Qui Sommes-Nous Calendrier annuel Conférences Déplacements Compositeurs & Oeuvres
Coups de Coeur Bonnes Adresses Nos Statuts Devenir Membre Retour  Accueil

 

Jacques OFFENBACH

"LES CONTES D’HOFFMANN»

Opéra fantastique en 5 actes

Musique de Jacques Offenbach

Livret de Jules Barbier

Création : Théâtre National de l’Opéra comique, PARIS, 10 Février 1881

HOFFMANN ET SES CONTES    

1 - Le succès et la légende

Et tout d’abord pourquoi HOFFMANN ? Pourquoi Jules BARBIER et Michel CARRE choisissent-ils cet écrivain pour héros d’un "DRAME FANTASTIQUE" créé à l’Odéon en 1851 et transformé trente ans plus tard en 1881 en livret d’opéra? On peut répondre tout simplement parce que Ernest Théodore Amadeus HOFFMAN (1776-1821) est alors l’auteur romantique allemand le plus lu et le plus apprécié en France, le seul à jouir de ce côté ci du Rhin d’une réelle popularité. "Les contes ont été lus par tout le monde : la portière et la grande dame, l’artiste et l’épicier en ont été contents" constate Théophile GAUTIER en 1836 - par ailleurs, ses récits publiés en 20 volumes, ont exercé une influence profonde sur toute une génération d’écrivains romantiques: Théophile GAUTIER, Honoré de BALZAC, Alexandre DUMAS, Georges SAND et Charles BAUDELAIRE.

L’année 1822 est celle de la mort d’HOFFMANN et de la naissance de Jules BARBIER, futur librettiste d’OFFENBACH. Trente ans plus tard une fausse légende entoure HOFFMANN et le présente comme un être malheureux, un artiste névrosé et bohème, un amoureux fou qui ne doit son talent qu’à l’alcool. "Qui reconnaîtrait jamais dans le personnage fantastique dont les travers supposés ont fourni tant d’arguments gratuits aux feuilletons, l’artiste multiple, le juge laborieux, l’auteur enfin d’innombrables rapports de justice criminelle ou civile, cités comme des modèles de précision, de dialectique et de lucidité ?" se lamente en 1836 Henry EGMONT, traducteur consciencieux.

Cependant, ce préjugé bien ancré dans l’imaginaire en fait le héros idéal d’un "DRAME FANTASTIQUE" que BARBIER et CARRE ont créé à l’Odéon en 1851.

2 - Le cadre général du Livret

BARBIER et CARRE en 1851 puis BARBIER seul en 1881, CARRE étant mort en 1872, n’entendent pas présenter au public un HOFFMANN différent de la légende dont ils n’acceptent pourtant que les grandes lignes. Si l’écrivain s’enivre au 5ème acte, sa conduite ne fait l’objet d’aucun jugement moral et le lien entre ivresse et création littéraire n’est jamais établi. HOFFMANN est présenté comme un être original et malheureux - ce qu’il fût sans doute - non comme un esprit malade qui a besoin de se livrer à des excès pour écrire.

Le livret est construit sur un schéma très simple: HOFFMANN passe la soirée chez Maître LUTHER (premier et cinquième actes) et raconte à ses compagnons trois histoires d’amour (2ème, 3ème et 4ème actes). BARBIER enchaîne ainsi 3 contes (L’HOMME AU SABLE, LE CONSEILLER KRESPEL, LES AVENTURES DE LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE) dans l’évocation fictive d’une soirée d’HOFFMANN. Il ne fait ainsi que reprendre le procédé utilisé par l’écrivain lui-même dans les 4 volumes publiés de 1819 à 1821 et intitulés "Les frères de Saint-Sérapion".

Dans ce recueil, HOFFMANN décrit les réunions nocturnes qui, à partir de 1814, regroupèrent autour de lui dans la taverne de LUTTER-ET WEGENER à BERLIN, un certain nombre d’amis (des écrivains comme CHAMISSO et LA MOTTE FOUQUE, le Docteur KOREFF, etc...)

Les premier et cinquième actes du livret évoquent donc ces réunions dont BARBIER a toutefois éliminé toute personnalité identifiable autre qu’HOFFMANN et l’aubergiste LUTHER, les remplaçant par des étudiants. En outre, il s’est souvenu du court roman LE PETIT ZACHEE surnommé CINABRE (publié en 1819) pour écrire la chanson de KLEINZACH et de DON JUAN (publié en 1813).

