ET DE LA GUERRE) (I, 5, §10).
C) LES SUCCESSEURS D'ARISTOTE :
Non plus l’Ouest opposé à l’Est mais le Nord au Sud, non plus l’Europe opposée à l’Asie mais opposée à l’Afrique.
La couleur de la peau comme variable explicative.
1) JEAN BODIN : multiplicité des climats. Il y des "nords" dans le "sud" et des "suds" dans le nord.
2) MONTESQUIEU : la valeur relative du sud ; rejet de la thèse de l’esclavage naturel : le blanc n’est pas supérieur au noir; l’âme est distincte du corps.
Carte conceptuelle du monde d’après Montesquieu
(ESPRIT DES LOIS, L. XVII)
Zone spatiale
Nord
Europe tempérée
Midi
Climat
Froid
Tempéré
Sec et chaud
Caractère des hommes
Courage
Tempéré lâcheté
Type de régime politique ou social
Peuples libres
Monarchie tempérée
Despotisme
CONCLUSION
KANT : légitimation raciste de l’esclavage des noirs.
LES VARIANTES DU RACISME ET LA PERSISTANCE DES SCHÈMES ANTIQUES. LES IDÉOLOGIES CHANGENT MAIS NE CONNAISSENT PAS DE RUPTURES.
COMPLÉMENTS
Platon et Aristote par Raphael, musée du Vatican, détail de l'Ecole d'Athénes
(Sur d'autres aspects de cette peinture : http://blogs.sciences-po.fr/recherche-icones-globe/)
BRÉVE HISTOIRE DE "SOCIÉTÉ CIVILE"
1438 LE FLORENTIN LEONARDO BRUNI RETRADUIT LES POLITIQUES : IL TRADUIT KOINONIA POLITIKE (=POLIS) PAR SOCIETAS CIVILIS EXPRESSION EMPRUNTÉE À CICÉRON
LE TEXTE DE BRUNI UTILISÉ PAR MELANCHTHON DANS LOCI COMMUNES THEOLOGICI (LES LIEUX COMMUNS DE LA THÉOLOGIE), TRADUIT DU LATIN EN FRANçAIS EN 1551 : SOCIETAS CIVILIS TRADUIT PAS SOCIÉTÉ CIVILE (PREMIÈRE APPARITION EN FRANçAIS
1570 LE FRANçAIS LEROY DONNE UNE NOUVELLE TRADUCTION DES POLITIQUES D’ARISTOTE. IL TRADUIT KOINONIA POLITIKE PAR « SOCIETÉ CIVILE »
1598 TRADUCTION DES POLITIQUES D’ARISTOTE DE LEROY EN ANGLAIS : SOCIÉTÉ CIVILE EST TRADUIT PAR CIVIL SOCIETY
1642 HOBBES, DE CIVE DE TRADUIT EN FRANçAIS EN 1649 USAGE MASSIF DE « SOCIÉTÉ CIVILE » (TRÈS PEU UTILISÉ DANS LE LEVIATHAN
1755 ROUSSEAU, ESSAI SUR L’ORIGINE…OPPOSE « état de nature » et « société civile »
1773 ADAM FERGUSON ECRIT : AN ESSAY ON THE HISTORY OF CIVIL SOCIETY
1821 HEGEL, PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE DU DROIT, La "société civile" (bürgerliche Gesellschaft) est un moment intercalée entre l'Etat et la famille
1848 MARX, LE MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE, La "société civile" moderne est le lieu d'une guerre civile larvée
(SOURCE : COLAS, LE GLAIVE ET LE FLEAU. GÉNÉALOGIE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET DU FANATISME. trad. en anglais Civil Society and Fanaticism)
LA SUPÉRIORITÉ DE LA « SCIENCE POLITIQUE » SELON ARISTOTE.
ETHIQUE À NICOMAQUE LIVRE I
TRADUCTION THUROT
LE BIEN ET LE BONHEUR
CHAPITRE PREMIER 1: Le bien et l’activité humaine La hiérarchie des biens
Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. Aussi a-t-on eu parfaitement raison de définir le bien : ce à quoi on tend en toutes circonstances (01) 1. Toutefois il paraît bien qu'il y a une différence entre les fins. 2. Tantôt ce sont des activités qui se déploient pour elles-mêmes ; d'autres fois, en plus de ces activités, il résulte des actes. Dans le cas où on constate certaines fins, en plus des actes, les résultats de l'action se trouvent être naturellement plus importants que les activités. 3. Du fait qu'il y a des actes, des arts et des sciences multiples, il y a également des fins multiples ; la santé est la fin de la médecine ; le navire, la fin de la construction navale ; la victoire, la fin de la stratégie ; la richesse, la fin de la science économique. 4. Tous les arts et toutes les sciences particulières de cette sorte sont subordonnés à une science maîtresse ; par exemple, à la science de l'équitation sont subordonnées la fabrication des mors et celle de tout ce qui concerne l'équipement du cavalier ; ces arts, à leur tour, ainsi que toute action à la guerre, dépendent de la science militaire ; il en va de même pour d'autres également subordonnées. Ainsi les fins de toutes les sciences architectoniques sont plus importantes que celles des sciences subordonnées. 5. C'est en fonction des premières qu'on poursuit les secondes. Peu importe d'ailleurs que les activités elles-mêmes soient le but de nos actes ou qu'on recherche, en plus, un autre résultat, comme dans les sciences qu'on vient de nommer.
CHAPITRE II : Le bonheur; diverses opinions sur sa nature — Méthode à employer
S'il est exact qu'il y ait quelque fin de nos actes que nous voulons pour elle-même, tandis que les autres fins ne sont recherchées que pour cette première fin même, s'il est vrai aussi que nous ne nous déterminons pas à agir en toutes circonstances en remontant d'une fin particulière à une autre — car on se perdrait dans l'infini et nos tendances se videraient de leur contenu et deviendraient sans effet —, il est évident que cette fin dernière peut être le bien et même le bien suprême (02). 2. N'est-il pas exact que, par rapport à la vie humaine, la connaissance de ce bien a une importance considérable et que, la possédant, comme des archers qui ont sous les yeux le but à atteindre, nous aurons des chances de découvrir ce qu'il convient de faire ? 3. S'il en est ainsi, il faut nous efforcer de préciser, même d'une manière sommaire, la nature de ce bien et de dire de quelles sciences ou de quels moyens d'action il relève. 4. Il peut sembler qu'il dépend de la science souveraine et au plus haut point organisatrice (03). 5. Apparemment, c'est la science politique. Elle détermine quelles sont les sciences indispensables dans les États, fixe celles que chaque citoyen doit apprendre et dans quelle mesure. Ne voyons-nous pas, en effet, que les sciences les plus honorées se trouvent sous sa dépendance, par exemple la science militaire, l'économique et la rhétorique ? 6. Comme la politique utilise les autres sciences pratiques, qu'elle légifère sur ce qu'il faut faire et éviter, la fin qu'elle poursuit peut embrasser la fin des autres sciences, au point d'être le bien suprême de l'homme. 7. Même si le bien de l'individu s'identifie avec celui de l'État, il paraît bien plus important et plus conforme aux fins véritables de prendre en mains et de sauvegarder le bien de l'État. Le bien certes est désirable quand il intéresse un individu pris à part ; mais son caractère est plus beau et plus divin, quand il s'applique à un peuple et à des États entiers.
Sur la causalité
les quatre causes : matérielle, formelle, efficiente, finale (fin : telos)
ARISTOTE, Physique; Livre II chapitre III
traduction Bathélemy Saint Hilaire
§ 1. Après les explications précédentes, nous devons étudier les causes pour en déterminer les espèces et le nombre. Comme ce traité, en effet, a pour objet de faire connaître la nature, et qu'on ne croit connaître une chose que quand on sait le pourquoi, en d'autres termes la première cause, il est clair que nous aussi nous devons faire cette étude en ce qui regarde la génération et la destruction des choses, c'est-à-dire tout changement naturel, afin qu'une fois que nous connaîtrons les principes de ces phénomènes, nous puissions essayer de rapporter à ces principes tous les problèmes que nous agitons.
§ 2. D'abord, en un premier sens, on appelle cause ce qui est dans une chose et ce dont elle provient ; ainsi, l'airain est en ce sens la cause de la statue ; l'argent est cause de la burette, ainsi que tous les genres de ces deux choses.
§ 3. En un autre sens, la cause est la forme et le modèle des choses ; c'est-à-dire la notion qui détermine l'essence de la chose, et tous ses genres supérieurs. Par exemple, en musique, la cause de l'octave est le rapport de deux à un ; et, d'une manière générale, c'est le nombre et les éléments de la définition essentielle du nombre.
§ 4. Dans une troisième acception, la cause est le principe premier d'où vient le mouvement ou le repos. Ainsi, celui qui a donné le conseil d'agir est cause des actes qui ont été accomplis; le père est la cause de son enfant ; et, en général, ce qui fait est cause de ce qui est fait ; ce qui produit le changement est cause du changement produit.
§ 5. En dernier lieu, la cause signifie la fin, le but ; et c'est alors le pourquoi de la chose. Ainsi, la santé est la cause de la promenade. Pourquoi un tel se promène-t-il ? C'est, répondons-nous, pour conserver sa santé ; et, en faisant cette réponse, nous croyons indiquer la cause qui fait qu'il se promène. C'est en ce sens aussi qu'on appelle causes tous les intermédiaires qui contribuent à atteindre la fin poursuivie, après qu'une autre chose a eu commencé le mouvement. Par exemple, la diète et la purgation sont les causes intermédiaires de la santé, comme le sont aussi les remèdes ou les instruments du chirurgien. En effet, tout cela concourt à la fin qu'on se propose ; et, la seule différence entre toutes ces choses, c'est que les unes sont des actes, et les autres, de simples moyens.
§ 6. Voilà donc à peu près toutes les acceptions du mot de cause.
§ 7. Par suite de ces diversités de sens, il peut se faire qu'une même chose ait plusieurs causes, sans que ce soit même indirectement etet par accident. Ainsi, pour la statue, c'est à la fois l'art du statuaire et l'airain qui en sont causes, non pas sous un autre rapport, mais en tant que statue. Seulement ce n'est pas de la même façon ; car l'une de ces causes est prise comme matière, et l'autre comme le principe d'où part le mouvement.
§ 8. Il y a en outre des choses qui sont réciproquement causes les unes des autres ; ainsi, l'exercice est cause de la santé, et la santé à son tour cause l'exercice ; mais ce n'est pas de la même façon ; car ici la cause est considérée comme fin, et là comme principe de mouvement. § 9. C'est précisément ainsi qu'une seule et même chose est cause des contraires ; car le même objet qui, étant présent, est cause de tel effet, est aussi quelquefois considéré par nous, quand il est absent, comme cause de l'effet contraire. Ainsi, l'absence du pilote est considérée comme cause de la perte du navire, parce que la présence de ce même pilote est considérée comme la cause du salut.
§ 10. Toutes les causes dont nous venons de parler peuvent donc être ramenées à quatre classes qui sont les plus évidentes de toutes. Ainsi les lettres sont causes des syllabes ; la matière est cause de ce que l'art fabrique ; le feu et les éléments analogues sont causes du corps ; les parties sont causes du tout ; les propositions sont causes de la conclusion ; et ce sont là des causes en tant que c'est ce dont vient la chose. De toutes ces causes, les unes sont prises comme le sujet de la chose, et telles sont les parties relativement au tout ; les autres sont prises comme l'essence, et tels sont le total, la combinaison et la forme. Mais le germe, le médecin, le conseiller, et d'une façon générale l'agent, sont autant de causes d'où vient le principe du changement, soit mouvement, soit repos ; et la dernière classe de causes est celle où la cause est prise comme la fin et le bien de tout le reste ; car le pourquoi a droit d'être regardé comme ce qu'il y a de meilleur, dans les choses, et comme la fin de tout ce qui s'y rapporte. Ce ne fait rien d'ailleurs que ce soit réellement le bien ou simplement ce, qui paraît le bien. Telle est donc la nature des causes, et tel en est spécifiquement le nombre.
e l'agent, sont autant de causes d'où vient le principe du changement, soit mouvement, soit repos ; et la dernière classe de causes est celle où la cause est prise comme la fin et le bien de tout le reste ; car le pourquoi a droit d'être regardé comme ce qu'il y a de meilleur, dans les choses, et comme la fin de tout ce qui s'y rapporte. Ce ne fait rien d'ailleurs que ce soit réellement le bien ou simplement ce, qui paraît le bien. Telle est donc la nature des causes, et tel en est spécifiquement le nombre.
§ 11. Les modes des causes peuvent sembler très multipliés ; mais on peut aussi les réduire en les résumant. En effet, le mot de cause peut avoir plusieurs acceptions diverses ; et ainsi, même dans des causes d'espèces pareilles, l'une peut être antérieure ou postérieure à l'autre. C'est en ce sens que le médecin et l'homme de l'art sont causes de la santé ; c'est le double et le nombre qui sont causes de l'octave eu fait d'harmonie, et d'une manière générale, les contenants par rapport à tous les objets particuliers qu'ils embrassent.
§ 12. Parfois les causes et leurs différents genres peuvent être considérés aussi connue agissant indirectement et par accident. Ainsi c'est autrement que Polyclète est cause de la statue, et autrement que le statuaire en est cause ; car Polyclète ne peut être dit la cause de la statue qu'en tant que c'est un accident du statuaire d'être Polyclète. On appelle aussi causes en ce sens, les genres qui renferment et impliquent l'accident. Par exemple, on pourrait dire que c'est l'homme qui est cause de la statue, ou même d'une manière encore plus générale que c'est l'être vivant.
§ 13. Il y a en effet des accidents qui sont plus éloignés ou plus rapprochés les uns que les autres, comme si l'un allait, par exemple, jusqu'à dire que c'est l'homme blanc, ou bien l'homme disciple des Muses, qui est la cause de la statue.
§ 14. Après toutes ces acceptions de l'idée de cause, soit propres, soit accidentelles et indirectes, il faut encore distinguer les causes qui peuvent agir et celles qui agissent en effet. Ainsi, la cause de la construction de la maison, c'est ou le maçon qui pourrait la construire, ou le maçon qui la construit réellement.
§ 15. Ces distinctions de causes que nous venons d'énumérer devront s'appliquer également aux effets dont elles sont les causes ; et, par exemple, on peut distinguer et cette statue qu'on a sous les yeux, ou la statue en général, ou même plus généralement encore l'image ; ou bien encore cet airain qu'on a là, sous la main, ou l'airain en général, ou plus généralement encore la matière. Même remarque eu ce qui concerne les accidents de ces effets.
§ 16. Enfin on peut même encore réunir ces diverses espèces de causes ; et au lieu de considérer à part Polyclète, puis le statuaire, ou peut dire le statuaire Polyctète.
§ 17. Quoiqu'il en soit, toutes ces nuances sont au nombre de six ; et elles sont chacune, susceptibles de deux sens divers : soit au point de vue de la cause même, soit au point de vue de son genre ; soit comme accident, soit comme genre de l'accident ; soit combinées, soit absolues et isolées, dans les mots qui les expriment; enfin, toutes peuvent être distinguées, soit comme étant en acte réellement, soit comme étant en simple puissance.
§ 18. La seule différence, c'est que les causes en acte et les causes particulières sont, ou ne sont pas, en même temps que les choses dont elles sont causes. Par exemple, ce médecin particulier qui guérit existe en même temps que le malade particulier qu'il soigne ; ce constructeur particulier existe en même temps que cette maison particulière qu'il construit. Quant aux causes en puissance, elles ne sont pas toujours contemporaines à leurs effets; et, par exemple, la maison et le maçon ne périssent pas en même temps.
§ 19. Il faut toujours, en recherchant la cause d'une chose quelconque, remonter aussi haut que possible, comme dans toute autre recherche. Par exemple, l'homme construit la maison, parce qu'il est constructeur. Il est constructeur en se conformant à l'art de la construction. Cet art se trouve donc être la première cause, la cause antérieure ; et ainsi de tout le reste.
§ 20. Il faut remarquer en outre que les genres sont causes des genres, et que les individus sont causes des choses individuelles. Ainsi, le statuaire est génériquement la cause de la statue ; mais c'est tel individu statuaire qui est cause de telle statue spéciale. Les causes en puissance sont causes des choses en puissance ; et les causes en acte, causes des choses en acte.
§ 21. Telles sont les considérations que nous avions à présenter sur le nombre des causes et sur leurs nuances.
Lecture conseillée :
Augustin, Cité de Dieu (notamment extaits in Colas D., La Pensée politique,
Larousse, 1994)
"LA CITE DE DIEU" de SAINT AUGUSTIN COMME GRANDE
NARRATION
CONDITION DE PRODUCTION DU TEXTE : CHUTE DE ROME PRISE PAR LES
GOTHS (D'ALARIC EN 410)
ET LUTTE CONTE LES
HÉRÉSIES (DONAT, PÉLAGE)
STRATÉGIE POUR CONVAINCRE DES
ÉLITES DE CULTURE LATINE. LE CHRISTIANISME EST-IL
RESPONSABLE DE L'AFFAIBLISSMENT DE ROME ?
NOMBREUSES RÉFERENCES À CICÉRON ET AUX
AUTEURS LATINS.
ACTUALITÉ DE L'AUGUSTINISME
- SÉPARATION DE L'EGLISE ET DE L'ETAT
- LA THÉOCRATIE AUJOURD'HUI : LES EGLISES
CHRÉTIENNES ONT-ELLES RENONCÉES À LA
VOLONTÉ DE CONTRÔLER LA "SOCIÉTÉ CIVILE"?
- L'ISLAM ET LA SOCIÉTÉ CIVILE : LES THESES
OPPOSÉES DE BERNARD LEWIS ET ERNEST GELLNER
I LA THÉORIE DE LA GRACE INCONDITIONNÉE CHEZ SAINT
AUGUSTIN
S'OPPOSE À PÉLAGE : PAS DE SALUT PAR LES OEUVRES
I I LA CITÉ TERRESTRE COMME CITÉ DU MAL
A) ADAM ET EVE, ABEL ET CAIN, ROMULUS ET REMUS
B) ROME EN PROIE À LA "LIBIDO DOMINANDI" (DESIR DE
DOMINER).
