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EXPOSITIONS

1993 > Grand Palais Paris · Salon “Contemporaines”. > Galerie Apomixie Paris · Exposition personnelle “Héliocentrique”. > Centre culturel Chambon de la tour Uzès · Exposition personnelle. 1994 > Chapelle romane de Castillon du gard ”Art vivant en Languedoc”. > Galerie du Saint James Paris · Exposition collective ”Baudelaire en peinture”. > Espace Cardin Paris · Exposition et vente aux enchères “L’Art pour Aids”. 1995 > Galerie Monceau Paris · Exposition personnelle. > Galerie Darial Paris · Exposition collective de peintres georgiens. 1996 > Galerie Romanet Paris · Exposition collective. > BCI Montaigne Paris · Exposition personnelle. 1997 > Espace Dessertenne Paris · Exposition personnelle. > Galerie Argentine Paris · Exposition collective en hommage à Hugo Demarco, avec Soto, le Parc, Cruz Dias, Segui... > Théâtre de l’ Île-Saint-Louis Paris · Exposition personnelle gravures. > Mairie du IIIe Paris · Exposition collective de gravures. 1998 > Galerie Commines Paris · Exposition personnelle “Tohu-bohu”. > Galerie Romanet Paris · Exposition personnelle “Deça, Delà”. 2000 > Orangerie du Sénat Jardin du Luxembourg Paris · Exposition personnelle “Routes”. > Galerie Romanet Paris · Exposition personnelle “Routes”. 2002 > Galerie Romanet Paris · Exposition personnelle “Chimérique”. 2003 > Evêché d’Uzès Uzès · Exposition personnelle rétrospective 1993-2003. > Maison de l’Europe Paris · Exposition personnelle “D’une Europe, l’autre”. 2004 > Galerie Romanet Paris · Exposition personnelle “Agapes”. 2006 > Espace Philomuses Paris · Exposition personnelle “Itinéraires”. 2007 > Galerie Charlotte Norberg Paris · Exposition personnelle “Mascarade”. > Akcent Gallery Bruxelles · Exposition “Accents of central and Eastern Europe”. 2008 > Akcent Gallery, Bruxelles > "Sillages" Maison de l'Europe de Paris > Chapelle de la Mediathèque d'Uzes > Parution du livre "Sillages", Editions Klincksieck. 2009 > "Fleurage" Galerie Charlotte Norberg, Paris. 2010 > Chartreuse de Valbonne > Jardin Medieval d'Uzès. 2011 > Galerie Feuillantine, Paris > "Correspondances" : peinture et sculpture.
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EDITION
« Sillages »
Éditions Klincksieck
Jean-Claude Monod « L’art de l’ajustement »
Voir texte et gravures
Jean-Pierre George « Le Diable dans son atelier »
Voir texte et oeuvre
Dominique Eudes « l’Arche des chimères »
Voir texte et sculptures
Agnès « Verlet Mascarade »
Voir texte et portrait« Routes »
catalogue exposition Orangerie du Sénat
Jean-Pierre George « Archeologie d’un songe »
Voir texte et installation« Cantique pour le Présent »
Editions Groupe de recherche polypoétiques
Textes Jacques Cahen
Voir les gravuress -
Nous sommes ici face à une peinture qui assume son désir d’image, du paysage, qui se déploie en s’élaguant de tout le superflu, de la nature morte qui échappe au réalisme pour laisser parler les couleurs.Genres et motifs peuvent être « classiques », l’important n’est pas de prétendre à tout prix être à l’avant d’un mouvement continu, ou de craindre d’être à l’arrière, mais de permettre la libre exploration de la peinture en faisant jouer son passé et son présent, son histoire et son avenir.«Chaque peintre à sa manière résume l’histoire de la peinture », notait Gilles Deleuze dans » Bacon, logique de la sensation ». Le propos s’applique parfaitement ici: l’histoire de l’art n’est pas niée mais absorbée,à travers d’innombrables réminiscences, des tricheurs de Latour aux baigneuses de Picasso… et certaines figures féminines longilignes au visage impénétrable en aplat , n’évoquent- -elles pas l’art des icônes ? la peinture se récapitule et se relance en reprenant ce que l’on a aimé, moins «influence » que jeu d’échos et de reprise, de dépassement.
Le présent n’est pas absent , bien sûr, de ces peintures et du regard porté sur lui parfois complice, parfois distancié, aussi dépourvu d’idolâtrie que de ressentiment, qui s’exprime bien dans l’utilisation unique et amusée de la forme typique de l’art contemporain, avec le site de ruines et de fragments de l’univers du virtuel. Mythes d’hier et d’aujourd’hui se croisent ironiquement, Hans Blumenberg l’a noté : « thème et variation » pourrait être le maître mot de l’histoire des mythes, de leur leur indéfinie transformation jusqu’au retournement ironique typique de leur usage tardif, comme l’Ulysse de Joyce « Odyssée de la trivialité ».
