27 rue Saint Guillaume - 75337 Paris Cedex 07
| 1 Introduction |
| 2 Freud : les origines de la
guerre |
| 3 Guerre étrangère
et guerre civile chez Platon |
| 4 La guerre chez Cicéron
et Augustin |
| 5 L'état de nature et
guerre de tous contre tous chez
Hobbes (et Spinoza) |
| 6 Guerre, Etat et nation chez Hegel |
| 7 La formule de Clausewitz |
| 8 Marx lutte des classes et guerre civile |
| 9 Lénine, guerre civile et hygiène sociale |
| 10 Mao, lecteur de Clausewitz |
| 11 Schmitt et la
définition antilibérale de la politique |
| 12 Conclusion |
| classe ("genos" : lignée, race) |
|
|
|
|
|
|||
| rois- philosophes |
sagesse | tête | raison | bergers | or | |||
| guerriers | courage | poitrine | colère | chiens | argent | |||
| producteurs |
tempérance | ventre | désir | troupeau |
bronze fer |
| Société close | Société ouverte |
| tyrannie | démocratie |
| holisme |
individualisme |
| tribalisme | confrontation à des décisions personnelles |
| primat de la race, de la nation ou de la classe | primat de l'individu |
| gestion sociale utopique | gestion sociale fragmentaire |
| changement de gouvernement avec effusion de sang | changement de gouvernement sans effusion de sang |
| Fichte, Hegel, Heidegger | Kant, 1789, Russell |
| politisation de la morale | moralisation de la politique |
| nationalisme totalitaire | fraternité humaine |
| Cicéron : qu'est-ce que la
société civile ? |
|
| Quare cum lex sit civilis societatis
vinculum, ius autem legis aequale, quo jure societas civium teneri
potest, cum par non sit condicio civium? si enim pecunias aequari non
placet, si ingenia omnium paria esse non possunt, jura certe paria
debent esse eorum inter se qui sunt cives in eadem re publica. Quid est
enim civitas nisi juris societas civium? M. TVLLI CICERONIS DE RE PVBLICA http://www.thelatinlibrary.com/cicero/repub.shtml |
Or,
la loi étant le lien de la société civile, et le
principe de la loi étant l'égalité, quel droit
peut-il rester à une association de citoyens, lorsque la
condition de ces citoyens n'est pas égale? Si, en effet, on n'a
point voulu mettre l'égalité entre les fortunes, si on ne
peut la mettre entre les esprits, au moins doit-elle exister, entre les
droits de ceux qui sont citoyens d'une même république.
Qu'est-ce, en effet, qu'une cité, sinon une association au
partage du droit? Cicéron, République, Livre I, XXXII, |
| CICÉRON : LES GUERRES JUSTES |
|
| In Republica maxime conservanda sunt
jura belli. Nam cum sint duo genera decertandi, unum per
disceptationem, alterum per vim cumque illud sit proprium ho minis, hoc beluarum, confugiendum est ad posterius, si uti non licet superiore. Quare suscipienda quidem bella sunt ob eam causam, ut sine injuria in pace vivatur. Parta autem victoria, conservandi sunt ei qui non crudeles in bello, nec immanes fuerunt... CICÉRON, De officiis, I, XI, 34 |
Dans
la République, il faut parfaitement respecter les droits de la
guerre. En effet, il y a deux manières de trancher un
différend : par la discussion ou par la force; la
première est propre à l'être humain, la seconde,
aux bêtes sauvages. Or il faut recourir à la seconde si la
première n'est plus de mise. On doit donc entreprendre des guerres dans le but de vivre en paix sans subir d'injustice. Après la victoire, il faut épargner les adversaires qui n'ont été ni cruels, ni inhumains... |

| L'histoire de Sébastien,
militaire romain sous l'empereur Dioclétien dans La Légende dorée
de Jacques de Voragine (Varazze, vers 1228 - Gênes, 1298) ( |
Sébastien était un parfait chrétien, originaire de Narbonne et citoyen de Milan. Il fut tellement chéri des empereurs Dioclétien et Maximien qu'ils lui donnèrent le.commandement de la première cohorte et voulurent l’avoir constamment auprès d'eux. Or, il portait l’habit militaire dans l’unique intention d'affermir le coeur des chrétiens qu'il voyait faiblir dans les tourments. Quand les très illustres citoyens Marcellien et Marc, frères jumeaux, allaient être décollés pour la foi de J.-C., leurs parents vinrent pour arracher de leurs coeurs leurs bonnes résolutions. Arrive leur mère, la tête découverte, les habits déchirés, qui s'écrie en découvrant son sein : « O chers et doux fils, je suis assaillie d'une misère inouïe et d'une douleur intolérable. Ah, malheureuse que je suis! Je perds mes fils qui courent de plein gré à la mort : si des ennemis me les enlevaient, je poursuivrais ces ravisseurs au milieu de leurs bataillons; si une sentence les condamnait a être renfermés, j'irais briser la prison, dussé-je en mourir. Voici une nouvelle manière de périr : aujourd'hui on prie le bourreau de frapper, on désire la vie pour la perdre, on invite la mort à venir. Nouveau deuil, nouvelle misère! Pour avoir la vie, des fils, jeunes encore, se dévouent à la mort et des vieillards, des parents infortunés sont forcés de tout subir.» Elle parlait encore quand le père, plus âgé que la mère; arrive porté sur les bras de ses (184) serviteurs. Sa tête est couverte de cendres; il s'écrie en regardant le ciel : « Mes fils se livrent d'eux-mêmes â la mort; je suis venu leur adresser mes adieux et ce que j'avais préparé pour m’ensevelir, malheureux que je suis! je l’emploierai à la sépulture de mes enfants. O mes fils! bâton de ma vieillesse, double flambeau de mon coeur, pourquoi aimer ainsi la mort? Jeunes gens, venez ici, venez pleurer sur mes fils. Pères, approchez donc, empêchez-les, ne souffrez pas un forfait pareil : mes yeux, pleurez jusqu'à vous éteindre afin que je ne voie pas mes fils hachés par le glaive. » Le père venait de parler ainsi quand arrivent leurs épouses offrant à leurs yeux leurs propres enfants et poussant des cris entremêlés de hurlements : « A qui nous laissez-vous? quels seront les maîtres de ces enfants ? qui est-ce qui partagera vos grands domaines? hélas! Vous avez donc des coeurs de fer pour mépriser vos parents, pour dédaigner vos amis, pour repousser vos femmes, pour méconnaître vos enfants et pour vous livrer spontanément aux bourreaux! » A ce spectacle, les coeurs de ces hommes se prirent à mollir. Saint Sébastien se trouvait là; il sort de la foule : « Magnanimes soldats du Christ, s'écrie-t-il, n'allez pas perdre une couronne éternelle en vous laissant séduire par de pitoyables flatteries. » Et s'adressant aux parents : « Ne craignez rien, dit-il, vous ne serez pas séparés; ils vont dans le ciel vous préparer des demeures d'une beauté éclatante : car dès l’origine du mondé, cette vie n'a cessé de tromper ceux qui espèrent en elle; elle dupe ceux qui la recherchent; elle illusionne ceux qui comptent sur elle ; elle rend tout incertain, en (185) sorte qu'elle ment à tous. Cette vie, elle apprend au voleur, ses rapines; au colère, ses violences; au menteur, ses fourberies. C'est elle qui commande les crimes, qui ordonne les forfaits, qui conseille les injustices; cette persécution que nous endurons ici est violente aujourd'hui et demain elle sera évanouie . une heure l’a amenée, une heure l’emportera; mais les peines éternelles se renouvellent sans cesse, pour sévir; elles entassent punition sur punition, la vivacité de leurs flammes augmente sans mesure. Réchauffons nos affections dans l’amour du. martyre. Ici le démon croit vaincre; mais alors qu'il saisit, il est captif lui-même quand il croit tenir, il est garrotté; quand il vainc, il est vaincu; quand il tourmente, il est tourmenté; quand il égorge, il est tué ; quand il insulte, il est honni. » Or, tandis que saint Sébastien parlait ainsi, tout à coup, pendant près d'une heure, il fut environné d'une grande lumière descendant du ciel, et, au milieu de cette splendeur, il parut revêtu d'une robe éclatante de blancheur ; en même temps il fut entouré de sept anges éblouissants. Devant lui apparut encore un jeune homme qui lui donna la paix et lui dit : « Tu seras toujours avec moi. » Alors que le bienheureux Sébastien adressait ces avis, Zoé, femme de Nicostrate, dans la maison duquel les saints étaient gardés, Zoé, dis-je, qui avait perdu la parole, vint se jeter aux pieds de Sébastien en lui demandant pardon par signes. Alors Sébastien dit : « Si je suis le serviteur de J.-C. et si tout ce que cette femme a entendu sortir de mes lèvres est vrai, si elle le croit, que celui qui a ouvert la bouche de son prophète Zacharie (186) ouvre sa bouche. » A ces mots, cette femme s'écria « Béni soit le discours de votre bouche, et bénis soient tous ceux qui croient ce que vous avez dit : j'ai vu un ange tenant devant vous un livre dans lequel tout ce que vous disiez était écrit. » Son mari, qui entendit cela, se jeta aux pieds de saint Sébastien en lui demandant de le pardonner; alors il délia les martyrs et les pria de s'en aller en liberté. Ceux-ci répondirent qu'ils ne voulaient pas 'perdre la couronne à laquelle ils avaient droit. En effet une telle grâce et une si grande efficacité étaient accordées par le Seigneur aux paroles de Sébastien, qu'il n'affermit pas seulement Marcellien et Marc dans la résolution de souffrir le martyre, mais qu'il convertit encore à la foi leur père Tranquillin et leur mère avec beaucoup d'autres que le prêtre Polycarpe baptisa tous. Quant à Tranquillin, qui était très gravement malade, il ne fut as plutôt baptisé que de suite il fut guéri. Le préfet de la ville de Rome, très malade lui-même, pria Tranquillin de lui amener celui qui lui avait rendu la santé. Le prêtre Polycarpe et Sébastien vinrent donc chez lui et il les pria de le guérir aussi. Sébastien lui dit de renoncer d'abord à ses idoles et de lui donner la permission de les briser ; qu'à ces conditions, il recouvrerait la santé. Comme Chromace, le préfet, lui disait de laisser ce soin à ses esclaves et de ne pas s'en charger lui-même, Sébastien lui répondit: « Les gens timides redoutent de briser leurs dieux; mais encore si le diable en profitait pour les blesser, les infidèles ne manqueraient pas de dire qu'ils ont été blessés parce qu'ils brisaient leurs dieux.» (187) Polycarpe et Sébastien ainsi autorisés détruisirent plus de deux cents idoles. Ensuite ils dirent à Chromace : « Comme pendant que nous mettions en pièces vos idoles, vous deviez recouvrer la santé et que vous souffrez encore, il est certain que, ou vous n'avez pas renoncé à l’infidélité, ou bien vous avez réservé quelques idoles. » Alors Chromace avoua qu'il avait une chambre où était rangée toute la suite des étoiles, pour laquelle son père avait dépensé plus de deux cents livres pesant d'or ; et qu'à l’aide de cela il prévoyait l’avenir. Sébastien lui dit : « Aussi longtemps que vous conserverez tous ces vains objets, vous ne conserverez pas la santé. » Chromace ayant consenti à tout, Tiburce, son fils, jeune homme fort distingué, dit : « Je ne souffrirai pas qu'une oeuvre si importante soit détruite.; mais pour ne paraître pas apporter d'obstacles à la santé de mon père, qu'on chauffe deux fours, et si, après la destruction de cet ouvrage, mon père n'est pas guéri, que ces hommes soient brûlés tous les deux. » Sébastien répondit: « Eh bien! soit. » Et comme on brisait tout, un ange apparut au préfet et lui déclara que J.-C. lui rendait la santé; à l’instant il fut guéri et courut vers l’ange pour lui baiser les pieds; mais celui-ci l’en empêcha, par la raison qu'il n'avait, pas encore reçu le baptême. Alors lui, Tiburce, son fils, et quatre cents personnes de sa maison furent baptisées. Pour Zoé, qui était entre les mains des infidèles, elle rendit l’esprit dans des tourments prolongés. A cette nouvelle, Tranquillin brava tout et dit : « Les femmes sont couronnées avant nous. Pourquoi vivons-nous encore? » Et quelques jours après, il fut lapidé. 188 On ordonna à saint Tiburce ou de jeter de l’encens en l’honneur des dieux sur un brasier ardent, ou bien de marcher nu-pieds sur ces charbons. Il fit alors le signe de la croix sur soi, et il marcha- nu-pieds sur le brasier. Il me semble, dit-il, marcher sur des roses au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Le préfet Fabien se mit à dire : « Qui ne sait que le Christ volis a enseigné la matie ? » Tiburce lui répondit : « Tais-toi, malheureux! :car tu n'es pas digne de prononcer un nom si saint et si suave à la bouche. » Alors le préfet en colère le fit décoller. Marcellien et Marc sont attachés à un poteau, et après y avoir été liés, ils chantèrent ces paroles du Psaume : « Voyez comme il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble, etc. » Le préfet leur dit: « Infortunés, renoncez à ces folies et délivrez-vous vous-mêmes. » Et ils, répondirent: « Jamais nous n'avons été mieux traités. Notre désir serait que tu nous laissasses attachés pendant que nous sommes revêtus de notre corps.» Alors le préfet ordonna que l’on enfonçât des lances dans leurs côtés, et ils consommèrent ainsi leur martyre. Après quoi le préfet fit son rapport à Dioclétien touchant Sébastien. L'empereur le manda et lui dit: «J'ai toujours voulu que, tu occupasses le premier rang parmi les officiers de mon palais, or tu as agi en secret contre mes intérêts, et tu insultes aux dieux. » Sébastien lui répondit : « C'est dans ton intérêt que toujours j'ai honoré J.-C. et c'est pour la conservation de l’empire Romain que toujours j'ai adoré le Dieu qui est dans le ciel. » Alors Dioclétien le fit lier au milieu d'une plaine et ordonna aux archers qu'on le perçât à coups de (189) flèches. Il en fut tellement couvert, qu'il paraissait être comme un hérisson; quand on le crut mort, on se retira. Mais ayant été hors de danger quelques jours après, il vint se placer sur l’escalier, et reprocha durement aux empereurs qui descendaient du palais les maux infligés par eux aux chrétiens. Les empereurs dirent : « N'est-ce pas là Sébastien que nous avons fait périr dernièrement à coups de flèches ? » Sébastien reprit: « Le Seigneur m’a rendu la vie pour que je pusse venir vous reprocher à vous-mêmes les maux dont vous accablez les chrétiens. » Alors l’empereur le fit fouetter jusqu'à ce qu'il rendît l’esprit; il ordonna de jeter son corps dans le cloaque pour qu'il ne fût pas honoré par les chrétiens comme un martyr. Mais saint Sébastien apparut la nuit suivante à sainte Lucine, lui révéla le lieu où était son corps et lui commanda de l’ensevelir auprès des restes des apôtres: ce qui fut exécuté. Il souffrit sous les empereurs Dioclétien et Maximien qui régnèrent vers l’an du Seigneur 287. Saint Grégoire rapporte, au premier livre de ses Dialogues, qu'une femme de Toscane, nouvellement mariée, fut invitée à se rendre à la dédicace d'une église de saint Sébastien ; et la nuit qui précéda la fête, pressée par la volupté de la chair, elle ne put s'abstenir de son mari. Le matin, elle partit, rougissant plutôt des hommes que de Dieu. Mais à peine était-elle entrée dans l’oratoire Où étaient les reliques de saint Sébastien, que le diable s'empara d'elle, et la tourmenta en présence de la foule. Alors un prêtre de cette église saisit un voile de l’autel pour en couvrir cette femme, mais le diable s'empara aussitôt de ce prêtre lui-même. (190) Des amis conduisirent la. femme à des enchanteurs afin de la délivrer parleurs sortilèges. «Mais à l’instant où ils l’enchantaient, et par la permission de Dieu, une légion composée de 6666 démons entra en elle et la tourmenta avec plus de violence. Un personnage d'une grande sainteté, nommé Fortunat, la guérit par ses prières. On lit dans les Gestes des Lombards qu'au temps du roi Gombert, l’Italie entière fut frappée d'une peste si violente que les vivants suffisaient à peine à ensevelir les morts ; elle fit de grands ravages, particulièrement à Rome et à Pavie. Alors un bon ange apparut sous une forme visible à une foule de personnes, ordonnant au mauvais ange qui le suivait et qui avait un épieu à la main, de frapper et d'exterminer. Or, autant de fois il frappait une maison, autant il y avait de morts à enterrer. Il fut révélé alors, par l’ordre de Dieu, à une personne, que la peste cesserait entièrement ses ravages si l’on érigeait à Pavie un autel à saint Sébastien. Il fut en effet élevé dans l’église de Saint-Pierre aux liens. Aussitôt après, le fléau cessa. Les reliques de saint Sébastien y furent apportées de Rome. Voici ce que saint Ambroise écrit dans sa préface : « Seigneur adorable, à l’instant où le sang du bienheureux martyr Sébastien est répandu pour la confession de votre nom, vos merveilles sont manifestées parce que vous affermissez la vertu dans l’infirmité, vous augmentez notre zèle, et par sa prière vous conférez du secours aux malades. » |
| "Dans les quatre crises que je
propose d’examiner, la plupart des
décideurs ont davantage agi par sentiment de
vulnérabilité que par
sentiment d’opportunité. Les guerres effectivement
déclenchées
n’étaient pas inévitables. Ce qui caractérise ces
crises qui ont
culminé dans une guerre, c’est leur gestion contraire à
une politique
de reconnaissance. J’examine dans cette optique quatre grandes crises
inter-étatiques, les unes au dénouement belliqueux (la
guerre des Six
Jours 1967, la guerre contre l’Irak 2003), les autres au
dénouement
pacifique (la crise de Cuba en 1962, la crise américano-
libyenne de
1986 à 2004) afin de voir si une variation de la variable
dépendante
(la paix ou la guerre ) va de pair avec une variation de la variable
indépendante (la présence ou l’absence d’une politique de
reconnaissance). Thomas Lindemann |
|
HOBBES,
LEVIATHAN,
"A Restlesse Desire Of Power, In All Men So that in the first place, I put for a generall inclination of all mankind, a perpetuall and restlesse desire of Power after power, that ceaseth onely in Death. And the cause of this, is not alwayes that a man hopes for a more intensive delight, than he has already attained to; or that he cannot be content with a moderate power: but because he cannot assure the power and means to live well, which he hath present, without the acquisition of more. And from hence it is, that Kings, whose power is greatest, turn their endeavours to the assuring it a home by Lawes, or abroad by Wars: and when that is done, there succeedeth a new desire; in some, of Fame from new Conquest; in others, of ease and sensuall pleasure; in others, of admiration, or being flattered for excellence in some art, or other ability of the mind. " LEVIATHAN CHAP. IX |
| "For it can
never be that Warre shall preserve life, and Peace destroy it." (LEVIATHAN
CHAP. XV) (TEXTE DU "PROJECT GUTEMBERG" : http://www.gutenberg.org/etext/3207) |
| CHAPTER XIII. OF THE NATURALL CONDITION OF MANKIND |
| , AS CONCERNING THEIR FELICITY, AND MISERY Nature hath made men so equall, in the faculties of body, and mind; as that though there bee found one man sometimes manifestly stronger in body, or of quicker mind then another; yet when all is reckoned together, the difference between man, and man, is not so considerable, as that one man can thereupon claim to himselfe any benefit, to which another may not pretend, as well as he. For as to the strength of body, the weakest has strength enough to kill the strongest, either by secret machination, or by confederacy with others, that are in the same danger with himselfe. And as to the faculties of the mind, (setting aside the arts grounded upon words, and especially that skill of proceeding upon generall, and infallible rules, called Science; which very few have, and but in few things; as being not a native faculty, born with us; nor attained, (as Prudence,) while we look after somewhat els,) I find yet a greater equality amongst men, than that of strength. For Prudence, is but Experience; which equall time, equally bestowes on all men, in those things they equally apply themselves unto. That which may perhaps make such equality incredible, is but a vain conceipt of ones owne wisdome, which almost all men think they have in a greater degree, than the Vulgar; that is, than all men but themselves, and a few others, whom by Fame, or for concurring with themselves, they approve. For such is the nature of men, that howsoever they may acknowledge many others to be more witty, or more eloquent, or more learned; Yet they will hardly believe there be many so wise as themselves: For they see their own wit at hand, and other mens at a distance. But this proveth rather that men are in that point equall, than unequall. For there is not ordinarily a greater signe of the equall distribution of any thing, than that every man is contented with his share. From Equality Proceeds Diffidence From this equality of ability, ariseth equality of hope in the attaining of our Ends. And therefore if any two men desire the same thing, which neverthelesse they cannot both enjoy, they become enemies; and in the way to their End, (which is principally their owne conservation, and sometimes their delectation only,) endeavour to destroy, or subdue one an other. And from hence it comes to passe, that where an Invader hath no more to feare, than an other mans single power; if one plant, sow, build, or possesse a convenient Seat, others may probably be expected to come prepared with forces united, to dispossesse, and deprive him, not only of the fruit of his labour, but also of his life, or liberty. And the Invader again is in the like danger of another. From Diffidence Warre And from this diffidence of one another, there is no way for any man to secure himselfe, so reasonable, as Anticipation; that is, by force, or wiles, to master the persons of all men he can, so long, till he see no other power great enough to endanger him: And this is no more than his own conservation requireth, and is generally allowed. Also because there be some, that taking pleasure in contemplating their own power in the acts of conquest, which they pursue farther than their security requires; if others, that otherwise would be glad to be at ease within modest bounds, should not by invasion increase their power, they would not be able, long time, by standing only on their defence, to subsist. And by consequence, such augmentation of dominion over men, being necessary to a mans conservation, it ought to be allowed him. Againe, men have no pleasure, (but on the contrary a great deale of griefe) in keeping company, where there is no power able to over-awe them all. For every man looketh that his companion should value him, at the same rate he sets upon himselfe: And upon all signes of contempt, or undervaluing, naturally endeavours, as far as he dares (which amongst them that have no common power, to keep them in quiet, is far enough to make them destroy each other,) to extort a greater value from his contemners, by dommage; and from others, by the example. So that in the nature of man, we find three principall causes of quarrel. First, Competition; Secondly, Diffidence; Thirdly, Glory. The first, maketh men invade for Gain; the second, for Safety; and the third, for Reputation. The first use Violence, to make themselves Masters of other mens persons, wives, children, and cattell; the second, to defend them; the third, for trifles, as a word, a smile, a different opinion, and any other signe of undervalue, either direct in their Persons, or by reflexion in their Kindred, their Friends, their Nation, their Profession, or their Name. Out Of Civil States, There Is Alwayes Warre Of Every One Against Every One Hereby it is manifest, that during the time men live without a common Power to keep them all in awe, they are in that condition which is called Warre; and such a warre, as is of every man, against every man. For WARRE, consisteth not in Battell onely, or the act of fighting; but in a tract of time, wherein the Will to contend by Battell is sufficiently known: and therefore the notion of Time, is to be considered in the nature of Warre; as it is in the nature of Weather. For as the nature of Foule weather, lyeth not in a showre or two of rain; but in an inclination thereto of many dayes together: So the nature of War, consisteth not in actuall fighting; but in the known disposition thereto, during all the time there is no assurance to the contrary. All other time is PEACE. The Incommodites Of Such A War Whatsoever therefore is consequent to a time of Warre, where every man is Enemy to every man; the same is consequent to the time, wherein men live without other security, than what their own strength, and their own invention shall furnish them withall. In such condition, there is no place for Industry; because the fruit thereof is uncertain; and consequently no Culture of the Earth; no Navigation, nor use of the commodities that may be imported by Sea; no commodious Building; no Instruments of moving, and removing such things as require much force; no Knowledge of the face of the Earth; no account of Time; no Arts; no Letters; no Society; and which is worst of all, continuall feare, and danger of violent death; And the life of man, solitary, poore, nasty, brutish, and short. It may seem strange to some man, that has not well weighed these things; that Nature should thus dissociate, and render men apt to invade, and destroy one another: and he may therefore, not trusting to this Inference, made from the Passions, desire perhaps to have the same confirmed by Experience. Let him therefore consider with himselfe, when taking a journey, he armes himselfe, and seeks to go well accompanied; when going to sleep, he locks his dores; when even in his house he locks his chests; and this when he knows there bee Lawes, and publike Officers, armed, to revenge all injuries shall bee done him; what opinion he has of his fellow subjects, when he rides armed; of his fellow Citizens, when he locks his dores; and of his children, and servants, when he locks his chests. Does he not there as much accuse mankind by his actions, as I do by my words? But neither of us accuse mans nature in it. The Desires, and other Passions of man, are in themselves no Sin. No more are the Actions, that proceed from those Passions, till they know a Law that forbids them; which till Lawes be made they cannot know: nor can any Law be made, till they have agreed upon the Person that shall make it. It may peradventure be thought, there was never such a time, nor condition of warre as this; and I believe it was never generally so, over all the world: but there are many places, where they live so now. For the savage people in many places of America, except the government of small Families, the concord whereof dependeth on naturall lust, have no government at all; and live at this day in that brutish manner, as I said before. Howsoever, it may be perceived what manner of life there would be, where there were no common Power to feare; by the manner of life, which men that have formerly lived under a peacefull government, use to degenerate into, in a civill Warre. But though there had never been any time, wherein particular men were in a condition of warre one against another; yet in all times, Kings, and persons of Soveraigne authority, because of their Independency, are in continuall jealousies, and in the state and posture of Gladiators; having their weapons pointing, and their eyes fixed on one another; that is, their Forts, Garrisons, and Guns upon the Frontiers of their Kingdomes; and continuall Spyes upon their neighbours; which is a posture of War. But because they uphold thereby, the Industry of their Subjects; there does not follow from it, that misery, which accompanies the Liberty of particular men. In Such A Warre, Nothing Is Unjust To this warre of every man against every man, this also is consequent; that nothing can be Unjust. The notions of Right and Wrong, Justice and Injustice have there no place. Where there is no common Power, there is no Law: where no Law, no Injustice. Force, and Fraud, are in warre the two Cardinall vertues. Justice, and Injustice are none of the Faculties neither of the Body, nor Mind. If they were, they might be in a man that were alone in the world, as well as his Senses, and Passions. They are Qualities, that relate to men in Society, not in Solitude. It is consequent also to the same condition, that there be no Propriety, no Dominion, no Mine and Thine distinct; but onely that to be every mans that he can get; and for so long, as he can keep it. And thus much for the ill condition, which man by meer Nature is actually placed in; though with a possibility to come out of it, consisting partly in the Passions, partly in his Reason. The Passions That Incline Men To Peace The Passions that encline men to Peace, are Feare of Death; Desire of such things as are necessary to commodious living; and a Hope by their Industry to obtain them. And Reason suggesteth convenient Articles of Peace, upon which men may be drawn to agreement. These Articles, are they, which otherwise are called the Lawes of Nature: whereof I shall speak more particularly, in the two following Chapters. |
CHAPTER XIV. OF THE FIRST AND SECOND NATURALL LAWES, AND OF CONTRACTS |