La nouvelle de DON JUAN lui a fourni 3 idées:

- inscrire la durée de l’action dans celle d’une représentation de "DON GIOVANNI"

- imaginer qu’HOFFMANN est fasciné par l’interprète de Donna Anna

- rendre la taverne voisine d’une salle d’opéra, ce qui existait à BAMBERG ou HOFFMANN vécut 4 ans et demi,

Par ailleurs BARBIER décide d’introduire dans les 4 histoires (la soirée chez LUTHER et les 3 contes) le même trio : HOFFMANN, LA BIEN-AIME, et LE DIABLE - L’inconvénient majeur de ce parti-pris est de confondre l’écrivain et ses héros, mais il est atténué par la présence à ses côtés tout au long des 5 actes, d’un personnage allégorique "NICKLAUSSE, la MUSE DE LA POÉSIE déguisée en jeune étudiant. Ce personnage inventé par le librettiste est un double d’HOFFMANN. Il porte sur l’écrivain un regard ironique et fraternel à la fois, tout comme HOFFMANN à l’égard des personnages de ses contes.

L'HOMME AU SABLE ET DEUXIÈME ACTE

Le Conte utilisé par BARBIER dans le 2ème acte est l’un des plus fameux d’HOFFMANN: "L’HOMME AU SABLE" publié en 1816. Il a pour héros l’étudiant NATHANAEL qui a été terrorisé dans son enfance par le vie et satanique avocat COPPELIUS avec lequel son père se livrait le soir à de mystérieuses expériences qui finirent par lui coûter la vie.
L’enfant avait associé COPPELIUS au "marchand de sable" que sa mère évoquait en le couchant en lui disant quand je dis "L’homme au sable" cela signifie seulement que vous avez besoin de dormir, et que vos paupières se ferment involontairement comme si l’on vous avait jeté du sable dans les yeux;

Nathanaël évoque également la visite d’un marchand de baromètres nommé Giuseppe COPPOLA qui ressemble singulièrement à COPPELIUS. BARBIER remplace NATHANAEL par HOFFMANN, donne à COPPOLA le nom de COPPELIUS et concentre en une soirée 3 épisodes distincts : la vente d’un lorgnon par COPPELIUS à HOFFMANN, la fête donnée par le physicien SPALANZANI qui a acheté des yeux à COPPELIUS pour sa poupée OLYMPIA (mais en la payant avec une traite sans provision) et la destruction D’OLYMPIA par COPPELIUS, furieux d’avoir appris l’escroquerie de SPALANZANI, ce qui provoque une crise de folie d’HOFFMANN lorsqu’il voit sa fiancée automate fracassée.

La chanson d’Olympia composée par OFFENBACH est bien cet "air de bravoure (chanté) d’une voix claire comme un cristal et presque tranchante" imaginé par l’écrivain.

LE CONSEILLER CRESPEL ET LE TROISIÈME ACTE

Pour le 3ème acte, BARBIER choisit un conte publié en 1817 "LE CONSEILLER KRESPEL", parfois intitulé également "Le violon de crémone".

Dans ce conte le poète donne au conseiller KRESPEL une dimension fantastique et presque surréaliste. ANTONIA, sa fille, a quelques rougeurs sur les joues lorsqu’elle chante et sa mère était la plus grande cantatrice d’Allemagne. Mais il n’existe pas de DOCTEUR MIRACLE.

Pour BARBIER il convenait de donner plus d’importance à ANTONIA et de rebâtir le théorème de l’amour entre l’HEROïNE et HOFFMANN . Si les auteurs français ont diminué le rôle du Conseiller KRESPEL, ils ont introduit le Docteur MIRACLE qui a la faculté de traverser les murs et de s’engloutir dans le sol , véritable démon-fantôme. Pour les besoins du théâtre français, la construction de la demeure imaginaire de KRESPEL devient un simple salon avec rideaux et tentures de forme conventionnelle.

La maladie d’Antonia est le seul rapprochement entre la pièce de théâtre et le conte. Cette "Maladie" HOFFMANN l’avait constatée sur le visage d’une jeune-fille "Julia MARC" qui était son élève et qu’il avait profondément aimée. Il existe beaucoup de ressemblance entre JULIA et ANTONIA et il faut savoir gré aux auteurs de la pièce d’avoir conservé à cette dernière le caractère de "jeune fille" perpétuellement aimante. Il est plus regrettable peut-être que BARBIER n’ait pas mentionné le lien mystérieux qui unit la voix d’Antonia à un antique Violon de crémone qui se brise lorsqu’elle meurt.

LES AVENTURES DE LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE et le 4ème ACTE

Le 3ème conte utilisé par BARBIER a pour titre "Les aventures de la nuit de la Saint-Sylvestre" et a paru en 1815 dans le recueil : " Fantaisies dans la manière de CALLOT". Ce choix est assez peu judicieux car ce conte est d’une tonalité différente des deux précédents. On peut supposer que BARBIER a été attiré par les effets qu’il comptait tirer de la perte du reflet du héros. Le conte est divisé en 4 chapitres dont le librettiste n’a repris que le dernier le moins long intitulé "L’histoire du reflet perdu". Dans les trois premiers chapitres HOFFMANN raconte qu’il a revu dans un salon une femme qu’il a beaucoup aimée: Julia MARC. A nouveau repoussé par elle, il va chercher l’oubli dans une sombre cave à bière où il se lie avec deux "esprits frères", Peter SCHLEMIHL et Erasmus SPIKHER.