L’humour de certains tableaux d’Ivlita Moudjiri a souvent pour point de départ le langage même des nouvelles technologies. Vies saturées d’appels masqués, de signaux sans réponse, de codes inconnus. On peut le peindre sur un mode glacé et glaçant, foules solitaires et individus claquemurés. Ce n’est pas la voie empruntée par Ivlita Moudjiri, qui saisit plutôt la comédie humaine née du brassage musical, des identités de papier, du plaisir de «n’avoir pas pas de visage » comme disait Foucault , Tricheurs, rêveurs et fous hantent la ville d’Ivlita Moudjiri où se croisent toutes les cultures. Mais quel est ce temps ou tous les styles se mêlent, s’amusent ou se défient ? .La création d’Ivlita Moudjiri, ,née à Paris, est imprégnée de cette « terre » cosmopolite.
La Géorgie est moins le lieu source, que le foyer imaginaire, le point de fuite d’une généalogie qui passe aussi par Berlin et Saint-Pétersbourg. Sa peinture est marquée par cet incessant mouvement de départ, le désir de «prendre la route » en restant là, devant son chevalet, dans l’atelier.Plutôt que de descendre du bateau, Raymond Roussel s’enferme dans sa cabine pour consigner ses impressions d’Afrique. Ainsi l’artiste construit sa place, son style singulier et multiple, dans l’espace des tableaux. Qu’est-ce qui fait une image ? La disposition du couteau effilé près du citron et d’écailles grises sur le dos noir de « l’esturgeon », l’espace régulier entre les trois ponts qui traversent « la Seine nocturne », la façon dont la ligne claire de la route révèle les couleurs du paysage qu’elle fend en deux. L’ajustement, en grec, se dit harmonie.
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Dans son antre, il s’adonne sans relâche à l’alchimie des formes et des couleurs, y manipule les émotions et les figures.Entre le calme et la tempête, c’est bien l’imagination qui est au fourneaux. Imagination morte, imaginez… Ce qui est à l’œuvre, c’est un condensé pratique, manuel, physique et la plupart du temps impromptu. C’est la rumeur du bruit sourd et cadencé des moteurs incandescents des rêves divers, différents, solaires, nocturnes, anecdotiques ou essentiels. Baudelaire le dit dans les Curiosités esthétiques : « Un bon tableau, fidèle et égal au rêve qui l’a enfanté, doit être produit comme un monde. » -
Elle a un nom pour faire chanter les balalaïkas et les rivières des palmeraies.Les secrets et les pouvoirs de la très parisienne Ivlita Moudjiri, à la longue silhouette noire, à la voix grave, viennent des régions où la fumée de l’encens se mêle à la poussière des steppes, où les peintures des églises sont des romans sans fin, où appareillent les grands ducs et où aborde l’arche de Noë. Autant dire que la prêtresse circassienne est familière des cataclysmes et de la ferveur. Ses tableaux, souvent peints sur bois comme des icônes, racontent des évènements terribles ou des moments très tendres avec une stupéfiante exactitude dans l’autorité naïve du trait et la fraîcheur d‘une palette acidulée et traversée de brume. Elle sait depuis le Déluge que les buveurs d’eau sont des méchants et elle délivre de son arche secrète des chimères de terre cuite ou de bronze rescapées du grand naufrage de la banalité et dont le Créateur lui a délégué la licence de fabrication.
Dans la mer qu’elle a ainsi repeuplée, des rats aux allures de chats plongent toutes griffes dehors au milieu des sous-marins jaunes et des poulpes aux yeux noirs. Son Saint -Georges oublie le dragon qui se tord à ses pieds pour tourner sa lance vers le ciel,où la monstruosité a pris la forme d’un avion de ligne. La même menace plane sur une Babylone aux tours hérissées de barbelés. Et au milieu de tant de fragilité, le présent sur une Plage distille son bonheur précaire, pendant que des Amazones agrippées à une motocyclette dévorent des horizons impossibles. Avant Ivlita, le déluge. Depuis, sa peinture et ses statuettes nous repeuplent les yeux. L’arche cachait un pont secret. Dans les serrures des écoutilles de la création, les doigts de la longue dame noire ont joué comme une clé.

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L’histoire du Cybermonde après l’apogée et la chute de la Puissance unique est fort mal connue.Des dynastes occidentaux y régnèrent assez longtemps non sans de nombreuses vicissitudes. Ils disparurent peu à peu, à la suite de divers cataclysmes, emportant dans leur destruction jusqu’au souvenir de leur civilisation. C’est pourquoi le travail (la découverte) d’Ivlita Moudjiri mériterait assurément d’être présenté à l’Académie des inscriptions et belles-lettres.Les vestiges mis au jour par l’artiste sont autant de traces d’une période brève de l’histoire, qui eut comme caractéristique culturelle et technologique l’abolition de sa propre mémoire. Voici donc l’exceptionnel intérêt du site exhumé par Ivlita Moudjiri, contenant une série d’éléments qui, pour être déconcertant, n’en constituent pas moins un ensemble propre à faire progresser notre connaissance de ce que certains auteurs appellent l’ère virtuelle.Soit : un Mac extra-plat, des disquettes, un sniper game, un écran, une urne de clone, fiole à pavot, vase à corolle prétentieuse, une Cène, amphores et puces, etc. et peut-être gravée aussi dans une terre émaillée craquelée, une allusion au Lacrymosa de Mozart, propre il est vrai à confirmer la grandeur du mystère.