Right Of Nature What The RIGHT OF NATURE, which Writers commonly call Jus Naturale, is the Liberty each man hath, to use his own power, as he will himselfe, for the preservation of his own Nature; that is to say, of his own Life; and consequently, of doing any thing, which in his own Judgement, and Reason, hee shall conceive to be the aptest means thereunto. Liberty What By LIBERTY, is understood, according to the proper signification of the word, the absence of externall Impediments: which Impediments, may oft take away part of a mans power to do what hee would; but cannot hinder him from using the power left him, according as his judgement, and reason shall dictate to him. A Law Of Nature What A LAW OF NATURE, (Lex Naturalis,) is a Precept, or generall Rule, found out by Reason, by which a man is forbidden to do, that, which is destructive of his life, or taketh away the means of preserving the same; and to omit, that, by which he thinketh it may be best preserved. For though they that speak of this subject, use to confound Jus, and Lex, Right and Law; yet they ought to be distinguished; because RIGHT, consisteth in liberty to do, or to forbeare; Whereas LAW, determineth, and bindeth to one of them: so that Law, and Right, differ as much, as Obligation, and Liberty; which in one and the same matter are inconsistent. Naturally Every Man Has Right To Everything And because the condition of Man, (as hath been declared in the precedent Chapter) is a condition of Warre of every one against every one; in which case every one is governed by his own Reason; and there is nothing he can make use of, that may not be a help unto him, in preserving his life against his enemyes; It followeth, that in such a condition, every man has a Right to every thing; even to one anothers body. And therefore, as long as this naturall Right of every man to every thing endureth, there can be no security to any man, (how strong or wise soever he be,) of living out the time, which Nature ordinarily alloweth men to live. The Fundamental Law Of Nature And consequently it is a precept, or generall rule of Reason, "That every man, ought to endeavour Peace, as farre as he has hope of obtaining it; and when he cannot obtain it, that he may seek, and use, all helps, and advantages of Warre." The first branch, of which Rule, containeth the first, and Fundamentall Law of Nature; which is, "To seek Peace, and follow it." The Second, the summe of the Right of Nature; which is, "By all means we can, to defend our selves." The Second Law Of Nature From this Fundamentall Law of Nature, by which men are commanded to endeavour Peace, is derived this second Law; "That a man be willing, when others are so too, as farre-forth, as for Peace, and defence of himselfe he shall think it necessary, to lay down this right to all things; and be contented with so much liberty against other men, as he would allow other men against himselfe." For as long as every man holdeth this Right, of doing any thing he liketh; so long are all men in the condition of Warre. But if other men will not lay down their Right, as well as he; then there is no Reason for any one, to devest himselfe of his: For that were to expose himselfe to Prey, (which no man is bound to) rather than to dispose himselfe to Peace. This is that Law of the Gospell; "Whatsoever you require that others should do to you, that do ye to them." And that Law of all men, "Quod tibi feiri non vis, alteri ne feceris." What it is to lay down a Right To Lay Downe a mans Right to any thing, is to Devest himselfe of the Liberty, of hindring another of the benefit of his own Right to the same. For he that renounceth, or passeth away his Right, giveth not to any other man a Right which he had not before; because there is nothing to which every man had not Right by Nature: but onely standeth out of his way, that he may enjoy his own originall Right, without hindrance from him; not without hindrance from another. So that the effect which redoundeth to one man, by another mans defect of Right, is but so much diminution of impediments to the use of his own Right originall. Renouncing (or) Transferring Right What; Obligation Duty Justice Right is layd aside, either by simply Renouncing it; or by Transferring it to another. By Simply RENOUNCING; when he cares not to whom the benefit thereof redoundeth. By TRANSFERRING; when he intendeth the benefit thereof to some certain person, or persons. And when a man hath in either manner abandoned, or granted away his Right; then is he said to be OBLIGED, or BOUND, not to hinder those, to whom such Right is granted, or abandoned, from the benefit of it: and that he Ought, and it his DUTY, not to make voyd that voluntary act of his own: and that such hindrance is INJUSTICE, and INJURY, as being Sine Jure; the Right being before renounced, or transferred. So that Injury, or Injustice, in the controversies of the world, is somewhat like to that, which in the disputations of Scholers is called Absurdity. For as it is there called an Absurdity, to contradict what one maintained in the Beginning: so in the world, it is called Injustice, and Injury, voluntarily to undo that, which from the beginning he had voluntarily done. The way by which a man either simply Renounceth, or Transferreth his Right, is a Declaration, or Signification, by some voluntary and sufficient signe, or signes, that he doth so Renounce, or Transferre; or hath so Renounced, or Transferred the same, to him that accepteth it. And these Signes are either Words onely, or Actions onely; or (as it happeneth most often) both Words and Actions. And the same are the BONDS, by which men are bound, and obliged: Bonds, that have their strength, not from their own Nature, (for nothing is more easily broken then a mans word,) but from Feare of some evill consequence upon the rupture. Not All Rights Are Alienable Whensoever a man Transferreth his Right, or Renounceth it; it is either in consideration of some Right reciprocally transferred to himselfe; or for some other good he hopeth for thereby. For it is a voluntary act: and of the voluntary acts of every man, the object is some Good To Himselfe. And therefore there be some Rights, which no man can be understood by any words, or other signes, to have abandoned, or transferred. As first a man cannot lay down the right of resisting them, that assault him by force, to take away his life; because he cannot be understood to ayme thereby, at any Good to himselfe. The same may be sayd of Wounds, and Chayns, and Imprisonment; both because there is no benefit consequent to such patience; as there is to the patience of suffering another to be wounded, or imprisoned: as also because a man cannot tell, when he seeth men proceed against him by violence, whether they intend his death or not. And lastly the motive, and end for which this renouncing, and transferring or Right is introduced, is nothing else but the security of a mans person, in his life, and in the means of so preserving life, as not to be weary of it. And therefore if a man by words, or other signes, seem to despoyle himselfe of the End, for which those signes were intended; he is not to be understood as if he meant it, or that it was his will; but that he was ignorant of how such words and actions were to be interpreted. Contract What The mutuall transferring of Right, is that which men call CONTRACT. There is difference, between transferring of Right to the Thing; and transferring, or tradition, that is, delivery of the Thing it selfe. For the Thing may be delivered together with the Translation of the Right; as in buying and selling with ready mony; or exchange of goods, or lands: and it may be delivered some time after. Covenant What Again, one of the Contractors, may deliver the Thing contracted for on his part, and leave the other to perform his part at some determinate time after, and in the mean time be trusted; and then the Contract on his part, is called PACT, or COVENANT: Or both parts may contract now, to performe hereafter: in which cases, he that is to performe in time to come, being trusted, his performance is called Keeping Of Promise, or Faith; and the fayling of performance (if it be voluntary) Violation Of Faith. Free-gift When the transferring of Right, is not mutuall; but one of the parties transferreth, in hope to gain thereby friendship, or service from another, or from his friends; or in hope to gain the reputation of Charity, or Magnanimity; or to deliver his mind from the pain of compassion; or in hope of reward in heaven; This is not Contract, but GIFT, FREEGIFT, GRACE: which words signifie one and the same thing. Signes Of Contract Expresse Signes of Contract, are either Expresse, or By Inference. Expresse, are words spoken with understanding of what they signifie; And such words are either of the time Present, or Past; as, I Give, I Grant, I Have Given, I Have Granted, I Will That This Be Yours: Or of the future; as, I Will Give, I Will Grant; which words of the future, are called Promise. Signes Of Contract By Inference Signes by Inference, are sometimes the consequence of Words; sometimes the consequence of Silence; sometimes the consequence of Actions; sometimes the consequence of Forbearing an Action: and generally a signe by Inference, of any Contract, is whatsoever sufficiently argues the will of the Contractor. Free Gift Passeth By Words Of The Present Or Past Words alone, if they be of the time to come, and contain a bare promise, are an insufficient signe of a Free-gift and therefore not obligatory. For if they be of the time to Come, as, To Morrow I Will Give, they are a signe I have not given yet, and consequently that my right is not transferred, but remaineth till I transferre it by some other Act. But if the words be of the time Present, or Past, as, "I have given, or do give to be delivered to morrow," then is my to morrows Right given away to day; and that by the vertue of the words, though there were no other argument of my will. And there is a great difference in the signification of these words, Volos Hoc Tuum Esse Cras, and Cros Dabo; that is between "I will that this be thine to morrow," and, "I will give it to thee to morrow:" For the word I Will, in the former manner of speech, signifies an act of the will Present; but in the later, it signifies a promise of an act of the will to Come: and therefore the former words, being of the Present, transferre a future right; the later, that be of the Future, transferre nothing. But if there be other signes of the Will to transferre a Right, besides Words; then, though the gift be Free, yet may the Right be understood to passe by words of the future: as if a man propound a Prize to him that comes first to the end of a race, The gift is Free; and though the words be of the Future, yet the Right passeth: for if he would not have his words so be understood, he should not have let them runne. Signes Of Contract Are Words Both Of The Past, Present, and Future In Contracts, the right passeth, not onely where the words are of the time Present, or Past; but also where they are of the Future; because all Contract is mutuall translation, or change of Right; and therefore he that promiseth onely, because he hath already received the benefit for which he promiseth, is to be understood as if he intended the Right should passe: for unlesse he had been content to have his words so understood, the other would not have performed his part first. And for that cause, in buying, and selling, and other acts of Contract, A Promise is equivalent to a Covenant; and therefore obligatory. Merit What He that performeth first in the case of a Contract, is said to MERIT that which he is to receive by the performance of the other; and he hath it as Due. Also when a Prize is propounded to many, which is to be given to him onely that winneth; or mony is thrown amongst many, to be enjoyed by them that catch it; though this be a Free Gift; yet so to Win, or so to Catch, is to Merit, and to have it as DUE. For the Right is transferred in the Propounding of the Prize, and in throwing down the mony; though it be not determined to whom, but by the Event of the contention. But there is between these two sorts of Merit, this difference, that In Contract, I Merit by vertue of my own power, and the Contractors need; but in this case of Free Gift, I am enabled to Merit onely by the benignity of the Giver; In Contract, I merit at The Contractors hand that hee should depart with his right; In this case of gift, I Merit not that the giver should part with his right; but that when he has parted with it, it should be mine, rather than anothers. And this I think to be the meaning of that distinction of the Schooles, between Meritum Congrui, and Meritum Condigni. For God Almighty, having promised Paradise to those men (hoodwinkt with carnall desires,) that can walk through this world according to the Precepts, and Limits prescribed by him; they say, he that shall so walk, shall Merit Paradise Ex Congruo. But because no man can demand a right to it, by his own Righteousnesse, or any other power in himselfe, but by the Free Grace of God onely; they say, no man can Merit Paradise Ex Condigno. This I say, I think is the meaning of that distinction; but because Disputers do not agree upon the signification of their own termes of Art, longer than it serves their turn; I will not affirme any thing of their meaning: onely this I say; when a gift is given indefinitely, as a prize to be contended for, he that winneth Meriteth, and may claime the Prize as Due. Covenants Of Mutuall Trust, When Invalid If a Covenant be made, wherein neither of the parties performe presently, but trust one another; in the condition of meer Nature, (which is a condition of Warre of every man against every man,) upon any reasonable suspition, it is Voyd; But if there be a common Power set over them bothe, with right and force sufficient to compell performance; it is not Voyd. For he that performeth first, has no assurance the other will performe after; because the bonds of words are too weak to bridle mens ambition, avarice, anger, and other Passions, without the feare of some coerceive Power; which in the condition of meer Nature, where all men are equall, and judges of the justnesse of their own fears cannot possibly be supposed. And therefore he which performeth first, does but betray himselfe to his enemy; contrary to the Right (he can never abandon) of defending his life, and means of living. But in a civill estate, where there is a Power set up to constrain those that would otherwise violate their faith, that feare is no more reasonable; and for that cause, he which by the Covenant is to perform first, is obliged so to do. The cause of Feare, which maketh such a Covenant invalid, must be alwayes something arising after the Covenant made; as some new fact, or other signe of the Will not to performe; else it cannot make the Covenant Voyd. For that which could not hinder a man from promising, ought not to be admitted as a hindrance of performing. Right To The End, Containeth Right To The Means He that transferreth any Right, transferreth the Means of enjoying it, as farre as lyeth in his power. As he that selleth Land, is understood to transferre the Herbage, and whatsoever growes upon it; Nor can he that sells a Mill turn away the Stream that drives it. And they that give to a man The Right of government in Soveraignty, are understood to give him the right of levying mony to maintain Souldiers; and of appointing Magistrates for the administration of Justice. No Covenant With Beasts To make Covenant with bruit Beasts, is impossible; because not understanding our speech, they understand not, nor accept of any translation of Right; nor can translate any Right to another; and without mutuall acceptation, there is no Covenant. Nor With God Without Speciall Revelation To make Covenant with God, is impossible, but by Mediation of such as God speaketh to, either by Revelation supernaturall, or by his Lieutenants that govern under him, and in his Name; For otherwise we know not whether our Covenants be accepted, or not. And therefore they that Vow any thing contrary to any law of Nature, Vow in vain; as being a thing unjust to pay such Vow. And if it be a thing commanded by the Law of Nature, it is not the Vow, but the Law that binds them. No Covenant, But Of Possible And Future The matter, or subject of a Covenant, is alwayes something that falleth under deliberation; (For to Covenant, is an act of the Will; that is to say an act, and the last act, of deliberation;) and is therefore alwayes understood to be something to come; and which is judged Possible for him that Covenanteth, to performe. And therefore, to promise that which is known to be Impossible, is no Covenant. But if that prove impossible afterwards, which before was thought possible, the Covenant is valid, and bindeth, (though not to the thing it selfe,) yet to the value; or, if that also be impossible, to the unfeigned endeavour of performing as much as is possible; for to more no man can be obliged. Covenants How Made Voyd Men are freed of their Covenants two wayes; by Performing; or by being Forgiven. For Performance, is the naturall end of obligation; and Forgivenesse, the restitution of liberty; as being a retransferring of that Right, in which the obligation consisted. Covenants Extorted By Feare Are Valide Covenants entred into by fear, in the condition of meer Nature, are obligatory. For example, if I Covenant to pay a ransome, or service for my life, to an enemy; I am bound by it. For it is a Contract, wherein one receiveth the benefit of life; the other is to receive mony, or service for it; and consequently, where no other Law (as in the condition, of meer Nature) forbiddeth the performance, the Covenant is valid. Therefore Prisoners of warre, if trusted with the payment of their Ransome, are obliged to pay it; And if a weaker Prince, make a disadvantageous peace with a stronger, for feare; he is bound to keep it; unlesse (as hath been sayd before) there ariseth some new, and just cause of feare, to renew the war. And even in Common-wealths, if I be forced to redeem my selfe from a Theefe by promising him mony, I am bound to pay it, till the Civill Law discharge me. For whatsoever I may lawfully do without Obligation, the same I may lawfully Covenant to do through feare: and what I lawfully Covenant, I cannot lawfully break. The Former Covenant To One, Makes Voyd The Later To Another A former Covenant, makes voyd a later. For a man that hath passed away his Right to one man to day, hath it not to passe to morrow to another: and therefore the later promise passeth no Right, but is null. A Mans Covenant Not To Defend Himselfe, Is Voyd A Covenant not to defend my selfe from force, by force, is alwayes voyd. For (as I have shewed before) no man can transferre, or lay down his Right to save himselfe from Death, Wounds, and Imprisonment, (the avoyding whereof is the onely End of laying down any Right,) and therefore the promise of not resisting force, in no Covenant transferreth any right; nor is obliging. For though a man may Covenant thus, "Unlesse I do so, or so, kill me;" he cannot Covenant thus "Unless I do so, or so, I will not resist you, when you come to kill me." For man by nature chooseth the lesser evill, which is danger of death in resisting; rather than the greater, which is certain and present death in not resisting. And this is granted to be true by all men, in that they lead Criminals to Execution, and Prison, with armed men, notwithstanding that such Criminals have consented to the Law, by which they are condemned. No Man Obliged To Accuse Himselfe A Covenant to accuse ones Selfe, without assurance of pardon, is likewise invalide. For in the condition of Nature, where every man is Judge, there is no place for Accusation: and in the Civill State, the Accusation is followed with Punishment; which being Force, a man is not obliged not to resist. The same is also true, of the Accusation of those, by whose Condemnation a man falls into misery; as of a Father, Wife, or Benefactor. For the Testimony of such an Accuser, if it be not willingly given, is praesumed to be corrupted by Nature; and therefore not to be received: and where a mans Testimony is not to be credited, his not bound to give it. Also Accusations upon Torture, are not to be reputed as Testimonies. For Torture is to be used but as means of conjecture, and light, in the further examination, and search of truth; and what is in that case confessed, tendeth to the ease of him that is Tortured; not to the informing of the Torturers: and therefore ought not to have the credit of a sufficient Testimony: for whether he deliver himselfe by true, or false Accusation, he does it by the Right of preserving his own life. The End Of An Oath; The Forme Of As Oath The force of Words, being (as I have formerly noted) too weak to hold men to the performance of their Covenants; there are in mans nature, but two imaginable helps to strengthen it. And those are either a Feare of the consequence of breaking their word; or a Glory, or Pride in appearing not to need to breake it. This later is a Generosity too rarely found to be presumed on, especially in the pursuers of Wealth, Command, or sensuall Pleasure; which are the greatest part of Mankind. The Passion to be reckoned upon, is Fear; whereof there be two very generall Objects: one, the Power of Spirits Invisible; the other, the Power of those men they shall therein Offend. Of these two, though the former be the greater Power, yet the feare of the later is commonly the greater Feare. The Feare of the former is in every man, his own Religion: which hath place in the nature of man before Civill Society. The later hath not so; at least not place enough, to keep men to their promises; because in the condition of meer Nature, the inequality of Power is not discerned, but by the event of Battell. So that before the time of Civill Society, or in the interruption thereof by Warre, there is nothing can strengthen a Covenant of Peace agreed on, against the temptations of Avarice, Ambition, Lust, or other strong desire, but the feare of that Invisible Power, which they every one Worship as God; and Feare as a Revenger of their perfidy. All therefore that can be done between two men not subject to Civill Power, is to put one another to swear by the God he feareth: Which Swearing or OATH, is a Forme Of Speech, Added To A Promise; By Which He That Promiseth, Signifieth, That Unlesse He Performe, He Renounceth The Mercy Of His God, Or Calleth To Him For Vengeance On Himselfe. Such was the Heathen Forme, "Let Jupiter kill me else, as I kill this Beast." So is our Forme, "I shall do thus, and thus, so help me God." And this, with the Rites and Ceremonies, which every one useth in his own Religion, that the feare of breaking faith might be the greater. No Oath, But By God By this it appears, that an Oath taken according to any other Forme, or Rite, then his, that sweareth, is in vain; and no Oath: And there is no Swearing by any thing which the Swearer thinks not God. For though men have sometimes used to swear by their Kings, for feare, or flattery; yet they would have it thereby understood, they attributed to them Divine honour. And that Swearing unnecessarily by God, is but prophaning of his name: and Swearing by other things, as men do in common discourse, is not Swearing, but an impious Custome, gotten by too much vehemence of talking. An Oath Addes Nothing To The Obligation It appears also, that the Oath addes nothing to the Obligation. For a Covenant, if lawfull, binds in the sight of God, without the Oath, as much as with it; if unlawfull, bindeth not at all; though it be confirmed with an Oath. |
| CHAPTER XV. OF OTHER LAWES OF NATURE |
The Third Law Of Nature, Justice From that law of Nature, by which we are obliged to transferre to another, such Rights, as being retained, hinder the peace of Mankind, there followeth a Third; which is this, That Men Performe Their Covenants Made: without which, Covenants are in vain, and but Empty words; and the Right of all men to all things remaining, wee are still in the condition of Warre. Justice And Injustice What And in this law of Nature, consisteth the Fountain and Originall of JUSTICE. For where no Covenant hath preceded, there hath no Right been transferred, and every man has right to every thing; and consequently, no action can be Unjust. But when a Covenant is made, then to break it is Unjust: And the definition of INJUSTICE, is no other than The Not Performance Of Covenant. And whatsoever is not Unjust, is Just. Justice And Propriety Begin With The Constitution of Common-wealth But because Covenants of mutuall trust, where there is a feare of not performance on either part, (as hath been said in the former Chapter,) are invalid; though the Originall of Justice be the making of Covenants; yet Injustice actually there can be none, till the cause of such feare be taken away; which while men are in the naturall condition of Warre, cannot be done. Therefore before the names of Just, and Unjust can have place, there must be some coercive Power, to compell men equally to the performance of their Covenants, by the terrour of some punishment, greater than the benefit they expect by the breach of their Covenant; and to make good that Propriety, which by mutuall Contract men acquire, in recompence of the universall Right they abandon: and such power there is none before the erection of a Common-wealth. And this is also to be gathered out of the ordinary definition of Justice in the Schooles: For they say, that "Justice is the constant Will of giving to every man his own." And therefore where there is no Own, that is, no Propriety, there is no Injustice; and where there is no coerceive Power erected, that is, where there is no Common-wealth, there is no Propriety; all men having Right to all things: Therefore where there is no Common-wealth, there nothing is Unjust. So that the nature of Justice, consisteth in keeping of valid Covenants: but the Validity of Covenants begins not but with the Constitution of a Civill Power, sufficient to compell men to keep them: And then it is also that Propriety begins. Justice Not Contrary To Reason The Foole hath sayd in his heart, there is no such thing as Justice; and sometimes also with his tongue; seriously alleaging, that every mans conservation, and contentment, being committed to his own care, there could be no reason, why every man might not do what he thought conduced thereunto; and therefore also to make, or not make; keep, or not keep Covenants, was not against Reason, when it conduced to ones benefit. He does not therein deny, that there be Covenants; and that they are sometimes broken, sometimes kept; and that such breach of them may be called Injustice, and the observance of them Justice: but he questioneth, whether Injustice, taking away the feare of God, (for the same Foole hath said in his heart there is no God,) may not sometimes stand with that Reason, which dictateth to every man his own good; and particularly then, when it conduceth to such a benefit, as shall put a man in a condition, to neglect not onely the dispraise, and revilings, but also the power of other men. The Kingdome of God is gotten by violence; but what if it could be gotten by unjust violence? were it against Reason so to get it, when it is impossible to receive hurt by it? and if it be not against Reason, it is not against Justice; or else Justice is not to be approved for good. From such reasoning as this, Succesfull wickednesse hath obtained the Name of Vertue; and some that in all other things have disallowed the violation of Faith; yet have allowed it, when it is for the getting of a Kingdome. And the Heathen that believed, that Saturn was deposed by his son Jupiter, believed neverthelesse the same Jupiter to be the avenger of Injustice: Somewhat like to a piece of Law in Cokes Commentaries on Litleton; where he sayes, If the right Heire of the Crown be attainted of Treason; yet the Crown shall descend to him, and Eo Instante the Atteynder be voyd; From which instances a man will be very prone to inferre; that when the Heire apparent of a Kingdome, shall kill him that is in possession, though his father; you may call it Injustice, or by what other name you will; yet it can never be against Reason, seeing all the voluntary actions of men tend to the benefit of themselves; and those actions are most Reasonable, that conduce most to their ends. This specious reasoning is nevertheless false. For the question is not of promises mutuall, where there is no security of performance on either side; as when there is no Civill Power erected over the parties promising; for such promises are no Covenants: But either where one of the parties has performed already; or where there is a Power to make him performe; there is the question whether it be against reason, that is, against the benefit of the other to performe, or not. And I say it is not against reason. For the manifestation whereof, we are to consider; First, that when a man doth a thing, which notwithstanding any thing can be foreseen, and reckoned on, tendeth to his own destruction, howsoever some accident which he could not expect, arriving may turne it to his benefit; yet such events do not make it reasonably or wisely done. Secondly, that in a condition of Warre, wherein every man to every man, for want of a common Power to keep them all in awe, is an Enemy, there is no man can hope by his own strength, or wit, to defend himselfe from destruction, without the help of Confederates; where every one expects the same defence by the Confederation, that any one else does: and therefore he which declares he thinks it reason to deceive those that help him, can in reason expect no other means of safety, than what can be had from his own single Power. He therefore that breaketh his Covenant, and consequently declareth that he thinks he may with reason do so, cannot be received into any Society, that unite themselves for Peace and defence, but by the errour of them that receive him; nor when he is received, be retayned in it, without seeing the danger of their errour; which errours a man cannot reasonably reckon upon as the means of his security; and therefore if he be left, or cast out of Society, he perisheth; and if he live in Society, it is by the errours of other men, which he could not foresee, nor reckon upon; and consequently against the reason of his preservation; and so, as all men that contribute not to his destruction, forbear him onely out of ignorance of what is good for themselves. As for the Instance of gaining the secure and perpetuall felicity of Heaven, by any way; it is frivolous: there being but one way imaginable; and that is not breaking, but keeping of Covenant. And for the other Instance of attaining Soveraignty by Rebellion; it is manifest, that though the event follow, yet because it cannot reasonably be expected, but rather the contrary; and because by gaining it so, others are taught to gain the same in like manner, the attempt thereof is against reason. Justice therefore, that is to say, Keeping of Covenant, is a Rule of Reason, by which we are forbidden to do any thing destructive to our life; and consequently a Law of Nature. There be some that proceed further; and will