Le premier est le héros de "La merveilleuse histoire de Peter SCHLEMIHL", longue nouvelle publiée en 1814 avec succès par Adalbert VON CHAMISSO (1781-1838) - Cet écrivain d’origine française, membre du groupe des frères de Saint-Sérapion, était un familier d’HOFFMANN qui s’était enthousiasmé pour SCHLEMIHL, l’homme qui, pour avoir vendu son ombre au diable, est rejeté par la société. C’est inspiré par SCHLEMIHL qu’il crée le personnage de SPIKHER dont l’histoire forme le chapitre IV du Conte. BARBIER a déplacé l’action de Florence à Venise. Si la substitution de SPIKHER par HOFFMANN est peu gênante, on peut regretter que le librettiste ait utilisé le personnage de SCHLEMIHL qui ne fait qu’une apparition dans le conte . Son caractère est en outre dénaturé car le héros de CHAMISSO a vendu son ombre pour de l’or et non pour l’amour d’une femme.

Guilietta, de même, est présentée comme une courtisane coquette alors qu’elle est, chez HOFFMANN, une créature satanique à la "voix de cristal, vibrante et pleine" qui n’a pas besoin d’un diamant, si envoûtant soit-il, pour être l’alliée du diable.

Le DAPPERTUTO de BARBIER ressemble assez fidèlement à celui du conte même si SPIKHER n’a pas recours à son aide pour tuer son rival un jeune italien devenu SCHLEMIHL dans le livret.

La confrontation du livret avec les contes écrits par HOFFMANN s’avère donc tout à l’honneur de BARBIER. Le librettiste n’avait pas la partie facile car il était malaisé de tirer une pièce d’une oeuvre où le "théâtre des événements est transporté dans l’âme même des personnages". Raconter 4 histoires différentes sans disperser l’attention du public était une autre difficulté, surmontée par le retour du même trio (HOFFMANN, la BIEN AIMEE, le DIABLE). Créer 4 personnages de valets qui se correspondent fut un autre moyen d’unifier l’action.

L’adaptation de chaque conte est habile et le finale du 2ème acte ou le trio du 3ème acte sont de vraies trouvailles d’homme de théâtre. Le 4ème acte est le moins réussi, sans doute parce que le conte était mal choisi.

Le er et le 5ème actes, quant à eux mettent en scène certes l’HOFFMANN de la légende mais débarrassé de ce que celle ci pouvait avoir de calomnieux.

En dépit des simplifications imposées par la spécificité du théâtre, l’HOFFMANN que nous présente BARBIER dans ces 2 actes ressemble assez à celui qui a écrit "je me souviens avec douleur de l’état affreux dans lequel je me trouvais lorsque entouré de joyeux amis, enthousiastes des arts et de la poésie, je voyais tous les objets de la vie m’apparaître sous des voiles de deuil".

Et ce qui est finalement beaucoup plus important - c’est bien l’HOFFMANN de la partition d’OFFENBACH qui nous confie, quelques lignes plus bas: "La musique seule avait le doN de faire parfois une diversion fugitive à mes chagrins".

 

Portrait d'Hoffmann réalisé sur marbre par Cora Hatt.

HOFFMANN

HOFFMANN E.T.A (Ernst Theodor Wilhelm dit Ernst Theodor Amadeus) . Il changera son prénom de Wilhelm en celui d’Amadeus par admiration pour MOZART (Konigsberg 1776 - Berlin 1822).

Ecrivain, critique musical, chef d’orchestre et compositeur Allemand.

L’une des figures prépondérantes du mouvement romantique en littérature. Ernst Théodore Amadeus HOFFMANN, est l’écrivain romantique allemand le plus lu et le plus apprécié en France dans les années 1830 - 1840. Publiés en 20 volumes, ses récits ont exercé une influence profonde sur toute une génération d’écrivains romantiques: Théophile GAUTIER, Honoré de BALZAC, Alexandre DUMAS, Georges SAND, BAUDELAIRE.

Il étudie le droit et commence en 1796 à GLOGAU une carrière de fonctionnaire qu’il poursuit à BERLIN, à POSEN, puis à PLOCK.
Il est nommé CHEF D’ORCHESTRE à BAMBERT en 1808.

Puis, après l’effondrement de l’empire Napoléonien, il s’installe en 1814 à BERLIN où il accepte un poste de conseiller de justice à la cour d’appel de BERLIN et consacre désormais tous ses loisirs à une intense production littéraire.