C) LA CITÉ TERRESTRE COMPARABLE À JÉRUSALEM
SOUMISE À NABUCHODONOSOR (LEQUEL APRÈS L'AVOIR CONQUISE
DÉTRUIT LE TEMPLE DE SALOMON ET DÉPLACE LA POPULATION
À BABYLONE)
|
CITE DE DIEU
= JÉRUSALEM
CITÉ TERRESTRE (OU SOCIÉTE
CIVILE)
BABYLONE
|
III A DANS UN
LIVRE D'HEURES FRANCAIS FIN XVE SIECLE
B DANS UN TABLEAU DE ALBTRECHT DÜRER : L'ADORATION DE
LA SAINTE
TRINITE
O SANCTA TRINITAS UNUS DEUS
MISERERE NOBIS
AMEN
TE INVOCAMUS, TE AUDORAMUS, TE
LAUDAMUS, TE GLORIIFICAMUS, O BEATA
TRINITAS
(O SAINTE TRINITÉ, DIEU UN, AIE PITIÉ DE NOUS. NOUS
T'INVOQUONS, NOUS T'ADORONS, NOUS TE CÉLÉBRONS, NOUS TE
GLORIFIONS, O SAINTE TRINITÉ)
A droite : la foi (FOY) et l'espérance (ESPERANCE)
II L'ADORATION DE LA SAINTE TRINTITÉ PAR DÜRER (Repris du site du Kunsthistorisches Museum Vienna, http://bilddatenbank.khm.at/viewArtefact?id=615)


"LA CHUTE DES ANGES REBELLES" (http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=1279)
SIENNE VERS 1340-1345 : CE TABLEAU EST AU MUSÉE DU LOUVRE, LE
CLICHÉ
VIENT DU SITE DU MUSÉE DU LOUVRE ( http://www.louvre.fr/llv/commun/home_flash.jsp
): (ALLEZ LE VOIR : C'EST À 10 MINUTES À PIED DE SCIENCES
PO)
| "Cité
de Dieu" dans le Psaume 87 |
"Civitas
Dei" Psaume 87dans la Vulgate (Bible en latin) |
1. Des fils de Coré. Psaume. Cantique. Sa fondation sur les montagnes saintes, 2. Yahvé la chérit, préférant les portes de Sion* à toute demeure de Jacob. 3. Il parle de toi pour ta gloire, cité de Dieu 4. «Je compte Rahab et Babylone parmi ceux qui me connaissent, voyez Tyr, la Philistie ou l'Ethiopie, un tel y est né.» 5. Mais de Sion l'on dira »Tout homme y est né» et celui qui l'affermit, c'est le Très-Haut. 6. Yahvé inscrit au registre les peuples »Un tel y est né», 7. et les princes, comme les enfants. Tous font en toi leur demeure. * Jérusalem est construite sur la colline de Sion La Bible de Jérusalem. Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf |
1. Filiis Core. Psalmus cantici. Fundamenta ejus in montibus sanctis ; 2. diligit Dominus portas Sion super omnia tabernacula Jacob. 3. Gloriosa dicta sunt de te, civitas Dei ! 4. Memor ero Rahab et Babylonis, scientium me ; ecce alienigenæ, et Tyrus, et populus Æthiopum, hi fuerunt illic. 5. Numquid Sion dicet : Homo et homo natus est in ea, et ipse fundavit eam Altissimus ? 6. Dominus narrabit in scripturis populorum et principum, horum qui fuerunt in ea. 7. Sicut lætantium omnium habitatio est in te. |
| Babylone rasta |
Babylone est la cité du mal dans la culture rasta :
très nombreuses chansons où apparait Babylone
Une célèbre chanson "Rivers of Babylon"
(Tigre et Euphrate en Irak contemporain) inspirée du psaume
biblique 137 (dans la Bible, Livre des psaumes, psaume 137) a
été créée par les Melodians et
chantée notamment par Jimmy
Cliff
dans la bande originale d'un film (1972)
| RIVERS OF BABYLON by The Melodians (B. Dowe - F. McHaughton, adapted from Psalm 137:1) |
Psaumes 137 |
By the rivers of Babylon Where we sat down And there we wept When we remembered Zion But the wicked carried us away in captivity Required from us a song How can we sing King Alfa song In a strange land Cause the wicked carried us away in captivity Required from us a song How can we sing King Alfa song In a strange land Sing it out loud Sing a song of freedom sister Sing a song of freedom brother We gotta sing and shout it We gotta talk and shout it Shout the song of freedom now So let the words of our mouth And the meditation of our heart Be acceptable in Thy sight Over I So let the words of our mouth And the meditation of our heart Be acceptable in Thy sight Over I Sing it again We've got to sing it together Everyone of us together By the rivers of Babylon... (Original lyrics from the 1972 album sleeve of "The Harder They Come" o.s.t. ) by Don Julian |
1. Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion; 2. aux peupliers d'alentour nous avions pendu nos harpes. 3. Et c'est là qu'ils nous demandèrent, nos geôliers, des cantiques, nos ravisseurs, de la joie »Chantez-nous, disaient-ils, un cantique de Sion.» 4. Comment chanterions-nous un cantique de Yahvé sur une terre étrangère? 5. Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche! 6. Que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie! 7. Souviens-toi, Yahvé, contre les fils d'Edom, du Jour de Jérusalem, quand ils disaient : «A bas! Rasez jusqu'aux assises!» 8. Fille de Babel, qui dois périr, heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus, 9. heureux qui saisira et brisera tes petits contre le roc! La Bible de Jérusalem. Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf |
Autre version de la même chanson en video :
Rivers
of Bablylon par le goupe Boney M, sur YouTube
| Le sac de Rome en
410 comparé par Saint Augustin au sort de Job sur son tas de
fumier et à celui du Christ Quel horrible récit nous a été fait de ce désastre ! la ruine, l'incendie, le pillage, le massacre, des barbaries de toute sorte. Nous avons reçu beaucoup de détails des plus navrants, nous avons gémi sur tous ces malheurs, souvent nous avons versé des larmes, sans vouloir aucune consolation dans nos douleurs. Oui, je l'avoue, de grands maux nous ont été racontés, de grands malheurs sont venus fondre sur la ville de Rome. Cependant, mes Frères, et j'appelle ici toute votre attention, nous avons lu dans le livre de Job, qu'après avoir perdu toutes ses richesses, tous ses enfants, ce saint patriarche ne put même conserver sain et sauf son propre corps, le seul bien qui lui restât. Couvert d'ulcères depuis les pieds jusqu'à la tête, il se tenait assis sur un fumier, où il voyait son corps tombant en pourriture, dévoré par les vers et en proie aux douleurs les plats atroces. Si l'on venait nous annoncer que la cité tout entière est ainsi assise, qu'il n'y a plus en elle aucune partie saine, qu'elle n'est plus qu'une vaste et profonde blessure, que les vivants y sont rongés par les vers; comme les morts le sont par la pourriture; de ces deux maux, cet état que je dépeins, oit la guerre que nous déplorons, lequel nous paraîtrait le plus affreux? Il me semble que le corps humain a moins à craindre du glaive que des vers; j'aimerais mieux voir le sang jaillir d'une blessure, que la pourriture distiller la corruption. Vous voyez un cadavre se corrompre, et vous frémissez d'horreur, et pourtant ce spectacle est moins triste encore parce que vous savez que l'âme a disparu. Dans Job au contraire l'âme était là pour sentir, enchaînée sans pouvoir fuir, esclave pour souffrir, broyée pour se plaindre. Or, ce patriarche supporta cette grande épreuve, et sa patience fut pour lui le titre d'une justice éclatante. Que l'homme ne considère donc pas ce qu'il souffre, mais ce qu'il fait. Il n'est pas en votre puissance de souffrir ou de ne souffrir pas; mais quant à vos actions, elles sont le fruit de votre volonté bonne ou mauvaise. Job souffrait et la seule personne qui fui restât, c'était sa femme, qui au lieu de le consoler ne faisait qu'aggraver son épreuve; au lieu de le guérir, elle le poussait au blasphème : « Blasphémez contre Dieu, lui disait-elle, et mourez ». Voyez combien il lui eût été avantageux de mourir, et personne ne lui accordait ce bienfait. Mais dans tout ce qu'il avait à souffrir, sa patience s'exerçait, sa foi s'affermissait, sa femme restait confondue , et le démon était vaincu. Quel spectacle, et comme sa vertu brille d'un vif éclat dans cette horrible corruption ! Son ennemi le consume intérieurement; le mal lui- est ouvertement conseillé par sa femme, devenue son ennemie et le bras dévoué du démon. C'était une nouvelle Eve, mais Job ne fut pas le vieil Adam : « Blasphémez contre Dieu, et mourez ». Arrachez par le blasphème ce que vous n'avez pu obtenir par vos .prières. « Vous avez parlé, lui dit-il, comme une femme insensée ». Remarquez ces paroles d'un croyant courageux, d'un homme dont le corps tombait en pourriture, mais dont l'âme restait dans toute son intégrité : « Vous avez parlé comme une femme insensée. Si nous avons reçu les biens de la main du Seigneur, pourquoi ne supporterions-nous pas aussi l'adversité? » Dieu est un Père, ne l'aimerons-nous que quand il nous flatte, pour le mépriser quand il nous corrige ? N'est-il pas un Père qui promet la vie, et impose la discipline ? Avez-vous oublié ces paroles : « Mon fils, lorsque vous entrez au service de Dieu, demeurez ferme dans la justice et dans la crainte, et préparez votre âme à la tentation. Acceptez de bon coeur tout ce qui vous arrivera; demeurez en paix dans votre douleur, et au temps de votre humiliation, conservez la patience; car l'or et l'argent s'épurent par le feu, mais les hommes agréables à Dieu s'éprouvent dans le creuset de l'humiliation? » Avez-vous oublié ces autres paroles : « Le Seigneur corrige celui qu'il aime; il frappe de verges tous ceux qu'il reçoit au nombre de ses enfants? » Saint Augustin Ruine de Rome Chapitre I ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce que Rome a souffert, un homme l'avait souffert avant elle. Et voyez quel est cet homme « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (1)», lié, garotté, flagellé, couvert de tous les outrages, suspendu à une croix, et y rendant le dernier soupir. Crucifiez Rome avec Jésus-Christ; crucifiez toute la terre avec Jésus-Christ; crucifiez le ciel et la terre avec Jésus-Christ; quelle comparaison établir entre la créature et le Créateur, entre l'œuvre et l'Ouvrier ? « Tout a été fait par lui et rien n'a été fait sans lui (2) », et cependant il a été traité comme un ver de terre par ses persécuteurs. Saint Augustin Ruine de Rome Chapitre VIII traduction de M. l'abbé BURLEREAUX. In Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois sous la direction de M. Raulx, Bar-Le Duc, 1869, Tome XII. P. 339-344. http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/rome/index.htm |
Le
meurtre d'Abel par Caïn
Genèse 4 [Commentaire]
1. L'homme
connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle
dit : J'ai acquis un homme de par Yahvé.
2. Elle donna
aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint
pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol.
3. Le temps
passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en
offrande à Yahvé,
4. et
qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de
son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé
agréa Abel et son offrande.
5. Mais il
n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut
très irrité et eut le visage abattu.
6.
Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et
pourquoi ton visage est-il abattu ?
7. Si tu es
bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si
tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas
à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la
dominer ?
8. Cependant
Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme
ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son
frère Abel et le tua.
9.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère
Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon
frère ?
10.
Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton
frère crier vers moi du sol !
11.
Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la
bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12. Si tu
cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant
parcourant la terre.
13. Alors
Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à
porter.
14. Vois ! Tu
me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta
face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu
me tuera !
15.
Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue
Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur
Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
16. Caïn
se retira de la présence de Yahvé et séjourna au
pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17. Caïn
connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint
un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son
fils, Hénok.
La Bible de Jérusalem.
Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf
En haut Saint Augustin écrit la
cité de Dieu
En bas à gauche Abel et Sion
(Jérusalem) et à
droite Caïn et Babylone.
Aurelius Augustinaus, De Trinitate. De Civitate Dei,
publié par Johann Amerbach, Basle, 1489
|
NABUCHONOSOR, SOUVERAIN DE BABLYONE (IMAGE DE LA CITÉ TERRESTRE), ATTAQUE JERUSALEME (IMAGE DE LA CITÉ CÉLESTE) À DEUX REPRISES. LA SECONDE FOIS IL DÉTRUIT LE TEMPLE ET IL DÉPORTE LES JUIFS À BABLYLONE |
Jérémie 52 1. Sédécias avait 21 ans à son avènement et il régna onze ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Hamital, fille de Yirmeyahu, et était de Libna. 2. Il fit ce qui est mal aux yeux de Yahvé, tout comme avait fait Joiaqim. 3. Cela arriva à Jérusalem et en Juda à cause de la colère de Yahvé, tant qu'enfin il les rejeta de devant sa face. Sédécias se révolta contre le roi de Babylone. 4. En la neuvième année de son règne, au dixième mois le dix du mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint attaquer Jérusalem avec toute son armée, il campa devant la ville et la cerna d'un retranchement. 5. La ville fut investie jusqu'à la onzième année du roi Sédécias. 6. Au quatrième mois, le neuf du mois, alors que la famine sévissait dans la ville et que la population n'avait plus rien à manger, 7. une brèche fut faite au rempart de la ville. Alors le roi et tous les hommes de guerre s'enfuirent de nuit et s'échappèrent de la ville par la porte entre les deux murs, qui est près du jardin du roi les Chaldéens cernaient la ville et ils prirent le chemin de la Araba. 8. Mais les troupes chaldéennes poursuivirent le roi et atteignirent Sédécias dans les plaines de Jéricho, où tous ses soldats, l'abandonnant, se débandèrent. 9. On fit prisonnier le roi qu'on emmena à Ribla, au pays de Hamat, auprès du roi de Babylone qui le fit passer en jugement. 10. Il égorgea les fils de Sédécias sous ses yeux; de même tous les princes de Juda, il les égorgea à Ribla. 11. Puis il creva les yeux de Sédécias et le lia avec des chaînes de bronze. Alors, le roi de Babylone l'emmena à Babylone où il l'emprisonna jusqu'au jour de sa mort. 12. Au cinquième mois, le dix du mois c'était en la dix-neuvième année du règne de Nabuchodonosor, roi de Babylone Nebuzaradân, commandant de la garde, un de l'entourage immédiat du roi de Babylone, fit son entrée à Jérusalem. 13. Il incendia le Temple de Yahvé, le palais royal et toutes les maisons de Jérusalem. 14. Les troupes chaldéennes qui étaient avec le commandant de la garde abattirent tous les remparts qui entouraient Jérusalem. 15. Nebuzaradân, commandant de la garde, déporta une partie des pauvres du peuple et le reste de la population laissée dans la ville, les transfuges qui étaient passés au roi de Babylone et ce qui restait des artisans. 16. Mais Nebuzaradân, commandant de la garde, laissa une partie des pauvres du pays, comme vignerons et laboureurs. 17. Les Chaldéens brisèrent les colonnes de bronze du Temple de Yahvé, les bases roulantes et la Mer de bronze qui étaient dans le Temple de Yahvé; ils en emportèrent tout le bronze à Babylone. 18. Ils prirent aussi les vases à cendres, les pelles, les couteaux, les coupes d'aspersion, les navettes et tous les ustensiles de bronze qui servaient au culte. 19. Le commandant de la garde prit encore les coupes, les encensoirs, les coupes d'aspersion, les vases à cendres, les chandeliers, les bols et les patères, tout ce qui était en or et tout ce qui était en argent. 20. Quant aux deux colonnes, à la Mer unique, aux douze bœufs de bronze qui étaient sous la Mer et aux bases roulantes, que le roi Salomon avait fabriqués pour le Temple de Yahvé, on ne pouvait évaluer ce que pesait le bronze de tous ces objets. 21. Quant aux colonnes, l'une avait dix-huit coudées de haut; un fil de douze coudées en mesurait le tour; épaisse de quatre doigts, elle était creuse à l'intérieur; 22. un chapiteau de bronze la surmontait, haut de cinq coudées, ayant tout autour un treillis et des grenades, le tout en bronze. De même pour la deuxième colonne. 23. Il y avait 96 grenades sur les côtés. En tout, cela faisait cent grenades autour du treillis. 24. Le commandant de la garde fit prisonniers Seraya, le prêtre en chef, Cephanya, le prêtre en second, et les trois gardiens du seuil. 25. De la ville, il fit prisonniers un eunuque, préposé aux hommes de guerre, sept des familiers du roi qui furent trouvés dans la ville, le secrétaire du chef de l'armée, chargé de la conscription, ainsi que 60 hommes de condition qui furent trouvés dans la ville. 26. Nebuzaradân, commandant de la garde, les prit et les mena auprès du roi de Babylone, à Ribla, 27. et le roi de Babylone les fit mettre à mort à Ribla, au pays de Hamat. Ainsi Juda fut-il déporté loin de sa terre. 28. Voici le nombre des gens déportés par Nabuchodonosor. La septième année : 3.023 Judéens; 29. la dix-huitième année de Nabuchodonosor, furent emmenées de Jérusalem 832 personnes; 30. la vingt-troisième année de Nabuchodonosor, Nebuzaradân, commandant de la garde, déporta 745 Judéens. En tout : 4.600 31. Mais la trente-septième année de la déportation de Joiakîn, roi de Juda, au douzième mois, le 25 du mois, Evil-Mérodak, roi de Babylone, en l'année de son avènement, fit grâce à Joiakîn, roi de Juda, et le tira de prison. 32. Il lui parla avec bonté et lui accorda un siège supérieur à ceux des autres rois qui étaient avec lui à Babylone. 33. Joiakîn quitta ses vêtements de captif et mangea toujours à la table du roi, sa vie durant. 34. Son entretien fut assuré constamment par le roi de Babylone, jour après jour, jusqu'au jour de sa mort, sa vie durant. La Bible de Jérusalem. Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf SUR LE SITE LEXILOGOS: http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm |
III L'AMOUR DANS LA CITÉ DE DIEU ou JÉRUSALEM
CÉLESTE
A) VALORISATION RELATIVE DE LA CITÉ
B) LES CITOYENS DANS LA CITÉ DE DIEU, CITÉ DE LA PAIX ET
DE LA JUSTICE (C'EST LA "SOCIETAS CIVILIS", LA SOCIÉTÉ
CIVILE SELON CICÉRON)
C) AMOUR DANS LA RÉCIPROCITE,
IV CITE DE DIEU ET CITÉ TERRESTRE
A) COUPURE MAIS PAS SÉPARATION : DES SYMBOLES DE LA
CITÉ DE DIEU DANS LE MONDE TERRESTRE (EX. L'EMPEREUR AUGUSTE)
B) LA NECESSITÉ DE LA CITÉ TERRESTRE COMME LIMITATION DU
MAL D'Où L'OBLIGATION D'OBEIR AU POUVOIR POLITIQUE, Y
COMPRIS SOUS NÉRON QUI PERSÉCUTAIT LES CHRÉTIENS
C) CHRETIEN ET CITOYEN : LE CHRÉTIEN NE DÉSERTE PAS LA
SOCIÉTÉ CIVILE
D) L'EGLISE PEUT UTILISER LA FORCE DE L'ETAT POUR LUTTER CONTRE
L'HÉRÉSIE. "COMPELLE INTRARE" : "FORCEZ LES D'ENTRER"
IV L'AUGUSTINISME POLITIQUE
L'AUGUSTINISME POLITIQUE : UN EXEMPLE GILLES DE ROME ( 13e SIÈCLE) : LE GLAIVE TEMPOREL AU SERVICE DU GLAIVE SPIRITUEL
ACTUALITÉ DU CONFLIT ET DU COMPROMIS ENTRE EGLISE ET ETAT
| EXTRAIT
DE LA LETTRE 185 À BONIFACE Où SAINT AUGUSTIN JUSTIFIE LA
PERSÉCUTION DES DONATIENS (QUI SE RÉCLAMAIENT DE DONAT)
PAR L'AUTORITE POLITIQUE TRADUCTION DE POUJOULAT (1856) http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/lettres/s003/l185.htm (Les notes renvoient à des livres de l'Ancien ou du Nouveau Testament) Un malade frénétique se plaint du médecin qui le lie, un fils indiscipliné se plaint du père qui le châtie, mais tous les deux sont aimés. Les laisser faire, les laisser périr, ce serait une fausse et cruelle bonté. Quand le cheval et le mulet, qui n'ont pas l'intelligence , résistent par des morsures et des coups de pied aux hommes qui s'occupent de guérir leurs plaies, et résistent au point de mettre parfois des hommes en péril, on ne laisse pas pour cela ces animaux, on les soigne jusqu'à ce que l'énergie douloureuse des remèdes leur ait rendu la santé : combien plus encore un homme ne doit pas être abandonné par un homme, un frère par son fière, de peur qu'il ne périsse ! Une fois ramené, il peut comprendre que ce qu'il appelait une persécution n'était qu'un grand bienfait. 8. « Pendant que nous en avons le temps, « dit l'Apôtre, faisons du bien à tous sans nous lasser jamais (1). » Le bien peut se faire de deux manières avec nos frères égarés : par les discours des prédicateurs catholiques, par les lois des princes catholiques; que tous aillent au salut, que tous soient retirés de la perdition, les uns par le ministère de ceux qui obéissent aux préceptes divins, les autres par le ministère de ceux qui obéissent aux ordres impériaux. Quand les empereurs font de mauvaises lois pour le mensonge, la vraie foi est éprouvée et la persévérance couronnée ; quand ce sont des lois pour la vérité contre le mensonge, les méchants tremblent et ceux qui comprennent se corrigent. Quiconque donc refuse d'obéir aux lois des empereurs, portées contre la vérité de Dieu, acquiert une grande récompense; mais quiconque refuse d'obéir aux lois des empereurs portées pour la vérité de Dieu, s'expose à un grand supplice. Aux temps des prophètes tous les rois qui n'avaient ni empêché ni aboli 1. Gal. VI, 10. ce qui était contre les commandements de Dieu, sont blâmés; les rois qui ont tenu une autre conduite sont comblés de louanges. Nabuchodonosor, lorsqu'il était serviteur des idoles, fit une loi sacrilège pour qu'on adorât une statue; ceux qui ne voulurent pas lui obéir agirent pieusement et fidèlement : et le même roi, ramené par un miracle de Dieu, fit une loi pieuse et louable qui condamnait à mort quiconque aurait blasphémé le vrai Dieu de Sidrach, de Misach et d'Abdénago (1). S'il y eut des violateurs de cette loi, ils purent dire, en subissant leur peine, ce que disent les donatistes : nous sommes justes parce que nous sommes persécutés. Ils auraient tenu ce langage s'ils avaient été insensés comme le sont les donatistes qui divisent les membres du Christ, anéantissent ses sacrements et se glorifient de souffrir persécution, parce qu'ils sont arrêtés par les lois impériales établies au profit de l'unité du Christ, et, ne pouvant recevoir du Seigneur la gloire des martyrs, ils la demandent aux hommes. 9. Mais les vrais martyrs sont ceux dont il a été dit : « Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice (2).» Ce sont de vrais martyrs parce qu'ils souffrent persécution pour la justice et non point pour l'iniquité et le déchirement impie de l'unité chrétienne. Agar aussi fut persécutée par Sara (3) ; celle-ci partant était sainte, l'autre ne l'était pas. Peut-on comparer Agar persécutée par Sara au saint roi David persécuté par l'inique Saül (4)? Grande est la différence ; tous les deux ont souffert , mais David a souffert pour la justice. Le Seigneur lui-même a été crucifié avec des voleurs (5); mais la cause séparait ceux que la passion rapprochait. Aussi ce mot du Psalmiste doit être entendu des vrais martyrs qui ne veulent pas être confondus avec les faux martyrs : «Jugez-moi, Seigneur, et séparez ma cause de celle d'une nation qui n'est point sainte (6); » le Psalmiste n'a pas dit : séparez ma peine, mais «séparez ma cause. » Car la peine des impies peut être semblable à celle des martyrs, mais la cause des martyrs est différente ; ce sont eux qui disent à Dieu : « Ils me persécutent injustement, venez à mon aide (7). » C'est parce que David est injustement persécuté qu'il ne se croit pas indigne du secours divin ; autrement il n'aurait pas eu besoin d'être ;secouru, mais ramené. 1. Dan. III, 5, 96. — 2. Matth. V, 10. — 3. Gen. XVI. 6. — 4. Rois. XVIII, XIX, etc. — 5. Luc, XXIII, 33. — 6. Ps. XLII, 1. — 7. Ibid. CXVIII, 86. 23. Pourquoi l'Eglise ne forcerait-elle pas au retour les enfants qu'elle a perdus, puisque ces enfants perdus forcent les autres à périr? Si, au moyen de lois terribles, mais salutaires, elle retrouve ceux qui n'ont été que séduits, cette pieuse mère leur réserve de plus doux embrassements et se réjouit de ceux-ci beaucoup plus que de ceux qu'elle n'avait jamais perdus. Le devoir du pasteur n'est-il pas de ramener à la bergerie du maître, non-seulemen les brebis violemment arrachées, mais même celles que des mains douces et caressantes ont enlevées au troupeau, et, si elles viennent â résister, ne doit-il pas employer les coups et même les douleurs? |
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« Compelle intrare »
dans la parabole des invités du Christ.