not have the Law of Nature, to be those Rules which conduce to the preservation of mans life on earth; but to the attaining of an eternall felicity after death; to which they think the breach of Covenant may conduce; and consequently be just and reasonable; (such are they that think it a work of merit to kill, or depose, or rebell against, the Soveraigne Power constituted over them by their own consent.) But because there is no naturall knowledge of mans estate after death; much lesse of the reward that is then to be given to breach of Faith; but onely a beliefe grounded upon other mens saying, that they know it supernaturally, or that they know those, that knew them, that knew others, that knew it supernaturally; Breach of Faith cannot be called a Precept of Reason, or Nature. Covenants Not Discharged By The Vice Of The Person To Whom Made Others, that allow for a Law of Nature, the keeping of Faith, do neverthelesse make exception of certain persons; as Heretiques, and such as use not to performe their Covenant to others: And this also is against reason. For if any fault of a man, be sufficient to discharge our Covenant made; the same ought in reason to have been sufficient to have hindred the making of it. Justice Of Men, And Justice Of Actions What The names of Just, and Unjust, when they are attributed to Men, signifie one thing; and when they are attributed to Actions, another. When they are attributed to Men, they signifie Conformity, or Inconformity of Manners, to Reason. But when they are attributed to Actions, they signifie the Conformity, or Inconformity to Reason, not of Manners, or manner of life, but of particular Actions. A Just man therefore, is he that taketh all the care he can, that his Actions may be all Just: and an Unjust man, is he that neglecteth it. And such men are more often in our Language stiled by the names of Righteous, and Unrighteous; then Just, and Unjust; though the meaning be the same. Therefore a Righteous man, does not lose that Title, by one, or a few unjust Actions, that proceed from sudden Passion, or mistake of Things, or Persons: nor does an Unrighteous man, lose his character, for such Actions, as he does, of forbeares to do, for feare: because his Will is not framed by the Justice, but by the apparant benefit of what he is to do. That which gives to humane Actions the relish of Justice, is a certain Noblenesse or Gallantnesse of courage, (rarely found,) by which a man scorns to be beholding for the contentment of his life, to fraud, or breach of promise. This Justice of the Manners, is that which is meant, where Justice is called a Vertue; and Injustice a Vice. But the Justice of Actions denominates men, not Just, but Guiltlesse; and the Injustice of the same, (which is also called Injury,) gives them but the name of Guilty. Justice Of Manners, And Justice Of Actions Again, the Injustice of Manners, is the disposition, or aptitude to do Injurie; and is Injustice before it proceed to Act; and without supposing any individuall person injured. But the Injustice of an Action, (that is to say Injury,) supposeth an individuall person Injured; namely him, to whom the Covenant was made: And therefore many times the injury is received by one man, when the dammage redoundeth to another. As when The Master commandeth his servant to give mony to a stranger; if it be not done, the Injury is done to the Master, whom he had before Covenanted to obey; but the dammage redoundeth to the stranger, to whom he had no Obligation; and therefore could not Injure him. And so also in Common-wealths, private men may remit to one another their debts; but not robberies or other violences, whereby they are endammaged; because the detaining of Debt, is an Injury to themselves; but Robbery and Violence, are Injuries to the Person of the Common-wealth. Nothing Done To A Man, By His Own Consent Can Be Injury Whatsoever is done to a man, conformable to his own Will signified to the doer, is no Injury to him. For if he that doeth it, hath not passed away his originall right to do what he please, by some Antecedent Covenant, there is no breach of Covenant; and therefore no Injury done him. And if he have; then his Will to have it done being signified, is a release of that Covenant; and so again there is no Injury done him. Justice Commutative, And Distributive Justice of Actions, is by Writers divided into Commutative, and Distributive; and the former they say consisteth in proportion Arithmeticall; the later in proportion Geometricall. Commutative therefore, they place in the equality of value of the things contracted for; And Distributive, in the distribution of equall benefit, to men of equall merit. As if it were Injustice to sell dearer than we buy; or to give more to a man than he merits. The value of all things contracted for, is measured by the Appetite of the Contractors: and therefore the just value, is that which they be contented to give. And Merit (besides that which is by Covenant, where the performance on one part, meriteth the performance of the other part, and falls under Justice Commutative, not Distributive,) is not due by Justice; but is rewarded of Grace onely. And therefore this distinction, in the sense wherein it useth to be expounded, is not right. To speak properly, Commutative Justice, is the Justice of a Contractor; that is, a Performance of Covenant, in Buying, and Selling; Hiring, and Letting to Hire; Lending, and Borrowing; Exchanging, Bartering, and other acts of Contract. And Distributive Justice, the Justice of an Arbitrator; that is to say, the act of defining what is Just. Wherein, (being trusted by them that make him Arbitrator,) if he performe his Trust, he is said to distribute to every man his own: and his is indeed Just Distribution, and may be called (though improperly) Distributive Justice; but more properly Equity; which also is a Law of Nature, as shall be shewn in due place. The Fourth Law Of Nature, Gratitude As Justice dependeth on Antecedent Covenant; so does Gratitude depend on Antecedent Grace; that is to say, Antecedent Free-gift: and is the fourth Law of Nature; which may be conceived in this Forme, "That a man which receiveth Benefit from another of meer Grace, Endeavour that he which giveth it, have no reasonable cause to repent him of his good will." For no man giveth, but with intention of Good to himselfe; because Gift is Voluntary; and of all Voluntary Acts, the Object is to every man his own Good; of which if men see they shall be frustrated, there will be no beginning of benevolence, or trust; nor consequently of mutuall help; nor of reconciliation of one man to another; and therefore they are to remain still in the condition of War; which is contrary to the first and Fundamentall Law of Nature, which commandeth men to Seek Peace. The breach of this Law, is called Ingratitude; and hath the same relation to Grace, that Injustice hath to Obligation by Covenant. The Fifth, Mutuall accommodation, or Compleasance A fifth Law of Nature, is COMPLEASANCE; that is to say, "That every man strive to accommodate himselfe to the rest." For the understanding whereof, we may consider, that there is in mens aptnesse to Society; a diversity of Nature, rising from their diversity of Affections; not unlike to that we see in stones brought together for building of an Aedifice. For as that stone which by the asperity, and irregularity of Figure, takes more room from others, than it selfe fills; and for the hardnesse, cannot be easily made plain, and thereby hindereth the building, is by the builders cast away as unprofitable, and troublesome: so also, a man that by asperity of Nature, will strive to retain those things which to himselfe are superfluous, and to others necessary; and for the stubbornness of his Passions, cannot be corrected, is to be left, or cast out of Society, as combersome thereunto. For seeing every man, not onely by Right, but also by necessity of Nature, is supposed to endeavour all he can, to obtain that which is necessary for his conservation; He that shall oppose himselfe against it, for things superfluous, is guilty of the warre that thereupon is to follow; and therefore doth that, which is contrary to the fundamentall Law of Nature, which commandeth To Seek Peace. The observers of this Law, may be called SOCIABLE, (the Latines call them Commodi;) The contrary, Stubborn, Insociable, Froward, Intractable. The Sixth, Facility To Pardon A sixth Law of Nature is this, "That upon caution of the Future time, a man ought to pardon the offences past of them that repenting, desire it." For PARDON, is nothing but granting of Peace; which though granted to them that persevere in their hostility, be not Peace, but Feare; yet not granted to them that give caution of the Future time, is signe of an aversion to Peace; and therefore contrary to the Law of Nature. The Seventh, That In Revenges, Men Respect Onely The Future Good A seventh is, " That in Revenges, (that is, retribution of evil for evil,) Men look not at the greatnesse of the evill past, but the greatnesse of the good to follow." Whereby we are forbidden to inflict punishment with any other designe, than for correction of the offender, or direction of others. For this Law is consequent to the next before it, that commandeth Pardon, upon security of the Future Time. Besides, Revenge without respect to the Example, and profit to come, is a triumph, or glorying in the hurt of another, tending to no end; (for the End is alwayes somewhat to Come;) and glorying to no end, is vain-glory, and contrary to reason; and to hurt without reason, tendeth to the introduction of Warre; which is against the Law of Nature; and is commonly stiled by the name of Cruelty. The Eighth, Against Contumely And because all signes of hatred, or contempt, provoke to fight; insomuch as most men choose rather to hazard their life, than not to be revenged; we may in the eighth place, for a Law of Nature set down this Precept, "That no man by deed, word, countenance, or gesture, declare Hatred, or Contempt of another." The breach of which Law, is commonly called Contumely. The Ninth, Against Pride The question who is the better man, has no place in the condition of meer Nature; where, (as has been shewn before,) all men are equall. The inequallity that now is, has been introduced by the Lawes civill. I know that Aristotle in the first booke of his Politiques, for a foundation of his doctrine, maketh men by Nature, some more worthy to Command, meaning the wiser sort (such as he thought himselfe to be for his Philosophy;) others to Serve, (meaning those that had strong bodies, but were not Philosophers as he;) as if Master and Servant were not introduced by consent of men, but by difference of Wit; which is not only against reason; but also against experience. For there are very few so foolish, that had not rather governe themselves, than be governed by others: Nor when the wise in their own conceit, contend by force, with them who distrust their owne wisdome, do they alwaies, or often, or almost at any time, get the Victory. If Nature therefore have made men equall, that equalitie is to be acknowledged; or if Nature have made men unequall; yet because men that think themselves equall, will not enter into conditions of Peace, but upon Equall termes, such equalitie must be admitted. And therefore for the ninth Law of Nature, I put this, "That every man acknowledge other for his Equall by Nature." The breach of this Precept is Pride. The Tenth Against Arrogance On this law, dependeth another, "That at the entrance into conditions of Peace, no man require to reserve to himselfe any Right, which he is not content should be reserved to every one of the rest." As it is necessary for all men that seek peace, to lay down certaine Rights of Nature; that is to say, not to have libertie to do all they list: so is it necessarie for mans life, to retaine some; as right to governe their owne bodies; enjoy aire, water, motion, waies to go from place to place; and all things else without which a man cannot live, or not live well. If in this case, at the making of Peace, men require for themselves, that which they would not have to be granted to others, they do contrary to the precedent law, that commandeth the acknowledgement of naturall equalitie, and therefore also against the law of Nature. The observers of this law, are those we call Modest, and the breakers Arrogant Men. The Greeks call the violation of this law pleonexia; that is, a desire of more than their share. The Eleventh Equity Also "If a man be trusted to judge between man and man," it is a precept of the Law of Nature, "that he deale Equally between them." For without that, the Controversies of men cannot be determined but by Warre. He therefore that is partiall in judgment, doth what in him lies, to deterre men from the use of Judges, and Arbitrators; and consequently, (against the fundamentall Lawe of Nature) is the cause of Warre. The observance of this law, from the equall distribution to each man, of that which in reason belongeth to him, is called EQUITY, and (as I have sayd before) distributive justice: the violation, Acception Of Persons, Prosopolepsia. The Twelfth, Equall Use Of Things Common And from this followeth another law, "That such things as cannot be divided, be enjoyed in Common, if it can be; and if the quantity of the thing permit, without Stint; otherwise Proportionably to the number of them that have Right." For otherwise the distribution is Unequall, and contrary to Equitie. The Thirteenth, Of Lot But some things there be, that can neither be divided, nor enjoyed in common. Then, The Law of Nature, which prescribeth Equity, requireth, "That the Entire Right; or else, (making the use alternate,) the First Possession, be determined by Lot." For equall distribution, is of the Law of Nature; and other means of equall distribution cannot be imagined. The Fourteenth, Of Primogeniture, And First Seising Of Lots there be two sorts, Arbitrary, and Naturall. Arbitrary, is that which is agreed on by the Competitors; Naturall, is either Primogeniture, (which the Greek calls Kleronomia, which signifies, Given by Lot;) or First Seisure. And therefore those things which cannot be enjoyed in common, nor divided, ought to be adjudged to the First Possessor; and is some cases to the First-Borne, as acquired by Lot. The Fifteenth, Of Mediators It is also a Law of Nature, "That all men that mediate Peace, be allowed safe Conduct." For the Law that commandeth Peace, as the End, commandeth Intercession, as the Means; and to Intercession the Means is safe Conduct. The Sixteenth, Of Submission To Arbitrement And because, though men be never so willing to observe these Lawes, there may neverthelesse arise questions concerning a mans action; First, whether it were done, or not done; Secondly (if done) whether against the Law, or not against the Law; the former whereof, is called a question Of Fact; the later a question Of Right; therefore unlesse the parties to the question, Covenant mutually to stand to the sentence of another, they are as farre from Peace as ever. This other, to whose Sentence they submit, is called an ARBITRATOR. And therefore it is of the Law of Nature, "That they that are at controversie, submit their Right to the judgement of an Arbitrator." The Seventeenth, No Man Is His Own Judge And seeing every man is presumed to do all things in order to his own benefit, no man is a fit Arbitrator in his own cause: and if he were never so fit; yet Equity allowing to each party equall benefit, if one be admitted to be Judge, the other is to be admitted also; & so the controversie, that is, the cause of War, remains, against the Law of Nature. The Eighteenth, No Man To Be Judge, That Has In Him Cause Of Partiality For the same reason no man in any Cause ought to be received for Arbitrator, to whom greater profit, or honour, or pleasure apparently ariseth out of the victory of one party, than of the other: for he hath taken (though an unavoydable bribe, yet) a bribe; and no man can be obliged to trust him. And thus also the controversie, and the condition of War remaineth, contrary to the Law of Nature. The Nineteenth, Of Witnesse And in a controversie of Fact, the Judge being to give no more credit to one, than to the other, (if there be no other Arguments) must give credit to a third; or to a third and fourth; or more: For else the question is undecided, and left to force, contrary to the Law of Nature. These are the Lawes of Nature, dictating Peace, for a means of the conservation of men in multitudes; and which onely concern the doctrine of Civill Society. There be other things tending to the destruction of particular men; as Drunkenness, and all other parts of Intemperance; which may therefore also be reckoned amongst those things which the Law of Nature hath forbidden; but are not necessary to be mentioned, nor are pertinent enough to this place. A Rule, By Which The Laws Of Nature May Easily Be Examined And though this may seem too subtile a deduction of the Lawes of Nature, to be taken notice of by all men; whereof the most part are too busie in getting food, and the rest too negligent to understand; yet to leave all men unexcusable, they have been contracted into one easie sum, intelligible even to the meanest capacity; and that is, "Do not that to another, which thou wouldest not have done to thy selfe;" which sheweth him, that he has no more to do in learning the Lawes of Nature, but, when weighing the actions of other men with his own, they seem too heavy, to put them into the other part of the ballance, and his own into their place, that his own passions, and selfe-love, may adde nothing to the weight; and then there is none of these Lawes of Nature that will not appear unto him very reasonable. The Lawes Of Nature Oblige In Conscience Alwayes, But In Effect Then Onely When There Is Security The Lawes of Nature oblige In Foro Interno; that is to say, they bind to a desire they should take place: but In Foro Externo; that is, to the putting them in act, not alwayes. For he that should be modest, and tractable, and performe all he promises, in such time, and place, where no man els should do so, should but make himselfe a prey to others, and procure his own certain ruine, contrary to the ground of all Lawes of Nature, which tend to Natures preservation. And again, he that shall observe the same Lawes towards him, observes them not himselfe, seeketh not Peace, but War; & consequently the destruction of his Nature by Violence. And whatsoever Lawes bind In Foro Interno, may be broken, not onely by a fact contrary to the Law but also by a fact according to it, in case a man think it contrary. For though his Action in this case, be according to the Law; which where the Obligation is In Foro Interno, is a breach. The Laws Of Nature Are Eternal; The Lawes of Nature are Immutable and Eternall, For Injustice, Ingratitude, Arrogance, Pride, Iniquity, Acception of persons, and the rest, can never be made lawfull. For it can never be that Warre shall preserve life, and Peace destroy it. And Yet Easie The same Lawes, because they oblige onely to a desire, and endeavour, I mean an unfeigned and constant endeavour, are easie to be observed. For in that they require nothing but endeavour; he that endeavoureth their performance, fulfilleth them; and he that fulfilleth the Law, is Just. The Science Of These Lawes, Is The True Morall Philosophy And the Science of them, is the true and onely Moral Philosophy. For Morall Philosophy is nothing else but the Science of what is Good, and Evill, in the conversation, and Society of mankind. Good, and Evill, are names that signifie our Appetites, and Aversions; which in different tempers, customes, and doctrines of men, are different: And divers men, differ not onely in their Judgement, on the senses of what is pleasant, and unpleasant to the tast, smell, hearing, touch, and sight; but also of what is conformable, or disagreeable to Reason, in the actions of common life. Nay, the same man, in divers times, differs from himselfe; and one time praiseth, that is, calleth Good, what another time he dispraiseth, and calleth Evil: From whence arise Disputes, Controversies, and at last War. And therefore so long as man is in the condition of meer Nature, (which is a condition of War,) as private Appetite is the measure of Good, and Evill: and consequently all men agree on this, that Peace is Good, and therefore also the way, or means of Peace, which (as I have shewed before) are Justice, Gratitude, Modesty, Equity, Mercy, & the rest of the Laws of Nature, are good; that is to say, Morall Vertues; and their contrarie Vices, Evill. Now the science of Vertue and Vice, is Morall Philosophie; and therfore the true Doctrine of the Lawes of Nature, is the true Morall Philosophie. But the Writers of Morall Philosophie, though they acknowledge the same Vertues and Vices; Yet not seeing wherein consisted their Goodnesse; nor that they come to be praised, as the meanes of peaceable, sociable, and comfortable living; place them in a mediocrity of passions: as if not the Cause, but the Degree of daring, made Fortitude; or not the Cause, but the Quantity of a gift, made Liberality. These dictates of Reason, men use to call by the name of Lawes; but improperly: for they are but Conclusions, or Theoremes concerning what conduceth to the conservation and defence of themselves; whereas Law, properly is the word of him, that by right hath command over others. But yet if we consider the same Theoremes, as delivered in the word of God, that by right commandeth all things; then are they properly called Lawes. |
| Principe de la querelle | Enjeu |
Cause de la violence |
Competition |
Gain |
Violence in order to
become master |
| Diffidence |
Safety |
Violence in self
defense |
| Glory |
Reputation |
Violence for trifles |
| SPINOZA E T H I C E S P A R S T E R T I A DE ORIGINE ET NATURA AFFECTUUM. http://users.telenet.be/rwmeijer/spinoza/indexfr.htm |
|
| PROPOSITIO IV. Nulla res nisi a
causa externa potest destrui. DEMONSTRATIO. Haec propositio per se patet. Definitio enim cuiuscumque rei ipsius rei essentiam affirmat, sed non negat; sive rei essentiam ponit, sed non tollit. Dum itaque ad rem ipsam tantum, non autem ad causas externas attendimus, nihil in eadem poterimus invenire, quod ipsam possit destruere. Q.E.D. PROPOSITIO V. Res eatenus contrariae sunt naturae, hoc est, eatenus in eodem subiecto esse nequeunt, quatenus una alteram potest destruere. DEMONSTRATIO. Si enim inter se convenire vel in eodem subiecto simul esse possent, posset ergo in eodem subiecto aliquid dari, quod ipsum posset destruere, quod (per prop. praeced.) est absurdum. Ergo res etc. Q.E.D. PROPOSITIO VI. Unaquaeque res, quantum in se est, in suo esse perseverare conatur. DEMONSTRATIO. Res enim singulares modi sunt, quibus Dei attributa certo et determinato modo exprimuntur (per coroll. prop. 25. P. 1.), hoc est (per prop. 34. P. 1.) res, quae Dei potentiam qua Deus est et agit, certo et determinato modo exprimunt. Neque ulla res aliquid in se habet, a quo possit destrui, sive quod eius existentiam tollat (per prop. 4. huius); sed contra ei omni, quod eiusdem existentiam potest tollere, opponitur (per prop. praeced.). Adeoque quantum potest et in se est, in suo esse perseverare conatur. Q.E.D. PROPOSITIO VII. Conatus, quo unaquaeque res in suo esse perseverare conatur, nihil est praeter ipsius rei actualem essentiam. DEMONSTRATIO. Ex data cuiuscumque rei essentia quaedam necessario sequuntur (per prop. 36. P. 1.), nec res aliud possunt, quam id quod ex determinata earum natura necessario sequitur (per prop. 29. P. 1.). Quare cuiuscumque rei potentia sive conatus, quo ipsa vel sola vel cum aliis quidquam agit, vel agere conatur, hoc est (per prop. 6. huius) potentia sive conatus, quo in suo esse perseverare conatur, nihil est praeter ipsius rei datam sive actualem essentiam. Q.E.D. PROPOSITIO VIII. Conatus, quo unaquaeque res in suo esse perseverare conatur, nullum tempus finitum, sed indefinitum involvit. DEMONSTRATIO. Si enim tempus limitatum involveret, quod rei durationem determinaret, tum ex sola ipsa potentia, qua res existit, sequeretur, quod res post limitatum illud tempus non posset existere, sed quod deberet destrui. Atqui hoc (per prop. 4. huius) est absurdum. Ergo conatus, quo res existit, nullum tempus definitum involvit, sed contra, quoniam (per eandem prop. 4. huius) si a nulla externa causa destruatur, eadem potentia, qua iam existit, existere perget semper, ergo hic conatus tempus indefinitum involvit. Q.E.D |
PROPOSITION IV Aucune chose ne peut être détruite que par une cause extérieure. Démonstration : Cette proposition est évidente par elle-même ; car la définition d'une chose quelconque contient l'affirmation et non la négation de l'essence de cette chose ; en d'autres termes, elle pose son essence, elle ne la détruit pas. Donc, tant que l'on considérera seulement la chose, abstraction faite de toute cause extérieure, on ne pourra rien trouver en elle qui soit capable de la détruire. C. Q. F. D. PROPOSITION V Deux choses sont de nature contraire ou ne peuvent exister en un même sujet, quand l'une peut détruire l'autre. Démonstration : Car si ces deux choses pouvaient se convenir ou exister ensemble dans un même sujet, il pourrait donc y avoir en un sujet quelque chose qui fût capable de le détruire, ce qui est absurde (par la Propos. précéd.). Donc, etc. C. Q. F. D. PROPOSITION VI Toute chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être. Démonstration : En effet, les choses particulières sont des modes qui expriment les attributs de Dieu d'une certaine façon déterminée (par le Corollaire de la Propos. 25, partie 1), c'est-à-dire (par la Propos. 34, partie 1) des choses qui expriment d'une certaine façon déterminée la puissance divine par qui Dieu est et agit. De plus, aucune chose n'a en soi rien qui la puisse détruire, rien qui supprime son existence (par la Propos. 4, partie 3) ; au contraire, elle est opposée à tout ce qui peut détruire son existence (par la Propos. précéd.), et par conséquent, elle s'efforce, autant qu'il est en elle, de persévérer dans son être. C. Q. F. D. PROPOSITION VII L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose. Démonstration : L'essence d'un être quelconque étant donnée, il en résulte nécessairement certaines choses (par la Propos. 36, partie 1) ; et tout être ne peut rien de plus que ce qui suit nécessairement de sa nature déterminée (par la Propos. 29, partie 1). Par conséquent, la puissance d'une chose quelconque, ou l'effort par lequel elle agit ou tend à agir, seule ou avec d'autres choses, en d'autres termes (par la Propos. 6, partie 3), la puissance d'une chose, ou l'effort par lequel elle tend à persévérer dans son être, n'est rien de plus que l'essence donnée ou actuelle de cette chose. C. Q. F. D. PROPOSITION VIII L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'enveloppe aucun temps fini, mais un temps indéfini. Démonstration : Si, en effet, il enveloppait un temps limité, qui déterminât la durée de la chose, il s'ensuivrait de cette puissance même par laquelle la chose existe, qu'après un certain temps elle ne pourrait plus exister et devrait être détruite. Or, cela est absurde (par la Propos. 4, partie 3) ; donc l'effort par lequel une chose existe n'enveloppe aucun temps déterminé ; mais, au contraire, puisque cette chose (en vertu de cette même Propos.), si elle n'est détruite par aucune cause extérieure, devra, par cette même puissance qui la fait être, toujours continuer d'être, il s'ensuit que l'effort dont nous parlons enveloppe un temps indéfini. C. Q. F. D. |
| Extrait de Jacques
LACAN, Communication au congrès international de
psychanalyse, à Zürich, le 17 Juillet 1949 Le stade du miroir comme formateur de la fonction du "Je" |
| C'est ce moment qui
décisivement fait basculer tout le savoir humain dans la
médiatisation par le désir de l'autre, constitue ses
objets dans une équivalence abstraite par la concurrence
d'autrui, et fait du je cet appareil pour lequel toute poussée
des instincts sera un danger, répondît-elle à une
maturation naturelle, - la normalisation même de cette maturation
dépendant dès lors chez l'homme d'un truchement culturel
: comme il se voit pour l'objet sexuel dans le complexe d'Oedipe. Le
terme de narcissisme primaire par quoi la doctrine désigne
l'investissement libidinal propre à ce moment,
révèle chez ses inventeurs, au jour de notre conception,
le plus profond sentiment des latences de la sémantique. Mais
elle éclaire aussi l'opposition dynamique qu'ils ont
cherché à définir, de cette libido à la
libido sexuelle, quand ils ont invoqué des instincts de
destruction, voire de mort, pour expliquer la relation évidente
de la libido narcissique à la fonction aliénante du je,
à l'agressivité qui s'en dégage dans toute
relation à l'autre, fût-ce celle de l'aide la plus
samaritaine. C'est qu'ils ont touché à cette négativité existentielle, dont la réalité est si vivement promue par la philosophie contemporaine de l'être et du néant. |
| Le stade du miroir
chez Lacan présenté par Merleau-Ponty Maurice Merleau-Ponty, Les relations à autrui chez l’enfant, éd. Les cours de la Sorbonne, pp.55-57. |
| “La
compréhension de l’image spéculaire consiste, chez
l’enfant, à reconnaître pour sienne cette apparence
visuelle qui est dans le miroir. Jusqu’au moment où l’image
spéculaire intervient, le corps pour l’enfant est une
réalité fortement sentie, mais confuse. Reconnaître
son visage dans le miroir, c’est pour lui apprendre qu’il peut y avoir
un spectacle de lui-même. Jusque là il ne s’est jamais vu,
ou il ne s’est qu’entrevu du coin de l’œil en regardant les parties de
son corps qu’il peut voir. Par l’image dans le miroir il devient
spectateur de lui-même. Par l’acquisition de l’image
spéculaire l’enfant s’aperçoit qu’il est visible et pour
soi et pour autrui. Le passage du moi interoceptif au ” je
spéculaire “, comme dit encore Lacan, c’est le passage d’une
forme ou d’un état de la personnalité à un autre.
