"Concert
à choeur ouvert" , An experimental concert hall, July 2002
Abstract :
Ici, la recherche de
la qualité acoustique d’un lieu scénique, basée
sur des critères normatifs, est devenue désuète.
L’acoustique d’une lieu musical n’est plus la synthèse
du seul travail entre l’acousticien et l’architecte : il
est temps de prendre en considération qu’une génération
de compositeurs a déjà commencé à sortir
la musique des lieux pour lesquels elle a été traditionnellement
destinée et à choisir ainsi un autre milieu où
leurs œuvres seront réceptionnées.
Le lieu, en tant que réceptacle musical, a toujours influencé
les compositeurs dans la manière de penser et d’écrire
(ou de décrire d’un point de vue métaphorique) leur
musique.
L’architecture s’est glissée au sein de la partition,
par une connexion parfois momentanée, pour venir souligner les
effets d’une composition musicale. Elle est aussi le milieu technique
et scénographique où la musique va s’exhiber. Quelles
contaminations subit cette architecture par les techniques de compositions
musicales ?
La perception auditive que l’on a d’une même musique
instrumentale varie selon son milieu où elle se donne à
écouter, tel un caméléon. Nombreux sont les compositeurs
qui ont inclus cet avatar au sein de leur paradigme musical. Le choix
d’une enveloppe architecturale se propose alors au compositeur.
Ainsi il s’agit d’offrir la possibilité au compositeur,
via une écriture parallèle à celle de la musique,
de choisir le milieu qui sera maintenant l’enveloppe acoustique
de leur musique.
Le dédoublement de l’architecture réelle et virtuelle
est défini d’abord d’un point de vue acoustique,
dicté par les exigences personnelles d’un compositeur,
à l’aide d’une enveloppe virtuelle protéiforme
capable de se ‘lover’ en temps réel au sein d’une
continuité musicale. L’écriture de la musique ainsi
que celle du ou des volumes sonores qui s’enchaînent sont
maintenant sur la partition. Par sa transformation fantomatique, l’architecture
est devenue acteur au même titre que les différents instruments
de l’orchestre, elle est le ventre de la composition musicale.
Le système d'acoustique virtuelle Carmen
©
permet, à l’aide de murs actifs, d'enregister et de traiter
le son en temps réel afin de donner la sensation à l'auditeur
que la salle s'agrandit d'un seul coup : lles murs lateraux "s'écartent"
virtuellement de 5 mètres environ. En détournant volontairement
ce système électronique, on assiste à la perception
auditive d’une enveloppe architecturale virtuelle dialoguant avec
une architecture réelle-visuelle. Si on éteint le système
electronique , on laisse place à l’acoustique du site environnant.
Il s’agit là de multiplier et de jouer, pour le compositeur,
avec des conditions acoustiques personnalisées très différentes.
Une fois que le système est éteint, le réel prendra
la relève pour un temps donné : les murs de la salle s’écarteront
alors d’un seul coup de 20 mètres aux abords du site. Le
site devient l’extension de la salle de concert d’origine.
A l’origine le site a été choisi pour ses particularités
acoustiques et pour sa ceinture périphérique de bâtiments
qui donne des points de vue différents sur le nombril du site,
soit la scène.
Grâce à l’étude acoustique de l’environnement
sonore du site avec le logiciel Catt-acoustic
© , nous placerons in situ
la scène par rapport aux conditions optimale de l’écoute
de la musique. Aussi, lors de concerts en plein air, des jardins inclinés
seront placés par rapport à la propagation du son afin
d’accueillir d’autres auditeurs.
L’objet crée est plus une installation sonore, un outil
d'aide à la composition, qu’un bâtiment d’accueil,
il est le résidu et ainsi le témoin de la présence
momentanée d’une architecture vivante en transformation
continuelle.
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