BACH
BRAHMS
BRUCKNER
DEBUSSY
DVORAK
FALLA
MOZART
ROSSINI
SCHUBERT
TCHAIKOVSKI
VERDI
Le 90e anniversaire du grand chef Carlo Maria Giulini,
en mai dernier, n'a pas donné lieu à des manifestations discographiques à
la hauteur du personnage. Il est vrai que son répertoire est restreint et
que son legs discographique a largement été disponible ces vingt dernières
années. La parution la plus intéressante est le fait de BBC Music, qui a
ressuscité un concert d'avril 1964, lors duquel Giulini dirigeait son
oeuvre fétiche : le Requiem de Verdi.
Le son est en mono, mais une mono de grande qualité, plus agréable d'écoute
à mon sens que la stéréo distordue de l'enregistrement officiel EMI. Et
ce n'est pas le seul avantage : le quatuor vocal, également, a les épaules
plus larges et plus taillées pour Verdi que les quatre solistes, certes
huppés, de la gravure de studio. Le duo Schwarzkopf-Ludwig est ainsi
nettement moins en situation que celui formé par Ligabue et Bumbry. Le
choeur, remarquable et puissant, placé sous la direction du légendaire
Wilhelm Pitz, a mûri la prestation donnée un an auparavant (un concert
d'août 1963, édité par BBC Music en 2000). De fait, on trouve ici la plus
fidèle représentation sonore de la vision de Giulini de ce chef-d'oeuvre,
pour lequel le chef italien parvient à faire agir en symbiose le
recueillement et la théâtralité. C'est un Requiem humble et intensément
humain que dirige Giulini, une expérience musicale et spirituelle
poignante. Si la qualité sonore vous importe plus que tout, repliez-vous,
en DDD et en stéréo, sur l'étonnant enregistrement de Gardiner (Philips).
Christophe HUSS, Le Devoir.com 7-8 août
2004