La personnalité avant l’image spéculaire, c’est ce que
les psychanalystes appellent chez l’adulte le soi, c’est-à-dire
l’ensemble des pulsions confusément senties. L’image du miroir,
elle, va rendre possible une contemplation de soi-même, en termes
psychanalytiques d’un sur-moi, que d’ailleurs cette image soit
explicitement posée, ou qu’elle soit simplement impliquée
par tout ce que je vis à chaque minute. On comprend alors que
l’image spéculaire prenne pour les psychanalystes l’importance
qu’elle a justement dans la vie de l’enfant. Ce n’est pas seulement
l’acquisition d’un nouveau contenu, mais d’une nouvelle fonction, la
fonction narcissique. Narcisse est cet être mythique qui,
à force de regarder son image dans l’eau, a été
attiré comme par un vertige et a rejoint dans le miroir de l’eau
son image. L’image propre en même temps qu’elle rend possible la
connaissance de soi, rend possible une sorte d’aliénation : je
ne suis plus ce que je me sentais être immédiatement, je
suis cette image de moi que m’offre le miroir. Il se produit, pour
employer les termes du docteur Lacan, une ” captation ” de moi par mon
image spatiale. Du coup je quitte la réalité de mon moi
vécu pour me référer constamment à ce moi
idéal, fictif ou imaginaire, dont l’image spéculaire est
la première ébauche. En ce sens je suis arraché
à moi-même, et l’image du miroir me prépare
à une autre aliénation encore plus grave, qui sera
l’aliénation par autrui. Car de moi-même justement les
autres n’ont que cette image extérieure analogue à celle
qu’on voit dans le miroir, et par conséquent autrui m’arrachera
à l’intimité immédiate bien plus sûrement
que le miroir. L’image spéculaire, c’est ” la matrice
symbolique, dit Lacan, où le je se précipite en une forme
primordiale avant qu’il ne s’objective dans la dialectique de
l’identification à l’autre. “ M. Merleau-Ponty, Les relations à autrui chez l’enfant, éd. Les cours de la Sorbonne, pp.55-57. |
| « J’ai vu l’Empereur
[Napoléon] - cette âme du monde - sortir de la ville ce
matin pour aller en reconnaissance ; c’est effectivement une sensation
merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur
un point, assis sur un cheval, s’étend sur le monde et le
domine » Lettre du 13 octobre 1806, jour où Iéna fut occupé par les Français et où Napoléon entra dans ses murs. Signé : Hegel, Professeur à Iéna. Trad. française : Hegel, Correspondance, Vol. I, Gallimard, p. 114-115 |
| Marx, Le Capital, Livre I, chap XXXI, La
génèse du capital historique, trad. ed. Sociales, p. 193 http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm |
Das Kapital. Band I Kritik der politischen Ökonomie Erster Band Buch I: SIEBENTER ABSCHNITT - Der Akkumulationsprozeß des Kapitals Der Produktionsprozeß des Kapitals 6. Genesis des industriellen Kapitalisten http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_741.htm#Kap_24_6 |
| La découverte des
contrées aurifères et argentifères de
l'Amérique, la réduction des indigènes en
esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les
commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la
transformation de l'Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la
chasse aux peaux noires, voilà les procédés
idylliques d'accumulation primitive qui signalent l'ère
capitaliste à son aurore. Aussitôt après,
éclate la guerre mercantile; elle a le globe entier pour
théâtre. S'ouvrant par la révolte de la Hollande
contre l'Espagne, elle prend des proportions gigantesques dans la
croisade de l'Angleterre contre la Révolution française
et se prolonge, jusqu'à nos jours, en expéditions de
pirates, comme les fameuses guerres d'opium contre la Chine. Les différentes méthodes d'accumulation primitive que l'ère capitaliste fait éclore se partagent d'abord, par ordre plus ou moins chronologique, le Portugal, l'Espagne, la Hollande, la France et l'Angleterre, jusqu'à ce que celle-ci les combine toutes, au dernier tiers du XVII° siècle, dans un ensemble systématique, embrassant à la fois le régime colonial, le crédit public, la finance moderne et le système protectionniste. Quelques-unes de ces méthodes reposent sur l'emploi de la force brutale, mais toutes sans exception exploitent le pouvoir de l'État, la force concentrée et organisée de la société, afin de précipiter violemment le passage de l'ordre économique féodal à l'ordre économique capitaliste et d'abréger les phases de transition. Et, en effet, la force est l'accoucheuse de toute vieille société en travail. La force est un agent économique. |
Die
Entdeckung der Gold- und Silberländer in Amerika, die Ausrottung,
Versklavung und Vergrabung der eingebornen Bevölkerung in die
Bergwerke, die beginnende Eroberung und Ausplünderung von
Ostindien, die Verwandlung von Afrika in ein Geheg zur Handelsjagd auf
Schwarzhäute, bezeichnen die Morgenröte der kapitalistischen
Produktionsära. Diese idyllischen Prozesse sind Hauptmomente der
ursprünglichen Akkumulation. Auf dem Fuß folgt der
Handelskrieg der europäischen Nationen, mit dem Erdrund als
Schauplatz. Er wird eröffnet durch den Abfall der Niederlande von
Spanien, nimmt Riesenumfang an in Englands Antijakobinerkrieg, spielt
noch fort in den Opiumkriegen gegen China usw. Die verschiednen Momente der ursprünglichen Akkumulation verteilen sich nun, mehr oder minder in zeitlicher Reihenfolge, namentlich auf Spanien, Portugal, Holland, Frankreich und England. In England werden sie Ende des 17. Jahrhunderts systematisch zusammengefaßt im Kolonialsystem, Staatsschuldensystem, modernen Steuersystem und Protektionssystem. Diese Methoden beruhn zum Teil auf brutalster Gewalt, z.B. das Kolonialsystem. Alle aber benutzten die Staatsmacht, die konzentrierte und organisierte Gewalt der Gesellschaft, um den Verwandlungsprozeß der feudalen in die kapitalistische Produktionsweise treibhausmäßig zu fördern und die Übergänge abzukürzen. Die Gewalt ist der Geburtshelfer jeder alten Gesellschaft, die mit einer neuen schwanger geht. Sie selbst ist eine ökonomische Potenz. |
| Seitenzahlen verweisen auf: Karl
Marx - Friedrich Engels - Werke, Band 5, S. 128-132 Dietz Verlag, Berlin/DDR 1971 Der 25. Juni ["Neue Rheinische Zeitung" Nr. 29 vom 29. Juni 1848] <128> * Mit jedem Tage nahm die Heftigkeit, die Erbitterung, die Wut des Kampfes zu. Die Bourgeoisie wurde immer fanatisierter gegen die Insurgenten, je weniger ihre Brutalitäten sofort zum Ziele führten, je mehr sie selbst im Kampf, Nachtwachen und Biwakieren ermattete, je näher sie ihrem endlichen Siege rückte. Die Bourgeoisie erklärte die Arbeiter nicht für gewöhnliche Feinde, die man besiegt, sondern für Feinde der Gesellschaft, die man vernichtet. Sie verbreiteten die absurde Behauptung, es sei den von ihnen selbst mit Gewalt in den Aufstand hineingejagten Arbeitern nur um Plünderung, Brandstiftung und Mord zu tun, sie seien eine Bande Räuber, die man niederschießen müsse wie die Tiere des Waldes. Und doch hatten die Insurgenten während 3 Tagen einen großen Teil der Stadt inne und benahmen sich höchst anständig. Hätten sie dieselben gewaltsamen Mittel angewandt wie die von Cavaignac kommandierten Bourgeois und Bourgeoisknechte, Paris läge in Trümmern, aber sie hätten triumphiert. Wie barbarisch die Bourgeois in diesem Kampfe verfuhren, geht aus allen Einzelnheiten hervor. Von den Kartätschen, den Granaten, den Brandraketen gar nicht zu sprechen, steht es fest, daß auf den meisten erstürmten Barrikaden kein Quartier gemacht <kein Pardon gegeben> wurde. Die Bourgeois schlugen alles ohne Ausnahme nieder, was sie vorfanden. Am 24. abends wurden in der Allee des Observatoire über 50 gefangene Insurgenten ohne alle Prozeßform erschossen. "Es ist ein Vernichtungskrieg", schreibt ein Korrespondent der "Indépendance Belge", die selbst ein Bourgeoisblatt ist. Auf allen Barrikaden herrschte der Glaube, daß alle Insurgenten ohne Ausnahme niedergemacht würden. <129> Als Larochejaquelein in der Nationalversammlung davon sprach, daß man etwas tun müsse, um diesem Glauben entgegenzuwirken, ließen ihn die Bourgeois gar nicht aussprechen und machten einen solchen Lärm, daß der Präsident sich bedecken und die Sitzung unterbrechen mußte. Als Herr Senard selbst später (s. unten Sitzung der Versammlung) einige heuchlerische Worte der Milde und Versöhnung sprechen wollte, entstand derselbe Lärm. Die Bourgeois wollten von Schonung nichts wissen. Selbst auf die Gefahr hin, einen Teil ihres Eigentums durch ein Bombardement zu verlieren, waren sie entschlossen, ein für allemal ein Ende zu machen mit den Feinden der Ordnung, den Plünderern, Räubern, Brandstiftern und Kommunisten. Dabei hatten sie nicht einmal den Heldenmut, den ihre Journale sich bemühen ihnen zuzuschreiben. Aus der heutigen Sitzung der Nationalversammlung geht hervor, daß beim Ausbruch des Aufstandes die Nationalgarde vor Schrecken betäubt war; aus den Berichten aller Journale der verschiedensten Farben leuchtet trotz aller pomphaften Phrasen hervor, daß am ersten Tage die Nationalgarde sehr schwach erschien, daß am zweiten und dritten Cavaignac sie aus den Betten mußte holen und durch einen Gefreiten und vier Mann ins Feuer führen lassen. Der fanatische Haß der Bourgeois gegen die aufständischen Arbeiter war nicht imstande, ihre natürliche Feigheit zu überwinden. Die Arbeiter dagegen schlugen sich mit einer Tapferkeit ohnegleichen. Immer weniger imstande, ihre Verluste zu ersetzen, immer mehr durch die Übermacht zurückgedrängt, ermüdeten sie keinen Augenblick. Vom 25. morgens an mußten sie schon einsehen, daß die Chancen des Siegs sich entschieden gegen sie kehrten. Massen auf Massen neuer Truppen kamen an aus allen Gegenden; die Nationalgarde der Banlieue, die der entfernteren Städte kam in großen Trupps nach Paris. Die Linientruppen, die sich schlugen, betrugen am 25. über 40.000 Mann mehr als die gewöhnliche Garnison; die Mobilgarde kam mit 20.000 bis 25.000 Mann hinzu; dann die Pariser und auswärtige Nationalgarde. Dazu noch mehrere tausend Mann republikanische Garde. Die ganze bewaffnete Macht, die gegen die Insurrektion zu Felde zog, betrug am 25. gewiß an 150.000 bis 200.000 Mann, die Arbeiter waren höchstens den vierten Teil so stark, hatten weniger Munition, gar keine militärische Direktion und keine brauchbaren Kanonen. Aber sie schlugen sich schweigend und verzweifelt gegen die kolossale Übermacht. Massen auf Massen rückten heran auf die Breschen, die das schwere Geschütz in die Barrikaden geschossen; ohne einen Ruf auszustoßen, empfingen sie die Arbeiter und kämpften überall bis auf den letzten Mann, ehe sie eine Barrikade in die Hände der Bourgeois fallen ließen. Auf dem Montmartre riefen die Insurgenten den <130> Einwohnern zu: Wir werden entweder in Stücke gehauen oder wir hauen die andern in Stücke; wir werden aber nicht weichen, und bittet Gott, daß wir Siegen, denn sonst brennen wir ganz Montmartre nieder. Diese nicht einmal erfüllte Drohung gilt natürlich als ein "abscheuliches Projekt", während die Granaten und Brandraketen Cavaignacs "geschickte militärische Maßregeln sind, denen jedermann Bewunderung zollt"! Am 25. morgens hatten die Insurgenten folgende Positionen inne: das Clos Saint Lazare, die Vorstädte St. Antoine und du Temple, den Marais und das Viertel Saint Antoine. Das Clos Saint Lazare (das ehemalige Klostergehege) ist eine große Fläche Landes, teilweise bebaut, teilweise erst mit angefangenen Häusern, projektierten Straßen etc. bedeckt. Der Nordbahnhof liegt gerade in seiner Mitte. In diesem an unregelmäßig liegenden Gebäuden reichen Viertel, das außerdem eine Menge Baumaterial umfaßt, hatten die Insurgenten eine gewaltige Festung aufgeworfen. Das im Bau begriffene Hospital Louis-Philippe war ihr Zentrum, sie hatten furchtbare Barrikaden aufgeworfen, die von Augenzeugen als ganz uneinnehmbar geschildert werden. Dahinter lag die von ihnen zernierte und besetzte Ringmauer der Stadt. Von da gingen ihre Verschanzungen bis in die Rue Rochechouart oder in die Gegend der Barrieren. Die Barrieren des Montmartre waren stark verteidigt, Montmartre war ganz von ihnen besetzt. Vierzig Kanonen, seit zwei Tagen gegen sie donnernd, hatten sie noch nicht reduziert. Man schoß wieder den ganzen Tag mit 40 Kanonen auf diese Verschanzungen; endlich abends 6 Uhr wurden die zwei Barrikaden der Rue Rochechouart genommen und bald darauf fiel auch das Clos Saint Lazare. Auf dem Boulevard du Temple nahm die Mobilgarde morgens 10 Uhr mehrere Häuser, von wo aus die Insurgenten ihre Kugeln in die Reihen der Angreifer sandten. Die "Verteidiger der Ordnung" waren etwa bis zum Boulevard des Filles du Calvaire vorgerückt. Inzwischen wurden die Insurgenten im Faubourg du Temple immer höher hinaufgetrieben, der Kanal Saint Martin stellenweise besetzt und von hier sowie vom Boulevard aus die breiteren und geraden Straßen mit Artillerie stark beschossen. Der Kampf war ungemein heftig. Die Arbeiter wußten sehr gut, daß man sie hier im Herzen ihrer Stellung angreife. Sie verteidigten sich wie Rasende. Sie nahmen sogar Barrikaden wieder, aus denen man sie schon vertrieben hatte. Aber nach langem Kampfe wurden sie von der Übermacht der Zahl und der Waffen erdrückt. Eine Barrikade nach der andern fiel; bei Anbruch der Nacht war nicht nur das Faubourg du Temple, sondern auch vermittelst des Boulevards und <131> des Kanals die Zugänge zum Faubourg Saint Antoine und mehrere Barrikaden in diesem Faubourg erobert. Am Hôtel de Ville machte General Duvivier langsame aber gleichmäßige Fortschritte. Von den Quais aus kam er den Barrikaden der Rue Saint Antoine in die Flanken und beschoß zugleich die Insel St. Louis und die ehemalige Insel Louvier mit schwerem Geschütz. Hier wurde ebenfalls ein sehr erbitterter Kampf geführt, über den jedoch die Details mangeln und von dem man nur weiß, daß um vier Uhr die Mairie des neunten Arrondissements nebst den umliegenden Straßen genommen, daß eine Barrikade der Rue Saint Antoine nach der andern erstürmt und die Brücke Damiette genommen wurde, die den Zugang auf die Ile Saint Louis bildete. Mit Anbruch der Nacht waren die Insurgenten hier überall vertrieben und alle Zugänge des Bastillenplatzes befreit. Damit waren die Insurgenten aus allen Teilen der Stadt geschlagen, mit Ausnahme des Faubourg Saint Antoine. Dies war ihre stärkste Stellung. Die vielen Zugänge dieses Faubourg, des eigentlichen Herdes aller Pariser Aufstände, waren mit besonderem Geschick gedeckt. Schräge, einander gegenseitig deckende Barrikaden, noch verstärkt durch das Kreuzfeuer der Häuser, boten eine furchtbare Angriffsfronte dar. Ihr Sturm würde eine unendliche Menge Leben gekostet haben. Vor diesen Schanzen lagerten sich die Bourgeois oder vielmehr ihre Knechte. Die Nationalgarde hatte an diesem Tage wenig getan. Die Linie und die Mobilgarde hatten die meiste Arbeit vollzogen; die Nationalgarde besetzte die ruhigen und eroberten Stadtteile. Am schlechtesten hat sich benommen die republikanische und die Mobilgarde. Die republikanische Garde, neu organisiert und epuriert wie sie war, schlug sich mit großer Erbitterung gegen die Arbeiter, an denen sie ihre Sporen als republikanische Munizipalgarde verdiente. Die Mobilgarde, die zum größten Teil aus dem Pariser Lumpenproletariat rekrutiert ist, hat sich in der kurzen Zeit ihres Bestehens vermittelst guter Zahlung schon sehr in eine prätorianische Garde <kaiserliche Leibwache im alte Rom> der jedesmaligen Machthaber verwandelt. Das organisierte Lumpenproletariat hat dem nichtorganisierten arbeitenden Proletariat seine Schlacht geliefert. Es hat sich, wie zu erwarten war, der Bourgeoisie zur Verfügung gestellt, gerade wie die Lazzaroni in Neapel zur Verfügung Ferdinands <Siehe "[Die neueste Heldetat das Hauses Bourbon]">. Nur die Abteilungen der Mobilgarde, die aus wirklichen Arbeitern bestanden, gingen über. Aber wie verächtlich erscheint die ganze jetzige Wirtschaft in Paris, <132> wenn man sieht, wie diese ehemaligen Bettler, Vagabunden, Gauner, Gamins <Gassenjungen> und kleinen Diebe der Mobilgarde, die jeder Bourgeois im März und April als eine nicht länger zu duldende, spitzbübische, aller Verwerflichkeiten fähige Räuberbande bezeichnete, wenn diese Räuberbande jetzt gehätschelt, gepriesen, belohnt, dekoriert wird, weil diese "jungen Helden", diese "Kinder von Paris", deren Tapferkeit unvergleichlich ist, die mit dem brillantesten Mute die Barrikaden erklettern usw. - weil diese gedankenlosen Barrikadenkämpfer des Februar jetzt ebenso gedankenlos auf das arbeitende Proletariat schießen, wie sie früher auf die Soldaten schossen, weil sie sich zur Niedermetzelung ihrer Brüder haben bestechen lassen mit dreißig Sous per Tag! Ehre diesen bestochenen Vagabunden, weil sie um dreißig Sous per Tag den besten, revolutionärsten Teil der Pariser Arbeiter niedergeschossen haben! Die Tapferkeit, mit der die Arbeiter sich geschlagen haben, ist wahrhaft wunderbar. Dreißig- bis vierzigtausend Arbeiter, die sich drei volle Tage halten gegen mehr als achtzigtausend Mann Soldaten und hunderttausend Mann Nationalgarde, gegen Kartätschen, Granaten und Brandraketen, gegen die noble Kriegserfahrung von Generälen, die sich nicht scheuen, algierische Mittel anzuwenden! Sie sind erdrückt und großenteils niedergemetzelt worden. Ihren Toten werden nicht die Ehren erwiesen werden, wie den Toten des Juli und des Februar; aber die Geschichte wird ihnen einen ganz andern Platz anweisen, den Opfern der ersten entscheidenden Feldschlacht des Proletariats. Geschrieben von Friedrich Engels. |
Journées de
juin 1848 Friedrich Engels Le 25 juin Chaque jour, la violence, l'acharnement, la fureur de la lutte ont grandi. La bourgeoisie est devenue de plus en plus fanatique contre les insurgés au fur et à mesure que ses brutalités la conduisaient moins vite au but, qu'elle se lassait davantage dans la lutte, la garde de nuit et le bivouac, et qu'elle se rapprochait enfin de sa victoire. La bourgeoisie a proclamé les ouvriers non des ennemis ordinaires, que l'on vainc, mais des ennemis de la société, que l'on extermine. Les bourgeois ont répandu l'assertion absurde que, pour les ouvriers qu'ils avaient eux-mêmes acculés de force à l'insurrection, il ne s'agissait que de pillage, d'incendie et d'assassinat, que c'était une bande de brigands qu'il fallait abattre comme des bêtes sauvages. Et, cependant, les insurgés avaient occupé pendant trois jours une grande partie de la ville et s'y étaient comportés d'une façon tout à fait convenable. S'ils avaient employé les mêmes moyens violents que les bourgeois et les valets des bourgeois commandés par Cavaignac, Paris serait en ruines, mais ils auraient triomphé. La façon barbare dont les bourgeois procédèrent dans cette lutte ressort de tous les faits isolés. Sans parler de la mitraille, des obus, des fusées incendiaires, il est établi qu'on ne fit aucun quartier dans la plupart des barricades prises d'assaut. Les bourgeois abattirent sans exception tout ce qu'ils trouvèrent devant eux. Le 24 au soir, plus de 50 insurgés prisonniers furent fusillés sans autre forme de procès dans l'avenue de l'Observatoire. « C'est une guerre d'extermination », écrit un correspondant de L'Indépendance belge, qui est elle-même une feuille bourgeoise. Sur toutes les barricades on croyait que tous les insurgés sans exception seraient massacrés. Lorsque La Rochejaquelein déclara à l'Assemblée nationale qu'il fallait faire quelque chose pour contrecarrer cette croyance, les bourgeois ne le laissèrent pas achever et firent un tel vacarme que le président dut se couvrir et interrompre la séance. Lorsque M. Sénard lui-même voulut prononcer plus tard (voir plus loin la séance de l'Assemblée) quelques paroles hypocrites de douleur et de conciliation, le vacarme recommença. Les bourgeois ne voulaient pas entendre parler de modération. Même au risque de perdre une partie de leur fortune par le bombardement, ils étaient résolus à en finir une fois pour toutes avec les ennemis de l'ordre, les brigands, incendiaires et communistes. Avec cela, ils n'avaient même pas l'héroïsme que leurs journaux s'efforcent de leur attribuer. De la séance d'aujourd'hui de l'Assemblée nationale, il ressort que lorsque l'insurrection éclata, la garde nationale fut consternée d'effroi; des informations de tous les journaux des nuances les plus diverses, il ressort clairement, malgré toutes les phrases pompeuses, que le premier jour, la garde nationale parut en faible nombre, que le second et le troisième jour, Cavaignac dut les faire arracher de leur lit et mener au feu par un caporal et quatre hommes. La haine fanatique des bourgeois contre les ouvriers insurgés n'était pas à même de surmonter leur lâcheté naturelle. Les ouvriers, par contre, se sont battu avec une bravoure sans pareille. De moins en moins en mesure de remplacer leurs pertes, de plus en plus refoulés par des forces supérieures, pas un instant ils ne montrèrent de lassitude. Dès le 25 au matin, ils ont dû reconnaître que les chances de la victoire tournaient nettement contre eux. De nouvelles troupes arrivaient par masses successives de toutes les régions; la garde nationale de la banlieue, celle des villes plus éloignées, venaient en gros détachements à Paris. Les troupes de ligne qui se battaient s'élevaient, le 25, à plus de 40 000 hommes, plus que la garnison ordinaire; à cela s'ajoutait la garde mobile avec de 20 à 25 000 hommes; puis la garde nationale de Paris et des autres villes. De plus, encore plusieurs milliers d'hommes de la garde républicaine. Toutes les forces armées qui entrèrent en action contre l'insurrection s'élevaient, le 25, certainement de 150 000 à 200 000 hommes; les ouvriers en avaient tout au plus le quart, ils avaient moins de munitions, absolument aucune direction militaire et point de canons utilisables. Mais ils se battirent en silence et désespérément contre des forces énormément supérieures. C'est par masses successives qu'elles avançaient dans les brèches faites par l'artillerie lourde dans les barricades; les ouvriers les accueillaient sans pousser un cri et ils luttaient partout jusqu'au dernier homme avant de laisser tomber une barricade entre les mains des bourgeois. A Montmartre, les insurgés criaient aux habitants : « Ou bien nous serons mis en pièces, ou c'est nous qui mettrons les autres en pièces; mais nous ne céderons pas, et priez Dieu que nous soyons vainqueurs, car, sinon nous brûlerons tout Montmartre. » Cette menace qui ne fut pas même mise à exécution, est taxée naturellement de « projet abominable », alors que les obus et les fusées incendiaires de Cavaignac sont des « mesures militaires habiles » qui provoquent l'admiration de tous ! Le 25 au matin, les insurgés occupaient les positions suivantes : le Clos Saint-Lazare, les faubourgs Saint-Antoine et du Temple, le Marais et le quartier Saint-Antoine. Le Clos Saint-Lazare (d'un ancien monastère) est une grande étendue de terrain en partie bâtie, en partie couverte seulement de maisons inachevées, de rues tracées, etc. La gare du Nord se trouve exactement en son milieu. Dans ce quartier riche en bâtisses inégalement disposées et qui renferme en outre quantité de matériaux de construction les insurgés avaient construit une forteresse formidable. L'hôpital Louis-Philippe, en construction, était leur centre; ils avaient élevé des barricades redoutables que les témoins oculaires décrivent comme tout à fait imprenables. Derrière, se trouvait le mur de la ceinture de la ville, cerné et occupé par eux. De là, leurs retranchements allaient jusqu'à la rue Rochechouart ou dans les alentours des barrières. Les barrières de Montmartre étaient fortement défendues; Montmartre était complètement occupé par eux. Quarante canons, tonnant contre eux depuis deux jours, ne les avaient pas encore réduits. On tira de nouveau toute la journée avec 40 canons sur ces retranchements; finalement, à 6 heures du soir, les deux barricades de la rue Rochechouart furent prises et bientôt après le Clos Saint-Lazare succombait aussi. Sur le boulevard du Temple, la garde mobile prit à 10 heures du matin plusieurs maisons d'où les insurgés envoyaient leurs balles dans les rangs des assaillants. Les « défenseurs de l'ordre » avaient avancé à peu près jusqu'au boulevard des Filles-du-Calvaire. Sur ces entrefaites, les insurgés furent refoulés de plus en plus loin dans le faubourg du Temple, le canal Saint-Martin occupé par endroits et de là, ainsi que du boulevard, l'artillerie canonnait fortement les rues assez larges et droites. Le combat fut d'une violence extraordinaire. Les ouvriers savaient très bien qu'on les attaquait là au cœur de leurs positions. Il se défendaient comme des forcenés. lis reprirent même des barricades dont on les avait déjà délogés. Mais, après une longue lutte, ils furent écrasés par la supériorité du nombre et des armes. Les barricades succombèrent l'une après l'autre; à la tombée de la nuit, non seulement le faubourg du Temple était pris, mais aussi, au moyen du boulevard et du canal, les abords du faubourg Saint-Antoine et plusieurs barricades de ce faubourg. A l'Hôtel de ville, le général Duvivier faisait des progrès lents, mais réguliers. Des quais, il prit de flanc les barricades de la rue Saint-Antoine, en même temps qu'il canonnait l'île Saint-Louis et l'ancienne île Louvier avec des pièces lourdes. On se battit là également avec un grand acharnement, mais on manque de détails sur cette lutte dont on sait seulement qu'à 4 heures la mairie du IX° arrondissement ainsi que les rues avoisinantes furent prises, que les barricades de la rue Saint-Antoine furent emportées d'assaut l'une après l'autre et que le pont de Damiette qui donnait accès dans l'île Saint-Louis fut pris, A la tombée de la nuit, les insurgés y étaient partout refoulés et tous les accès de la place de la Bastille dégagés. Ainsi, les insurgés étaient rejetés de toutes les parties de la ville, à l'exception du faubourg Saint-Antoine. C'était leur position la plus forte. Les nombreux accès de ce faubourg, le vrai foyer de toutes les insurrections parisiennes, étaient couverts avec une habileté particulière, Des barricades obliques, se couvrant mutuellement les unes les autres, encore renforcées par le feu croisé des maisons, constituaient un redoutable front d'attaque. Leur assaut aurait coûté une énorme quantité d'existences. Devant ces retranchements campaient les bourgeois, ou plutôt leurs valets. La garde nationale avait fait peu de choses ce jour-là, C'est la ligne et la garde mobile qui avaient accompli la plus grande partie de la besogne; la garde nationale occupait les quartiers calmes et les quartiers conquis. C'est la garde républicaine et la garde mobile qui se sont comportées le plus mal. La garde républicaine, réorganisée et épurée comme elle l'était, se battit avec un grand acharnement contre les ouvriers gagnant contre eux ses éperons de garde municipale républicaine. La garde mobile qui est recrutée, dans sa plus grande partie, dans le lumpen-prolétariat parisien, s'est déjà beaucoup transformée, dans le peu de temps de son existence, grâce à une bonne solde, en une garde prétorienne de tous les gens au pouvoir. Le lumpen-prolétariat organisé a livré, sa bataille au prolétariat travailleur non organisé. Comme il fallait s'y attendre, il s'est mis au service de la bourgeoisie, exactement comme les lazaroni à Naples se sont mis à la disposition de Ferdinand. Seuls, les détachements de la garde mobile qui étaient composés de vrais ouvriers passèrent de l'autre côté. Mais comme tout le remue-ménage actuel à Paris semble méprisable quand on voit comment ces anciens mendiants, vagabonds, escrocs, gamins et petits voleurs de la garde mobile que tous les bourgeois traitaient en mars et en avril de bande de brigands capables des actes les plus répréhensibles, de coquins qu'on ne pouvait supporter longtemps, sont maintenant choyés, vantés, récompensés, décorés parce que ces « jeunes héros », ces « enfants de Paris » dont la bravoure est incomparable, qui escaladent les barricades avec le courage le plus brillant, etc., parce que ces étourdis de combattants des barricades de Février tirent maintenant tout aussi étourdiment sur le prolétariat travailleur qu'ils tiraient auparavant sur les soldats, parce qu'ils se sont laissé soudoyer pour massacrer leurs frères à raison de 30 sous par jour ! Honneur à ces vagabonds soudoyés, parce que pour 30 sous par jour ils ont abattu la partie la meilleure, la plus révolutionnaire des ouvriers parisiens ! La bravoure avec laquelle les ouvriers se sont battu est vraiment admirable. Trente à quarante mille ouvriers qui tiennent trois jours entiers contre plus de quatre-vingt mille hommes de troupe et cent mille hommes de garde nationale, contre la mitraille, les obus et les fusées incendiaires, contre la noble expérience guerrière de généraux qui n'ont pas honte d'employer les moyens algériens ! Ils ont été écrasés et, en grande partie, massacrés. On ne rendra pas à leurs morts les honneurs comme aux morts de Juillet et de Février; mais l'histoire assignera une tout autre place aux victimes de la première bataille rangée décisive du prolétariat. (Neue Rheinische Zeitung, 29 juin 1848, nº 29, p. 1-2.) |