« Forcez les d’entrer » Cette formule, tirée du parabole du Christ, est souvent utilisée pour présenter la thèse de Saint Augustin (et d’autres) sur la légitimité d’utiliser la violence (physique, psychique ?) pour obliger les «hérétiques » à rejoindre l’Eglise. "Compelle intrare" ("forcer les d'enter") est empruntée à la traduction en latin d’un passage (14, 15-22) de l’Evangile selon Saint Luc qui est interprété comme montrant un droit, fondé sur la parole du Christ, à inviter de force des hommes à « prendre leur repas dans le Royaume de Dieu ». |
EVANGILE SELON SAINT LUC 14 15. A ces mots, l'un des convives lui dit [à Jésus] : « Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! »16. Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde.17. A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : «Venez ; maintenant tout est prêt. »18. Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : «J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. »19. Un autre dit : «J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. »20. Un autre dit : «Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. »21. « A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : «Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » 22. «Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. »23. Et le maître dit au serviteur : «Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force (compelle intrare)*, afin que ma maison se remplisse.24. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » * Formule en latin. Le texte original de l’Evangile selon Saint Luc est en grec (mais ce n’était pas la langue qui était parlé par les protagonistes) ; la traduction en latin (par Saint Jérôme) connue comme »La Vulgate » a été la version la plus diffusée en Occident jusqu’à l’époque moderne). |
| TRADUCTION DITE DE LA BIBLE DE
JÉRUSALEM (CATHOLIQUE) SUR LE SITE LEXILOGOS: http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm |
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The Wedding Banquet.
(Melody & Lyrics: Miriam Therese Winter, religieuse catholique américaine) (1966) |
Chorus:
I cannot come to the banquet, I cannot come to the banquet, don't trouble me now. I have married a wife; I have bought me a cow. I have fields and commitments that cost a pretty sum. Pray, hold me excused, I cannot come. A certain man held a feast on his fine estate in town. He laid a festive table and wore a wedding gown. He sent invitations to his neighbours far and wide but when the meal was ready, each of them replied: The master rose up in anger, called his servant by name, said: "Go into the town, fetch the blind and the lame, fetch the peasant and the pauper, for this I have willed, my banquet seem so crowded, and my table must be filled. When all the poor had assembled, there was still room to spare, so the master demanded: "Go search every where, to the highways and the byways and force them to come in. My table must be filled before the banquet can begin. Now God has written a lesson for the rest of the mankind; If we're slow a responding, he may leave us behind. He's preparing a banquet for that great and glorious day when the Lord and Master calls us, be certain not to say: |
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UN
PARADIGME INTERPRÉTATIF DE SAINT AUGUSTIN
AGAR et SARAH : mères des enfants d'Abraham. I DANS L'ANCIEN TESTAMENT (GENÈSE) II DANS LE NOUVEAU (EPITRE AUX GALATES DE SAINT PAUL) Àgar, (ou Hagar en hébreu) servante de Saraï qui est stérile, donne à Abraham un fils Isamël puis Dieu (Yahvé) intervient pour rendre Sarah (nouveau nom de Saraï) fertile et celle-ci donne à Abraham son fils Isaac et Abraham, à la demande de Sarah, chasse Agar et Ismaël qui s'installeront en Arabie. Un passage de la Bible souvent utilisé par Saint Augustin. Sarah est pour Saint Augustin une image de la Cité de Dieu sur terre et la persécution dont est l'objet Agar est du même type que celle dont sont victimes les hérétiques : douloureuse mais pas inique |
| HAGAR ET SARAH DANS LA GENÈSE
(ANCIEN TESTAMENT) Genèse 161. La femme d'Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d'enfant. Mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar,2. et Saraï dit à Abram : Vois, je te prie : Yahvé n'a pas permis que j'enfante. Va donc vers ma servante. Peut-être obtiendrai-je par elle des enfants. Et Abram écouta la voix de Saraï.3. Ainsi, au bout de dix ans qu'Abram résidait au pays de Canaan, sa femme Saraï prit Agar l'Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à son mari, Abram.4. Celui-ci alla vers Agar, qui devint enceinte. Lorsqu'elle se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux.5. Alors Saraï dit à Abram : Tu es responsable de l'injure qui m'est faite ! J'ai mis ma servante entre tes bras et, depuis qu'elle s'est vue enceinte, je ne compte plus à ses yeux. Que Yahvé juge entre moi et toi !6. Abram dit à Saraï : Eh bien, ta servante est entre tes mains, fais-lui comme il te semblera bon. Saraï la maltraita tellement que l'autre s'enfuit de devant elle.7. L'Ange de Yahvé la rencontra près d'une certaine source au désert, la source qui est sur le chemin de Shur.8. Il dit : Agar, servante de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis devant ma maîtresse Saraï.9. L'Ange de Yahvé lui dit : Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise.10. L'Ange de Yahvé lui dit : Je multiplierai beaucoup ta descendance, tellement qu'on ne pourra pas la compter.11. L'Ange de Yahvé lui dit : Tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d'Ismaèl, car Yahvé a entendu ta détresse.12. Celui-là sera un onagre d'homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s'établira à la face de tous ses frères.13. A Yahvé qui lui avait parlé, Agar donna ce nom : Tu es El Roï, car, dit-elle, Ai-je encore vu ici après celui qui me voit ?14. C'est pourquoi on a appelé ce puits le puits de Lahaï Roï; il se trouve entre Cadès et Béred.15. Agar enfanta un fils à Abram, et Abram donna au fils qu'enfanta Agar le nom d'Ismaèl.16. Abram avait quatre-vingt-six ans quand Agar le fit père d'Ismaèl. Genèse 21 1. Yahvé visita Sara comme il avait dit et il fit pour elle comme il avait promis.2. Sara conçut et enfanta un fils à Abraham déjà vieux, au temps que Dieu avait marqué.3. Au fils qui lui naquit, enfanté par Sara, Abraham donna le nom d'Isaac.4. Abraham circoncit son fils Isaac, quand il eut huit jours, comme Dieu lui avait ordonné.5. Abraham avait cent ans lorsque lui naquit son fils Isaac.6. Et Sara dit : Dieu m'a donné de quoi rire, tous ceux qui l'apprendront me souriront.7. Elle dit aussi : Qui aurait dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants ! car j'ai donné un fils à sa vieillesse.8. L'enfant grandit et fut sevré, et Abraham fit un grand festin le jour où l'on sevra Isaac.9. Or Sara aperçut le fils né à Abraham de l'Égyptienne Agar, qui jouait avec son fils Isaac,10. et elle dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, il ne faut pas que le fils de cette servante hérite avec mon fils Isaac.11. Cette parole déplut beaucoup à Abraham, à propos de son fils,12. mais Dieu lui dit : Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c'est par Isaac qu'une descendance perpétuera ton nom,13. mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race.14. Abraham se leva tôt, il prit du pain et une outre d'eau qu'il donna à Agar, et il mit l'enfant sur son épaule, puis il la renvoya. Elle s'en fut errer au désert de Bersabée.15. Quand l'eau de l'outre fut épuisée, elle jeta l'enfant sous un buisson16. et elle alla s'asseoir vis-à-vis, loin comme une portée d'arc. Elle se disait en effet : Je ne veux pas voir mourir l'enfant ! Elle s'assit vis-à-vis et se mit à crier et à pleurer.17. Dieu entendit les cris du petit et l'Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : Qu'as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu les cris du petit, là où il était.18. Debout ! soulève le petit et tiens-le ferme, car j'en ferai une grande nation.19. Dieu dessilla les yeux d'Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l'outre et fit boire le petit.20. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d'arc.21. Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d'Égypte. La Bible de Jérusalem.Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf SUR LE SITE LEXILOGOS: http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm |
| HAGAR ET SARAH DANS LE NOUVEAU
TESTAMENT : EXÉGÈSE DE LA GENÈSE PAR SAINT PAUL AUX GALATES, 4 21. Dites-moi, vous qui voulez vous soumettre à la Loi, n'entendez-vous pas la Loi ? 22. Il est écrit en effet qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre ; 23. mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. 24. Il y a là une allégorie : ces femmes représentent deux alliances ; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude : c'est Agar 25. car le Sinaï est en Arabie et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. 26. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et elle est notre mère ; 27. car il est écrit : Réjouis-toi, stérile qui n'enfantais pas, éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs ; car nombreux sont les enfants de l'abandonnée, plus que les fils de l'épouse. 28. Or vous, mes frères, à la manière d'Isaac, vous êtes enfants de la promesse. 29. Mais, comme alors l'enfant de la chair persécutait l'enfant de l'esprit, il en est encore ainsi maintenant. 30. Eh bien, que dit l'Écriture : Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. 31. Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d'une servante mais de la femme libre. Copyright (C) 1973 by Les Édition du Cerf SUR LE SITE LEXILOGOS: http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm |

SARAH QUI NE PEUT AVOIR D'ENFANT OFFRE À ABRAHAM SA SERVANT EGYPTIENNE HAGAR. DE LEUR UNION NAÎTRA ISMAEL, ANCÊTRE DES TRIBUS D'ARABIE. PEINTURE DE Adriaen van der Werff, Peinture de 1696 qui se trouve actuellement au musée de l'Hermitage à Saint Petersbourg (une copie de ce tableau peut se voir au musée du Louvre, en allant sur ce lien vous trouverez sa localisation dans le musée : http://cartelen.louvre.fr/cartelen/visite?srv=car_not_frame&idNotice=8357
Lectures recommandées :
Colas, Le Glaive et
le
Fléau.
Généalogie du fanatisme et de la société
civile,
Grasset, 1992. Traduit en anglais par Amy Jacobs sous le titre : Civil
society and fanaticism. Conjoined histories, Stranford University
press
(cette version est conseillée aux anglophones)
Crouzet, D., Calvin, Fayard, 2000
Engels, F., La Guerre des paysans en Allemagne, (1850)
Fevre, L, Luther, "Quadrige", PUF
Léonard, G., Histoire générale du
protestantisme, t. 1, La Réformation, PUF, 1961
Weber, M., Politik als Beruf (1919) (trad. en français
in Le Savant et le Politique)
| DE LA NATURE ET
DE LA GRÂCE. RÉFUTATION DE PÉLAGE. In Oeuvres complètes de Saint Augustin, sous la direction de M. Raulx, tome XVIIème, p. 185 à 221, Bar-le-Duc 1871 |
| CHAPITRE III. LA NATURE,
CRÉÉE DANS L'INNOCENCE, A ÉTÉ DEPUIS
SOUILLÉE PAR LE PÉCHÉ. 3. L'homme fut créé sans tache et sans souillure ; mais Adam se rendit coupable, et toute sa postérité a besoin d'être guérie, parce qu'elle n'est plus saine. Malgré sa chute, il lui reste des biens qui font partie de sa constitution, de sa vie, de ses sens, de son intelligence, et ces biens, il les a reçus de la main de son Créateur. Le vice est survenu, plongeant dans les ténèbres et affaiblissant ces biens naturels et rendant nécessaires la diffusion de la lumière et l'application du remède ; mais ce vice n'est point l'oeuvre de Dieu; car ce vice de la part d'Adam, fut le résultat du dérèglement de son libre arbitre, et, de la part de hommes, il est la conséquence du péché originel. Par conséquent notre nature viciée n'a plus droit qu'à un châtiment légitime. Sans doute, nous sommes devenus une nouvelle créature en Jésus-Christ, mais. « nous étions par la corruption de notre nature, enfant de colère aussi bien que les autres hommes. Dieu, qui est riche en miséricorde, poussé par l'amour extrême dont il nous a aimés lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie en Jésus-Christ, par la grâce duquel nous sommes sauvés (1) ». CHAPITRE IV. LA GRÂCE GRATUITE. 4. Or, cette grâce de Jésus-Christ, sans laquelle ni les enfants ni les adultes ne peuvent être sauvés, ne nous est point donnée à raison de nos mérites, mais d'une manière absolument gratuite ; de là son nom de grâce. « Nous avons été justifiés gratuitement par son sang », dit l'Apôtre. D'où il suit que ceux qui n'ont pas été délivrés par cette grâce, soit parce qu'ils n'ont pas pu en entendre parler, soit parce qu'ils n'ont pas voulu obéir, soit que leur âge ne leur permette pas de comprendre, soit enfin parce qu'ils n'ont pas reçu le sacrement de la régénération, qu'ils auraient pu recevoir ci qui les aurait sauvés, tous ceux-là, dis-je, sont privés du bonheur du ciel, et cette condamnation n'est que justice ; car ils ne sont pas sans péché, soit qu'il s'agisse du péché originel, soit qu'il s'agisse des péchés actuels. « Car tous ont péché », soit en Adam, soit en eux-mêmes, et « tous ont besoin de la gloire de Dieu ». CHAPITRE V. LA JUSTICE EXIGEAIT LA CONDAMNATION DE TOUS LES HOMMES. 5. Ainsi donc, par le fait de leur origine, tous les hommes sont soumis au châtiment, et lors même que tous subiraient en réalité le supplice de la damnation, ce ne serait que rigoureuse justice. Voilà pourquoi ceux qui sont délivrés par la grâce ne sont pas appelés des vases de leurs propres mérites, mais des vases de miséricorde (1). Et de qui cette miséricorde, si ce n'est de celui qui a envoyé Jésus-Christ en ce monde pour sauver les pécheurs (2), c'est-à-dire ceux qu'il a connus par sa prescience, qu'il a prédestinés, qu'il a appelés, qu'il a justifiés et qu'il a glorifiés (3) ? N'est-ce donc pas le comble de la folie que de ne point rendre d'ineffables actions de grâce à la miséricorde de celui qui délivre ceux qu'il a voulu, quand on sait que la justice autorisait parfaitement le Seigneur à réprouver tous les hommes sans aucune distinction ? |
| http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/polemiques/pelage/grace.htm#_Toc9943503 |
Introduction
Définition du «
fanatisme » comme refus de l’
»
intervalle » entre « société civile »
et
« cité de Dieu » (Melanchthon).
a) La réactivation
de la tradition augustinienne par la
réforme
:
- il n’y a pas de salut par les œuvres (contre Pélage)
- la grâce de Dieu est inconditonnée.
b) La réforme comme
révolution
- Les guerres civiles de religion en Europe
La critique de la
papauté : la « putain
babylonienne ». Calvin et le rejet
du culte des reliques.
- La
révolution du livre ; la culture portable ; la Bible et sa
lecture.
Primat des Ecritures: Sola Scriptura.
Tous prêtres.
