Maurice G. Dantec a une influence importante sur les concepts de fonds qui sous-tendent mon travail artistique. Maurice G. Dantec, dans ses deux opus TdO et LdCG, propose une vision fractale de l'histoire de l'humanité (la question de la fractalité étant introduite dès "les racines du mal" et de là m'a incité à analyser les modèles de philosophie de l'art de façon non linéaire et cyclique).
Dans Villa Vortex, l'opposition entre l'homme spirituel et l'homme mechanisé est centrale, Maurice G. Dantec tire ici le signal d'alarme et appel à la réaction, mes images-antidote répondent à cet appel.
Évelyne Rogue : Que pensez-vous de cette remarque de J. Baudrillard à propos de notre recherche d’identité et de différence “ nous n’avons plus le temps de nous chercher une identité dans les archives, dans une mémoire, ni dans un projet ou un avenir. Il nous faut une mémoire instantanée, un branchement immédiat, une sorte d’identité publicitaire qui puisse se vérifier dans l’instant même ” (La transparence du Mal) ?
Avec le développement des techniques nous sommes passés d’une société spirituelle à une société matérialiste, le temps que le “progrès” est sensé nous avoir fait gagner correspond en réalité à une expansion du temps de la productivité au détriment du temps de la spiritualité. Avec la mort de Dieu et la prise de pouvoir de la machine, l’homme s’est déshumanisé pour se méchaniser (Lire sur ce sujet “Villa Vortex” de Maurice G. Dantec). L’homme spirituel est en quête de Dieu – donc de soi – alors que l’homme machine obéit aux besoins de la fonction qui lui a été assignée. En conséquence, il n’est pas étonnant que l’acceptation d’une identité publicitaire, immédiate, standardisée ai pris la place de la recherche d’une identité individuelle.