Cette phénoménologie d’un cimetière va dans le sens de la théorie de Nomenclator, qui voit dans cet épisode post-historique de la fin du XXe au début du XXIe siècle, le triomphe puis la chute en poussière d’une organisation humaine redevable dans tous ses aspects à la technique et s’incarnant dans des puces qui grattèrent « la tête » par leur prétention à tout régenter, favorisant ainsi son anéantissement. Les conteurs, écrit encore Nomenclator, n’ont pas imaginé que la Belle au bois dormant se serait éveillée couverte d’une épaisse couche de poussière ; ils n’ont pas songé non plus aux sinistres toiles d’araignée, qu’au premier mouvement ses cheveux roux auraient déchirées… Cependant, de tristes nappes de poussière envahirent sans fin les installations terrestres et les souillèrent uniformément.
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RETOUR EDITION
Cantique pour le présent de Jacques Cahen
accompagné de gravures sur bois par IVLITA MOUDJIRI
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"Dans ce monde de la nuit, paysage obscur où s’étirent des nuages noirs et planent des oiseaux, des personnages masqués semblent flotter dans une irréalité qui leur donne une « insoutenable légèreté ».A quelle étrange partie de cartes se livrent ces êtres qui regardent dans le vide et dont les mains dérobent les cartes ? Sont-ils les acteurs de ce jeu de tricheurs qu’ils nous donnent à voir autour d’une table insolite à la transparence d’aquarium ? à moins qu’ils ne soient les spectateurs de cette comédie de la vie à laquelle ils participent en trichant, eux pour qui la vie semble un songe. Les regards se dérobent, les corps s’exposent et se cachent dans une théâtralité toute baroque qui est celle de la vie même. Mais qui triche dans ce jeu d’amour et de hasard ? Comme dans le trio des masques de Don Giovanni, dont on ne sait si les personnages mystérieux, qui entrent dans la danse, chantent un air qui a la séduction d’Eros ou de Thanatos : dans ce paysage mozartien, la fête a l’étrangeté du rêve et le festin peut devenir funèbre.Comme chez James Ensor, l’univers pictural de » Mascarade » se joue des limites entre le théâtre et la vie. Le masque, loin de dissimuler en donnant à un être l’apparence d’un autre, en révèle cruellement l’identité.Comme le dit Gilles Deleuze : « Le masque assure assure l’érection, l’exhaussement du visage, visagéification de la tête et du corps .Le masque est alors le visage en lui-même, l’abstraction ou l’opération du visage. Inhumanité du visage ». C’est tout un « théâtre de la cruauté » qui se joue alors, dont Ivlita Moudjri déploie les scénographies de toile en toile. Quelle intériorité, quelle intimité, quel trou noir s’ouvrent au regard du peintre qui scrute ce fragment d’être où la vie et la mort coexistent : Au commencement il y a la ruine,écrivait Jacques Derrida à propos de l’autoportrait . Le jeu, le déguisement, la parade, la théâtralisation de la vie seraient les dérisoires et nécessaires tentatives pour biaiser avec la mort, esquiver, tricher : obliquité de l’ironie, pirouette du mot d’esprit, poésie du rêve.
C’est bien la violence du monde, de la société, de la vie urbaine, qui fait irruption dans la peinture d’Ivlita Moudjiri. le triptyque « Bacchanales » expose une femme au corps nu mais au visage masqué, dans une danse solitaire qui provoque des regards obliques. . Mais l’effroi, qui vient de l’opposition entre nudité et costume, est redoublé par la nature des travestissements, qui confèrent aux individus masqués et casqués qui les portent un pouvoir de destruction. C’est aussi un affrontement entre deux forces antagonistes devant un incendie de voitures, des pompiers et CRS protégés par leur uniforme, en face, tout aussi masqués dans un anonymat , des jeunes en survêtements à capuche : Loup y’es-tu ? dit le tableau. Tous cherchent à se jouer de l’autre, dans la recherche d’une « Identité protégée ». C’est ce qu’exprime aussi le tableau éponyme ,en jouant sur les variations de la photo dite d’identité. Des visages ou des masques ? Qu’importe, puisque dans ces mascarades, comme dans le théâtre de la vie, on ne sait jamais qui est l’autre que l’on envisage ou dévisage : « Le visage, dit Levinas, est sens à lui tout seul. »
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