-Il faut détruire la « putain
babylonienne ». Rome, la ville du pape, doit être
détruite comme l’est Babylone dans
l’ »Apocalypse » selon Saint Jean.`
| APOCALYPSE
SELON SAINT JEAN Revelation 17 1. Alors l'un des sept Anges aux sept coupes s'en vint me dire : « Viens, que je te montre le jugement de la Prostituée fameuse, assise au bord des grandes eaux ; 2. c'est avec elle qu'ont forniqué les rois de la terre, et les habitants de la terre se sont saoulés du vin de sa prostitution. » 3. Il me transporta au désert, en esprit. Et je vis une femme, assise sur une Bête écarlate couverte de titres blasphématoires et portant sept têtes et dix cornes. 4. La femme, vêtue de pourpre et d'écarlate, étincelait d'or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe en or, remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution. 5. Sur son front, un nom était inscrit - un mystère ! - « Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. » 6. Et sous mes yeux, la femme se saoulait du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus. A sa vue, je fus bien stupéfait ; 7. mais l'Ange me dit : « Pourquoi t'étonner ? je vais te dire, moi, le mystère de la femme et de la Bête qui la porte, aux sept têtes et aux dix cornes. 8. « Cette Bête-là, elle était et elle n'est plus ; elle va remonter de l'Abîme, mais pour s'en aller à sa perte ; et les habitants de la terre, dont le nom ne fut pas inscrit dès l'origine du monde dans le livre de vie, s'émerveilleront au spectacle de la Bête, de ce qu'elle était, n'est plus, et reparaîtra. 9. C'est ici qu'il faut un esprit doué de finesse ! Les sept têtes, ce sont sept collines sur lesquelles la femme est assise. » Ce sont aussi sept rois, 10. dont cinq ont passé, l'un vit, et le dernier n'est pas encore venu ; une fois là, il faut qu'il demeure un peu. 11. Quant à la Bête qui était et n'est plus, elle-même fait le huitième, l'un des sept cependant ; il s'en va à sa perte. 12. Et ces dix cornes-là, ce sont dix rois ; ils n'ont pas encore reçu de royauté, ils recevront un pouvoir royal, pour une heure seulement, avec la Bête. 13. Ils sont tous d'accord pour remettre à la Bête leur puissance et leur pouvoir. 14. Ils mèneront campagne contre l'Agneau, et l'Agneau les vaincra, car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, avec les siens : les appelés, les choisis, les fidèles. 15. « Et ces eaux-là, poursuivit l'Ange, où la Prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues. 16. Mais ces dix cornes-là et la Bête, ils vont prendre en haine la Prostituée, ils la dépouilleront de ses vêtements, toute nue, ils en mangeront la chair, ils la consumeront par le feu ; 17. car Dieu leur a inspiré la résolution de réaliser son propre dessein, de se mettre d'accord pour remettre leur pouvoir royal à la Bête, jusqu'à l'accomplissement des paroles de Dieu. 18. Et cette femme-là, c'est la Grande Cité, celle qui règne sur les rois de la terre. » Revelation 18 [Commentary] [Map] 1. Après quoi, je vis descendre du ciel un autre Ange, ayant un grand pouvoir, et la terre fut illuminée de sa splendeur. 2. Il s'écria d'une voix puissante : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ; elle s'est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d'esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d'oiseaux impurs et dégoûtants. 3. Car au vin de ses prostitutions se sont abreuvées toutes les nations, et les rois de la terre ont forniqué avec elle, et les trafiquants de la terre se sont enrichis de son luxe effréné. » 4. Puis j'entendis une autre voix qui disait, du ciel : « Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n'ayez à pâtir de ses plaies ! 5. Car ses péchés se sont amoncelés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités. 6. Payez-la de sa propre monnaie ! Rendez-lui au double de ses forfaits ! Dans la coupe de ses mixtures, mélangez une double dose ! 7. A la mesure de son faste et de son luxe, donnez-lui tourments et malheurs ! Je trône en reine, se dit-elle, et je ne suis pas veuve, et jamais je ne verrai le deuil... 8. Voilà pourquoi, en un seul jour, des plaies vont fondre sur elle : peste, deuil et famine ; elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a condamnée. » 9. Ils pleureront, ils se lamenteront sur elle, les rois de la terre, les compagnons de sa vie lascive et fastueuse, quand ils verront la fumée de ses flammes, 10. retenus à distance par peur de son supplice : « Hélas, hélas ! Immense cité, ô Babylone, cité puissante, car une heure a suffi pour que tu sois jugée ! » 11. Ils pleurent et se désolent sur elle, les trafiquants de la terre ; les cargaisons de leurs navires, nul désormais ne les achète! 12. Cargaisons d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, de lin et de pourpre, de soie et d'écarlate ; et les bois de thuya, et les objets d'ivoire, et les objets de bois précieux, de bronze, de fer ou de marbre ; 13. le cinnamome, l'amome et les parfums, la myrrhe et l'encens, le vin et l'huile, la farine et le blé, les bestiaux et les moutons, les chevaux et les chars, les esclaves et la marchandise humaine... 14. Et les fruits mûrs, que convoitait ton âme, s'en sont allés, loin de toi ; et tout le luxe et la splendeur, c'est à jamais fini pour toi, sans retour ! 15. Les trafiquants qu'elle enrichit de ce commerce se tiendront à distance, par peur de son supplice, pleurant et gémissant : 16. « Hélas, hélas ! Immense cité, vêtue de lin, de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles, 17. car une heure a suffi pour ruiner tout ce luxe ! » Capitaines et gens qui font le cabotage, matelots et tous ceux qui vivent de la mer, se tinrent à distance 18. et criaient, regardant la fumée de ses flammes : « Qui donc était semblable à l'immense cité ? » 19. Et jetant la poussière sur leur tête, ils s'écriaient, pleurant et gémissant : « Hélas, hélas ! Immense cité, dont la vie luxueuse enrichissait tous les patrons des navires de mer, car une heure a suffi pour consommer sa ruine ! » 20. O ciel, sois dans l'allégresse sur elle, et vous, saints, apôtres et prophètes, car Dieu, en la condamnant, a jugé votre cause. 21. Un Ange puissant prit alors une pierre, comme une grosse meule, et la jeta dans la mer en disant : « Ainsi, d'un coup, on jettera Babylone, la grande cité, on ne la verra jamais plus... » 22. Le chant des harpistes et des trouvères et des joueurs de flûte ou de trompette chez toi ne s'entendra jamais plus ; les artisans de tout métier chez toi ne se verront jamais plus ; et la voix de la meule chez toi ne s'entendra jamais plus ; 23. la lumière de la lampe chez toi ne brillera jamais plus ; la voix du jeune époux et de l'épousée chez toi ne s'entendra jamais plus. Car tes marchands étaient les princes de la terre, et tes sortilèges ont fourvoyé tous les peuples ; 24. et c'est en elle que l'on a vu le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui furent égorgés sur la terre |
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PAROLES SONT DE MARTIN LUTHER CANTATE BWV 4 : DES EXTRAITS PAR LE BACH COLLEGIUM JAPAN : http://www.amazon.fr/Bach-Cantates-sacrées-BWV-150/dp/B000025UVN UN SITE CONSACRÉ À LA MUSIQUE BAROQUE : http://www.baroque-music-club.com/index.html |
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| Christ lag in Todesbanden |
Christ gisait dans les liens de la mort |
| 1. Sinfonia 2. (Coro) Versus 1 S A T B Christ lag in Todesbanden Für unsre Sünd gegeben, Er ist wieder erstanden Und hat uns bracht das Leben; Des wir sollen fröhlich sein, Gott loben und ihm dankbar sein Und singen halleluja, Halleluja! 3. Versus 2 S A Den Tod niemand zwingen kunnt Bei allen Menschenkindern, Das macht' alles unsre Sünd, Kein Unschuld war zu finden. Davon kam der Tod so bald Und nahm über uns Gewalt, Hielt uns in seinem Reich gefangen. Halleluja! 4. Versus 3 T Violino I/II, Continuo Jesus Christus, Gottes Sohn, An unser Statt ist kommen Und hat die Sünde weggetan, Damit dem Tod genommen All sein Recht und sein Gewalt, Da bleibet nichts denn Tods Gestalt, Den Stach'l hat er verloren. Halleluja! 5. (Coro) Versus 4 S A T B Es war ein wunderlicher Krieg, Da Tod und Leben rungen, Das Leben behielt den Sieg, Es hat den Tod verschlungen. Die Schrift hat verkündigt das, Wie ein Tod den andern fraß, Ein Spott aus dem Tod ist worden. Halleluja! 6. Versus 5 B Hier ist das rechte Osterlamm, Davon Gott hat geboten, Das ist hoch an des Kreuzes Stamm In heißer Lieb gebraten, Das Blut zeichnet unsre Tür, Das hält der Glaub dem Tode für, Der Würger kann uns nicht mehr schaden. Halleluja! 7. Versus 6 S T So feiern wir das hohe Fest Mit Herzensfreud und Wonne, Das uns der Herre scheinen lässt, Er ist selber die Sonne, Der durch seiner Gnade Glanz Erleuchtet unsre Herzen ganz, Der Sünden Nacht ist verschwunden. Halleluja! 8. Versus 7 S A T B Wir essen und leben wohl In rechten Osterfladen, Der alte Sauerteig nicht soll Sein bei dem Wort der Gnaden, Christus will die Koste sein Und speisen die Seel allein, Der Glaub will keins andern leben. Halleluja |
1. Sinfo 2. Verset I S A T B Christ gisait dans les liens de la mort Sacrifie pour nos péchés, Il est ressuscité Et nous a apporté la vie; Nous devons nous réjouir, Louer Dieu et lui être reconnaissant Et chanter Alléluia, Alléluia! 3. Verset II S A Nul ne peut contraindre la mort Parmi le genre humain, La faute en revient seulement à nos péchés, Il n'existait pas d'innocents. C'est pourquoi la mort fut si prompte A s'emparer de nous Et à nous retenir captifs dans son empire. Alléluia! 4. Verset III T Jésus Christ, fils de Dieu, Est venu à notre place Et a chassé le péché, Retirant ainsi à la mort Tous ses droits et sa puissance, Il ne reste plus rien de la mort, Elle a perdu son dard. Alléluia! 5. Verset IV S A T B Ce fut une étrange guerre Qui opposa la mort à la vie, La vie a remporté la victoire, Elle a anéanti la mort. L'écriture a annoncé Comment une mort supprima l'autre, La mort est devenue une dérision. Alléluia! 6. Verset V B Voici le juste agneau pascal Exigé par le Seigneur. Haut sur le tronc de la Croix Il a été rôti avec le plus fervent amour, Son sang marque notre porte, La foi tient la mort en échec, Le bourreau ne peut plus rien contre nous, Alléluia! 7. Verset VI S T Aussi célébrons-nous la grande fête Dans l'allégresse du coeur et les délices Que le Seigneur nous dispense, Il est lui-même le soleil Qui illumine de sa grâce Tout notre coeur, La nuit du péché s'est évanouie. Alléluia! 8. Verset VII S A T B Nous mangeons pour notre bien-être La juste galette de Pâques, Le vieux levain ne doit pas Être associé à la parole de grâce, Christ sera notre nourriture Et lui seul rassasiera notre âme. Le croyant ne veut pas d'autre vie. Alléluia! |

Le duc Laurent de Médicis, duc d'Urbino (1492-1519), a qui
est dédié le Prince.
Tableau attribué à
Raphaël.
(Marié avec une nièce de François Ier et
père de Catherine de Médicis qui épousa le roi de
France Henri II)
François Ier (1494-1547), qui porte le collier de Grand
Maître l'ordre de Saint Michel -archange chef de la milice
divine - par Clouet
au musée du Louvre
Lecture obligatoire :
Le Prince
| Sur le pouvoir comme art à
Florence lire : La Civilisation de
la Renaissance en Italie (1860) de Jacob Burckardt
(1818-1897) dont les théories ont influencé Nietzsche (Humain, trop humain) qui fut son collègue à Bâle et suivi son cours sur l’histoire. Le texte en français sur Gallica :http://gallica.bnf.fr/Catalogue/noticesInd/FRBNF37261299.htm Gallica (http://gallica.bnf.fr/) est le site la bibliothèque "virtuelle" créé par la Bibliothèque nationale de France. |
Lectures
recommandées :
Burckhardt, J., Civilisation de la
renaissance
en Italie, Le Livre de Poche
Bec, Cloulas, Jestaz, Tenenti, L'Italie de
la
Renaissance.
Un monde en mutation 1378-1494,Fayard, 1990
|
L’objet du Prince selon Michel Foucault
« Cette
principauté comme rapport du Prince
à ses sujets et à son territoire, c’est cela qu’il s’agit
de protéger, et non pas directement ou immédiatement ou
fondamentalement ou premièrement,le territoire et ses
habitants »
Michel Foucault, Sécurité,
territoire, population, cours au collège de France, 1977-1978.Gallimard,
Seuil 2004
|
|
Capitolo XII Quot sint genera militiae
et de mercennariis militibus.
|
Le Prince - Chapitre 12 Combien il y a de sortes de milices et de troupes mercenaires |
| Avete dunque a intendere come, tosto che in questi ultimi tempi lo imperio cominciò a essere ributtato di Italia, e che il papa nel temporale vi prese più reputazione, si divise la Italia in più stati; perché molte delle città grosse presono l'arme contra a' loro nobili, li quali, prima favoriti dallo imperatore, le tennono oppresse; e la Chiesia le favoriva per darsi reputazione nel temporale; di molte altre e' loro cittadini ne diventorono principi. Onde che, essendo venuta l'Italia quasi che nelle mani della Chiesia e di qualche Repubblica, et essendo quelli preti e quelli altri cittadini usi a non conoscere arme, cominciorono a soldare forestieri. El primo che dette reputazione a questa milizia fu Alberigo da Conio, romagnolo. Dalla disciplina di costui discese, intra li altri, Braccio e Sforza, che ne' loro tempi furono arbitri di Italia. Dopo questi, vennono tutti li altri che fino a' nostri tempi hanno governato queste arme. Et il fine della loro virtù è stato, che Italia è suta corsa da Carlo, predata da Luigi, sforzata da Ferrando e vituperata da' Svizzeri. | Il faut donc savoir que lorsque, dans
les derniers temps, l’empire [germanique] eut commencé à
être repoussé de l’Italie, et que le pape eut acquis plus
de prestige quant au temporel, l'Italie se divisa en un grand
nombre d’États. Plusieurs grandes villes, en effet,
prirent les
armes contre leurs nobles, qui, à l’ombre de l’autorité
impériale [germanique], les tenaient sous l’oppression, et elles
se rendirent indépendantes, favorisées en cela par
l’Église, qui cherchait à accroître le
prestige temporel qu’elle avait gagné. Dans plusieurs autres
villes, le pouvoir suprême fut usurpé ou obtenu par
quelque citoyen qui s’y établit prince. De là s’ensuivit
que la plus grande partie de l’Italie se trouva sous la
dépendance, et en quelque sorte sous la domination de
l’Église ou de quelque république ; et comme des
prêtres, des citoyens paisibles, ne connaissaient nullement le
maniement des armes, on commença à prendre en solde des
étrangers. Le premier qui mit ce genre de milice en honneur fut
Alberigo da Conio, natif de la Romagne : c’est sous sa discipline que
se formèrent, entre autres, Braccio et Sforza, qui furent, de
leur temps, les arbitres de l’Italie, et après lesquels ou a eu
successivement tous ceux qui, jusqu’à nos jours, ont tenu dans
leurs mains le commandement de ses armées. Et le résultat
de leur valeur a a été de voir prise à et que
l'Italie a été envahie par Charles VIII [de
France], ravagée par Louis XII [de France], violée par
Ferdinand [d'Espagne], et insultée par les Suisses. |
| T |
I LE
PRINCE Un
manuel dont l'objet est la
relation
de domination
" m'en
tenir à la
vérité effective des choses" (chap.XV)
A) Le
Prince pose un problème spécifique : la
conservation du pouvoir dans
un Etat (stato) pour un
souverain
non héréditaire. Comment
"tenir (tenere) un Etat nouvellement
conquis" (début
du chap. IV) ?
Il faut au
Prince arriver à "conserver un Etat stable et ferme" (conservare uno stato che sia già
stabilito
e fermo) (dernière ligne du chap. XX)
a) l'Etat est à la fois
territoire et pouvoir
| Conviene avere, nello esaminare le qualità di questi principati, un'altra considerazione: cioè, se uno principe ha tanto stato che possa, bisognando, per sé medesimo reggersi, o vero se ha sempre necessità della defensione di altri | Il
convient, lorsqu’on examine la qualité de ces monarchies, de
s’arrêter
à une autre considération : à savoir si un prince
à un Etat suffisant pour
pouvoir en cas de besoin tenir par lui-même ou s’il est toujours
dans
la nécessité d’être défendu par un autre. |
| Etat (stato) | ||||||
| Républiques |
Monarchies |
|||||
| Héréditaires |
Nouvelles |
|||||
| Entièrement
nouvelles |
Ajoutées
à
l’ Etat héréditaire du prince qui les conquiert |
|||||
| Habituées à vivre libres | Habituées à vivre sous un prince | |||||
| Etat
acquis
par les armes du prince |
Etat
acquis
par les armes d’un autre prince |
Etat
acquis par les armes du prince |
Etat acquis par les armes d’un autre prince | |||
| Par fortune ou
par talent (virtù) |
Par fortune
ou par talent (virtù) |
|||||
| CHAPITRE
I |
LES
DIFFÉRENTS TYPES DE MONARCHIES |
| CHAPITRE
II À XI |
COMMENT
ACQUÉRIR ET CONSERVER LES MONARCHIES |
| CHAPITRE
XI A XIV |
LES
QUESTIONS MILITAIRES |
| CHAPITRE
XV A XXIII |
LE
PRINCE : SES SUJETS ET SES AMIS |
| CHAPITRE
XXIV A XXVI |
LA
QUESTION DE L'ITALIE |
D)
Le pouvoir comme
art ;
la
notion de virtù.
Opposé à « vice »
dans chap. XV
et XVI mais sens essentiel : force, habilité, courage,
mérite.
Donc "virtuose "
signifie "habile" ou "virtuose" plutôt que
"vertueux"
Parfois opposé ou
distingué de « fortuna
»
: "chance", "à la faveur de …". Mais les deux sont
articulés : voir César
Borgia : fortune et habilité
E) Le prince doit
maîtriser un "art" : l'art de la guerre
|
Chapitre XIV
Ce qui convient au prince en
matière militaire
|
Capitolo
XIV Quello che s'appartenga a uno principe circa la milizia Quod principem deceat circa militiam. |
| 1. Donc un prince ne doit pas avoir
d'autre objet ni d'autre pensée, ni prendre quoique ce soir pour
son art, en dehors de la guerre et des institituons et de la discipline
de celle-ci, car c'est le seul art qu'on attend de qui commande. Et il
a une telle vertu (virtù)
que non seulement il maintient ceux qui sont nés prince, mais
souvent il fait monter au rang de prince des hommes de condition
(fortuna) privée ; et inversemenent on voit que quand des hommes
ont plus penser aux plaisirs qu'aux armes, ils ont perdu leur Etat. Et
la première cause qui te le fait perdre et de négliger
cet art, et la raison qui te le fait acquérir est d'être
un expert de cet art. |
1. - Debbe adunque uno principe non avere altro obietto né altro pensiero, né prendere cosa alcuna per sua arte, fuora della guerra et ordini e disciplina di essa; perché quella è sola arte che si espetta a chi comanda. Et è di tanta virtù, che non solamente mantiene quelli che sono nati principi, ma molte volte fa li uomini di privata fortuna salire a quel grado; e per avverso si vede che, quando e principi hanno pensato più alle delicatezze che alle arme, hanno perso lo stato loro. E la prima cagione che ti fa perdere quello, è negligere questa arte; e la cagione che te lo fa acquistare, è lo essere professo di questa arte. http://www.classicitaliani.it/machiav/mac09.htm#cap14 |
II Analytique de la domination
A) Analytique des formes d'Etat : France, Empire
Turque (Chap
IV), Italie
- Il faut distinguer
"conquérir" et "garder" : Il est plus
facile
de "conquérir" (occupare)
le royaume de France que le "conserver" (tener), alors qu''il est plus
difficile
de "conquérir" (occupare)
la Turquie que de la "garder". En effet en France des "seigneurs"
et
en Turquie seulement des "esclaves" : il suffit donc après avoir
conquis
la Turquie de "liquider" (spegnere)
la famille régnante. Dans l'antiquité Alexandre a pu
s'emparer facilement du Royaume de Darius car après l'avoir
battu il ne trouvait
plus de résistance en face de lui. (L'idée que le Grand
Turc
est un "despote" dont les sujets sont des "esclaves" est, en partie un
héritage
de la pensée grecque sur l'Asie, cf. le cours sur Aristote)
- En Italie faiblesse des chefs qui
ne sont pas assez guerriers
B) Analytique des formes de pouvoir
c)
Analytique des qualités du
prince
(chap XVIII) : son but "maintenir l'Etat" (mantenere lo stato)
1) Force et loi.
Le centaure, le lion et le renard : supériorité de la ruse.
C'est un calcul rationnel : puisque je ne
puis être
sûr que l'autre est "bon", je dois me comporter comme s'il
était
méchant. Ceci relève de la "prudence".
III Machiavel et le machiavelisme
1) Machiavel et l'éloge de la République (chap. V)| Le
Prince chap. XXVI |
|
| et in Italia nom manca materia de
introdurvi ogni forrma |
et en Italie il ne manque pas de
matière où introduire quelque forme que ce soit |
| Machiavel
et César Borgia parle de l'avenir après la mort
d'Alexandre VI (1431-1503), père de César |
Le Prince chapitre VII, p. 96 de la
traduction Lévy chez Garnier Flammarion |
| Ma, se nella morte di Alessandro fussi stato sano, ogni cosa li era facile. E lui mi disse, ne' di che fu creato Iulio II, che aveva pensato a ciò che potessi nascere, morendo el padre, et a tutto aveva trovato remedio, eccetto che non pensò mai, in su la sua morte, di stare ancora lui per morire. | Si sa santé n’eût point
éprouvé d’atteinte au moment de la mort d’Alexandre [VI],
tout lui [ à César Borgia] aurait été
facile. Aussi me [ à moi Machiavel] disait-il, lors de la
nomination de Jules II [ nouveau Pape], qu’il avait pensé
à tout ce qui pouvait arriver si son père venait à
mourir, et qu’il avait trouvé remède à tout ;
excepté qu il n’avait jamais imaginé, lors de sa mort,
qu'il
se trouvait lui-même en danger de mort. |
| Le Centaure Chiron |
|
Sur les animaux en politique Jacques Derrida, La bête et le souverain. Volume 1, (2001-2002), Gallilée, 2008 |
![]() |
| Et
sur le chapitre XVIII du Prince
dans ce livre qui reprend les textes des séminaires de Derrida
on lira la
troisième séance pp. 97-139 |
Le centaure Chiron
dont parle
Machiavel dans le chap. XVIII du Prince, (infra) : il tient Achille
dans
sa main et lu parle. Il est homme et cheval mâle. Il porte un
lapin : le centaure est carnassier. Vase par Pamphalos et Ottos, 520 avant J-C. Musée du Louvre Photograph by Maria Daniels, courtesy of the Musée du Louvre, January 1992 Sur la base Perseus : http://www.perseus.tufts.edu/cgi-bin/image?lookup=1992.06.0304 consultée le 11 novembre 2008 |

| Le prince peut
utiliser des mercenaires |
|
Le Prince - Chapitre 12 Combien il y a de sortes de milices et de troupes mercenaires |
Capitolo XII Quot sint genera militiae
et de mercennariis militibus.
|
| Si les Vénitiens et les
Florentins, en employant de telles troupes [ mercenaires], accrurent
néanmoins leurs puissance, et si les commandants, au lieu de les
subjuguer, les défendirent, je réponds, pour ce qui
regarde les Florentins, qu’ils en furent redevables à leur bonne
fortune, qui fit que, de tous les généraux habiles qu’ils
avaient et qu’ils pouvaient craindre, les uns ne furent point
victorieux ; d’autres rencontrèrent des obstacles ; d’autres
encore tournèrent ailleurs leur ambition. L’un des premiers fut Giovanni Acuto, dont la fidélité, par cela même qu’il n’avait pas vaincu, ne fut point mise à l’épreuve ; mais on doit avouer que, s’il avait remporté la victoire, les Florentins seraient demeurés à sa discrétion. |
E, se Viniziani e Fiorentini hanno per lo adrieto cresciuto lo imperio loro con queste arme, e li loro capitani non se ne sono però fatti principi ma li hanno difesi, respondo che Fiorentini in questo caso sono suti favoriti dalla sorte; perché de' capitani virtuosi, de' quali potevano temere, alcuni non hanno vinto, alcuni hanno avuto opposizione, altri hanno volto la ambizione loro altrove. Quello che non vinse fu Giovanni Aucut, del quale, non vincendo, non si poteva conoscere la fede; ma ognuno confesserà che, vincendo, stavano Fiorentini a sua discrezione. |
|
Capitolo
XXVI
Exhortatio ad capessendam
Italiam in libertatemque a barbaris vindicandam. |
|
| On voit aussi l'Italie priant Dieu de
daigner lui envoyer quelqu’un qui la délivre de la
cruauté et de l’insolence des barbares. On la voit d’ailleurs
toute disposée, toute prête à se ranger sous le
premier étendard, pourvu qu'il s'offre quelqu'un qui le veuille
lever. |
Vedesi come la [Italie] prega Dio, che le mandi qualcuno che la redima da queste crudeltà et insolenzie barbare. Vedesi ancora tutta pronta e disposta a seguire una bandiera, pur che ci sia uno che la pigli. |

Benezzo Gozzoli (1424-1497) le cycle de la chapelle des Mages du
palais Medici-Riccardi à Florence. Le cortège du mage
Gaspard qui est présenté comme Laurent le Magnifique
| Une
présentation de Machiavel comme auteur pertinent pour
l'époque moderne par Trotsky en 1940 dans le livre qu'il
écrivait sur Staline. "totalitaire" |
| Pour Machiavel, la lutte pour le
pouvoir était un théorème de jeu d'échecs.