| Les luttes de
classes en France K. Marx (1850) Introduction par Friedrich Engels (1895) |
Le présent ouvrage de Marx fut sa première tentative d'explication d'un fragment d'histoire contemporaine à l'aide de sa conception matérialiste et en partant des données économiques qu'impliquait la situation. Dans le Manifeste communiste, la théorie avait été employée pour faire une vaste esquisse de toute l'histoire moderne, dans les articles de Marx et de moi qu'avait publiés la Neue Rheinische Zeitung nous l'avions utilisée pour interpréter les événements politiques du moment. Ici, il s'agissait, par contre, de démontrer l'enchaînement interne des causes dans le cours d'un développement de plusieurs années qui fut pour toute l'Europe aussi critique que typique, c'est-à-dire dans l'esprit de l'auteur, de réduire les événements politiques aux effets de causes, en dernière analyse, économiques. Dans l'appréciation d'événements et de suites d'événements empruntés à l'histoire quotidienne, on ne sera jamais en mesure de remonter jusqu'aux dernières causes économiques. Même aujourd'hui où la presse technique compétente fournit des matériaux si abondants, il sera encore impossible, même en Angleterre, de suivre jour par jour la marche de l'industrie et du commerce sur le marché mondial et les modifications survenues dans les méthodes de production, de façon à pouvoir, à n'importe quel moment, faire le bilan d'ensemble de ces facteurs infiniment complexes et toujours changeants, facteurs dont, la plupart du temps, les plus importants agissent, en outre, longtemps dans l'ombre avant de se manifester soudain violemment au grand jour. Une claire vision d'ensemble de l'histoire économique d'une période donnée n'est jamais possible sur le moment même; on ne peut l'acquérir qu'après coup, après avoir rassemblé et sélectionné les matériaux. La statistique est ici une ressource nécessaire et elle suit toujours en boitant. Pour l'histoire contemporaine en cours on ne sera donc que trop souvent contraint de considérer ce facteur, le plus décisif, comme constant, de traiter la situation économique que l'on trouve au début de la période étudiée comme donnée et invariable pour toute celle-ci ou de ne tenir compte que des modifications à cette situation qui résultent des événements, eux-mêmes évidents, et apparaissent donc clairement elles aussi. En conséquence la méthode matérialiste ne devra ici que trop souvent se borner à ramener les conflits politiques à des luttes d'intérêts entre les classes sociales et les fractions de classes existantes, impliquées par le développement économique, et à montrer que les divers partis politiques sont l'expression politique plus ou moins adéquate de ces mêmes classes et fractions de classes. Il est bien évident que cette négligence inévitable des modifications simultanées de la situation économique, c'est-à-dire de la base même de tous les événements à examiner, ne peut être qu'une source d'erreurs. Mais toutes les conditions d'un exposé d'ensemble de l'histoire qui se fait sous nos yeux renferment inévitablement des sources d'erreurs; or, cela ne détourne personne d'écrire l'histoire du présent. Lorsque Marx entreprit ce travail, cette source d'erreurs était encore beaucoup plus inévitable. Suivre pendant l'époque révolutionnaire de 1848-1849 les fluctuations économiques qui se produisaient au même moment, ou même en conserver une vue d'ensemble, était chose purement impossible. Il en fut de même pendant les premiers mois de l'exil à Londres - pendant l'automne et l'hiver de 1849-1850. Or, ce fut précisément le moment où Marx commença son travail. Et malgré ces circonstances défavorables, sa connaissance exacte de la situation économique de la France avant la révolution de Février, ainsi que de l'histoire politique de ce pays depuis lors, lui a permis de faire une description des événements qui en révèle l'enchaînement interne d'une façon qui reste inégalée, description qui a subi brillamment la double épreuve que Marx lui-même lui a imposée par la suite. La première épreuve eut lieu lorsque Marx, à partir du printemps de 1850, retrouva le loisir de se livrer à des études économiques et qu'il entreprit tout d'abord l'étude de l'histoire économique des dix dernières années. Ainsi, des faits eux-mêmes, il tira une vue tout à fait claire de ce que jusque-là il n'avait fait que déduire, moitié a priori, de matériaux insuffisants : à savoir que la crise commerciale mondiale de 1847 avait été la véritable mère des révolutions de Février et de Mars [1] et que la prospérité industrielle, revenue peu à peu dès le milieu de 1848 et parvenue à son apogée en 1849 et 1850, fut la force vivifiante où la réaction européenne puisa une nouvelle vigueur. Ce fut une épreuve décisive. Tandis que dans les trois premiers articles (parus dans les fascicules de janvier, février et mars de la Neue Rheinische Zeitung, revue d'économie politique, Hambourg, 1850) passe encore l'espoir d'un nouvel essor prochain de l'énergie révolutionnaire, le tableau historique du dernier fascicule double (de mai à octobre) paru en automne 1850 et qui fut composé par Marx et par moi, rompt une fois pour toutes avec ces illusions : « Une nouvelle révolution n'est possible qu'à la suite d'une nouvelle crise. Mais elle est aussi sûre que celle-ci. » Ce fut d'ailleurs la seule modification essentielle à faire. Il n'y avait absolument rien de changé à l'interprétation des événements donnée dans les chapitres précédents ni aux enchaînements de cause à effet qui y étaient établis, ainsi que le prouve la suite du récit donnée dans ce même tableau d'ensemble et qui va du 10 mars à l'automne de 1850. Voilà pourquoi j'ai inséré cette suite comme quatrième article dans cette nouvelle édition. La deuxième épreuve fut plus dure encore. Immédiatement après le coup d'État de Louis Bonaparte du 2 décembre 1851, Marx travailla de nouveau à l'histoire de France de février 1848 jusqu'à cet événement qui marquait provisoirement la fin de la période révolutionnaire. (Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 3° édition, Meissner Hambourg, 1885.) [2] Dans cette brochure, la période qu'il expose dans notre ouvrage est traitée à nouveau, quoique de façon plus brève. Que l'on compare avec la nôtre cette deuxième description écrite à la lumière de l'événement décisif survenu plus d'un an après, et l'on constatera que l'auteur n'eut que fort peu à y changer. Ce qui donne encore à notre ouvrage une importance toute particulière, c'est le fait qu'il prononce pour la première fois sous sa forme condensée la formule par laquelle, à l'unanimité, les partis ouvriers de tous les pays du monde réclament la réorganisation de l'économie : l'appropriation des moyens de production par la société. Dans le deuxième chapitre, à propos du « droit au travail », qui est caractérisé comme « la première formule maladroite dans laquelle se résument les prétentions révolutionnaires du prolétariat », on peut lire : Mais derrière le droit au travail il y a le pouvoir sur le capital, derrière le pouvoir sur le capital, l'appropriation des moyens de production, leur subordination à la classe ouvrière associée, c'est-à-dire la suppression du travail salarié ainsi que du capital et de leurs rapports réciproques. Donc, pour la première fois, se trouve formulée ici la thèse par laquelle le socialisme ouvrier moderne se distingue nettement aussi bien de toutes les diverses nuances du socialisme féodal, bourgeois, petit-bourgeois, etc. que de la confuse communauté des biens du socialisme utopique et du communisme ouvrier primitif. Si, plus tard, Marx a élargi la formule à l'appropriation des moyens d'échange eux aussi, cette extension qui, d'ailleurs, allait de soi après le Manifeste communiste, n'exprimait qu'un corollaire de la thèse principale. Puis, quelques gens avisés en Angleterre ont encore ajouté dernièrement que l'on doit transférer aussi les « moyens de répartition » à la société. Il serait difficile à ces messieurs de dire quels sont donc ces moyens de répartition économiques différents des moyens de production et d'échange, à moins que l'on ne parle des moyens de répartition politiques, impôts, secours aux indigents, y compris le Sachsenwald [3] et autres dotations. Mais, premièrement, ceux-ci ne sont-ils pas déjà maintenant des moyens de répartition en possession de la collectivité, de l'État ou de la commune, et, deuxièmement, ne voulons-nous pas précisément les faire disparaître ? *
** Lorsque éclata la révolution de Février, nous étions tous, quant à la façon dont nous concevions les conditions et le cours des mouvements révolutionnaires, sous la hantise de l'expérience historique passée, et notamment de celle de la France. N'était-ce pas précisément de cette dernière qui, depuis 1789, avait dominé toute l'histoire de l'Europe, qu'était parti encore une fois le signal du bouleversement général ? Aussi, était-il évident et inévitable que nos idées sur la nature et la marche de la révolution « sociale » proclamée à Paris en février 1848, de la révolution du prolétariat, fussent fortement teintées des souvenirs des modèles de 1789 et de 1830 ! Et, notamment, lorsque le soulèvement de Paris trouva son écho dans les soulèvements victorieux de Vienne, Milan et Berlin, lorsque toute l'Europe jusqu'à la frontière russe fut entraînée. dans le mouvement, lorsque ensuite au mois de juin à Paris la première grande bataille pour le pouvoir se livra entre le prolétariat et la bourgeoisie, lorsque la victoire même de sa classe ébranla la bourgeoisie de tous les pays au point qu'elle se réfugia à nouveau dans les bras de la réaction monarchiste-féodale qu'on venait seulement de renverser, nous ne pouvions dans les circonstances d'alors absolument plus douter que le grand combat décisif était commencé, qu'il faudrait le livrer dans une seule période révolutionnaire de longue durée et pleine d'alternatives, mais qu'il ne pouvait se terminer que par la victoire définitive du prolétariat. Après les défaites de 1849, nous ne partagions nullement les illusions de la démocratie vulgaire groupée autour des Gouvernements provisoires in partibus [4]. Celle-ci comptait sur une victoire prochaine, décisive une fois pour toutes, du « peuple » sur les « oppresseurs », nous sur une longue lutte, après l'élimination des « oppresseurs », entre les éléments antagonistes cachés précisément dans ce « peuple ». la démocratie vulgaire attendait le nouveau déclenchement du jour au lendemain; dès l'automne de 1850, nous déclarions que la première tranche au moins de la période révolutionnaire était close et qu'il n'y avait rien à attendre jusqu'à l'explosion d'une nouvelle crise économique mondiale. C'est pourquoi nous fûmes mis au ban comme des traîtres à la révolution par les mêmes gens qui, par la suite, ont fait presque sans exception leur paix avec Bismarck, pour autant que Bismarck trouva qu'ils en valaient la peine. Mais l'histoire nous a donné tort à nous aussi, elle a révélé que notre point de vue d'alors était une illusion. Elle est encore allée plus loin : elle n'a pas seulement dissipé notre erreur d'alors, elle a également bouleversé totalement les conditions dans lesquelles le prolétariat doit combattre. Le mode de lutte de 1848 est périmé aujourd'hui sous tous les rapports, et c'est un point qui mérite d'être examiné de plus près à cette occasion. Toutes les révolutions ont abouti jusqu'à présent à l'évincement de la domination d'une classe déterminée par celle d'une autre; mais toutes les classes dominantes n'étaient jusqu'à présent que de petites minorités par rapport à la masse du peuple dominé. C'est ainsi qu'une minorité dominante était renversée, qu'une autre minorité se saisissait à sa place du gouvernail de l'État et transformait les institutions publiques selon ses intérêts. Et, chaque fois, cette minorité était le groupe rendu apte au pouvoir et qualifié par l'état du développement économique et c'est précisément pour cela, et pour cela seulement, que lors du bouleversement la majorité dominée ou bien y participait en faveur de la minorité ou du moins l'acceptait paisiblement. Mais si nous faisons abstraction du contenu concret de chaque cas, la forme commune de toutes ces révolutions était d'être des révolutions de minorités. Même lorsque la majorité y collaborait, elle ne le faisait - sciemment ou non - qu'au service d'une minorité; mais par là, et déjà aussi du fait de l'attitude passive et sans résistance de la majorité, la minorité avait l'air d'être le représentant du peuple tout entier. Après le premier grand succès, c'était la règle que la minorité victorieuse se scindât en deux : une des moitiés était satisfaite du résultat obtenu, l'autre voulait encore aller plus loin, posait de nouvelles revendications qui étaient au moins partiellement dans l'intérêt réel ou prétendu de la grande foule du peuple. Ces revendications plus radicales s'imposaient bien dans certains cas, mais fréquemment pour un instant seulement; le parti plus modéré reprenait la suprématie, les dernières acquisitions étaient perdues à nouveau en totalité ou partiellement; les vaincus criaient alors à la trahison ou rejetaient la défaite sur le hasard. Mais en réalité la chose était le plus souvent ainsi, les conquêtes de la première victoire n'étaient assurées que par la deuxième victoire du parti plus radical une fois cela acquis, c'est-à-dire ce qui était momentanément nécessaire, les éléments radicaux disparaissaient à nouveau du théâtre d'opérations et leurs succès aussi. Toutes les révolutions des temps modernes, à commencer par la grande révolution anglaise du XVIIe siècle [5], présentèrent ces caractéristiques qui paraissaient inséparables de toute lutte révolutionnaire. Elles parurent également applicables aux luttes du prolétariat pour son émancipation; d'autant plus applicables que, précisément, en 1848, on pouvait compter les gens capables de comprendre, ne fût-ce que passablement, dans quelle direction il fallait chercher cette émancipation. Même à Paris, les masses prolétariennes elles-mêmes, n'avaient encore, après la victoire, absolument aucune idée claire de la voie à suivre. Et pourtant le mouvement était là instinctif, spontané, impossible à étouffer. N'était-ce pas là précisément la situation dans laquelle devait nécessairement réussir, une révolution conduite, il est vrai, par une minorité, mais cette fois non pas dans l'intérêt de la minorité, mais dans l'intérêt le plus immédiat de la majorité ? Si dans toutes les périodes révolutionnaires un peu longues, les grandes masses populaires pouvaient être gagnées si facilement par de simples supercheries présentées de façon plausible par les minorités poussant de l'avant, comment auraient-elles été moins accessibles à des idées qui étaient le reflet le plus caractéristique de leur situation économique et n'étaient autre chose que l'expression claire, rationnelle de leurs besoins qu'elles ne comprenaient pas encore elles-mêmes et dont elles n'avaient qu'un sentiment encore indistinct ? Cet état d'esprit révolutionnaire des masses, il est vrai, avait presque toujours fait place, et très vite le plus souvent, à une dépression ou même à un revirement en sens contraire, dès que l'illusion était dissipée et que la déception s'était produite. Mais il ne s'agissait point ici de supercheries, mais au contraire de la réalisation des intérêts les plus spécifiques de la grande majorité elle-même, d'intérêts qui, il est vrai, n'étaient point du tout clairs alors à cette grande majorité, mais qui devaient nécessairement lui devenir bientôt assez clairs au cours de la réalisation pratique par l'aspect convaincant de leur évidence. Et si, au printemps de 1850, comme Marx l'a démontré dans son troisième article, le développement de la République bourgeoise sortie de la révolution « sociale » de 1848 avait désormais concentré le véritable pouvoir dans les mains de la grande bourgeoisie - qui était en outre d'esprit monarchiste - et avait groupé par contre toutes les autres classes de la société, paysans comme petits bourgeois, autour du prolétariat, de telle sorte que dans et après la victoire commune ce n'étaient pas eux; mais bien le prolétariat qui avait profité des leçons de l'expérience et qui devait nécessairement devenir le facteur décisif, - n'y avait-il pas là toutes les perspectives de transformation de cette révolution de la minorité en révolution de la majorité ? L'histoire nous a donné tort à nous et à tous ceux qui pensaient de façon analogue. Elle a montré clairement que l'état du développement économique sur le continent était alors bien loin encore d'être mûr pour la suppression de la production capitaliste; elle l'a prouvé par la révolution économique qui depuis 1848 a gagné tout le continent et qui n'a véritablement donné droit de cité qu'à ce moment à la grande industrie en France, en Autriche, en Hongrie, en Pologne et dernièrement en Russie et fait vraiment de l'Allemagne un pays industriel de premier ordre - tout cela sur une base capitaliste, c'est-à-dire encore très capable d'extension en 1848. Or, c'est précisément cette révolution industrielle qui, la première, a partout fait la lumière dans les rapports de classes, supprimé une foule d'existences intermédiaires provenant de la période manufacturière et en Europe orientale issues même des corps de métier, engendrant une véritable bourgeoisie et un véritable prolétariat de grande industrie et les poussant l'un et l'autre au premier plan du développement social. Mais, c'est à ce moment seulement, que la lutte de ces deux grandes classes qui, en 1848, en dehors de l'Angleterre, ne s'était produite qu'à Paris et tout au plus dans quelques grands centres industriels, s'élargit à toute l'Europe, prenant une intensité encore inimaginable en 1848. Alors, c'était encore la pléiade des évangiles fumeux de petits groupes avec leurs panacées, aujourd'hui c'est la seule théorie de Marx universellement reconnue, d'une clarté lumineuse et qui formule de façon décisive les fins dernières de la lutte; alors, c'étaient les masses séparées et divisées selon les localités et les nationalités, unies seulement par le sentiment de leurs souffrances communes, peu évoluées, ballottées entre l'enthousiasme et le désespoir, aujourd'hui, c'est la seule grande armée internationale des socialistes, progressant sans cesse, croissant chaque jour en nombre, en organisation, en discipline, en clairvoyance et en certitude de victoire. Même si cette puissante armée du prolétariat n'a toujours pas atteint le but, si, bien loin de remporter la victoire d'un seul grand coup, il faut qu'elle progresse lentement de position en position dans un combat dur, obstiné, la preuve est faite une fois pour toutes qu'il était impossible en 1848 de conquérir la transformation sociale par un simple coup de main. Une bourgeoisie divisée en deux fractions, monarchistes dynastiques [6], mais qui demandait avant toute chose le calme et la sécurité pour ses affaires financières; en face d'elle, un prolétariat vaincu, il est vrai, mais toujours menaçant et autour duquel petits bourgeois et paysans se groupaient de plus en plus - la menace continuelle d'une explosion violente qui, malgré tout, n'offrait aucune perspective de solution définitive, - telle était la situation qu'on aurait dit faite pour le coup d'État du troisième larron, du prétendant pseudo-démocratique Louis Bonaparte. Se servant de l'armée, celui-ci mit fin le 2 décembre 1851 à la situation tendue, assurant bien à l'Europe la tranquillité intérieure, mais la gratifiant, par contre, d'une nouvelle ère de guerres [7]. La période des révolutions par en bas était close pour un instant; une période de révolutions par en haut lui succéda. La réaction impériale de 1851 fournit une nouvelle preuve du manque de maturité des aspirations prolétariennes de cette époque. Mais elle devait elle-même créer les conditions dans lesquelles celles-ci ne pouvaient manquer de mûrir. La tranquillité intérieure assura le plein développement du nouvel essor industriel, la nécessité d'occuper l'armée et de détourner vers l'extérieur les courants révolutionnaires engendra les guerres où Bonaparte chercha, sous le prétexte de faire prévaloir le « principe des nationalités », à ramasser quelques annexions pour la France. Son imitateur Bismarck adopta la même politique pour la Prusse : il fit son coup d'État, sa révolution par en haut en 1866 face à la Confédération allemande et à l'Autriche, et tout autant face à la Chambre des conflits de Prusse. Mais l'Europe était trop petite pour deux Bonaparte, et l'ironie de l'histoire voulut que Bismarck renversât Bonaparte et que le roi Guillaume de Prusse instaurât non seulement le petit Empire allemand, mais aussi la République française [8]. Or, le résultat général fut qu'en Europe l'indépendance et l'unification interne des grandes nations, à la seule exception de la Pologne, furent établies en fait, A l'intérieur, il est vrai, de limites relativement modestes - mais néanmoins dans des proportions suffisantes pour que le processus de développement de la classe ouvrière ne trouvât plus d'obstacles sérieux dans les complications nationales. Les fossoyeurs de la révolution de 1848 étaient devenus ses exécuteurs testamentaires. Et à côté d'eux se dressait déjà menaçant l'héritier de 1848, le prolétariat, dans l'Internationale. Après la guerre de 1870-1871, Bonaparte disparaît de la scène, et la mission de Bismarck est terminée, de sorte qu'il peut de nouveau redescendre au rang de vulgaire hobereau. Mais c'est la Commune de Paris qui constitue la fin de cette période. Une tentative sournoise de Thiers pour voler ses canons à la garde nationale de Paris, provoqua une insurrection victorieuse. Il s'avéra de nouveau qu'à Paris il n'y a plus d'autre révolution possible qu'une révolution prolétarienne. Après la victoire, le pouvoir échut tout à fait de lui-même, de façon absolument indiscutée à la classe ouvrière. Et on put voir une fois de plus combien à ce moment-là, ce pouvoir de la classe ouvrière était encore impossible vingt ans après l'époque que nous décrivons ici. D'une part, la France fit faux bond à Paris, le regardant perdre son sang sous les balles de Mac-Mahon, d'autre part, la Commune se consuma dans la querelle stérile des deux partis qui la divisaient, les blanquistes (majorité) et les proudhoniens (minorité), tous deux ne sachant ce qu'il y avait à faire. Le cadeau de la victoire en 1871 ne porta pas plus de fruits que le coup de main en 1848. Avec la Commune de Paris on crut le prolétariat combatif définitivement enterré. Mais, tout au contraire, c'est de la Commune et de la guerre franco-allemande que date son essor le plus formidable. Le bouleversement total de toutes les conditions de la guerre par l'enrôlement de toute la population apte à porter les armes dans les armées qui ne se comptèrent plus que par millions, les armes à feu, les obus, et les explosifs d'un effet inconnu jusque-là, d'une part mirent une brusque fin à la période des guerres bonapartistes et assurèrent le développement industriel paisible en rendant impossible toute autre guerre qu'une guerre mondiale d'une cruauté inouïe et dont l'issue serait absolument incalculable. D'autre part, du fait que les dépenses de guerre s'accroissaient en progression géométrique, les impôts s'élevèrent à une hauteur vertigineuse, jetant les classes populaires les plus pauvres dans les bras du socialisme. L'annexion de l’Alsace-Lorraine, cause immédiate de la folle course aux armements, a bien pu exciter le chauvinisme des bourgeoisies française et allemande l'un contre l'autre; pour les ouvriers des deux pays, elle devint un élément nouveau d'union. Et l'anniversaire de la Commune de Paris fut le premier jour de fête universel de tout le prolétariat. La