Il attache très tôt son nom au genre romantique le plus important en Allemagne depuis les frères SCHLEGEL et TIECK : LE CONTE et la NOUVELLE.
Un mode apparemment contradictoire d’appréhension du monde, partiellement dicté par une vie elle-même déchirée, est sans doute le fondement essentiel de son art. Cette même dichotomie du vécu se retrouvera après lui chez tous les épigones du romantisme, notamment chez le jeune Thomas MANN.

2 Nouvelles: "Les frères Sérapion" 1819- 1821 et la "fenêtre d’angle de mon cousin" illustrent très clairement cette double tendance.

On doit à HOFFMANN: "Le vase d’Or" (1812), "Don Juan" (1813), "Casse noisette et le roi des rats" (1816), "les Elixirs du diable" (1816) , "Les fantaisies à la manière de Callot" (1814), "La Princesse Brambilla" (1821), "le chat mur" (1820-1822).

La plupart de ces oeuvres témoignent par leur aspect fantastique, de la plus vive imagination, appuyé néanmoins sur une finesse d’observation remarquable. Le rêve et la réalité se confondent dans l’esprit de l’auteur, qui aperçoit les choses invisibles pour les yeux terrestres.

L’œuvre d’HOFFMANN doit une part de sa célébrité, non la meilleure sans doute, aux accessoires effrayants de ses "histoires à faire peur", ses "histoires de fantômes". HOFFMANN multiplie à plaisir les histoires de revenants, enterrés vifs, magiciens et horribles sorcières édentées qui peuplaient la littérature allemande du temps. Lui-même n’y croyait nullement, mais se servait de ces procédés peut-être un peu faciles pour exprimer, faute de moyens plus directs, sa propre angoisse.

Alors que la littérature telle qu’il la conçoit est nécessairement liée au monde extérieur, la musique n’appartiendrait selon lui qu’au monde spirituel. Parce qu’il ne sut pas peut-être y créer le pôle antithétique qu’il trouve dans la littérature, HOFFMANN ne peut créer sa vraie musique et son oeuvre musicale est tombée dans l’oubli malgré les efforts récents pour la faire renaître.

Cependant, 2 oeuvres sont à souligner: AURORA (com.1811-1812) et UNDINE (1816). Son opéra le plus célèbre est incontestablement UNDINE. UNDINE "opéra sur un sujet merveilleux", livret de La MOTTE FOUQUE, créé à BERLIN le 2/8/1816, influencera une grande partie du romantisme allemand, littéraire et musical. Si son langage mêle les influences de GLUCK, MOZART BEETHOVEN, SPONTINI; cette oeuvre n’en est pas moins, par certains traits, le 1er opéra allemand typiquement romantique, et ouvre la voie à FURYANTE de WEBER.

L’œuvre fut très admirée par WEBER qui, dans le conte qu’il en fit, définit à propos de cette oeuvre, les principes de l’opéra romantique allemand.

UNDINE contient aussi une curieuse anticipation de WAGNER dans la destruction finale des amants, une sorte de LIEBESTOD, de mort d’amour même si la musique qui l’accompagne n’a rien de Wagnérien.

Les oeuvres littéraires de HOFFMANN ont également inspiré les opéras suivants :

- Fantaisies dans la manière de Callot, 1814: MALIPIERO 1942
- Le vase d’or : PETERSEN (1941) KOSA (1945)
- Les élixirs du diable, 1816 : RODWELL (1829)
- Casse noisette et le roi des rats, 1816: SZELIGOWSKI
- L’Homme au Sable (1817): ADAM (LA POUPE DE NUREMBERG 1852)
- Le conseiller KRESPEL , 1819: CADAUX (Le violon de crémone)
- Mademoiselle de Scudéry, 1819: STERN et ZANARRA - HINDEMITH
- La fiancée du roi 1821: OFFENBACH (Le roi Carotte 1872)
- La princesse BRAMBILLA 1821: BRAUNFELS (1909)

Le personnage d’HOFFMANN lui-même apparaît dans des opéras de LACCETTI (HOFFMANN 1912), KOSA (1944), BESCH (1945) et dans les "CONTES D’HOFFMANN" d’OFFENBACH (1881) dont le livret s’inspire essentiellement de 4 contes: DON JUAN (1812) pour le prologue, L’HOMME AU SABLE (1817) pour l’acte d’OLYMPIA, LE CONSEILLER KRESPEL (1819) pour l’acte d’ANTONIA, et LES AVENTURES DE LA NUIT de la St SYLVESTRE (1817), lui-même inspiré de la merveilleuse histoire de Peter SCHEMIHL de CHAMISSO 1814 pour l’acte de Guilietta.

Qui Sommes-Nous Calendrier annuel Conférences Déplacements Compositeurs & Oeuvres
Coups de Coeur Bonnes Adresses Nos Statuts Devenir Membre Retour  Accueil