Les questions de moralité n'existaient pas pour lui, de
même qu'elles n'existent pas pour un joueur d'échecs ou
pour un comptable. Sa tâche consistait à déterminer
la politique la plus pratique qu'il convenait de suivre dans une
situation donnée, et à expliquer comment il fallait
l'appliquer d'une manière implacablement brutale, sur la base
d'expériences faites dans les creusets politiques des deux
continents. Cette manière d'aborder le problème
s'explique non seulement par la nature du problème
lui-même mais aussi par le caractère de l'époque
dans laquelle il était posé. Elle découlait
essentiellement de l'état de développement du
féodalisme et s’affirmait en accord avec la lutte
décisive pour le pouvoir entre les maîtres des deux
époques - féodalisme agonisant et société
bourgeoise naissante. Mais à travers tout le dix-neuvième siècle qui fut l'âge du parlementarisme, du libéralisme et des réformes sociales (si on décide de négliger quelques guerres entre nations et quelques guerres civiles), Machiavel était considéré comme absurdement dé modé. L'ambition politique était circonscrite au cadre parlementaire, et par cela même ses tendances trop aventureuses étaient refrénées. Il ne s'agissait plus de prise du pouvoir par un individu et ses valets, mais de conquérir des mandats dans le plus grand nombre possible de circonscriptions électorales. Dans cette époque de lutte pour des portefeuilles ministériels, Machiavel faisait l'effet d'un idéologue original d'un passé lointain, et brumeux. La venue d'une nouvelle époque avait amené une nouvelle et plus haute moralité politique. Mais, chose surprenante, le vingtième siècle - ce rêve escompté du nouvel âge pour lequel le dix -neuvième siècle avait lutté avec tant d'espoir - nous a ramenés aux pratiques et aux méthodes de la Renaissance ! Ce recul vers le machiavélisme le plus cruel semble incompréhensible à ceux qui vivaient jusqu'à hier dans la confiance confortable que l'histoire humaine se meut selon une ligne régulièrement ascendante de progrès matériel et culturel. Mais quoi qu'on pense de cette conception, nous pouvons tous nous dire maintenant : nulle époque du passé ne fut aussi cruelle, aussi implacable, aussi cynique que la nôtre. Politiquement, la moralité n'a pas progressé du tout par comparaison avec les modèles de la Renaissance ou avec ceux d'époques encore plus éloignées. L'époque de la Renaissance fut une époque de luttes entre deux mondes; les antagonismes sociaux atteignaient une intensité extrême; de là, l'acuité des luttes politiques. |
| Trotsky, Staline, http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal02.htm |
| Le dernier texte de Trotsky, Staline,
totalitaire |
| «
L'Etat, c'est moi » est presque une formule libérale en
comparaison avec les réalités du régime
totalitaire de Staline. Louis XIV ne s'identifiait qu'avec l'Etat. Les
papes de Rome s'identifient à la fois avec l'Etat et avec
l'Eglise - mais seulement durant les époques du pouvoir
temporel. L'Etat totalitaire va-bien au-delà du
césaro-papisme, car il embrasse l'économie entière
du pays. A la différence du Roi Soleil, Staline peut dire
à bon droit : « La Société, c'est moi.
» |
| Trotsky,
Staline,
http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal22.htm |
Lectures obligées
Hobbes,
Leviathan (1651) chapitre XIII et XIV (en anglais si
possible, diverses
éditions
de poche) (extraits in Colas D., La
Pensée
politique, Larousse, 1994).
Une traduction en français sur internet : Leviathan Traduction originale de M. Philippe Folliot, Professeur de philosophie au Lycée Ango, Dieppe, Normandie. Autres traduction en français : Tricaud chez Vrin, Mairet chez Gallimard
Le texte du Leviathan existe aussi dans une version en latin, due
à
Hobbes de 1668.
Hobbes : Du Citoyen, (1642) Garnier Flammarion, traduction par Sorbières lue et revue par Hobbes : le texte est en français du XVIIe siècle on y trouve fréquemment "société civile " qui est plus rare dans les textes en anglais (notamment le Leviathan).
Lectures d'autres auteurs recommandées :| Sur la "cité"
particulière qu' est celle de "l'honneur" chez Hobbes, lire Luc
Boltanski et Laurent Thévenot, De la
Justification. Les économies de la grandeur, Gallimard, 1991, p. 126-137 :
"construction d'une grandeur fondée sur l'arbitraire des signes"
|
|
Le Léviathan,
monstre marin, dans la Bible |
| Ce
jour-là, Yahvé châtiera avec son épée
dure, grande et forte, Léviathan,
le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux; il tuera le
dragon
qui habite la mer. Isaiah chap.27. 1. 3.7 Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie! 3.8 Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le Léviathan! 3.9 Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore! Job 3 Et Léviathan, le pêches-tu à l'hameçon, avec une corde comprimes-tu sa langue? 2. 40:26 Fais-tu passer un jonc dans ses naseaux, avec un croc perces-tu sa mâchoire? 3. 40:27 Est-ce lui qui te suppliera longuement, te parlera d'un ton timide? 4. 40:28 S'engagera-t-il par contrat envers toi, pour devenir ton serviteur à vie? 5. 40:29 T'amusera-t-il comme un passereau, l'attacheras-tu pour la joie de tes filles? 6. 40:30 Sera-t-il mis en vente par des associés, puis débité entre marchands? 7. 40:31 Cribleras-tu sa peau de dards, le harponneras-tu à la tête comme un poisson? 8. 40:32 Pose seulement la main sur lui au souvenir de la lutte, tu ne recommenceras plus! 9. 41:1 Ton espérance serait illusoire, car sa vue seule suffit à terrasser. Job chap. 41 Ce jour-là, Yahvé châtiera avec son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux; il tuera le dragon qui habite la mer. Isaiah chap.27. 1. 3.7 Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie! 3.8 Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le Léviathan! 3.9 Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore! Job 3 <> Et Léviathan, le pêches-tu à l'hameçon, avec une corde comprimes-tu sa langue? 2. 40:26 Fais-tu passer un jonc dans ses naseaux, avec un croc perces-tu sa mâchoire? 3. 40:27 Est-ce lui qui te suppliera longuement, te parlera d'un ton timide? 4. 40:28 S'engagera-t-il par contrat envers toi, pour devenir ton serviteur à vie? 5. 40:29 T'amusera-t-il comme un passereau, l'attacheras-tu pour la joie de tes filles? 6. 40:30 Sera-t-il mis en vente par des associés, puis débité entre marchands? 7. 40:31 Cribleras-tu sa peau de dards, le harponneras-tu à la tête comme un poisson? 8. 40:32 Pose seulement la main sur lui au souvenir de la lutte, tu ne recommenceras plus! 9. 41:1 Ton espérance serait illusoire, car sa vue seule suffit à terrasser. Job chap. 41 |
| Introduction Leviathan (1651) |
Introduction Leviathan |
Nature (the art whereby God hath made and governs the world) is by the art of man, as in many other things, so in this also imitated, that it can make an artificial animal. For seeing life is but a motion of limbs, the beginning whereof is in some principal part within, why may we not say that all automata (engines that move themselves by springs and wheels as doth a watch) have an artificial life? For what is the heart, but a spring; and the nerves, but so many strings; and the joints, but so many wheels, giving motion to the whole body, such as was intended by the Artificer? Art goes yet further, imitating that rational and most excellent work of Nature, man. For by art is created that great LEVIATHAN called a COMMONWEALTH, or STATE (in Latin, CIVITAS), which is but an artificial man, though of greater stature and strength than the natural, for whose protection and defence it was intended; and in which the sovereignty is an artificial soul, as giving life and motion to the whole body; the magistrates and other officers of judicature and execution, artificial joints; reward and punishment (by which fastened to the seat of the sovereignty, every joint and member is moved to perform his duty) are the nerves, that do the same in the body natural; the wealth and riches of all the particular members are the strength; salus populi (the people's safety) its business; counsellors, by whom all things needful for it to know are suggested unto it, are the memory; equity and laws, an artificial reason and will; concord, health; sedition, sickness; and civil war, death. Lastly, the pacts and covenants, by which the parts of this body politic were at first made, set together, and united, resemble that fiat, or the Let us make man, pronounced by God in the Creation. To describe the nature of this artificial man, I will consider First, the matter thereof, and the artificer; both which is man. Secondly, how, and by what covenants it is made; what are the rights and just power or authority of a sovereign; and what it is that preserveth and dissolveth it. Thirdly, what is a Christian Commonwealth. Lastly, what is the Kingdom of Darkness. |
La nature (l'art par lequel Dieu a fait le monde et le gouverne) est si bien imitée par l’art de l'homme, en ceci comme en de nombreuses autres choses, que cet art peut fabriquer un animal artificiel. Car, étant donné que la vie n'est rien d'autre qu'un mouvement de membres, dont le commencement est en quelque partie principale intérieure, pourquoi ne pourrions-nous pas dire que tous les automates (des engins qui se meuvent eux-mêmes , par des ressorts et des roues, comme une montre ) ont une vie artificielle ? Car qu'est-ce que le coeur, sinon un ressort, les nerfs, sinon de nombreux fils , et les jointures , sinon autant de nombreuses roues qui donnent du mouvement au corps entier, comme cela a été voulu par l'artisan. L'art va encore plus loin, imitant cet ouvrage raisonnable et le plus excellent de la Nature , l'homme. Car par l'art est créé ce grand LEVIATHAN appelé RÉPUBLIQUE , ou ÉTAT (en latin, CIVITAS), qui n'est rien d'autre qu'un homme artificiel, quoique d'une stature et d'une force supérieures à celles de l'homme naturel, pour la protection et la défense duquel il a été destiné, et en lequel la souveraineté est une âme artificielle, en tant qu'elle donne vie et mouvement au corps entier, où les magistrats et les autres officiers affectés au jugement et à l'exécution sont des jointures artificielles, la récompense et la punition (qui, attachées au siège de la souveraineté, meuvent chaque jointure, chaque membre pour qu'il accomplisse son devoir) sont les nerfs, et [tout] cela s'accomplit comme dans le corps naturel : la prospérité et la richesse de tous les membres particuliers sont la force, le salus populi (la protection du peuple ) est sa fonction, les conseillers, qui lui proposent toutes les choses qu'il doit connaître, sont la mémoire, l'équité et les lois sont une raison et une volonté artificielles, la concorde est la santé, la sédition est la maladie, et la guerre civile est la mort. En dernier, les pactes et les conventions, par lesquels les parties de ce corps politique ont en premier lieu étaient faites, réunies et unifiées , ressemblent à ce Fiat ou au Faisons l'homme prononcé par Dieu lors de la création . Pour décrire la nature de cet homme artificiel, je considérerai : * Premièrement, la matière de cet homme artificiel, et l'artisan, les deux étant l'homme. * Deuxièmement, comment et par quelles conventions il est fait; quels sont les droits et le juste pouvoir d'un souverain, et ce qui le conserve et le détruit . * Troisièmement, ce qu'est une République chrétienne . * Enfin, ce qu'est le royaume des ténèbres |
| Hobbes, Leviathan, chap. XIV |
| The mutual transferring of right is that
which men call contract |
| Hobbes : l'homme
n'est pa sun "animal politique" La plupart de ceux qui ont écrit touchant les républiques, supposent ou deman-dent, comme une chose qui ne leur doit pas être refusée, que l'homme est un animal politique,"zoon politicon" selon le langage des Grecs, né avec une certaine disposition naturelle à la société. Sur ce fondement-là ils bâtissent la doctrine civile; de sorte que pour la conservation de la paix, et pour la conduite de tout le genre hu-main, il ne faut plus rien sinon que les hommes s'accordent et con-vien-nent de l'obser-vation de certains pactes et conditions, auxquelles alors ils donnent le titre de lois. Cet axiome, quoique reçu si communément, ne laisse pas d'être faux, et l'erreur vient d'une trop légère contemplation de la nature humaine Du citoyen, livre I, chap. I, 2 |
II l'état de
nature Hobbes
La place du sauvage
A) Une conception du sujet comme animé par le
désir
B) L’épreuve de
l'hostilité généralisée : absence de
sûreté
| Les trois types de
conflit qu'on trouve dans la nature humaine (Leviathan, chap. XIII) |
||
| Causes de compétition entre les hommes | But
du combat |
Usage de la violence pour |
| Profit | competition
|
Se rendre maître d’autres hommes, femmes, enfants et bétails |
| Defiance
|
Sécurité | Pour défendre ceux-ci |
| Gloire |
Réputation | Pour des bagatelles (trifles) : un mot, un sourire, une opintion difféente qui les sous estime, soit eux même dans leur personne, soit par projection leur famille, leurs amis, leur nation, leur profession, leur nom |
III La sortie de
l'originaire
A) Le calcul rationnel d'individus chez Hobbes : le passage
de
«
l’état
de nature » à la « société civile
», qui apporte
a) la sécurité
b) la possiblité du bien
être
B) Le souverain
C) Hobbes penseur de « l’absolutisme »,
mais l'homme garde un droit à la vie qui est
inaliénable
D) L'unité du pouvoir comme condition de la société civile selon Hobbes
Conclusion
L'"état de nature" de Hobbes n'est pas celui qui organise les relations entre Etats-nation
Le contrat comme triomphe de l’individualisme
Rousseau prendra son contre pied systématique.

| côté
du glaive (Etat) |
Leviathan |
côté
de la crosse (Eglise) |
| château |
or
The Matter, Forme, |
église |
| couronne |
and Power of a common | mitre |
| canon |
wealth
Ecclesiasticall and Civil |
tonnerre |
| trophée
militaire |
by
Thomas Hobbes of Malmesbury |
argumentation
scolastique |
| bataille |
London Printed for Andrew Crooke 1651 |
cours
éclésiastique catholique |
| Léviathan I , 11, OF THE DIFFERENCE OF MANNERS So that in the first place, I put for a general inclination of all mankind a perpetual and restless desire of power after power, that ceaseth only in death. And the cause of this is not always that a man hopes for a more intensive delight than he has already attained to, or that he cannot be content with a moderate power, but because he cannot assure the power and means to live well, which he hath present, without the acquisition of more. And from hence it is that kings, whose power is greatest, turn their endeavours to the assuring it at home by laws, or abroad by wars: and when that is done, there succeedeth a new desire; in some, of fame from new conquest; in others, of ease and sensual pleasure; in others, of admiration, or being flattered for excellence in some art or other ability of the mind. Competition of riches, honour, command, or other power inclineth to contention, enmity, and war, because the way of one competitor to the attaining of his desire is to kill, subdue, supplant, or repel the other. |
De la différence des mœurs Si bien qu'en premier, je tiens comme une inclination générale de tous les hommes un désir permanent et sans relâche [d'acquérir] puissance après puissance, désir qui ne cesse qu'à la mort. Et la cause de ce désir n'est pas toujours que l'homme espère un plaisir plus intense que celui qu'il a déjà atteint, ou qu'il ne puisse pas se contenter d'un pouvoir modéré, mais c'est qu'il ne peut pas assurer le pouvoir et les moyens de vivre bien qu'il possède à présent sans en acquérir davantage. Et de là vient que les rois, dont le pouvoir est le plus grand, dirigent leurs efforts pour le rendre sûr à l'intérieur, par des lois, et à l'extérieur, par des guerres. Et quand cela est réalisé, un nouveau désir succède [à l'ancien]; chez certains, désir d'une gloire qui viendrait d'une nouvelle conquête, chez d'autres, désir de bien-être et de plaisirs sensuels, chez d'autres [encore] désir d'être admiré, ou d'être flatté pour leur excellence dans quelque art ou quelle faculté de l'esprit . La compétition pour les richesses, l'honneur, les postes de commandement, ou pour d'autres pouvoirs, incline à la discorde, à l'hostilité, et à la guerre, parce que le moyen pour celui qui entre en compétition d'atteindre ce qu'il désire est de tuer, d'assujettir, de supplanter, ou de repousser l'autre . |
Chapter XIV: Of the First and Second Natural Laws, and of Contracts http://oregonstate.edu/instruct/phl302/texts/hobbes/leviathan-c.html#CHAPTERXIV |
Première
partie : De l’homme Chapitre XIV De la première et de la seconde Lois naturelles, et des Contrats http://classiques.uqac.ca/classiques/hobbes_thomas/leviathan/leviathan.html |
| If a covenant be made wherein
neither of the parties perform presently, but trust one another, in the
condition of mere nature (which is a condition of war of every man
against every man) upon any reasonable suspicion, it is void: but if
there be a common power set over them both, with right and force
sufficient to compel performance, it is not void. For he that
performeth first has no assurance the other will perform after, because
the bonds of words are too weak to bridle men's ambition, avarice,
anger, and other passions, without the fear of some coercive power;
which in the condition of mere nature, where all men are equal, and
judges of the justness of their own fears, cannot possibly be supposed.