guerre de 1870-1871 et la défaite de la Commune avaient, comme Marx l'avait prédit, transféré pour un temps de France en Allemagne le centre de gravité du mouvement ouvrier européen. En France, il va de soi qu'il fallut des années pour se remettre de la saignée de mai 1871. En Allemagne, par contre, où l'industrie, favorisée en outre par la manne des milliards français [9], se développait vraiment comme en serre chaude à un rythme toujours accéléré, la social-démocratie grandissait avec une rapidité et un succès plus grands encore. Grâce à l'intelligence avec laquelle les ouvriers allemands ont utilisé le suffrage universel institué en 1866, l'accroissement étonnant du Parti apparaît ouvertement aux yeux du monde entier dans des chiffres indiscutables. En 1871, 102 000; en 1874, 352 000; en 1877, 493 000 voix social-démocrates. Ensuite, vint la reconnaissance de ces progrès par les autorités supérieures sous la forme de la loi contre les socialistes [10]; le Parti fut momentanément dispersé, le nombre de voix tomba en 1881 à 312 000. Mais ce coup fut rapidement surmonté, et, dès lors, c'est seulement sous la pression de la loi d'exception, sans presse, sans organisation extérieure, sans droit d'association et de réunion, que l'extension rapide va vraiment commencer : 1884 : 550 000, 1887 : 763 000, 1890 : 1 427 000 voix. Alors, la main de l'État fut paralysée. La loi contre les socialistes disparut, le nombre des voix socialistes monta à 1787 000, plus du quart de la totalité des voix exprimées. Le gouvernement et les classes régnantes avaient épuisé tous leurs moyens - sans utilité, sans but, sans succès. Les preuves tangibles de leur impuissance, que les autorités, depuis le veilleur de nuit jusqu'au chancelier d'Empire, avaient dû encaisser, - et cela de la part d'ouvriers méprisés ! - ces preuves se comptaient par millions. L'État était au bout de son latin, les ouvriers n'étaient qu'au commencement du leur. Mais, outre le premier service que constituait leur simple existence, en tant que Parti socialiste, parti le plus fort, le plus discipliné et qui grandissait le plus rapidement, les ouvriers allemands avaient rendu encore à leur cause un autre grand service. En montrant à leurs camarades de tous les pays comment on se sert du suffrage universel, ils leur avaient fourni une nouvelle arme des plus acérée. Depuis longtemps déjà, le suffrage universel avait existé en France, mais il y était tombé en discrédit par suite du mauvais usage que le gouvernement bonapartiste en avait fait. Après la Commune, il n'y avait pas de parti ouvrier pour l'utiliser. En Espagne aussi, le suffrage universel existait depuis la République, mais en Espagne l'abstention aux élections fut de tout temps la règle chez tous les partis d'opposition sérieux. Les expériences faites en Suisse avec le suffrage universel étaient rien moins qu'un encouragement, pour un parti ouvrier. Les ouvriers révolutionnaires des pays romans s'étaient habitués à regarder le droit de suffrage comme un piège, comme un instrument d'escroquerie gouvernementale. En Allemagne, il en fut autrement. Déjà le Manifeste communiste avait proclamé la conquête du suffrage universel, de la démocratie, comme une des premières et des plus importantes tâches du prolétariat militant, et Lassalle avait repris ce point. Lorsque Bismarck se vit contraint d'instituer ce droit de vote [11] comme le seul moyen d'intéresser les masses populaires à ses projets, nos ouvriers prirent aussitôt cela au sérieux et envoyèrent August Bebel au premier Reichstag constituant. Et à partir de ce jour-là, ils ont utilisé le droit de vote de telle sorte qu'ils en ont été récompensés de mille manières et que cela a servi d'exemple aux ouvriers de tous les pays. Ils ont transformé le droit de vote, selon les termes du programme marxiste français [12] de moyen de duperie qu'il a été jusqu'ici en instrument d'émancipation . Et si le suffrage universel n'avait donné d'autre bénéfice que de nous permettre de nous compter tous les trois ans, que d'accroître par la montée régulièrement constatée, extrêmement rapide du nombre des voix, la certitude de la victoire chez les ouvriers, dans la même mesure que l'effroi chez les adversaires, et de devenir ainsi notre meilleur moyen de propagande; que de nous renseigner exactement sur notre propre force ainsi que sur celle de tous les partis adverses et de nous fournir ainsi pour proportionner notre action un critère supérieur à tout autre, nous préservant aussi bien d'une pusillanimité inopportune que d'une folle hardiesse tout aussi déplacée - si c'était le seul bénéfice que nous ayons tiré du droit de suffrage, ce serait déjà plus que suffisant. Mais il a encore fait bien davantage. Avec l'agitation électorale, il nous a fourni un moyen qui n'a pas son égal pour entrer en contact avec les masses populaires là où elles sont encore loin de nous, pour contraindre tous les partis à défendre devant tout le peuple leurs opinions et leurs actions face à nos attaques : et, en outre, il a ouvert à nos représentants au Reichstag une tribune du haut de laquelle ils ont pu parler à leurs adversaires au Parlement ainsi qu'aux masses au dehors, avec une tout autre autorité et une tout autre liberté que dans la presse et dans les réunions. A quoi servait au gouvernement et à la bourgeoisie leur loi contre les socialistes si l'agitation électorale et les discours des socialistes au Reichstag la battaient continuellement en brèche. Mais en utilisant ainsi efficacement le suffrage universel le prolétariat avait mis en œuvre une méthode de lutte toute nouvelle et elle se développa rapidement. On trouva que les institutions d'État où s'organise la domination de la bourgeoisie fournissent encore des possibilités d'utilisation nouvelles qui permettent à la classe ouvrière de combattre ces mêmes institutions d'État. On participa aux élections aux différentes Diètes, aux conseils municipaux, aux conseils de prud'hommes, on disputa à la bourgeoisie chaque poste dont une partie suffisante du prolétariat participait à la désignation du titulaire. Et c'est ainsi que la bourgeoisie et le gouvernement en arrivèrent à avoir plus peur de l'action légale que de l'action illégale du Parti ouvrier, des succès des élections que de ceux de la rébellion. Car, là aussi, les conditions de la lutte s'étaient sérieusement transformées. La rébellion d'ancien style, le combat sur les barricades, qui, jusqu'à 1848, avait partout été décisif, était considérablement dépassé. Ne nous faisons pas d'illusions à ce sujet : une véritable victoire de l'insurrection sur les troupes dans le combat de rues, une victoire comme dans la bataille entre deux armées est une chose des plus rares. Mais d'ailleurs il était rare aussi que les insurgés l'aient envisagée. Il ne s'agissait pour eux que d'amollir les troupes en les influençant moralement, ce qui ne joue aucun rôle ou du moins ne joue qu'un rôle beaucoup moins grand dans la lutte entre les armées de deux pays belligérants. Si cela réussit, la troupe refuse de marcher, ou les chefs perdent la tête, et l'insurrection est victorieuse. Si cela ne réussit pas alors, même avec des troupes inférieures en nombre, c'est la supériorité de l'équipement et de l'instruction, de la direction unique, de l'emploi systématique des forces armées et de la discipline qui l'emporte. Le maximum de ce que l'insurrection peut atteindre dans une action vraiment tactique, c'est l'établissement dans les règles et la défense d'une barricade isolée. Soutien réciproque, constitution et utilisation des réserves, bref, la coopération et la liaison des différents détachements indispensables déjà pour la défense d'un quartier, à plus forte raison de toute une grande ville, ne sauraient être réalisées que d'une façon tout à fait insuffisante et le plus souvent pas du tout; la concentration des forces armées sur un point décisif n'a naturellement pas lieu. La résistance passive est, par conséquent, la forme de lutte prédominante; l'attaque, ramassant ses forces, fera bien à l'occasion çà et là, mais encore de façon purement exceptionnelle, des avances et des attaques de flanc, mais en règle générale elle se bornera à l'occupation des positions abandonnées par les troupes battant en retraite. A cela s'ajoute encore que du côté de l'armée l'on dispose de canons et de troupes de génie complètement équipées et exercées, moyens de combat qui presque toujours font complètement défaut aux insurgés. Rien d'étonnant donc que même les combats de barricades disputés avec le plus grand héroïsme - à Paris en juin 1848, à Vienne en octobre 1848, à Dresde en mai 1849, - finirent par la défaite de l'insurrection dès que, n'étant pas gênés par des considérations politiques, les chefs dirigeant l'attaque agirent selon des points de vue purement militaires et que leurs soldats leur restèrent fidèles. Les nombreux succès des insurgés jusqu'en 1848 sont dus à des causes très variées. A Paris, en juillet 1830 et en février 1848, comme dans la plupart des combats de rues en Espagne, il y avait entre les insurgés et les soldats une garde civile qui, ou bien passait directement du côté de l'insurrection ou bien, par son attitude flottante, irrésolue, amenait également un flottement dans les troupes et fournissait en outre des armes à l'insurrection. Là où cette garde civile se dressa dès le début contre l'insurrection, comme en juin 1848 à Paris, celle-ci fut aussi vaincue. A Berlin, en 1848, le peuple fut vainqueur, soit grâce à l'afflux considérable de nouvelles forces armées pendant la nuit et la matinée du 19, soit par suite de l'épuisement et du mauvais approvisionnement des troupes, soit enfin par suite de la paralysie du commandement. Mais, dans tous les cas, la victoire fut remportée parce que la troupe refusa de marcher, parce que l'esprit de décision manquait chez les chefs militaires ou parce qu'ils avaient les mains liées. Même à l'époque classique des combats de rues, la barricade avait donc un effet plus moral que matériel. Elle était un moyen d'ébranler la fermeté des soldats. Si elle tenait jusqu'à ce que celle-ci flanche, la victoire était acquise; sinon, on était battu. (Tel est le point principal qu'il faut également avoir à l'esprit dans l'avenir lorsque l'on examine la chance d'éventuels combats de rues.) Les chances d'ailleurs étaient assez mauvaises dès 1849. La bourgeoisie était passée partout du côté des gouvernements. « La civilisation et la propriété » saluaient et traitaient les soldats qui partaient contre les insurgés. La barricade avait perdu son charme, les soldats ne voyaient plus derrière elle le « peuple », mais des rebelles, des excitateurs, des pillards, des partageux, le rebut de la société; l'officier avait appris avec le temps les formes tactiques du combat de rues, il ne marchait plus directement et sans se couvrir sur la barricade improvisée, mais il la tournait en se servant des jardins, des cours et des maisons. Et avec quelque adresse, cela réussissait maintenant neuf fois sur dix. Mais depuis lors, beaucoup de choses se sont encore modifiées, et toutes en faveur des soldats. Si les grandes villes ont pris une extension considérable, les armées ont grandi davantage encore. Depuis 1848, Paris et Berlin n'ont pas quadruplé, or, leurs garnisons se sont accrues au delà. Ces garnisons peuvent être plus que doublées en vingt-quatre heures grâce aux chemins de fer, et grossir, jusqu'à devenir des armées gigantesques en quarante-huit heures. L'armement de ces troupes énormément renforcées est incomparablement plus efficace. En 1848, c'était le simple fusil à percussion, aujourd'hui c'est le fusil à magasin de petit calibre qui tire quatre fois aussi loin, dix fois plus juste et dix fois plus vite que le premier. Autrefois, c'étaient les boulets et les obus de l'artillerie relativement peu efficaces : aujourd'hui ce sont les obus à percussion dont un seul suffit pour mettre en miettes la meilleure barricade. Autrefois, c'était le pic du pionnier pour percer les murs, aujourd'hui ce sont les cartouches de dynamite. Du côté des insurgés, par contre, toutes les conditions sont devenues pires. Une insurrection qui a la sympathie de toutes les couches du peuple se reproduira difficilement; dans la lutte de classes toutes les couches moyennes ne se grouperont sans doute jamais d'une façon assez exclusive autour du prolétariat pour que, en contre-partie, le parti réactionnaire rassemblé autour de la bourgeoisie disparaisse à peu près complètement. Le « peuple » apparaîtra donc toujours divisé, et, partant, c'est un levier puissant, d'une si haute efficacité en 1848, qui manquera. Si du côté des insurgés viennent un plus grand nombre de combattants ayant fait leur service, leur armement n'en sera que plus difficile. Les fusils de chasse et de luxe des boutiques d'armuriers - même si la police ne les a pas rendus inutilisables au préalable en enlevant quelque pièce de la culasse - sont même dans la lutte rapprochée loin de valoir le fusil à magasin du soldat. Jusqu'en 1848, on pouvait faire soi-même avec de la poudre et du plomb les munitions nécessaires, aujourd'hui, la cartouche diffère pour chaque fusil et elle n'a partout qu'un seul point de commun, à savoir qu'elle est un produit de la technique de la grande industrie et que, par conséquent, on ne peut pas la fabriquer ex tempore [13]; la plupart des fusils sont donc inutiles tant qu'on n'a pas les munitions qui leur conviennent spécialement. Enfin, les quartiers construits depuis 1848 dans les grandes villes ont des rues longues, droites et larges, et semblent adaptés à l'effet des nouveaux canons et des nouveaux fusils. Il serait insensé, le révolutionnaire qui choisirait les nouveaux districts ouvriers du nord et de l'est de Berlin pour un combat de barricades. [Cela veut-il dire qu'à l'avenir le combat de rues ne jouera plus aucun rôle ? Pas du tout. Cela veut dire seulement que les conditions depuis 1848 sont devenues beaucoup moins favorables pour les combattants civils, et beaucoup plus favorables pour les troupes. Un combat de rues ne peut donc à l'avenir être victorieux que si cette infériorité de situation est compensée par d'autres facteurs. Aussi, se produira-t-il plus rarement au début d'une grande révolution qu'au cours du développement de celle-ci, et il faudra l'entreprendre avec des forces plus grandes. Mais alors celles-ci, comme dans toute la Révolution française, le 4 septembre et le 31 octobre 1870 à Paris [14], préféreront sans doute l'attaque ouverte à la tactique passive de la barricade.] [15] Le lecteur comprend-il maintenant pourquoi les pouvoirs dirigeants veulent absolument nous mener là où partent les fusils et où frappent les sabres ? Pourquoi on nous accuse aujourd'hui de lâcheté, parce que nous ne descendons pas carrément dans la rue où nous sommes certains à l'avance d'être défaits ? Pourquoi on nous supplie si instamment de vouloir bien enfin jouer un jour à la chair à canon ? C'est inutilement et pour rien que ces messieurs gaspillent leurs suppliques comme leurs provocations. Nous ne sommes pas si bêtes. Ils pourraient aussi bien exiger de leur ennemi dans la prochaine guerre qu'il veuille bien se disposer en formations de ligne comme au temps du vieux Fritz ou en colonnes de divisions tout entières à la Wagram et à la Waterloo [16], et cela avec le fusil à pierre à la main. Si les conditions ont changé pour la guerre des peuples, elles n'ont pas moins changé pour la lutte de classes. Le temps des coups de main, des révolutions exécutées par de petites minorités conscientes à la tête des masses inconscientes, est passé. Là où il s'agit d'une transformation complète de l'organisation de la société, il faut que les masses elles-mêmes y coopèrent, qu'elles aient déjà compris elles-mêmes de quoi il s'agit, pour quoi elles interviennent (avec leur corps et avec leur vie). Voilà ce que nous a appris l'histoire des cinquante dernières années. Mais pour que les masses comprennent ce qu'il y a à faire, un travail long, persévérant est nécessaire; c'est précisément ce travail que nous faisons maintenant, et cela avec un succès qui met au désespoir nos adversaires. Dans les pays romans aussi on comprend de plus en plus qu'il faut réviser l'ancienne tactique. Partout, [le déclenchement sans préparation de l'attaque passe au second plan, partout] on a imité l'exemple allemand de l'utilisation du droit de vote, de la conquête de tous les postes qui nous sont accessibles, [sauf si les gouvernements nous provoquent ouvertement à la lutte]. En France, où pourtant le terrain est miné depuis plus de cent ans par des révolutions successives, où il n'y a pas de parti qui n'ait eu sa part de conspirations, d'insurrections et d'autres actions révolutionnaires de toutes sortes, en France, où, par conséquent, l'armée n'est pas sûre du tout pour le gouvernement et où, en général, les circonstances sont beaucoup plus favorables pour un coup de main insurrectionnel qu'en Allemagne - même en France les socialistes comprennent de plus en plus qu'il n'y a pas pour eux de victoire durable possible, à moins de gagner auparavant la grande masse du peuple, c'est-à-dire ici les paysans. Le lent travail de propagande et l'activité parlementaire sont reconnus là aussi comme la tâche immédiate du Parti. Les succès n'ont pas manqué. Non seulement on a conquis toute une série de conseils municipaux; aux Chambres siègent cinquante socialistes et ceux-ci ont déjà renversé trois ministères et un président de la République. En Belgique, les ouvriers ont arraché l'année dernière le droit de vote et triomphé dans un quart des circonscriptions électorales. En Suisse, en Italie, au Danemark, voire même en Bulgarie et en Roumanie, les socialistes sont représentés au Parlement. En Autriche, tous les partis sont d'accord pour dire qu'on ne saurait nous fermer plus longtemps l'accès au Reichsrat (Conseil d'Empire). Nous y entrerons, c'est une chose certaine, on se querelle seulement sur la question de savoir par quelle porte. Et même si en Russie le fameux Zemski Sobor se réunit, cette Assemblée nationale contre laquelle se cabre si vainement le jeune Nicolas, même là nous pouvons compter avec certitude que nous y serons représentés également. Il est bien évident que nos camarades étrangers ne renoncent nullement pour cela à leur droit à la révolution. Le droit à la révolution n'est-il pas après tout le seul « droit historique », réel, le seul sur lequel reposent tous les États modernes sans exception, y compris le Mecklembourg dont la révolution de la noblesse s'est terminée en 1755 par le « pacte héréditaire », glorieuse consécration écrite du féodalisme encore en vigueur aujourd'hui. Le droit à la révolution est ancré de façon si incontestable dans la conscience universelle que même le général de Bogouslavski fait remonter à ce droit du peuple seul, le droit au coup d'État qu'il réclame à son empereur. Mais quoi qu'il arrive dans d'autres pays, la social-démocratie allemande a une situation particulière et, de ce fait, du moins dans l'immédiat, aussi une tâche particulière. Les deux millions d'électeurs qu'elle envoie au scrutin, y compris les jeunes gens et les femmes qui sont derrière eux en qualité de non-électeurs, constituent la masse la plus nombreuse, la plus compacte, le « groupe de choc » décisif de l'armée prolétarienne internationale. Cette masse fournit dès maintenant plus d'un quart des voix exprimées; et, comme le prouvent les élections partielles au Reichstag, les élections aux Diètes des différents pays, les élections aux conseils municipaux et aux conseils de prud'hommes, elle augmente sans cesse. Sa croissance se produit aussi spontanément, aussi constamment, aussi irrésistiblement et, en même temps, aussi tranquillement qu'un processus naturel. Toutes les interventions gouvernementales pour l'empêcher se sont avérées impuissantes. Dès aujourd'hui, nous pouvons compter sur deux millions et quart d'électeurs. Si cela continue ainsi, nous conquerrons d'ici la fin du siècle la plus grande partie des couches moyennes de la société, petits bourgeois ainsi que petits paysans, et nous grandirons jusqu'à devenir la puissance décisive dans le pays, devant laquelle il faudra que s'inclinent toutes les autres puissances, qu'elles le veuillent ou non. Maintenir sans cesse cet accroissement, jusqu'à ce que de lui-même il devienne plus fort que le système gouvernemental au pouvoir (ne pas user dans des combats d'avant-garde, ce « groupe de choc » qui se renforce journellement, mais le garder intact jusqu'au jour décisif), telle est notre tâche principale. Or, il n'y a qu'un moyen qui pourrait contenir momentanément le grossissement continuel des forces combattantes socialistes en Allemagne et même le faire régresser quelque temps, c'est une collision de grande envergure avec les troupes, une saignée comme en 1871 à Paris. A la longue, on surmonterait bien cette chose aussi. Rayer à coups de fusil de la surface du globe un parti qui se compte par millions, tous les fusils à magasin d'Europe et d'Amérique n'y suffisent pas. Mais le développement normal serait paralysé (le « groupe de choc » ne serait peut-être pas disponible au moment critique), le combat décisif serait retardé, prolongé et s'accompagnerait de sacrifices plus lourds. L'ironie de l'histoire mondiale met tout sens dessus dessous. Nous, les « révolutionnaires », les « chambardeurs », nous prospérons beaucoup mieux par les moyens légaux que par les moyens illégaux et le chambardement. Les partis de l'ordre, comme ils se nomment, périssent de l'état légal qu'ils ont créé eux-mêmes. Avec Odilon Barrot, ils s'écrient désespérés : la légalité nous tue, alors que nous, dans cette légalité, nous nous faisons des muscles fermes et des joues roses et nous respirons la jeunesse éternelle. Et si nous ne sommes pas assez insensés pour nous laisser pousser au combat de rues pour leur faire plaisir, il ne leur restera finalement rien d'autre à faire qu'à briser eux-mêmes cette légalité qui leur est devenue si fatale. En attendant, ils font de nouvelles lois contre le chambardement. Tout est à nouveau mis sens dessus dessous. Ces fanatiques de l'antichambardement d'aujourd'hui, ne sont-ils pas eux-mêmes les chambardeurs d'hier ? Est-ce nous peut-être qui avons provoqué la guerre civile de 1866 ? Est-ce nous qui avons chassé de leurs pays héréditaires légitimes, le roi de Hanovre, le prince électeur de Hesse, le duc, de Nassau et annexé ces pays héréditaires ? Et ces chambardeurs du Bund allemand et de trois couronnes par la grâce de Dieu se plaignent du chambardement ? Quis tulerit Gracchos de seditione querentes [17] ? Qui pourrait permettre aux adorateurs de Bismarck de se répandre en invectives sur le chambardement ? Cependant, ils peuvent bien faire passer leurs projets de lois contre la révolution, ils peuvent les aggraver encore, transformer toutes les lois pénales en caoutchouc, ils ne feront rien que donner une nouvelle preuve de leur impuissance. Pour s'attaquer sérieusement à la social-démocratie, il leur faudra encore de tout autres mesures. Sur la révolution sociale-démocrate qui se porte justement si bien parce qu'elle se conforme aux lois, ils ne pourront avoir prise que par le chambardement du parti de l'ordre, lequel ne peut vivre sans briser les lois. M. Roessler, le bureaucrate prussien, et M. de Bogouslavski, le général prussien, leur ont montré la seule voie par laquelle on peut peut-être encore avoir prise sur les ouvriers qui ne se laisseront pas, tant pis, pousser au combat de rues. Rupture de la Constitution, dictature, retour à l'absolutisme, regis voluntas suprema lex [18] ! Donc, ayez seulement du courage, messieurs, il ne s'agit plus ici de faire semblant, il s'agit de siffler. Mais n'oubliez pas que l'Empire allemand, comme tous les petits États et en général tous les États modernes, est le produit d'un pacte; du pacte d'abord des princes entre eux, ensuite des princes avec le peuple. Si une des parties brise le pacte, tout le pacte tombe et alors l'autre partie n'est plus liée non plus. [Comme Bismarck nous en a si bien donné l'exemple en 1866. Si donc vous brisez la Constitution impériale, la social-démocratie est libre, libre de faire ce qu'elle veut à votre égard. Mais ce qu'elle fera ensuite, elle se gardera bien de vous le dire aujourd'hui.] Il y a maintenant presque exactement mille six cents ans que dans l'Empire romain sévissait également un dangereux parti révolutionnaire. Il sapait la religion et tous les fondements de l'État. Il niait carrément que la volonté de l'empereur fût la loi suprême, il était sans patrie, international, il s'étendait sur tout l'Empire depuis la Gaule jusqu'à l'Asie, débordait les limites de l'Empire, Il avait fait longtemps un travail de sape souterrain, secret. Mais depuis assez longtemps déjà il se croyait assez fort pour paraître au grand jour. Ce parti révolutionnaire qui était connu sous le nom de chrétien avait aussi sa forte représentation dans l'armée; des légions tout entières étaient chrétiennes. Lorsqu'ils recevaient l'ordre d'aller aux sacrifices solennels de l'Église païenne nationale pour y rendre les honneurs, les soldats révolutionnaires poussaient l'insolence jusqu'à accrocher à leur casque des insignes particuliers - des croix, - en signe de protestation. Même les chicanes coutumières des supérieurs à la caserne restaient vaines. L'empereur Dioclétien ne put conserver plus longtemps son calme en voyant comment on sapait l'ordre, l'obéissance et la discipline dans son armée. Il intervint énergiquement, car il était temps encore. Il promulgua une loi contre les socialistes, je voulais dire une loi contre les chrétiens. Les réunions des révolutionnaires furent interdites, leurs locaux fermés ou même démolis, les insignes chrétiens, croix, etc., furent interdits, comme en Saxe les mouchoirs rouges. Les chrétiens furent déclarés incapables d'occuper des postes publics, on ne leur laissait même pas le droit de passer caporaux. Comme on ne disposait pas encore à l'époque de juges aussi bien dressés au « respect de l'individu » que le suppose le projet de loi contre la révolution de M. de Koeller [19], on interdit purement et simplement aux chrétiens de demander justice devant les tribunaux. Cette loi d'exception resta elle aussi sans effet. Par dérision, les chrétiens l'arrachèrent des murs; bien mieux, on dit qu'à Nicomédie, ils incendièrent le palais au-dessus de la tête de l'empereur. Alors, celui-ci se vengea par la grande persécution des chrétiens de l'année 303 de notre ère. Ce fut la dernière de ce genre. Et elle fut si efficace que dix-sept années plus tard, l'armée était composée en majeure partie de chrétiens et que le nouvel autocrate de l'Empire romain qui succède à Dioclétien, Constantin, appelé par les curés le Grand, proclamait le christianisme religion d'État. Londres, le 6 mars 1895. Notes Les passages en bleu sont en français dans le texte. [1] La révolution de 1848 a commencé en France le 24 février, à Vienne le 13 mars, à Berlin le 18 mars. [2] Éditions sociales, 1963. [3] Une grande propriété qui fut offerte au chancelier Bismarck. [4] Sur des territoires étrangers. Se dit de l'évêque dont le titre est purement honorifique et ne donne droit à aucune juridiction. On dit, par ironie, gouvernement, ministre, ambassadeur, etc., in partibus. [5] Sur la révolution anglaise, voir l'étude d'Engels : « Le matérialisme historique » dans K. Marx et F. Engels : Études philosophiques, pp. 116-137, Éditions sociales, Paris, 1961. [6] Il s'agit des légitimistes, partisans de la monarchie « légitime » des Bourbons qui fut au pouvoir jusqu'à la Révolution de 1789 et pendant la Restauration (1815-1830), et des orléanistes, partisans de la dynastie des Orléans qui vint au pouvoir au moment de la révolution de juillet 1830 et qui fut renversée par la révolution de 1848. Les premiers étaient les représentants de la grande propriété foncière, les seconds de la banque. [7] Sous le règne de Napoléon III, la France participa à la guerre de Crimée (1854-1855); elle fit la guerre à l'Autriche (1859), organisa une expédition en Syrie (1860), participa avec l'Angleterre à la guerre contre la Chine, conquit le Cambodge (Indochine) et participa à l'expédition du Mexique en 1863 et en 1870 fit la guerre contre l'Allemagne. [8] Le résultat de la victoire sur la France dans la guerre franco-allemande de 1870-71, fut la formation de l'Empire allemand à l'exclusion de l'Autriche (de là l'appellation « le petit Empire allemand »). La défaite de Napoléon III donna le signal de la révolution en France. La révolution renversa Napoléon III et conduisit à la proclamation de la République le 4 septembre 1870. [9] La guerre franco-allemande une fois terminée, l'Allemagne annexa, conformément au traité de paix de 1871, l'Alsace-Lorraine et contraignit la France à payer une contribution de 5 milliards. [10] C'est le 19 octobre 1878 qu'entra en vigueur en Allemagne la loi d'exception contre les socialistes, interdisant le Parti social-démocrate et le poussant à l'illégalité. Elle ne fut abolie qu'en 1890. [11] Le suffrage universel fut introduit par Bismarck en 1866 lors des élections au Reichstag de l'Empire allemand unifié. [12] Il s'agit du programme du Parti ouvrier français qui avait été élaboré par Jules Guesde et Paul Lafargue sous la direction personnelle de Marx. [13] Sur le champ. [14] Il s'agit du 4 septembre 1870, journée où le gouvernement de Louis Bonaparte fut renversé et la République proclamée, ainsi que de l'échec du soulèvement des blanquistes contre le gouvernement de la défense nationale le 31 octobre de cette même année. [15] Les passages entre crochets, ici et par la suite, ont été rayés par Engels lui-même. [16] Dans la bataille de Wagram en 1809, Napoléon ler vainquit l'armée autrichienne; à Waterloo, 18 juin 1815, les armées alliées (anglaise, prussienne, etc.), lui infligèrent une défaite décisive. [17] Qui supportera que les Gracques se plaignent d'une sédition ? [18] La volonté du roi est la loi suprême. [19] Le 5 décembre 1894, un nouveau projet de loi contre les socialistes fut déposé au Reichstag. Ce projet fut renvoyé à une commission qui le discuta jusqu'au 25 avril 1895. |
| Dans