And therefore he which performeth first does but betray himself to his
enemy, contrary to the right he can never abandon of defending his life
and means of living. But in a civil estate, where there a power set up to constrain those that would otherwise violate their faith, that fear is no more reasonable; and for that cause, he which by the covenant is to perform first is obliged so to do. The cause of fear, which maketh such a covenant invalid, must be always something arising after the covenant made, as some new fact or other sign of the will not to perform, else it cannot make the covenant void. For that which could not hinder a man from promising ought not to be admitted as a hindrance of performing. He that transferreth any right transferreth the means of enjoying it, as far as lieth in his power. As he that selleth land is understood to transfer the herbage and whatsoever grows upon it; nor can he that sells a mill turn away the stream that drives it. And they that give to a man the right of government in sovereignty are understood to give him the right of levying money to maintain soldiers, and of appointing magistrates for the administration of justice. To make covenants with brute beasts is impossible, because not understanding our speech, they understand not, nor accept of any translation of right, nor can translate any right to another: and without mutual acceptation, there is no covenant. To make covenant with God is impossible but by mediation of such as God speaketh to, either by revelation supernatural or by His lieutenants that govern under Him and in His name: for otherwise we know not whether our covenants be accepted or not. And therefore they that vow anything contrary to any law of nature, vow in vain, as being a thing unjust to pay such vow. And if it be a thing commanded by the law of nature, it is not the vow, but the law that binds them. |
Si une convention est faite de telle façon qu'aucune des parties ne s'exécute tout de suite, car chacune fait confiance à l'autre, dans l'état de nature (qui est un état de guerre de tout homme contre homme), au [moindre] soupçon bien fondé , cette convention est nulle. Mais si existe un pouvoir commun institué au-dessus des deux parties, avec une force et un droit suffisants pour les contraindre à s'exécuter, la convention n'est pas nulle. Car celui qui s'exécute le premier n'a aucune assurance que l'autre s'exécutera après, parce que les liens créés par les mots sont trop faibles pour brider, chez les hommes, l'ambition, la cupidité, la colère et les autres passions, sans la crainte de quelque pouvoir coercitif qu'il n'est pas possible de supposer dans l'état de simple nature, où tous les hommes sont égaux, et juges du bien-fondé de leurs propres craintes. C'est pourquoi celui qui s'exécute le premier ne fait que se livrer à son ennemi, contrairement au droit, qu'il ne peut jamais abandonner, de défendre sa vie et ses moyens de vivre. Mais dans un état civil, où existe un pouvoir institué pour contraindre ceux qui, autrement, violeraient leur parole, cette crainte n'est plus raisonnable; et pour cette raison , celui qui, selon la convention, doit s'exécuter le premier, est obligé de le faire. La cause de crainte, qui rend une telle convention invalide, doit toujours être quelque chose qui se produit après que la convention a été faite, comme quelque nouveau fait ou quelque autre signe de la volonté de ne pas s'exécuter . Autrement, la convention demeure valide, car on ne doit pas admettre que ce qui n'a pas pu empêcher un homme de promettre puisse l'empêcher de s'exécuter. Celui qui transmet un droit transmet les moyens d'en jouir, dans la mesure où c'est en son pouvoir. Par exemple, celui qui vend un terrain est censé transmettre l'herbe et tout ce qui y pousse; De même, celui qui vend un moulin ne peut pas détourner le cours d'eau qui le fait fonctionner. Et ceux qui donnent un homme le droit de gouverner comme souverain sont censés lui donner le droit de lever des impôts pour entretenir des troupes et nommer des magistrats pour l'administration de la justice. Faire des conventions avec des bêtes brutes est impossible parce que, ne compre-nant notre langage, elles ne comprennent et n'acceptent aucun transfert de droit, ni ne peuvent transférer un droit à un autre; et sans acceptation mutuelle, il n'y a pas de convention. Faire une convention avec Dieu est impossible, sinon par l'intermédiaire de ceux à qui Dieu parle, soit par révélation surnaturelle, soit par ses lieutenants qui gouvernent sous lui et en son nom, car autrement, nous ne savons pas si nos conventions sont acceptées ou non. Et c'est pourquoi ceux qui jurent quelque chose de contraire à une loi de nature, jurent en vain, car c'est une chose injuste de s'acquitter de ce qu'on a pu ainsi jurer . Et si c'est une chose ordonnée par la loi de nature, ce n'est pas le fait d'avoir juré, mais la loi, qui les lie . |
| Chapter XIV. Of the First and Second Natural Laws, and of Contracts http://oregonstate.edu/instruct/phl302/texts/hobbes/leviathan-c.html#CHAPTERXIV |
Chapitre XIV De la première et de la seconde Lois naturelles, et des Contrats Traduction originale de M. Philippe Folliot, http://classiques.uqac.ca/classiques/hobbes_thomas/leviathan/leviathan.html |
| Whensoever
a man transferreth his right, or renounceth it, it is either in
consideration of some right reciprocally transferred to himself, or for
some other good he hopeth for thereby. For it is a voluntary act: and
of the voluntary acts of every man, the object is some good to himself.
And therefore there be some rights which no man can be understood by
any words, or other signs, to have abandoned or transferred. As first a
man cannot lay down the right of resisting them that assault him by
force to take away his life, because he cannot be understood to aim
thereby at any good to himself. The same may be said of wounds, and
chains, and imprisonment, both because there is no benefit consequent
to such patience, as there is to the patience of suffering another to
be wounded or imprisoned, as also because a man cannot tell when he
seeth men proceed against him by violence whether they intend his death
or not. And lastly the motive and end for which this renouncing and
transferring of right is introduced is nothing else but the security of
a man's person, in his life, and in the means of so preserving life as
not to be weary of it. And therefore if a man by words, or other signs,
seem to despoil himself of the end for which those signs were intended,
he is not to be understood as if he meant it, or that it was his will,
but that he was ignorant of how such words and actions were to be
interpreted. |
Toutes
les fois qu'un homme transmet son droit, ou qu'il y renonce, c'est soit
en considération d'un droit qu'on lui transmet par
réciprocité , soit pour quelque autre bien qu'il
espère [obtenir] par ce moyen. Car c'est un acte
volontaire, et l'objet des actes volontaires de tout homme est un bien
pour lui-même. C'est pourquoi il est inconcevable qu'un homme ait
pu, par des paroles ou d'autres signes, abandonner ou transmettre
certains droits. D'abord, un homme ne peut pas se démettre du
droit de résister à ceux qui l'attaquent par la force
pour lui ôter la vie, parce qu'il est inconcevable qu'il vise de
cette façon quelque bien pour lui-même. On peut dire la
même chose pour les blessures, les fers, l'emprisonnement, parce
que, d'une part, il n'y a aucunavantage consécutif au fait
d'endurer ces choses, comme il y en a au fait de souffrir qu'un autre
soit blessé ou emprisonné, et d'autre part, parce qu'un
homme, quand il voit des hommes agir avec violence à son
égard, ne peut pas dire s'ils projettent ou non sa mort. Enfin,
le motif, la fin pour lesquels un homme accepte ce renoncement au droit
et sa transmission n'est rien d'autre que la sécurité de
sa personne , pour ce qui est de sa vie et des moyens de la
préserver telle qu'il ne s'en dégoûte pas .
Et c'est pourquoi, si un homme, par des paroles, ou d'autres signes,
semble se dépouiller de la fin que visaient ces signes, on ne
doit pas comprendre qu'il voulait dire cela, ou que c'était sa
volonté, mais qu'il était ignorant de la façon
dont de telles paroles et de telles actions seraient
interprétées. |
| Chapter XXIX: Of Those Things That Weaken or Tend to the Dissolution of a Commonwealth | Chapitre
XXIX Des choses qui affaiblissent la République, ou qui tendent à sa dissolution |
| As there have been doctors
that hold there be three souls in a man; so there be also that think
there may be more souls, that is, more sovereigns, than one in a
Commonwealth; and set up a supremacy against the sovereignty; canons
against laws; and a ghostly authority against the civil; working on
men's minds with words and distinctions that of themselves signify
nothing, but bewray, by their obscurity, that there walketh (as some
think invisibly) another kingdom, as it were a kingdom of fairies, in
the dark. Now seeing it is manifest that the civil power and the power
of the Commonwealth is the same thing; and that supremacy, and the
power of making canons, and granting faculties, implieth a
Commonwealth; it followeth that where one is sovereign, another
supreme; where one can make laws, and another make canons; there must
needs be two Commonwealths, of one and the same subjects; which is a
kingdom divided in itself, and cannot stand. For notwithstanding the insignificant
distinction of temporal and ghostly, they are still two kingdoms, and
every subject is subject to two masters. For seeing the ghostly power
challengeth the right to declare what is sin, it challengeth by
consequence to declare what is law, sin being nothing but the
transgression of the law; and again, the civil power challenging to
declare what is law, every subject must obey two masters, who both will
have their commands be observed as law, which is impossible. Or,
if it be but one kingdom, either the civil, which is the power of the
Commonwealth, must be subordinate to the ghostly, and then there is no
sovereignty but the ghostly; or the ghostly must be subordinate to the
temporal, and then there is no supremacy but the temporal. When
therefore these two powers oppose one another, the Commonwealth cannot
but be in great danger of civil
war and dissolution. For the civil authority being more visible,
and standing in the clearer light of natural reason, cannot choose but
draw to it in all times a very considerable part of the people: and the
spiritual, though it stand in the darkness of School distinctions and
hard words; yet, because the fear of darkness and ghosts is greater
than other fears, cannot want a party sufficient to trouble, and
sometimes to destroy, a Commonwealth. And this is a disease which not
unfitly may be compared to the epilepsy, or falling sickness (which the
Jews took to be one kind of possession by spirits), in the body
natural. For as in this disease there is an unnatural spirit or wind in
the head that obstructeth the roots of the nerves and, moving them
violently, taketh the motion which naturally they should have from the
power of the soul in the brain; thereby causeth violent and irregular
motions, which men call convulsions, in the parts; insomuch as he that
is seized therewith falleth down sometimes into the water, and
sometimes into the fire, as a man deprived of his senses: so also in
the body politic, when the spiritual power moveth the members of a
Commonwealth by the terror of punishments and hope of rewards, which
are the nerves of it, otherwise than by the civil power,
which is the soul of the Commonwealth, they ought to be moved;
and by strange and hard words suffocates their understanding; it must
needs thereby distract the people, and either overwhelm the
Commonwealth with oppression, or cast it into the fire of a civil war. |
De même qu'il y a eu des docteurs qui ont soutenu qu'il y a trois âmes en l'homme , il y en a aussi qui pensent qu'il peut y avoir dans une République plus qu'une seule âme, c'est-à-dire plus qu'un seul souverain, et ils établissent une suprématie qui s'oppose à la souveraineté, des canons qui s'opposent aux lois, et une autorité spirituelle qui s'oppose à l'autorité civile, qui agissent sur les esprits des hommes avec des mots et des distinctions qui, en eux-mêmes ne signifient rien, mais qui laissent entrevoir, par leur obscurité, l'existence dans les ténèbres d'un autre royaume (que certains croient invisible), qui serait comme un royaume de sylphes . Or, vu qu'il est manifeste que le pouvoir civil et le pouvoir de la République sont la même chose , et que la suprématie et le pouvoir de faire des canons et d'accorder des libertés impliquent une République; il s'ensuit que là où l'un est souverain et un autre suprême, là où l'un peut faire des lois, et un autre des canons, il doit nécessai-rement y avoir deux Républiques, formées d'un unique groupe des mêmes sujets, ce qui est un royaume divisé en lui-même, qui ne peut demeurer. En effet, même si la distinction entre temporel et spirituel n'a pas de sens , il y a pourtant deux royaumes, et chaque sujet est assujetti à deux maîtres. En effet, vu que le pouvoir spirituel prétend au droit de déclarer ce qu'est le péché, il prétend en conséquence à celui de déclarer ce qu'est la loi, le péché n'étant rien d'autre que la transgression de la loi, et vu que, de même, le pouvoir civil prétend au droit de déclarer ce qu'est la loi, tout sujet doit obéir à deux maîtres qui, tous deux, veulent que leurs commandements soient observés comme des lois, ce qui est impossible. Ou, s'il n'y a qu'un seul royaume, soit le pouvoir civil, qui est le pouvoir de la République, doit être subor-donné au pouvoir spirituel, et alors n'existe qu'une souveraineté, la souveraineté spirituelle, soit le pouvoir spirituel doit être subordonné au pouvoir temporel, et alors il n'y a qu'une suprématie, la suprématie temporelle. Quand donc ces deux pouvoirs s'opposent l'un à l'autre, la République ne peut qu'être en grand danger de guerre civile et de dissolution. En effet, l'autorité civile, étant plus visible, et se trouvant dans la lumière plus éclairée de la raison naturelle, ne peut faire autrement qu'attirer à elle, en tout temps, une partie très considérable du peuple; et l'autorité spirituelle, quoiqu'elle se tienne dans l'obscurité des distinctions scolastiques et des mots difficiles, cependant, parce que la crainte des ténèbres et des esprits est plus importante que les autres craintes, ne peut manquer d'un parti suffisant pour troubler, et parfois détruire, une République. Et c'est une maladie qui peut, sans impropriété, être comparée à l'épilepsie, ou mal caduc du corps naturel (que les juifs prenaient pour une sorte de possession par les esprits). En effet, de même que dans cette maladie, il y a dans le tête un esprit ou vent non naturel qui obstrue les racines des nerfs et qui, les mouvant violemment, supprime le mouvement que naturellement ils devraient recevoir du pouvoir de l'âme dans le cerveau, et cause ainsi dans les organes des mouvements violents et irréguliers, que les hommes appellent convulsions, de sorte que celui dont le mal s'est emparé tombe parfois dans l'eau, parfois dans le feu, comme un homme privé de ses sens, de même aussi, dans le corps politique, quand le pouvoir spirituel, par la terreur des châtiments et l'espoir des récompenses, qui sont les nerfs de la République, meut les membres de cette dernière autrement que par le pouvoir civil, qui est l'âme de la République, et que, par des mots étranges et diffi-ciles, il étouffe la compréhension du peuple, il doit nécessairement de cette façon affoler le peuple, et, ou écraser la République en l'opprimant, ou la jeter dans le feu de la guerre civ |
CHAPTER XLII
|
Chapitre XLII :Du pouvoir ecclésiastique |
| here be two senses wherein a writing may be said to
be canonical:
for canon signifieth a rule; and a rule is a precept by which a man is
guided and directed in any action whatsoever. Such precepts, though
given by a teacher to his disciple, or a counsellor to his friend,
without power to compel him to observe them, are nevertheless
canons, because they are rules. But when they are given by one whom he
that receiveth them is bound to obey, then are those canons not only
rules, but laws: the question therefore here is of the power to make
the Scriptures, which are the rules of Christian faith, laws. [...] |
Un
écrit peut être dit canonique en deux
sens : en effet, canon signifie règle,
et une règle est un précepte par lequel un homme est
guidé
et dirigé en une action, quelle qu'elle soit. Ces
préceptes, même donnés par un
maître à ses disciples, ou par un conseiller à son
ami, sans pouvoir de
contraindre celui qui les observe, sont néanmoins des canons,
parce que ce sont
des règles. Mais quand ils sont donnés par quelqu'un
à qui celui qui les
observe est tenu d'obéir, alors ces canons ne sont pas seulement
des règles,
mais ce sont des lois. La question est donc ici celle du pouvoir de
faire les
Ecritures, qui sont les règles de la foi chrétienne, des
lois[...]
Par les
écrits des Pères qui vécurent
avant que la religion chrétienne ne soit reçue et
autorisée par l'empereur
Constantin, nous pouvons voir que les livres que nous avons maintenant
du
Nouveau Testament étaient tenus par les Chrétiens de
l'époque (mis à part
quelques-uns, et par rapport à une minorité qu'on
appelait des hérétiques, les
autres étaient appelés l'Eglise Catholique) pour les
préceptes du Saint-Esprit,
et par conséquent tenus pour le canon, la règle de foi :
tels étaient le
respect et l'opinion qu'ils avaient à l'égard de leurs
maîtres car, en général,
le respect que les disciples portent à leurs premiers
maîtres, quelle que soit
la doctrine reçue, n'est pas mince. Il n'y a donc aucun doute
que, quand saint
Paul écrivait aux Eglises qu'il avait converties, ou quand un
autre apôtre ou
disciple du Christ écrivait à ceux qui avaient
embrassé la foi dans le Christ,
ces derniers recevaient ces écrits comme la vraie doctrine
chrétienne. Mais à
cette époque, alors que ce n'étaient pas le pouvoir et
l'autorité du maître,
mais la foi de celui qui écoutait, qui faisaient qu'il la
recevait, ce
n'étaient pas les apôtres qui rendaient leurs propres
écrits canoniques, mais
chaque converti les considérait comme tels pour lui-même.
Mais ici, la
question n'est pas de savoir
ce que chaque Chrétien considérait comme loi ou canon
pour lui-même, qu'il
pouvait [d'ailleurs] rejeter par le même droit qu'il l'avait
reçu, elle est de
savoir ce qui leur était rendu canonique de telle façon
qu'ils ne pouvaient
sans injustice faire quelque chose qui y fût contraire. Que le
Nouveau
Testament fût canonique en ce sens, c'est-à-dire fût
une loi en des lieux où la
loi de la République ne l'avait pas rendu tel, cela est
contraire à la nature
d'une loi, car une loi, comme je l'ai déjà montré,
est le commandement de
l'homme ou de l'assemblée à qui nous avons donné
l'autorité souveraine pour
faire des règles pour la direction de nos actions comme il le
jugera bon, et
pour nous punir quand nous faisons quelque chose de contraire à
la loi. Quand
donc quelqu'un nous propose d'autres règles que celles que le
législateur
souverain a prescrites, elles ne sont que des conseils, des
recommandations que
celui qui est conseillé, que ces conseils soient bons ou
mauvais, peut sans
injustice refuser d'observer; et si ces conseils sont contraires aux
lois déjà
établies, il ne saurait les suivre sans injustice, aussi bonnes
soient-elles
selon son idée. Je dis qu'il ne saurait dans ce cas observer ces
conseils dans
ses actions, et pas non plus dans ses entretiens avec les autres
hommes,
quoiqu'il puisse sans être condamné croire ses
maîtres privés et souhaiter
avoir la liberté de mettre en pratique leurs recommandations, et
souhaiter que
ces recommandations soient publiquement tenues pour lois, car la foi
intérieure
est par sa propre nature invisible, et par conséquent elle est
soustraite à
toute juridiction humaine, alors que les paroles et les actions qui
viennent de
cette foi sont, en tant que ruptures de l'obéissance civile, une
injustice à la
fois devant Dieu et devant les hommes. Attendu que notre Sauveur a
nié que son
royaume soit de ce monde, attendu qu'il a dit qu'il ne venait pas pour
juger le
monde, mais pour le sauver, il ne nous a pas assujettis à
d'autres lois que
celles de la République, c'est-à-dire qu'il a assujetti
les Juifs à la loi de
Moïse (dont il dit en Matthieu, V,
qu'il n'est pas venu pour la détruire, mais pour l'accomplir),
et les autres
nations aux lois de leurs souverains respectifs, et tous les hommes aux
lois de
nature. L'observation de ces lois, lui-même et ses apôtres
l'ont recommandée
dans leur enseignement comme une condition nécessaire pour
être admis par lui,
au dernier jour, dans son royaume éternel, où nous
connaîtrons une protection
et une vie éternelles. Donc, étant donné que notre
Sauveur et ses apôtres ne
nous ont pas laissé de nouvelles lois pour nous obliger en ce
monde, mais une
nouvelle doctrine pour nous préparer au monde à venir,
les livres de l'Ancien
Testament, qui contiennent cette doctrine, jusqu'à que
ceux
à qui Dieu donna le pouvoir d'être les
législateurs terrestres nous ordonnent de leur obéir, ne
furent pas des canons
obligatoires, c'est-à-dire des lois, mais seulement des
recommandations bonnes
et salutaires pour diriger les pécheurs dans le chemin du salut,
recommandations que chacun pouvait suivre ou refuser sans injustice,
à ses
risques et périls |
| La guerre de tous
contre tous Hobbes, Leviathan, livre XIII, traduction française par P. Pasquino et texte latin. Extrait de Pasquale Pasquino, "Thomas Hobbes, la condition naturelle de l'humanité", in Revue française de science politique, Année 1994, Volume 44, Numéro 2, pp. 294-307 (Le seul point commun entre "l'état de nature" est la relation entre Etats est l'absence d'autorité au-dessus des hommes à "l'état de nature" et des Etats) http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1994_num_44_2_394828 |
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Lecture obligatoire : Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Lectures recommandées :
Le Roy Ladurie, E., L'Ancien régime, II, 1715-1770,
1991, "Pluriel"
Rousseau, Du Contrat social (nombreuses éditions de
poche ou in Colas D., La Pensée
politique,
Larousse,
1994)
Introduction
Le Discours sur l’origine et les
fondements
de l’inégalité parmi les hommes (1755).
Enjeu : si
l’inégalité
est naturelle, elle est quasi inévitable, si elle est sociale
elle
peut être corrigée. Le « droit naturel » doit
garder
une valeur régulatrice pour le « droit politique ».
Rousseau dernier grand théoricien de l’opposition «
état
de nature » / « société civile » (chez
Hegel
: Etat (moderne)/ société civile/famille, chez Marx :
Etat/société civile)
Rousseau n’est pas un « moderne » (au sens de Benjamin
Constant)
car il refuse le principe de la représentation comme fondement
de
la loi. Et il valorise Sparte (plutôt qu'Athènes).
I) Etat et état de nature
a) "Etat" et "état" ("estat") en français).
- état : statut
- état : goupe d’individus ayant le même statut (=ordre) :
"tiers
état"
- état : réunion des « estats » ou «
états
» : les "états généraux"
- état du royaume (en latin dans des textes
médiévaux),
d'où Etat
(attention
à l'orthographe : Etat
(l'institution
politique), l'état (la condition etc.)
b) L’importance du modèle civique antique chez Rousseau :
exaltation
par Rousseau des valeur de la Rome républicaine. La Cité
objet
d’une forme de culte
- Les valeurs du citoyen-soldat
| […] si ses citoyens s'étaient exercés
aux
armes, c'eût été plutôt pour entretenir chez
eux cette ardeur guerrière et cette fierté de courage qui
sied
si bien à la liberté et qui en nourrit le goût que
par
la nécessité de pourvoir à leur propre
défense (Dédicace) |
- Contre le luxe
| Que les prétendus gens de goût admirent
en
d'autres lieux la grandeur des palais, la beauté des
équipages,
les superbes ameublements, la pompe des spectacles et tous les
raffinements
de la mollesse et du luxe. A Genève, on ne trouvera que des
hommes,
mais pourtant un tel spectacle a bien son prix, et ceux qui le
rechercheront
vaudront bien les admirateurs du reste. (Dédicace) |
II) Le statut du Discours sur l'origine et les fondements
de
l'inégalité
entre les hommes
a) De la difficulté à lire Rousseau : rigueur
mathématique
et art littéraire, une paranoïa sublime.
Ainsi on trouve dans le discours des
raisonnements
qui relève de la théorie des jeux.
Exemple de raisonnement rationnel :
La naissance
difficile
de la coopération entre les hommes :
| Voilà comment les hommes purent insensiblement acquérir quelque idée grossière des engagements mutuels, et de l'avantage de les remplir, mais seulement autant que pouvait l'exiger l'intérêt présent et sensible; car la prévoyance n'était rien pour eux, et loin de s'occuper d'un avenir éloigné, ils ne songeaient pas même au lendemain. S'agissait-il de prendre un cerf, chacun sentait bien qu'il devait pour cela garder fidèlement son poste; mais si un lièvre venait à passer à la portée de l'un d'eux, il ne faut pas douter qu'il ne le poursuivît sans scrupule, et qu'ayant atteint sa proie il ne se souciât fort peu de faire manquer la leur à ses compagnons. |
Il faut être deux pour attraper
le
cerf
mais on peut attraper le lièvre en étant seul.
Imaginons que la valeur du cerf soit égale à 8 et celle
du lièvre à 2. Le chasseur qui voit un lièvre
passer à sa portée raisonne
ainsi : mon « compagnon » s’il voit passer le lièvre
le
poursuivra, à 50 chances sur 100. S’il abandonne son poste je
n’aurais
rien du tout, tandis qu’en abandonnant mon poste je peux gagner. Il est
donc
rationnel de ne pas coopérer.
| CHASSEUR
N°1 |
|||||
| ASSISTANCE |
CONCURRENCE |
||||
CHASSEUR N°2 |
ASSISTANCE | 4 |
4 |
0 |
2 |
| CONCURRENCE | 2 |
0 |
2 |
2 |
|
b) Le Discours sur l'origine et les
fondements de
l'inégalité parmi les hommes : un texte
hypothético-déductif
- Au lieu de présuposer la «
sociabiité
de l’homme » ne lui attribuer que deux « principes »
:
amour de soi-même (ou « amour de son bien être
»)
et pitié, un « sentiment naturel » («
répugnance
innée à voir souffrir son semblabe »). Le second
sentiment
« compense » le premier. (Attention : bien distinguer
"amour de soi-même" et "amour-propre" : désir
d'autoconservation et souci de l'opion d'autrui.
| Laissant donc tous les livres scientifiques qui
ne
nous apprennent qu'à voir les hommes tels qu'ils se sont faits,
et méditant sur les premières et plus simples
opérations
de l'âme humaine, j'y crois apercevoir deux principes
antérieurs
à la raison, dont l'un nous intéresse ardemment à
notre
bien-être et à la conservation de nous-mêmes, et
l'autre
nous inspire une répugnance naturelle à voir périr
ou
souffrir tout être sensible et principalement nos semblables.
C'est
du concours et de la combinaison que notre esprit est en état de
faire
de ces deux principes, sans qu'il soit nécessaire d'y faire
entrer celui de la sociabilité, que me paraissent
découler toutes
les règles du droit naturel ; règles que la raison est
ensuite
forcée de rétablir sur d'autres fondements, quand par ses
développements
successifs elle est venue à bout d'étouffer la nature. (Préface) |
| L'amour de soi-même est un sentiment naturel qui
porte
tout animal à veiller à sa propre conservation et qui,
dirigé
dans l'homme par la raison et modifié par la pitié,
produit
l'humanité et la vertu. L'amour-propre n'est qu'un sentiment
relatif,
factice et né dans la société, qui porte chaque
individu
à faire plus cas de soi que de tout autre, qui inspire aux
hommes
tous les maux qu'ils se font mutuellement et qui est la
véritable
source de l'honneur. (note 15) |
Et une disposition plus générale : la «
perfectibilité
» : les facultés non utilisées à
l’état
de nature se développent dans la « société
civile
».
- Une déduction logique : il s’agit de comprendre la «
nature
» des chose (les « fondements »)
plutôt
que de faire une histoire (néanmoins Rousseau renvoie aux
«
sauvages », notamment des Caraïbes, décrits par les
«
voyageurs » pour étayer son argumentation).
| Commençons donc par écarter tous les
faits,
car ils ne touchent point à la question. Il ne faut pas prendre
les recherches, dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des
vérités
historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques
et
conditionnels; plus propres à éclaircir la nature des
choses
qu'à en montrer la véritable origine, et semblables
à
ceux que font tous les jours nos physiciens sur la formation du monde. (dans le début du texte) |
c) Cependant à l'arrière fond le mythe de Genève,
petite
société
- La transparence : exigence inconditionne.
| Si j'avais eu à choisir le lieu de ma
naissance,
j'aurais choisi une société d'une grandeur bornée
par l'étendue des facultés humaines, c'est-à-dire
par la
possibilité d'être bien gouvernée, et où
chacun
suffisant à son emploi, nul n'eût été
contraint
de commettre à d'autres les fonctions dont il était
chargé:
un Etat où tous les particuliers se connaissant entre eux, les
manoeuvres
obscures du vice ni la modestie de la vertu n'eussent pu se
dérober
aux regards et au jugement du public, et où cette douce habitude
de
se voir et de se connaître, fît de l'amour de la
patrie
l'amour
des citoyens plutôt que celui de la terre (souligné par DC) (Dédicace) |
| J'aurais
voulu
naître dans un pays où le souverain et le peuple ne
pussent
avoir qu'un seul et même intérêt, afin que tous les
mouvements
de la machine ne tendissent jamais qu'au bonheur commun; ce qui ne
pouvant
se faire à moins que le peuple et le souverain ne soient une
même personne, il s'ensuit que j'aurais voulu naître sous
un gouvernement
démocratique, sagement tempéré. (Dédicace) |
Pour Rousseau l'être est
présence, d'où sa valorisatin de la voix sur
l'écriture (sur cette question : Jacques Derrida, De la Grammatologie)
III '"L 'état de nature" de Rousseau ou l'anti-Hobbes
a) Le paralogisme de Hobbes : il imagine l’homme à l’
Ȏtat
de nature » comme étant animé par des «
passions
» sociales.
| En raisonnant sur les principes qu'il établit,
cet
auteur [Hobbes] devait dire que l'état de nature étant
celui où le soin de notre conservation est le moins
préjudiciable
à celle d'autrui, cet état était par
conséquent
le plus propre à la paix, et le plus convenable au genre humain.
Il
dit précisément le contraire, pour avoir fait entrer mal
à
propos dans le soin de la conservation de l'homme sauvage le besoin de
satisfaire
une multitude de passions qui sont l'ouvrage de la
société, et qui ont rendu les lois nécessaires. Le
méchant, dit-il,
est un enfant robuste; il reste à savoir si l'homme sauvage est
un
enfant robuste. (Ière partie) |
b) l'homme à l'état de nature est robuste
| HOBBES De sorte que je dirais volontiers, qu'un méchant homme est le même qu'un enfant robuste, ou qu'un homme qui a l'âme d'un enfant; et que la méchanceté n'est autre chose que le défaut de raison en un âge auquel elle a accoutumé de venir aux hommes, par un instinct de la nature, qui doit être alors cultivée par la discipline, et qui se trouve déjà assez instruite par l'expé-rience des dangers et des infortunes passées (DU CITOYEN, DÉDICACE) Texte traduit en français par Sorbière en 1649 |
ROUSSEAU : Accoutumés dès l'enfance aux
intempéries
de l'air, et à la rigueur des saisons, exercés à
la
fatigue, et forcés de défendre nus et sans armes leur vie
et
leur proie contre les autres bêtes féroces, ou de leur
échapper
à la course, les hommes se forment un tempérament robuste
et
presque inaltérable. Les enfants, apportant au monde
l'excellente
constitution de leurs pères, et la fortifiant par les
mêmes
exercices qui l'ont produite, acquièrent ainsi toute la vigueur
dont
l'espèce humaine est capable. La nature en use
précisément
avec eux comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens; elle
rend
forts et robustes ceux
qui sont bien constitués et fait périr tous les autres;
différente
en cela de nos sociétés, où l'Etat, en rendant les
enfants
onéreux aux pères, les tue indistinctement avant leur
naissance. (début Iére partie) |
c) l'homme à l'état de nature est solitaire
| L'appétit [sexuel] satisfait, l'homme n'a plus besoin de telle femme, ni la femme de tel homme. (note 12 qui critique Locke) |
d) l'homme à l'état de nature est heureux
| Son âme, que rien n'agite, se livre au seul sentiment de son existence actuelle, sans aucune idée de l'avenir, quelque prochain qu'il puisse être, et ses projets, bornés comme ses vues, s'étendent à peine jusqu'à la fin de la journée. |
IV La Société civile
a) La société civile, ou Etat se développe par une
série
de catastrophes
Ainsi le langage naît d’un accroissement de la
densité
de la population
| De
grandes
inondations ou des tremblements de terre environnèrent d'eaux ou
de
précipices des cantons habités; des révolutions du
globe détachèrent et coupèrent en îles des
portions
du continent (2e partie |
b) La pensée comme malheur
- L'homme qui médite est un animal « dépravé
»
| Si elle [la nature] nous a destinés à
être
sains, j'ose presque assurer que l'état de réflexion est
un état contre nature, et que l'homme qui médite est un
animal
dépravé. Quand on songe à la bonne constitution
des
sauvages, au moins de ceux que nous n'avons pas perdus avec nos
liqueurs
fortes, quand on sait qu'ils ne connaissent presque d'autres maladies
que
les blessures, et la vieillesse, on est très porté
à
croire qu'on ferait aisément l'histoire des maladies humaines en
suivant
celle des sociétés civiles. (Ière partie) |
- Le langage est la fin de la transparence
| Le premier langage de l'homme, le langage le plus universel, le plus énergique, et le seul dont il eut besoin, avant qu'il fallût persuader des hommes assemblés, est le cri de la nature. |
c) Les trois phases du « progrès de
l’inégalité
»
| Révolutions succesives |
Changements d’ » état » (conditon)
liées aux révolutions |
| 1) Etablissement de la loi et du droit de propriété | Riches/pauvres |
| 2) Institution de la magistrature (autorité politique) | Puissants/faibles |
| 3) Passage du pouvoir légitime à l’arbitaire | Maître/esclave (dernier état de l’inégalité ) |
Conclusion Rousseau et la
Révolution
française.
| […] il est manifestement contre la Loi de Nature, de quelque manière qu'on la définisse, qu'un enfant commande à un vieillard, qu'un imbécile conduise un homme sage, et qu'une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire |
Lectures
recommandées
:
Magna Carta (Grande Charte de Jean sans Terre)
(1215)
in D. Colas, Textes constitutionnels français et
étrangers, Larousse, 1994)
Rousseau, Du Contrat social ( extraits in D. Colas, La
pensée
politique, Larousse, 1994)
Et Constant : De la Liberté des Anciens comparée
à
celle des Modernes: Benjamin Constant, Discours prononcé
à
l'Athénée royal de Paris en 1819 in Colas, La
Pensée
politique et http://www.panarchy.org/constant/liberte.1819.html
« Tout ce qui rompt
l'unité
sociale ne vaut rien; toutes les institutions qui mettent l'homme en
contradiction
avec lui-même ne valent rien. » (L. IV, chap. 8)
« Le Prince de Machiavel
est
le
livre des républicains » (Livre III, chap. 6)
« Tout ce qui n'est point
dans
la nature a ses inconvénients, et la société
civile
plus que tout le reste. » (L. III, chap. 15)
INTRODUCTION
Publié la même année que l’Emile (1762) et
comme
lui interdit
Supériorité de la démocratie « :La
constitution
démocratique est certainement le chef d’œuvre de l’art politique
»
(Lettres écrites sur la montagne, La Pléiade,
p.
838). « Un Gouvernement si parfait ne convient pas aux hommes
»
(Contrat, L. III, chap.4)
I Place du Contrat social
dans l’œuvre de Rousseau
1) Multiplicité des textes politiques de Rousseau aux
statuts
différents
- Autreq œuvres politiques de Rousseau : « Considérations
sur
le gouvernement de la Pologne » (vers 1772), Constitution
de
la Corse
- Variations dans le titre. Une première version non
publiée
(le manuscrit de Genève) : De
l’Etat, De la
société
civile, Du Contrat social
(à l’occasion « politie
»
L. 1 chap. IV) qui est une transcription du grec « politeia
»).
Mais on pourrait l’appeler le « corps politique » en raison
de
l’importance de ce modèle (ou de cette métaphore)
2) Du Discours sur l'Origine de
l'inégalité (1755)
au Contrat (1762)
Le contrat comme moins mauvaise solution possible au fondement de
la
« société civile » ou de «
l’état
civil » (en tant qu'opposé à
l'"état
de nature")
a) Comme dans le Discours
l’affirmation d’une «
égalité
naturelle des hommes »
| Il
n'y a
qu'une seule loi qui, par sa nature, exige un consentement unanime;
c'est
le pacte social: car l'association civile est l'acte du monde le plus
volontaire;
tout homme étant né libre et maître de
lui-même,
nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être,
l'assujettir
sans son aveu. Décider que le fils d'une esclave naît
esclave,
c'est décider qu'il ne naît pas homme. L.IV chap. |
b) Valeur de la « petite société ».
| La
paix,
l'union, l'égalité, sont ennemies des subtilités
politiques. Les hommes droits et simples sont difficiles à
tromper à cause
de leur simplicité: les leurres, les prétextes
raffinés
ne leur en imposent point, ils ne sont pas même assez fins pour
être
dupes. Quand on voit chez le plus heureux peuple du monde des troupes
de
paysans régler les affaires de l'État sous un chêne
et
se conduire toujours sagement, peut-on s'empêcher de
mépriser
les raffinements des autres nations, qui se rendent illustres et
misérables
avec tant d'art et de mystère ? L. IV chap. 2 |
c) Mais la fragmentation politique recrée un «
état
de nature »
L’ »état de nature »
dépassé
dans
chaque société reste la norme dans les relations
entre
les nations : la guerre n’est pas impossible. Les hommes vivent
à
la fois dans « l’ordre social » et dans «
l’état
de nature ». Le s princes privilégient la «
force
» et la « raison d’Etat » sur la loi et lajustice
(«
l’Etat de guerre », Pléiade, t. III, p.610). Donc il faut
consacrer beaucoup de « soins » à la «
sûrété
» au détriment de la « police » : il faudrait
un
gouvernement « confédératif ».( «
Projet
de paix perpétuelle », Pléiade, t.III, p.564).
- II Les théories du contrat
social
et l'originalité de celle de Rousseau
1) Ce n’est pas un contrat entre le peuple et le souverain.
.
Le peuple souverain ne passe pas de « contrat »
avec
le gouvernement (L.III, chap. 1) (C’est la
présentation
du contrat dans l’Essai)
mais « il n’y a qu’un contrat dans
l’Etat
c’est celui de l’association « (L.III, chap. XVI) ?
La loi émanant du peuple souverain s’impose à tous
et
doit faire « trembler « même le roi
(Considérations
Pologne, Pléiade, p.1002)
2) Ce n’est pas un contrat qui est issu d’un calcul
rationnel
mais qui est la condition de possibilité de la
souveraineté.
: : « contrat primitif » (L.IV, chap. 2). Il permet
de
passer à « l’état civil » . Cependant ce
contrat
est un bénéfice. L’ « art vient secours de la
nature
» (Ière version du Contrat ).
| Ce
passage
de l'état de nature à l'état civil produit dans
l'homme
un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite
la justice à l’instinct, et donnant à ses actions la
moralité qui leur manquait auparavant. L.I chap VIII |
a) Avant et après le « passage » (L. I chap. 8)
| état
de nature animal
stupide et borné
|
état
civil homme intelligent |
| Instinct Impulsion physique Amour de soi Penchants |
Justice,
Raison Moralité, Voix du devoir Elévation de l’âme |
b) la « balance » (L.I, chap. 8
Perte : liberté naturelle et droit
illimité
sur tout ce qui peut être atteint.
Gain : liberté civile et propriété
.
Mais les « abus « de cette « nouvelle
condition
» peuvent produire une « dégradation ».
(L.I,
chap. VIII)
3) La souveraineté chez Bodin dans la République :
autonomie
par rapport à un autre pouvoir. Rousseau
promeut
le citoyen :
| l'essence
du corps politique est dans l'accord de l'obéissance et de la
liberté,
et que ces mots de sujet et de souverain sont des corrélations
identiques
dont l'idée se réunit sous le seul mot de citoyen L. III chap 13 |
III) Le Souverain et la loi comme "accord" entre "la
volonté
de chacun" et la "volonté
générale" qui ne peut être
représentée
(L.III, chap.15)
La souveraineté
concerne
la loi et non le gouvernement.
1) La souveraineté nait de la "constitution"' un "corps" qui n'a
qu'une
une "seule volonté" :
| Il ne
suffit
pas que le peuple assemblé ait une fois fixé la
constitution
de l'État en donnant la sanction à un corps de lois; il
ne suffit
pas qu'il ait établi un gouvernement perpétuel, ou qu'il
ait pourvu une fois pour toutes à l'élection des
magistrats; outre
les assemblées extraordinaires que des cas imprévus
peuvent exiger, il faut qu'il y en ait de fixes et de
périodiques que rien
ne puisse abolir ni proroger, tellement qu'au jour marqué le
peuple
soit légitimement convoqué par la loi, sans qu'il soit
besoin
pour cela d'aucune autre convocation formelle. (L.III, chap.13) |
| Tant
que
plusieurs hommes réunis se considèrent comme un seul
corps, ils n'ont qu'une seule volonté qui se rapporte à
la commune conservation et au bien-être général.
Alors tous les
ressorts de l'État sont vigoureux et simples, ses maximes sont
claires
et lumineuses il n'a point d'intérêts embrouillés,
contradictoires le bien commun se montre partout avec évidence,
et ne demande que
du bon sens pour être aperçu. (L. IV, chap.1) |
Si rupture du « lien social » dans les « cœurs
»,
si les « les intérêts particuliers commencent
à
se faire sentir et les petites sociétés à influer
sur
la grande, l'intérêt commun s'altère et trouve des
opposants: l'unanimité ne règne plus dans les voix; la
volonté
générale n'est plus la volonté de tous
«
(L IV chap. 1) alors « la volonté générale
devient
muette ».
2) La volonté générale
| La
volonté
constante de tous les membres de l'État est la volonté
générale:
c'est par elle qu'ils sont citoyens et libres . Quand on propose une
loi
dans l’assemblée du peuple, ce qu'on leur demande n'est pas
précisément
s'ils approuvent la proposition ou s'ils la rejettent, mais si elle est
conforme
ou non à la volonté générale qui est
la leur: chacun en donnant son suffrage dit son avis là-dessus;
et du calcul des voix se tire la déclaration de la
volonté générale.
Quand donc l'avis contraire au mien l'emporte, cela ne prouve autre
chose sinon que je m'étais trompé, et que ce que
j'estimais être
la volonté générale ne l’était pas. Si mon
avis
particulier l'eût emporté, j'aurais fait autre chose que
ce
que j'avais voulu; c'est alors que je n'aurais pas été
libre. L.IV, 2 |
3) La souveraineté est brisée par les "brigues"
alors
que les "petites différences " s'annulent dans leur "somme" . Ce
modèle
est celui du calcul infinitésimal : la volonté
générale
comme intégrale (au sens algébrique),
comme
loi d’une série.
| Il
s'ensuit
de ce qui précède que la volonté
générale
est toujours droite et tend toujours à l'utilité
publique:
mais il ne s'ensuit pas que les délibérations du peuple
aient
toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne
le
voit pas toujours: jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le
trompe,
et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal. Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale; celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun; l'autre regarde à l'intérêt privé, et n'est qu'une somme de volontés particulières: mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s'entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale. L.II, chap. 3 |
| Il
importe
donc, pour avoir bien l'énoncé de la volonté
générale,
qu'il n'y ait pas de société partielle dans
l'État,
et que chaque citoyen n'opine que d'après lui […] L.II chap. 3 |
Donc l’idéal de Rousseau ne correspond pas aux
sociétés
contemporaines.