une bombe, avant l'explosion, les contraires, par suite de conditions
déterminées, coexistent dans l'unité. Et c'est
seulement avec l'apparition de nouvelles conditions (allumage) que se
produit l'explosion. Une situation analogue se retrouve dans tous les
phénomènes de la nature où, finalement, la
solution d'anciennes contradictions et la naissance de choses nouvelles
se produisent sous forme de conflits ouverts. Il est extrêmement important de connaître ce fait. Il nous aide à comprendre que, dans la société de classes, les révolutions et les guerres révolutionnaires sont inévitables, que, sans elles, il est impossible d'obtenir un développement par bonds de la société, de renverser la classe réactionnaire dominante et de permettre au peuple de prendre le pouvoir. |
| Mao tsé toung, De la contradiction, http://classiques.chez-alice.fr/mao/contradic7.html ON CONTRADICTION August 1937 |
| Communists must use
the democratic
method of persuasion and education when working among the labouring
people and must on no account resort to commandism or coercion. The
Chinese Communist Party faithfully adheres to this Marxist-Leninist
principle. On the Correct Handling of Contradictions Among the People (February 27, 1957), 1st pocket ed., p. 15.* [ texte complet : ON THE CORRECT HANDLING OF CONTRADICTIONS AMONG THE PEOPLE |
| Our comrades must understand that
ideological remoulding involves long-term, patient and painstaking
work, and they must not attempt to change people's ideology, which has
been shaped over decades of life, by giving a few lectures or by
holding a few meetings. Persuasion, not compulsion, is the only way to
convince them. Compulsion will never result in convincing them. To try
to convince them by force simply won't work. This kind of method is
permissible in dealing with the enemy, but absolutely impermissible in
dealing with comrades or friends. Speech at the Chinese Communist Party's National Conference on Propaganda Work (March 12, 1957), lst pocket ed., p. 23. We must make a distinction between the enemy and ourselves, and we must not adopt an antagonistic stand towards comrades and treat them as we would the enemy. In speaking up, one must have an ardent desire to protect the cause of the people and raise their political consciousness, and there must be no ridiculing or attacking in one's approach. Ibid., p. 20.* |
| On
Guerrilla Warfare (http://www.marxists.org/reference/archive/mao/works/1937/guerrilla-warfare/index.htm) |
| 6.
The Political Problems Of Guerrilla Warfare (http://www.marxists.org/reference/archive/mao/works/1937/guerrilla-warfare/ch06.htm) In Chapter 1, I mentioned the fact that guerrilla troops should have a precise conception of the political goal of the struggle and the political organization to be used in attaining that goal. This means that both organization and discipline of guerrilla troops must be at a high level so that they can carry out the political activities that are the life of both the guerilla armies and of revolutionary warfare. First of all, political activities depend upon the indoctrination of both military and political leaders with the idea of anti-Japanism. Through them, the idea is transmitted to the troops. One must not feel that he is anti-Japanese merely because he is a member of a guerrilla unit. The anti-Japanese idea must be an ever-present conviction, and if it is forgotten, we may succumb to the temptations of the enemy or be overcome with discouragement. In a war of long duration, those whose conviction that the people must be emancipated is not deep rooted are likely to become shaken in their faith or actually revolt. Without the general education that enables everyone to understand our goal of driving out Japanese imperialism and establishing a free and happy China, the soldiers fight without conviction and lose their determination. The political goal must be clearly and precisely indicated to inhabitants of guerrilla zones and their national consciousness awakened. Hence, a concrete explanation of the political systems used is important not only to guerrilla troops but to all those who are concerned with the realization of our political goal. The Kuomintang has issued a pamphlet entitled System of National Organization for War, which should be widely distributed throughout guerrilla zones. If we lack national organization, we will lack the essential unity that should exist between the soldiers and the people. A study and comprehension of the political objectives of this war and of the anti-Japanese front is particularly important for officers of guerrilla troops. There are some militarists who say: 'We are not interested in politics but only in the profession of arms.' It is vital that these simple-minded militarists be made to realize the relationship that exists between politics and military affairs. Military action is a method used to attain a political goal. While military affairs and political affairs are not identical, it is impossible to isolate one from the other. It is to be hoped that the world is in the last era of strife. The vast majority of human beings have already prepared or are preparing to fight a war that will bring justice to the oppressed peopled of the world. No matter how long this war may last, there is no doubt that it will be followed by an unprecedented epoch of peace The war that we are fighting today for the freedom of all human beings, and the independent, happy, and liberal China that we are fighting to establish will be a part of that new world order. A conception like this is difficult for the simple-minded militarist to grasp and it must therefore be carefully explained to him. There are three additional matters that must be considered under the broad question of political activities. These are political activities, first, as applied to the troops; second, as applied to the people; and, third, as applied to the enemy. The fundamental problems are: first, spiritual unification of officers and men within the army; second spiritual unification of the army and the people; of the army and the people; and, last, destruction of the unity of the enemy. The concrete methods for achieving these unities are discussed in detail in pamphlet Number 4 of this series, entitled Political Activities in Anti-Japanese Guerrilla Warfare. A revolutionary army must have discipline that is established on a limited democratic basis. In all armies, obedience the subordinates to their superiors must be exacted. This is true in the case of guerrilla discipline, but the basis for guerrilla discipline must be the individual conscience. With guerrillas, a discipline of compulsion is ineffective. In any revolutionary army, there is unity of purpose as far as both officers and men are concerned, and, therefore, within such an army, discipline is self-imposed. Although discipline in guerrilla ranks is not as severe as in the ranks of orthodox forces, the necessity for discipline exists. This must be self-imposed, because only when it is, is the soldier able to understand completely, why he fights and why he must obey. This type of discipline becomes a tower of strength within the army, and it is the only type that can truly harmonize the relationship that exists between officers and soldiers. In any system where discipline is externally imposed, the relationship that exists between officer and man is characterized by indifference of the one to the other. The idea that officers can physically beat or severely tongue-lash their men is a feudal one and is not in accord with the conception of self-imposed discipline. Discipline of the feudal type will destroy internal unity and fighting strength. A discipline self-imposed is the primary characteristic of a democratic system in the army . A secondary characteristic is found in the degree of liberties accorded officers and soldiers. In a revolutionary army, all individuals enjoy political liberty and the question, for example, of the emancipation of the people must not only be tolerated but discussed, and propaganda must encouraged. Further, in such an army, the mode of living of the officers and the soldiers must not differ too much, and this is particularly true in the case of guerilla troops. Officers should live under the same conditions as their men, for that is the only way in which they can gain from their men the admiration and confidence so vital in war. It is incorrect to hold to a theory of equality in all things. But there must be equality of existence in accepting the hardships and dangers of war, thus we may attain to the unification of the officer and soldier groups a unity both horizontal within the group itself, and vertical, that is, from lower to higher echelons. It is only when such unity is present that units can be said to be powerful combat factors. There is also a unity of spirit that should exist between troops and local inhabitants. The Eighth Route Army put into practice a code known as 'Three Rules and the Eight Remarks', which we list here: Rules: All actions are subject to command. Do not steal from the people. Be neither selfish nor unjust. Remarks: Replace the door when you leave the house. Roll up the bedding on which you have slept. Be courteous. Be honest in your transactions. Return what you borrow. Replace what you break. Do not bathe in the presence of women. Do not without authority search those you arrest. The Red Army adhered to this code for ten years and the Eighth Route Army and other units have since adopted it. Many people think it impossible for guerrillas to exist for long in the enemy's rear. Such a belief reveals lack of comprehension of the relationship that should exist between the people and the troops. The former may be likened to water the latter to the fish who inhabit it. How may it be said that these two cannot exist together? It is only undisciplined troops who make the people their enemies and who, like the fish out of its native element cannot live. We further our mission of destroying the enemy by propagandizing his troops, by treating his captured soldiers with consideration, and by caring for those of his wounded who fall into our hands. If we fail in these respects, we strengthen the solidarity of our enemy. |
| Le parti,
l'armée et le peuple (en 1964) Talk On Putting Military Affairs Work Into Full Effect And Cultivating Successors To The Revolution http://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-9/mswv9_21.htm June 16, 1964 |
June 16, 1964 [SOURCE: Long Live Mao Tse-tung Thought, a Red Guard Publication.] I shall talk about two problems. The first is the question of local party committees paying attention to military affairs, and the second is the question of dealing with successors. . . it will not do to merely observe demonstrations. It is necessary to pay attention to troops, it is necessary to operate armament plants. . . the provinces must inquire into the matter of troop units and the militia. You first secretaries of provincial committees are also political commissars. You have not carried out your duties for a number of years, you have been political commissars in name only and have not paid attention to military affairs. When a problem arises, you become confused without help. Regardless of which direction the enemy may come, it is necessary that you be ready, then our country shall not perish. The various levels of party committees must all pay attention to military affairs work and to militia work. . . How can only we rely on the several millions of Liberation Army troops of the central government in a country such as ours and on such a large battle front? We cannot depend on them. You must make up your own minds. The local authorities have the responsibility. . . needless to say, they will want to fight an atomic war! We shall run away when they drop the atom bombs. When they enter the city, we shall also enter the city and the enemy will not dare to use the atom bomb. We shall engage in street fighting. At any rate, we shall fight them. It is necessary that the militia be organized a little better organizationally, politically, and militarily. Organizational improvement is to have some sort of an established organization of cadre-militiamen and ordinary militiamen, to have fighters, squad and platoon leaders, and company, battalion, regiment, and division commanders, and to become really functional. It is also necessary that political work personnel be organized so that in case something happens, they may take up their arms and go. Some people have said that their psychological outlook improved greatly after three months of service in the militia. The militia must have organization, it must have soldiers, it must have officers, and it must be put into full effect At present, many localities have not put it into full effect. It is necessary to carry out political work and the work of the people. To put politics into full effect, it is necessary to have a political structure, political commissars, political officers, and political instructors. To do political work is to perform the work of the people. It is necessary to distinguish between the good and the bad people in the militia and eliminate the bad ones. It is necessary to clearly explain to the militiamen that regardless of whatever important matter which may occur, they must not become flustered, for how can one win battles if one is flustered? One must not become flustered in fighting with rifles, guns, or atom bombs. One will not become flustered if one is well prepared politically. When the atom bomb is dropped, there is nothing else but to see Marx; since the days of old there has always been death. Without a belief, one cannot establish oneself. Those who are doomed to die shall die, and those who do not die shall go on. To kill all the Chinese people. I cannot see that, the imperialists will not do that, for who will they have to exploit!. . . . in 20 years of war, have we not lost many people? Huang Kung-lueh, Liu Hu-lan, and Huang Chikuang. . . we did not die, we are the! remaining dregs. When the burden is too heavy, death is the way out. Indeed, death called on Comrade XXX, but he did not go, so he is still alive. It is necessary to be prepared militarily. It is necessary to be prepared with rifles during peacetime, it will be too late when war starts. . . if one only cares about dealing with civil and not military affairs, if one only wants people and not rifles. When war begins, it will be necessary to depend upon China to hold on, it will not do to depend on the revisionists. When the enemy fight their way in, we will be able to fight our way out. In general, we must be ready to fight, we must not become flustered when the fighting starts, we also must not be flustered in fighting the atom bomb. Do not be afraid. It is nothing but a big disorder throughout the world. It is nothing but people dying. Man eventually must die, he may die standing up or lying down. Those who do not die will go on with their work, if one-half meets with death, there is still another half. . . Do not be afraid of imperialism. It will not do to be afraid, the more one is afraid, the less enthusiasm one will have. Being prepared and unafraid, one will have the enthusiasm. The second problem is to prepare for the future and to bring up successors. The imperialists have said that our first generation presented no problem, the second generation did not unchange, and that there is hope for the third and fourth generations. Will this hope of the imperialists be realized? Will these words of the imperialists come true? I hope that it will not come true; however, it can also come true. In the Soviet Union, it was the third generation that produced the Soviet Khrushchev Revisionism. We can also possibly produce revisionism. How can we guard against revisionism? How can we cultivate successors to the revolution? As I see it, there are five requirements. 1. It is necessary to regularly observe and educate our cadres, they must have some knowledge of Marxism-Leninism; it would be best if they have a bit more knowledge of Marxism-Leninism. They must practice Marxism-Leninism, not revisionism. 2. They must serve the majority of the people and not the minority. They must serve the majority of the people of China. They must serve the majority of the people of the world and not the minority, or the landlords, rich peasants, counter-revolutionaries, bad elements, and rightists. Without this prerequisite, one cannot serve as a party branch secretary. Moreover, one cannot serve as the central (committee) secretary or the central chairman, Khrushchev was for the minority, we are for the majority of the people. 3. They must be able to unite the majority of the people. What is meant by uniting the majority of the people includes those people who had previously and erroneously opposed ourselves. Regardless of which mountain peak they belong to, we must not seek revenge, we cannot have a new group of officials for each emperor. Our experiences have proven that we would not have been victorious in our revolution if it had not been for the correct guidelines of the 7th National Congress. |
| Mao et la bombe
atomique |
| THE CHINESE PEOPLE CANNOT BE COWED BY
THE ATOM BOMB January 28, 1955 |
| [Main points of a conversation with Ambassador Carl-Johan (Cay) Sundstrom, the first Finnish envoy to China, when he presented his credentials.] China and Finland are friendly countries. Our relations are based on the Five Principles of Peaceful Coexistence. China and Finland have never come into conflict. In the past, China's wars with European countries were only with Britain, France, Germany, tsarist Russia, Italy, the Austro-Hungarian Empire and Holland, these countries all came from afar to commit aggressions against China, as in the invasions by the Anglo-French allied forces and by the allied forces of the eight powers, including the United States and Japan. Sixteen countries took part in the war of aggression against Korea, including Turkey and Luxembourg. All these aggressor countries claimed to be peace-loving while branding Korea and China as aggressors Today, the danger of a world war and the threats to China come mainly from the warmongers in the United States. They have occupied our Taiwan and the Taiwan Straits and are contemplating an atomic war. We have two principles: first, we don't want war; second, we will strike back resolutely if anyone invades us. This is what we teach the members of the Communist Party and the whole nation. The Chinese people are not to be cowed by U.S. atomic blackmail. Our country has a population of 600 million and an area of 9,600,000 square kilometres. The United States cannot annihilate the Chinese nation with its small stack of atom bombs. Even if the U.S. atom bombs were so powerful that, when dropped on China, they would make a hole right through the earth, or even blow it up, that would hardly mean anything to the universe as a whole, though it might be a major event for the solar system. We have an expression, millet plus rifles. In the case of the United States, it is planes plus the A-bomb. However, if the United States with its planes plus the A-bomb is to launch a war of aggression against China, then China with its millet plus rifles is sure to emerge the victor. The people of the whole world will support us. As a result of World War I, the tsar, the landlords and the capitalists in Russia were wiped out; as a result of World War II, Chiang Kai-shek and the landlords were overthrown in China and the East European countries and a number of countries in Asia were liberated. Should the United States launch a third world war and supposing it lasted eight or ten years, the result would be the elimination of the ruling classes in the United States, Britain and the other accomplice countries and the transformation of most of the world into countries led by Communist Parties. World wars end not in favour of the warmongers but in favour of the Communist Parties and the revolutionary people in all lands. If the warmongers are to make war, then they mustn't blame us for making revolution or engaging in "subversive activities" as they keep saying all the time. If they desist from war, they can survive a little longer on this earth. But the sooner they make war the sooner they will be wiped from the face of the earth. Then a people's united nations would be set up, maybe in Shanghai, maybe somewhere in Europe, or it might be set up again in New York, provided the U.S. warmongers had been wiped out. |
| ALL REACTIONARIES ARE PAPER TIGERS November 18, 1957 |
[Excerpts from a speech at the Moscow Meeting of Representatives of the Communist and Workers' Parties. ] When Chiang Kai-shek started his offensive against us in 1946, many of our comrades and the people of the country were much concerned about whether we could win the war. I myself was concerned. But we were confident of one thing. At that time an American correspondent, Anna Louise Strong, came to Yenan. In an interview, I discussed many questions with her, including Chiang Kai-shek, Hitler, Japan, the United States and the atom bomb. I said all allegedly powerful reactionaries are merely paper tigers. The reason is that they are divorced from the people. Look! Wasn't Hitler a paper tiger? Wasn't he overthrown? I also said that the tsar of Russia was a paper tiger, as were the emperor of China and Japanese imperialism, and see, they were all overthrown. U.S. imperialism has not yet been overthrown and it has the atom bomb, but I believe it too is a paper tiger and will be overthrown. Chiang Kai-shek was very powerful, for he had a regular army of more than four million. We were then in Yenan. What was the population of Yenan? Seven thousand. How many troops did we have? We had 900,000 guerrillas, all isolated by Chiang Kai-shek in scores of base areas. But we said that Chiang Kai-shek was only a paper tiger and that we could certainly defeat him. We have developed a concept over a long period for the struggle against the enemy, namely, strategically we should despise all our enemies, but tactically we should take them all seriously. In other words, with regard to the whole we must despise the enemy, but with regard to each specific problem we must take him seriously. If we do not despise him with regard to the whole, we shall commit opportunist errors. Marx and Engels were but two individuals, and yet in those early days they already declared that capitalism would be overthrown throughout the world. But with regard to specific problems and specific enemies, if we do not take them seriously, we shall commit adventurist errors. In war, battles can only be fought one by one and the enemy forces can only be destroyed one part at a time. Factories can only be built one by one. Peasants can only plough the land plot by plot. The same is even true of eating a meal. Strategically, we take the eating of a meal lightly, we are sure we can manage it. But when it comes to the actual eating, it must be done mouthful by mouthful, you cannot swallow an entire banquet at one gulp. This is called the piecemeal solution and is known in military writings as destroying the enemy forces one by one. |