4) La souveraineté de l'Etat est différente du
Gouvernement
qui est l'"exercice légitime de la
puissance exécutive" (L.III, chap.I)
a) Dans le « corps politique » il faut distinguer :
la
volonté et la force. La force concerne des « actes
particuliers
» qui ne relèvent pas de la « loi ». Le
gouvernement
est un « corps intermédiaire » qui unit l’âme
(la volonté) et les sujets.
b) Le Prince (gouvernement ) est une « menace » pour la
souveraineté
: « dégénération » « vieillesse
».
La » puissance exécutive « tend à la
«
subjuguer la puissance législative
(Considérations,
p.977)
IV) Rousseau, la nostalgie de la cité antique et «
l’amour
de la patrie »
1) Le rôle du législateur
(monothète):
Lycurgue, Moïse, Nuna, Calvin.
| Le
législateur
est à tous égards un homme extraordinaire dans
l'État. S'il doit l'être par son génie, il ne l'est
pas moins par son
emploi. Ce n'est point magistrature, ce n'est point
souveraineté.
Cet emploi, qui constitue la république, n'entre point dans sa
constitution; c'est une fonction particulière et
supérieure qui n'a rien
de commun avec l'empire humain; car si celui qui commande aux hommes ne
doit
pas commander aux lois, celui qui commande aux lois ne doit pas non
plus commander
aux hommes: autrement ces lois, ministres de ses passions, ne feraient
souvent
que perpétuer ses injustices; jamais il ne pourrait
éviter
que des vues particulières n'altérassent la
sainteté
de son ouvrage. L.II, chap. 7 |
2) Peuple "policé" et peuple "barbare" (la Russie de Pierre le
Grand)
(L.II, chap.VIII
| La
jeunesse
n'est pas l'enfance. Il est pour les nations comme pour les hommes un
temps
de jeunesse ou, si l'on veut, de maturité, qu'il faut attendre
avant
de les soumettre à des lois: mais la maturité d'un peuple
n'est
pas toujours facile à connaître; et si on la
prévient, l'ouvrage est manqué. Tel peuple est
disciplinable en naissant, tel autre ne l'est pas au bout de dix
siècles. Les Russes ne seront jamais vraiment policés,
parce qu'ils l'ont été trop tôt.
Pierre [Le Grand] avait le génie imitatif ; il n'avait pas le
vrai
génie,
celui qui crée et fait tout de rien. L.II, chap. 8 |
3) La « religion civile » ( L. IV chap. 8) : critique
du
fanatisme et éloge de la tolérance (L.IV, chap.8)
Danger de la « double puissance » (un chef religieux
«
despotique » et des chefs politiques dans les Etats
chrétiens.
Deux « souverains partout » : chez les Arabes
aujoud’hui,
en Angleterre ou en Russie. ( L. IV chap. 8).
Opposition « christianisme d’aujourd’hui « et «
celui
de l’Evangile » ereligion sainte, sublime,
véritable,
les hommes, enfants du même Dieu, se reconnaissaient tous pour
frères,
et la société qui les unit ne se dissout pas même
à
la morte
| Il
n'y a
qu'une seule loi qui, par sa nature, exige un consentement unanime;
c'est
le pacte social: car l'association civile est l'acte du monde le plus
volontaire;
tout homme étant né libre et maître de
lui-même,
nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être,
l'assujettir
sans son aveu. Décider que le fils d'une esclave naît
esclave,
c'est décider qu'il ne naît pas homme. L.IV chap.2 |
| Le
christianisme
est une religion toute spirituelle, occupée uniquement des
choses
du ciel; la patrie du chrétien n'est pas de ce monde. Il fait
son
devoir, il est vrai, mais il le fait avec une profonde
indifférence
sur le bon ou mauvais succès de ses soins. Pourvu qu'il n'ait
rien
à se reprocher, peu lui importe que tout aille bien ou mal
ici-bas.
Si l'État est florissant, à peine ose-t-il jouir de la
félicité
publique; il craint de s'enorgueillir de la gloire de son pays: si
l'État
dépérit, il bénit la main de Dieu qui s'appesantit
sur son peuple. ( L. IV chap. 8) |
4) Mais la « religion civile » doit être
complétée
par « l’éducation publique ».
C’est ce qu’avance le projet de constitution de la Pologne
où
Rousseau fait de l’éducation une condition pour le sort de
la
nation et le maintien de sa spécificité.
5) Et les citoyens de l’Etat doit vivre « sous les yeux du public
».
Ce qui doit compter avant tout du
«
du dernier manant jusqu’au roi », c’est l’ « estime
publie
», la « commune émulation »
(Considérations,
p. 1019)
V Le monde moderne favorise la représentation politique
1) Origine sociales de la représentation
| L'attiédissement
de l'amour de la patrie, l'activité de l'intérêt
privé,
l'immensité des États, les conquêtes, l'abus du
gouvernement, ont fait imaginer la voie des députés ou
représentants
du peuple dans les assemblées de la nation. C'est ce qu'en
certain
pays on ose appeler le tiers état. Ainsi l'intérêt
particulier
de deux ordres est mis au premier et second rang;
l'intérêt
public n'est qu'au troisième. L.III |
C’est ce contre quoi écrira Benjamin Constant dans
:
De la Liberté des Anciens comparée à
celle des Modernes
2) Pour Rousseau les Etats modernes sont menacés pas les soldats
mercernaires
et par les représentants : « les services personnels
»
sont changés « en argent »
| La
souveraineté
ne peut être représentée, par la même raison
qu'elle peut être aliénée; elle consiste
essentiellement dans
la volonté générale, et la volonté ne se
représente point: elle est la même, ou elle est autre; il
n'y a point de milieu.
Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent
être
ses représentants, ils ne sont que ses commissaires; ils ne
peuvent
rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en
personne
n'a pas ratifiée est nulle; ce n'est point une loi. Le peuple
Anglais
pense être libre, il se trompe fort; il ne l'est que durant
l'élection
des membres du parlement: sitôt qu'ils sont élus, il est
esclave,
il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté,
l'usage
qu'il
en fait mérite bien qu'il la perde. (souligné par nous) L.III, chap.15 |
Conclusion
Lectures conseillées
Hegel, Philosophie du Droit (en allemand) (extraits en
français
in Colas D.,
La Pensée politique, Larousse, 1994). La partie sur la
"société civile" .
| « J’ai vu l’Empereur
[Napoléon] - cette âme du monde - sortir de la ville ce
matin pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation
merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur
un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le
domine » Lettre du 13 octobre 1806, jour où Iéna fut occupé par les Français et où Napoléon entra dans ses murs.Signé : Hegel, Professeur à Iéna. Trad. française : Hegel, Correspondance, Vol. I, Gallimard, p. 114-115 |
| MARX,
INTRODUCTION À LA CRITIQUE DE LA PHILOSOPHIE DU DROIT DE HEGEL
(1843), Traduction sur le site Marx Engels Archives,
légèrement modifiée |
|
Où donc est la possibilité positive de l'émancipation allemande ? Voici notre réponse. Il faut former une classe avec des chaînes radicales, une classe de la société civile qui ne soit pas une classe de la société civile, une classe qui soit la dissolution de toutes les classes, une sphère qui ait un caractère universel par ses souffrances universelles et ne revendique pas de droit particulier, parce qu'on ne lui a pas fait de tort particulier, mais un tort en soi, une sphère qui ne puisse plus s'en rapporter à un titre historique, mais simplement au titre humain, une sphère qui ne soit pas en une opposition particulière avec les conséquences, mais en une opposition générale avec toutes les suppositions du système politique allemand, une sphère enfin qui ne puisse s'émanciper, sans s'émanciper de toutes les autres sphères de la société et sans, par conséquent, les émanciper toutes, qui soit, en un mot, la perte complète de l'homme, et ne puisse donc se reconquérir elle-même que par le regain complet de l'homme. La décomposition de la société en tant que classe particulière, c'est le prolétariat. Le prolétariat ne commence à se constituer en Allemagne que grâce au mouvement industriel qui s'annonce partout. En effet, ce qui forme le prolétariat, ce n'est pas la pauvreté naturellement existante, mais la pauvreté produite artificiellement; ce n'est pas la masse machinalement opprimée par le poids de la société, mais la masse résultant de la décomposition aiguë de la société, et surtout de la décomposition aiguë de la classe moyenne. Ce qui n'empêche pas, cela va de soi, la pauvreté naturelle et le servage germano-chrétien de grossir peu à peu les rangs du prolétariat. Lorsque le prolétariat annonce la dissolution de l'ordre social actuel, il ne fait qu'énoncer le secret de sa propre existence, car il constitue lui-même la dissolution effective de cet ordre social. Lorsque le prolétariat réclame la négation de la propriété privée, il ne fait qu'établir en principe de la société ce que la société a établi en principe du prolétariat, ce que celui-ci, sans qu'il y soit pour rien, personnifie déjà comme résultat négatif de la société. Le prolétariat se trouve alors, par rapport au nouveau monde naissant, dans la même situation juridique que le roi allemand par rapport au monde existant, quand il appelle le peuple son peuple ou un cheval son cheval. En déclarant le peuple sa propriété privée, le roi énonce tout simplement que le propriétaire privé est roi. De même que la philosophie trouve dans le prolétariat ses armes matérielles, le prolétariat trouve dans la philosophie ses armes intellectuelles. Et dès que l'éclair de la pensée aura pénétré au fond de ce naïf terrain populaire, les Allemands s'émanciperont et deviendront des hommes. Résumons le résultat. L'émancipation de l'Allemagne n'est pratiquement possible que si l'on se place au point de vue de la théorie qui déclare que l'homme est l'essence suprême de l'homme. L'Allemagne ne pourra s'émanciper du Moyen Age qu'en s'émancipant en même temps des victoires partielles remportées sur le Moyen Age. En Allemagne, aucune espèce d'esclavage ne peut être détruite, sans la destruction de tout esclavage. L'Allemagne qui aime aller au fond des choses ne peut faire de révolution sans tout bouleverser de fond en comble. L'émancipation de l'Allemand, c'est l'émancipation de l'homme. La philosophie est la tête de cette émancipation, le prolétariat en est le cœur. La philosophie ne peut être réalisée sans la suppression du prolétariat, et le prolétariat ne peut être |
Lecture obligatoire:
Marx et Engels, Manifeste du
parti
communiste (en allemand si possible) (en français in Colas D., La Pensée politique,
Larousse, 1994
Site de textes "marxistes" en allemand : http://www.mlwerke.de/index.shtml
Lectures recommandées :
Agulhon, Maurice, La République au village, Le Seuil
Marx , La Guerre civile en France 1871
"Marx" in Colas, Races
et
racismes,
Plon 2004
Colas, D,, Le léninisme,
PUF, 2e éd., 1998, spécialement la
fin sur l'épuration.
DU
MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE A
LA
GUERRE
CIVILE DE LA SOCIÉTE CONTRE L’ETAT
INTRODUCTION
LA « DICTATURE DU
PROLÉTARIAT » APPORT ESSENTIEL DE
MARX
SELON LUI
I DES DIFFICULTÉS À
LIRE MARX
MARX HÉRITIER DE
L’ÉCONOMIE POLITIQUE ANGLAISE ET DE LA
PHILOSOPHIE
DE HEGEL MAIS AUSSI DES THÉORICIENS DES RÉVOLUTIONS
FRANçAISES
(1789, 1830, 1848, 1871)
A) LE POIDS DES HÉRITIERS
: LÉNINE, TROTSKY, STALINE, MAO
MAIS
AUSSI EDUARD BERNSTEIN, LEON BLUM, KARL KAUTSKY, OTTO BAUER.
B)
DES THÈSES
DIFFÉRENTES
: MARX ET LA QUESTION JUIVE EN 1845 et MARX ET LES JUIFS DANS LE CAPITAL
C) DES TEXTES AU STATUT
DIFFÉRENT : MARX (ET ENGELS)
AUTEUR(S)
DU « MANIFESTE »
ET MARX ECRIVAIN D’UN LIVRE ABSOLU (LE
CAPITAL)
D) UN JEUNE ET UN VIEUX MARX :
UN PHILOSPHE POST HÉGÉLIEN
ET/OU
LE FONDATEUR D’UNE NOUVELLE SCIENCE ?
II LE TRIPLE RENVERSEMENT DE
HEGEL PAR MARX
A) LA SOCIÉTÉ
CIVILE EST CHEZ MARX LE PRINCIPE DU «
DEVELOPPEMENT
» (Entwiicklung) HISTORIQUE. "LE MANIFESTE", ODE
À LA BOURGEOISIE
B) LA "SOCIÉTÉ
CIVILE" CHEZ MARX EST UNE INSTANCE
PUREMENT
ÉCONOMIQUE
: LES CONTRADICTIONS DE CLASSE DANS LA SOCIÉTÉ CIVILE
SELON
"LE MANIFESTE"
C) POUR
MARX LA GUERRE CIVILE (bürger Krieg) EST UNE GUERRE
ENTRE
GROUPES ETRANGERS L'UN A L'AUTRE (bourgeois et prolétaires) ET
LA GUERRE ÉTRANGÈRE PEUT ÊTRE
UNE
GUERRE CIVILE. La guerre extérieure n’est
légitime qu’en termes de développement historique (guerre
franco-prussienne de 1870).
III LE LIEN CAUSAL ENTRE
HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ( Burgerliche Gesellschaft) ET
HISTOIRE DE L’ETAT
A) LA DIFFÉRENCIATION
PROGRESSIVE ET PAS ETAPES DE L’ETAT ET DE LA SOCIÉTÉ
CIVILE.
B)
L’ETAT ET LA
PROPRIÉTÉ
: DE L’ETAT PROPRIÉTAIRE À L’ETAT DES
PROPRIÉTAIRES. DES TRIBUS DE LA GERMANIE À LA BOURSE.
C)
EXEMPLES DE DÉVELOPPEMENT POLITIQE : ETATS UNIS,
ANGLETERRE,
ALLEMAGNE, FRANCE.
D)
LA RUSSIE POURRAIT-ELLE ÊTRE
UNE
EXCEPTION ?
IV MARX ET L'INVENTION DE LA
DICTATURE DU PROLÉTARIAT
A) MARX ET LA "DOMINATION (HERRSCHAFT)
DE LA BOURGEOISIE" DANS LE MANIFESTE
B) MARX ET LA « DICTATURE » DE LA BOURGEOISE
APRÈS
JUIN 1848
C) L’ETAT
BONAPARTISTE
COMME ETAT PARASITE
D) LA COMMUNE DE
PARIS :
PREMIÈRE
MANIFESTATION DE LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT.
E) DE LA
CONSCIENCE DE CLASSE DANS
"LE
MANIFESTE" AU RÔLE DU PARTI
V Marx et le totalitarisme
A)
Théorisations complexes de Marx et simplifications
ultérieures
B) Mais Marx accepte et souhaite la violence révolutionnaire
C) Le bolchévisme introduit l’hygiène social dans la
pensée marxiste : Lénine passe de la dénonciation
de l’Etat parasite à la volonté d’exterminer les
« parasites », « poux »,
« nuiseurs » (koulaks, bourgeois) et forge les
instruments (tchéka, goulag, représsion psychiatrique,
massacres de masse) que Staline utilisera.
Le
totalitarisme comme combinaison de l'épuration et de la guerre
civile.
GUERRE
DE CLASSES ET GUERRE DE
RACES
LA
FIN DU COMMUNISME ET LE RETOUR
DE
"L'ETAT DE DROIT" : LA REVANCHE AFFICHÉE DU
LIBÉRALISME HEGELIEN ?
XII
Biopolitique et pouvoir selon Foucault
Lecture obligatoire :
Foucault, " 'Omnes et singulatim' Vers
une critique de la raison politique", Dits et écrits,
t. IV, Gallimard, 1994 (ce texte de Michel Foucault est une
conférence qu'il a donnée en anglais dans le cadre des
"Tanner Lectures on Human values" à l'université de
Stanford dont la version
originale peut être lue sur le site qui rassemble ces
différentes conférences en format PDF).
Bibliographie : les deux textes sur Foucault dans Colas, Races et racismes de Platon à Foucault et dans Colas et Borrillo, L'homosexualité de Platon à Foucault, tous les deux chez Plon
Introduction
La pensée de Michel Foucault ne forme pas un système.
Question centrale : « l’histoire de la vérité
».
Il entend étudier les effets du savoir sur le pouvoir, du
pouvoir
sur le savoir.
Influence de Nietzsche : le pouvoir agit sur le savoir et il faut faire
une
histoire de la rationalité ; on a dit le « vrai »
sur
la folie à travers une forme de pouvoir, celui du psychiatre.
Influence de Marx : le pouvoir existe à un niveau
microsociologique.
Influence de Kant : interrogation sur ce que sont les Lumières.
« Je n’ai jamais été freudien, je n’ai jamais
été
marxiste, je n’ai jamais été structuraliste » (Dits
et
écrits, t.IV, p.435)
Refus de la phénoménologie (car il peut y avoir des
«
effets de sens » sans « sujet » comme on le voit avec
Saussure
ou Lacan)
Refus de l’opposition société civile/pouvoir et d’une
définition
purement énergétique du pouvoir. (Dits et Ecrits,
t.IV,
p.374)
Foucault analyse notamment la spécificité du monde
moderne
quant aux "technologies de pouvoir".
I) Le pouvoir rapport de forces
a) Définition énergétique du
pouvoir
chez Foucault
Le pouvoir rapport de force inégalitaire relativement
stabilisé.
[Cette définition se trouverait aussi chez Marx (ou
Lénine).
Mais aussi chez Weber avec insistance sur la «
légitimation
» dans la domination, (ce qui est repris et accentué par
Bourdieu)].
b) Analytique du pouvoir présentée dans La volonté
de
savoir (1976)
c) La biopolitique et le biopouvoir
Dans la politique moderne l’homme est considéré comme un
vivant
un animal alors qu’Aristote, dans les Politiques, définissait
l’homme
comme un « animal politique ».
Le « biopouvoir » c’est aussi bien le développement
du
« racisme d’Etat » (nazisme, stalinisme) que celui des
politiques publiques de
santé,
le nettoyage « ethnique » et la lutte contre le Sida. Mais
Foucault
ne considère pas comme équivalent toutes les formes de
"biopouvoir"
(contrairement à un auteur comme Agamben qui se réclame
de
lui)
d) Le pouvoir disciplinaire (Surveiller
et punir. Naissance de la prison, 1975)
Les technologies du pouvoir dans la prison, l’usine, l’armée ou
l’école.
II) Le pouvoir pastoral (« Omnes et singulatim » (1981)
Un modèle dont l'origine est plus dans le
judéo-christianisme que dans la pensée politique
grecque (Platon, la République, le Politique)
a) Les deux formes de pouvoir : souveraineté
et
gouvernabilité. La peine de mort et la sécurité
sociale
: deux exemples de type de pouvoir différents.
b) Le pouvoir pastoral individualisant et total (mais
pas
totalitaire)
- La raison d’Etat (l’Etat a sa propre logique ; l’Etat invoque ses
propres
exigences).
- La police : la régulation se développe en même
temps
que le "libéralisme" qui est en économie une "action sur
l'action".
c) Il faut plutôt que de se fixer sur
l'Etat, aux multiples fonctions,
étudier les transformation de la gouvernabilité depuis le
XVIIe-XVIIIe jusqu'à aujourd'hui.
III) Le pouvoir comme stratégie
Dernière théorisation de l’Etat par
Foucault
(notamment dans « Le pouvoir comment s’exerce-t-il?»
in
Dreyfus,
H. et Rabinow, P., Michel Foucault,
un
parcours philosophique, Gallimard, 1984 et Dits et
écrits,
t. IV. 232-243) (Dans ce texte Foucault met "domination" entre
guillemets). Le pouvoir "s'exerce".
| LES
TROIS TYPES DE RELATIONS DE POUVOIR SELON FOUCAULT (ENTRETIEN DE JANVIER 1984 IN DITS ET ECRITS T. IV P. 728) |
|
- jeux
stratégiques entre des libertés (les uns essayent de
déterminer les autres qui essayent de ne pas se laisser
déterminer ou de déterminer en retour)
- techniques de gouvernement (aussi bien dans la famille que dans l'Etat) -états de domination (le pouvoir au sens ordinaire du terme) - |
Conclusion
On a raison de se révolter.