| People
Of The World, Unite And Defeat The U.S. Aggressors And All Their Running Dogs May 23, 1970 http://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-9/mswv9_86.htm |
[SOURCE: Peking Review (23 May, 1970).] A new upsurge in the struggle against U.S. imperialism is now emerging throughout the world. Ever since the Second World War, U.S. imperialism and its followers have been continuously launching wars of aggression and the people in various countries have been continuously waging revolutionary wars to defeat the aggressors. The danger of a new world war still exists, and the people of all countries must get prepared. But revolution is the main trend in the world today. Unable to win in Vietnam and Laos, the U.S. aggressors treacherously engineered the reactionary coup d’etat by the Lon Nol Sirik Matak clique, brazenly dispatched their troops to invade Cambodia and resumed the bombing of North Vietnam, and this has aroused the furious resistance of the three Indo Chinese peoples. I warmly support the fighting spirit of Samdech Norodom Sihanouk, Head of State of Cambodia, in opposing U.S. imperialism and its lackeys. I warmly support the Joint Declaration of the Summit Conference of the Indo Chinese Peoples. I warmly support the establishment of the Royal Government of National Union under the Leadership of the National United Front of Kampuchea. Strengthening their unity, supporting each other and persevering in a protracted people’s war, the three Indo-Chinese peoples will certainly overcome all difficulties and win complete victory. While massacring the people in other countries, U.S. imperialism is slaughtering the white and black people in its own country. Nixon’s fascist atrocities have kindled the raging flames of the revolutionary mass movement in the United States. The Chinese people firmly support the revolutionary struggle of the American people. I am convinced that the American people who are fighting valiantly will ultimately win victory and that the fascist rule in the United States will inevitably be defeated. The Nixon government is beset with troubles internally and externally, with utter chaos at home and extreme isolation abroad. The mass movement of protest against U.S. aggression in Cambodia has swept the globe. Less than ten days after its establishment, the Royal Government of National Union of Cambodia was recognized by nearly twenty countries. The situation is getting better and better in the war of resistance against U.S. aggression and for national salvation waged by the people of Vietnam, Laos and Cambodia. The revolutionary armed struggles of the people of the South-east Asian countries, the struggles of the people of Korea, Japan and other Asian countries against the revival of Japanese militarism by the U.S. and Japanese reactionaries, the struggles of the Palestinian and other Arab peoples against the U.S.-Israeli aggressors, the national-liberation struggles of the Asian, African and Latin American peoples, and the revolutionary struggles of the peoples of North America, Europe and Oceania are all developing vigorously. The Chinese people firmly support the people of the three Indo-Chinese countries and of other countries of the world in their revolutionary struggles against U.S. imperialism and its lackeys. U.S. imperialism, which looks like a huge monster, is in essence a paper tiger, now in the throes of its deathbed struggle. In the world of today, who actually fears whom? It is not the Vietnamese people, the Laotian people, the Cambodian people, the Palestinian people, the Arab people or the people of other countries who fear U.S. imperialism; it is U.S. imperialism which fears the people of the world. It becomes panic-stricken at the mere rustle of leaves in the wind. Innumerable facts prove that a just cause enjoys abundant support while an unjust cause finds little support. A weak nation can defeat a strong, a small nation can defeat a big. The people of a small country can certainly defeat aggression by a big country, if only they dare to rise in struggle, dare to take up arms and grasp in their own hands the destiny of their country. This is a law of history. People of the world, unite and defeat the U.S. aggressors and all their running dogs! Transcription by the Maoist Documentation Project. HTML revised 2004 by Marxists.org Selected Works of Mao Tse-tung |
| La Grande
révolution culturelle prolétarienne : la lutte des
classes continue après la révolution |
| Speech To The
Albanian Military Delegation May 1, 1967 [SOURCE: Long Live Mao Tse-tung Thought, a Red Guard Publication.] http://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-9/mswv9_74.htm |
| I say the revolutionary spirit
of the revolutionary little generals is very strong, and this is
excellent. But you cannot step onto the stage now, because if you step
onto the stage now, you will be kicked off the stage tomorrow. But this
word has been leaked out by a Vice Premier’s own mouth, and this is
highly inappropriate. As far as the revolutionary little generals are
concerned, it is a question of nurturing and training them. At a time
when they have committed certain errors, to use such words will only
dampen their spirits. Some say that elections are very good and very
democratic. As far as I am concerned, election is merely a fancy word,
and do not feel that there is any genuine election. I have been elected
by the Peking district to serve as a representative to the National
People’s Congress, but how many in Peking really understood me? I feel
that Chou En-lai’s premiership was an appointment by the Central
Committee. Others say that China is profoundly peace-loving, but I
cannot see how profound that love is. I think Chinese are militant. In regard to cadres, we must establish the belief that 95 percent or more of them are good or relatively good, and we must never depart from this class viewpoint! In regard to leading cadres who are revolutionary or want to be revolutionary, one should protect them, protect them forthrightly and bravely, and liberate them from their errors. Even though they have taken the capitalist road, we must allow them to make revolution after they have undergone long-term education and their errors have been rectified. There are not many really bad persons. Among the masses, they constitute at most 5 percent; within the party and league, 1 to 2 percent; and there are only a handful of power holders who stubbornly take the capitalist road. But we must regard this handful of power holder within the party who take the capitalist road as the principal target of attack because their influence and insidious poison are deep and far-reaching. Thus, this is the principal task of this Great Cultural Revolution. As for bad elements among the masses, they number at most 5 percent, and they are scattered, without much strength. If the 35 million of them, calculated at 5 percent, should band together to form an army and oppose us in an organized manner, that would be a problem deserving serious consideration. But since they are diffused in various localities and powerless, they cannot be the principal target of the Great Proletarian Cultural Revolution. However, it is necessary for us to heighten our vigilance and, especially at this crucial stage of the struggle, prevent these bad elements from wreaking havoc. Thus, there should be two premises for the great alliance: one is to destroy self-interest and foster devotion to the public interest; the other is that there must be a struggle. Without struggle the great alliance will not be effective. The fourth stage of this Great Cultural Revolution is the crucial stage of the struggle between the two classes, the two roads and the two lines. Thus, a relatively longer period of time will be needed to arrange mass criticism. It is still being discussed by the Cultural Revolution Group of the Central Committee. Some feel that the end of this year would be an appropriate time for this, and others feel that next May would be more appropriate. However, the time must conform to the laws of class struggle. |
| Intervención del Movimiento Popular Perú en la Conferencia Internacional para celebrar el XX° aniversario de la fundación del Movimiento Revolucionario Internacionalista (http://www.solrojo.org/conf2004/Conf2004_mpp1.htm) |
| (NOVEMBRE 2004) ¡Proletarios de todos los países, uníos! ¡Viva el XXº aniversario de la fundación del Movimiento Revolucionario Internacionalista! El Movimiento Popular Perú saluda con fervor revolucionario a la presente Conferencia Internacional, a los Partidos y organizaciones representados, a los que han enviado mensajes y saludos, y a todos los asistentes. El MPP ha convocado esta Conferencia Internacional para celebrar el 20 aniversario de la fundación del Movimiento Revolucionario Internacionalista (MRI), que el Partido Comunista del Perú considera como un paso adelante en la reunificación de los comunistas a nivel internacional, a la cual servirá en tanto se sustente y siga una línea ideológica y política justa y correcta. El Partido Comunista del Perú brega por imponer el maoísmo como único mando y guía de la revolución mundial y contribuye al desarrollo del MRI con el pensamiento gonzalo y con nuestra guerra popular.El Presidente Gonzalo aporta a la revolución mundial [consignas:] ¡Viva el XXº aniversario de la fundación del Movimiento Revolucionario Internacionalista! Desde la publicación de su acta de nacimiento, el Manifiesto Comunista, los comunistas vienen luchando incesantemente para unirse, y hoy más que nunca esto debe ser asumido con mayor tenacidad y resolución. La unidad de los comunistas tiene hoy que ser basada en el marxismo-leninismo-maoísmo, principalmente el maoísmo; en la lucha implacable contra el revisionismo; y en el servicio a la revolución proletaria mundial, haciendo la propia revolución a través de la guerra popular. Por ello es una necesidad fortalecer y desarrollar las relaciones entre los Partidos Comunistas y organizaciones revolucionarias del mundo. Hay que partir de que estamos en la nueva gran ola de la revolución proletaria mundial y que sólo el marxismo-leninismo-maoísmo, principalmente maoísmo, debe ser su único mando y guía. En la mayoría de los países aún no existen Partidos Comunistas, y la conformación o reconstitución de dichos Partidos como Partidos Comunistas marxistas-leninistas-maoístas militarizados es una tarea estratégica atrasada. La conformación del Partido de la clase para iniciar la Guerra Popular es una necesidad histórica, un Partido con una base de unidad partidaria marxista-leninista-maoísta, principalmente maoísta, porque es el más alto desarrollo de la ideología del proletariado, la tercera, nueva y superior etapa del marxismo. La lucha de los pueblos de los países oprimidos tiene gran trascendencia para el desarrrollo de la nueva gran ola de la revolución proletaria mundial, constituyendo su propia base. Los pueblos sumidos por siglos en la más cruel explotación y miseria, son fuente inagotable de lucha, claman por la guerra popular. Los pueblos sabrán asumir bajo la dirección del Partido; corresponde en cada país aplastar los planes del imperialismo de montar falsos “partidos comunistas”, con caudillos, que no hacen nada ni harán nunca nada para la clase, porque están hechos de podre revisionista, les importa un pepino la sangre derramada de las masas, son agentes pagados por el imperialismo. La reacción y el revisionismo están coludidos para que la guerra popular no se desarrolle, saben que será su fin, así como los imperialistas saben el papel decisivo que tendrán los pueblos oprimidos en la revolución proletaria mundial, para cercar a los Estados imperialistas, teniendo como bases de apoyo a las naciones oprimidas que desarrollan guerra popular. Lo que nos falta es más Partidos Comunistas que desarrollen guerra popular para cambiar la correlación de fuerzas. De esta manera, coordinadas estratégicamente las guerras populares de los Partidos Comunistas de las naciones oprimidas irán nucleando a los pueblos del mundo, y solo a través de ello se forjara un verdadero Movimiento Comunista Internacional, porque estarán los que quieren el comunismo, los que desarrollen la guerra popular. Así la unidad será sólida y cohesionada por el maoísmo; la unidad se da entre los que aplican el marxismo de hoy, el marxismo-leninismo-maoísmo, principalmente el maoísmo. Visto así, el MRI es solo un paso en la conformación del movimiento comunista internacional; es la guerra popular mundial la que lo va generar. El movimiento comunista internacional no se genera como consecuencia de conferencias, de foros, no es una amalgama de organizaciones, sino se conforma por los que aplican la guerra popular especificada a cada país, lo que demanda una Jefatura y un pensamiento guía para cada revolución específica..El movimiento comunista internacional será de los comunistas del mundo, es una tarea inmediata, tenemos una gran responsabilidad y cada Partido debe bregar para cumplir a cabalidad su jornada. Al plasmar la revolución democrática mediante la guerra popular, como parte de la revolución proletaria mundial, el Partido Comunista del Perú está sirviendo a la revolución mundial y el Presidente Gonzalo aporta a la misma. Es gracias a nuestra grandiosa ideología, el marxismo-leninismo-maoísmo, pensamiento gonzalo, principalmente pensamiento gonzalo, y a la guerra popular, pujante y victoriosa, que nuestro Partido cumple su honroso papel de bregar por poner el marxismo-leninismo-maoísmo, principalmente el maoísmo, como único mando y guía de la revolución mundial, que es obligación cada vez más creciente, es tarea para todos los comunistas de la Tierra, pues hoy no se es comunista si no se es maoísta. |
| Un ancêtre
de Mao et de la guerre asymétrique. L' ART DE LA GUERRE de Sun Tzu (entre 443 et 221 avant Jésus-Christ), le texte comporte en effet quelques références à ces Royaumes Combattants. Article XIII DE LA CONCORDE ET DE LA DISCORDE |
| Sun Tzu dit: Si, ayant sur pied une armée de cent mille hommes, vous devez la conduire jusqu'à la distance de cent lieues, il faut compter qu'au-dehors, comme au-dedans, tout sera en mouvement et en rumeur. Les villes et les villages dont vous aurez tiré les hommes qui composent vos troupes; les hameaux et les campagnes dont vous aurez tiré vos provisions et tout l'attirail de ceux qui doivent les conduire; les chemins remplis de gens qui vont et viennent, tout cela ne saurait arriver qu'il n'y ait bien des familles dans la désolation, bien des terres incultes, et bien des dépenses pour l'État. Sept cent mille familles dépourvues de leurs chefs ou de leurs soutiens se trouvent tout à coup hors d'état de vaquer à leurs travaux ordinaires; les terres privées d'un pareil nombre de ceux qui les faisaient valoir diminuent, en proportion des soins qu'on leur refuse, la quantité comme la qualité de leurs productions. Les appointements de tant d'officiers, la paie journalière de tant de soldats et l'entretien de tout le monde creusent peu à peu les greniers et les coffres du prince comme ceux du peuple, et ne sauraient manquer de les épuiser bientôt. Être plusieurs années à observer ses ennemis, ou à faire la guerre, c'est ne point aimer le peuple, c'est être l'ennemi de son pays; toutes les dépenses, toutes les peines, tous les travaux et toutes les fatigues de plusieurs années n'aboutissent le plus souvent, pour les vainqueurs eux-mêmes, qu'à une journée de triomphe et de gloire, celle où ils ont vaincu. N'employer pour vaincre que la voie des sièges et des batailles, c'est ignorer également et les devoirs de souverain et ceux de général; c'est ne pas savoir gouverner; c'est ne pas savoir servir l'État. Ainsi, le dessein de faire la guerre une fois formé, les troupes étant déjà sur pied et en état de tout entreprendre, ne dédaignez pas d'employer les artifices. Commencez par vous mettre au fait de tout ce qui concerne les ennemis; sachez exactement tous les rapports qu'ils peuvent avoir, leurs liaisons et leurs intérêts réciproques; n'épargnez pas les grandes sommes d'argent; n'ayez pas plus de regret à celui que vous ferez passer chez l'étranger, soit pour vous faire des créatures, soit pour vous procurer des connaissances exactes, qu'à celui que vous emploierez pour la paie de ceux qui sont enrôlés sous vos étendards: plus vous dépenserez, plus vous gagnerez; c'est un argent que vous placez pour en retirer un gros intérêt. Ayez des espions partout, soyez instruit de tout, ne négligez rien de ce que vous pourrez apprendre; mais, quand vous aurez appris quelque chose, ne la confiez pas indiscrètement à tous ceux qui vous approchent. Lorsque vous emploierez quelque artifice, ce n'est pas en invoquant les Esprits, ni en prévoyant à peu près ce qui doit ou peut arriver, que vous le ferez réussir; c'est uniquement en sachant sûrement, par le rapport fidèle de ceux dont vous vous servirez, la disposition des ennemis, eu égard à ce que vous voulez qu'ils fassent. Quand un habile général se met en mouvement, l'ennemi est déjà vaincu: quand il combat, il doit faire lui seul plus que toute son armée ensemble; non pas toutefois par la force de son bras, mais par sa prudence, par sa manière de commander, et surtout par ses ruses. Il faut qu'au premier signal une partie de l'armée ennemie se range de son côté pour combattre sous ses étendards: il faut qu'il soit toujours le maître d'accorder la paix et de l'accorder aux conditions qu'il jugera à propos. Le grand secret de venir à bout de tout consiste dans l'art de savoir mettre la division à propos; division dans les villes et les villages, division extérieure, division entre les inférieurs et les supérieurs, division de mort, division de vie. Ces cinq sortes de divisions ne sont que les branches d'un même tronc. Celui qui sait les mettre en usage est un homme véritablement digne de commander; c'est le trésor de son souverain et le soutien de l'empire. J'appelle division dans les villes et les villages celle par laquelle on trouve le moyen de détacher du parti ennemi les habitants des villes et des villages qui sont de sa domination, et de se les attacher de manière à pouvoir s'en servir sûrement dans le besoin. J'appelle division extérieure celle par laquelle on trouve le moyen d'avoir à son service les officiers qui servent actuellement dans l'armée ennemie. Par la division entre les inférieurs et les supérieurs, j'entends celle qui nous met en état de profiter de la mésintelligence que nous aurons su mettre entre alliés, entre les différents corps, ou entre les officiers de divers grades qui composent l'armée que nous aurons à combattre. La division de mort est celle par laquelle, après avoir fait donner de faux avis sur l'état où nous nous trouvons, nous faisons courir des bruits tendancieux, lesquels nous faisons passer jusqu'à la cour de son souverain, qui, les croyant vrais, se conduit en conséquence envers ses généraux et tous les officiers qui sont actuellement à son service. La division de vie est celle par laquelle on répand l'argent à pleines mains envers tous ceux qui, ayant quitté le service de leur légitime maître, ont passé de votre côté, ou pour combattre sous vos étendards, ou pour vous rendre d'autres services non moins essentiels. Si vous avez su vous faire des créatures dans les villes et les villages des ennemis, vous ne manquerez pas d'y avoir bientôt quantité de gens qui vous seront entièrement dévoués. Vous saurez par leur moyen les dispositions du grand nombre des leurs à votre égard, ils vous suggéreront la manière et les moyens que vous devez employer pour gagner ceux de leurs compatriotes dont vous aurez le plus à craindre; et quand le temps de faire des sièges sera venu, vous pourrez faire des conquêtes, sans être obligé de monter à l'assaut, sans coup férir, sans même tirer l'épée. Si les ennemis qui sont actuellement occupés à vous faire la guerre ont à leur service des officiers qui ne sont pas d'accord entre eux; si de mutuels soupçons, de petites jalousies, des intérêts personnels les tiennent divisés, vous trouverez aisément les moyens d'en détacher une partie, car quelque vertueux qu'ils puissent être d'ailleurs, quelque dévoués qu'ils soient à leur souverain, l'appât de la vengeance, celui des richesses ou des postes éminents que vous leur promettez, suffiront amplement pour les gagner; et quand une fois ces passions seront allumées dans leur coeur, il n'est rien qu'ils ne tenteront pour les satisfaire. Si les différents corps qui composent l'armée des ennemis ne se soutiennent pas entre eux, s'ils sont occupés à s'observer mutuellement, s'ils cherchent réciproquement à se nuire, il vous sera aisé d'entretenir leur mésintelligence, de fomenter leurs divisions; vous les détruirez peu à peu les uns par les autres, sans qu'il soit besoin qu'aucun d'eux se déclare ouvertement pour votre parti; tous vous serviront sans le vouloir, même sans le savoir. Si vous avez fait courir des bruits, tant pour persuader ce que vous voulez qu'on croie de vous, que sur les fausses démarches que vous supposerez avoir été faites par les généraux ennemis; si vous avez fait passer de faux avis jusqu'à la cour et au conseil même du prince contre les intérêts duquel vous avez à combattre; si vous avez su faire douter des bonnes intentions de ceux mêmes dont la fidélité à leur prince vous sera la plus connue, bientôt vous verrez que chez les ennemis les soupçons ont pris la place de la confiance, que les récompenses ont été substituées aux châtiments et les châtiments aux récompenses, que les plus légers indices tiendront lieu des preuves les plus convaincantes pour faire périr quiconque sera soupçonné. Alors les meilleurs officiers, leurs ministres les plus éclairés se dégoûteront, leur zèle se ralentira; et se voyant sans espérance d'un meilleur sort, ils se réfugieront chez vous pour se délivrer des justes craintes dont ils étaient perpétuellement agités, et pour mettre leurs jours à couvert. Leurs parents, leurs alliés ou leurs amis seront accusés, recherchés, mis à mort. Les complots se formeront, l'ambition se réveillera, ce ne seront plus que perfidies, que cruelles exécutions, que désordres, que révoltes de tous côtés. Que vous restera-t-il à faire pour vous rendre maître d'un pays dont les peuples voudraient déjà vous voir en possession? Si vous récompensez ceux qui se seront donnés à vous pour se délivrer des justes craintes dont ils étaient perpétuellement agités, et pour mettre leurs jours à couvert; si vous leur donnez de l'emploi, leurs parents, leurs alliés, leur amis seront autant de sujets que vous acquerrez à votre prince. Si vous répandez l'argent à pleines mains, si vous traitez bien tout le monde, si vous empêchez que vos soldats ne fassent le moindre dégât dans les endroits par où ils passeront, si les peuples vaincus ne souffrent aucun dommage, assurez-vous qu'ils sont déjà gagnés, et que le bien qu'ils diront de vous attirera plus de sujets à votre maître et plus de villes sous sa domination que les plus brillantes victoires. Soyez vigilant et éclairé; mais montrez à l'extérieur beaucoup de sécurité, de simplicité et même d'indifférence; soyez toujours sur vos gardes, quoique vous paraissiez ne penser à rien; défiez-vous de tout, quoique vous paraissiez sans défiance; soyez extrêmement secret, quoiqu'il paraisse que vous ne fassiez rien qu'à découvert; ayez des espions partout; au lieu de paroles, servez-vous de signaux; voyez par la bouche, parlez par les yeux; cela n'est pas aisé, cela est très difficile. On est quelquefois trompé lorsqu'on croit tromper les autres. Il n'y a qu'un homme d'une prudence consommée, qu'un homme extrêmement éclairé, qu'un sage du premier ordre qui puisse employer à propos et avec succès l'artifice des divisions. Si vous n'êtes point tel, vous devez y renoncer; l'usage que vous en feriez ne tournerait qu'à votre détriment. Après avoir enfanté quelque projet, si vous apprenez que votre secret a transpiré, faites mourir sans rémission tant ceux qui l'auront divulgué que ceux à la connaissance desquels il sera parvenu. Ceux-ci ne sont point coupables encore à la vérité, mais ils pourraient le devenir. Leur mort sauvera la vie à quelques milliers d'hommes et assurera la fidélité d'un plus grand nombre encore. Punissez sévèrement, récompensez avec largesse: multipliez les espions, ayez-en partout, dans le propre palais du prince ennemi, dans l'hôtel de ses ministres, sous les tentes de ses généraux; ayez une liste des principaux officiers qui sont à son service; sachez leurs noms, leurs surnoms, le nombre de leurs enfants, de leurs parents, de leurs amis, de leurs domestiques; que rien ne se passe chez eux que vous n'en soyez instruit. Vous aurez vos espions partout: vous devez supposer que l'ennemi aura aussi les siens. Si vous venez à les découvrir, gardez-vous bien de les faire mettre à mort; leurs jours doivent vous être infiniment précieux. Les espions des ennemis vous serviront efficacement, si vous mesurez tellement vos démarches, vos paroles et toutes vos actions, qu'ils ne puissent jamais donner que de faux avis à ceux qui les ont envoyés. Enfin, un bon général doit tirer parti de tout; il ne doit être surpris de rien, quoi que ce soit qui puisse arriver. Mais par-dessus tout, et de préférence à tout, il doit mettre en pratique ces cinq sortes de divisions. Rien n'est impossible à qui sait s'en servir. Défendre les États de son souverain, les agrandir, faire chaque jour de nouvelles conquêtes, exterminer les ennemis, fonder même de nouvelles dynasties, tout cela peut n'être que l'effet des dissensions employées à propos. Telle fut la voie qui permit l'avènement des dynasties Yin et Tcheou, lorsque des serviteurs transfuges contribuèrent à leur élévation. |