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Paris n'est pas foncièrement hostile à l'être humain, mais encore faut-il connaître deux-trois bricoles essentiels pour la survie. Voici donc quelques trucs à savoir pour éviter de faire trop de conneries. |
Guide de survie le minimum vital |

Ouvrons ici une parenthèses pour vous instruire un peu d'un autre centre d'intérêt que j'ai, le Titanic. Adoncques, ce fameux paquebot fut construit aux chantiers Harland & Wolff de Belfast (qui existent toujours) pour le compte de la White Star Lines (qui n'existe plus) entre 1910 et 1912, en même temps que son frère jumeau, l'Olympic. Le but de la White Star était d'être la première compagnie au monde à proposer une ligne hebdomadaire entre l'Europe et l'Amérique, et pour ce faire, trois navires identiques, les plus grands et les plus luxueux paquebots jamais construits, étaient prévus (le troisième, le Britannic, eut lui aussi un destin bref et tragique). Cette ligne partait de Southampton, faisait une escale continentale a Cherbourg, puis une autre en Irlande pour prendre des émigrants. Or le port de Cherbourg était alors trop peu profond pour accueillir à quai de tels géants des mers, il fallait donc des transbordeurs, des bâtiments de moindre tonnage pour prendre les passagers au terminal et les déposer dans le paquebot, amarré au large. Deux transbordeurs ont été construits par la White Star pour l'escale de Cherbourg, le Traffic (pour les bagages et les passagers de troisième classe), et le Nomadic (pour les première et seconde classe). mis en service, il desservit l'Olympic avant de transporter les passagers du Titanic lors de son unique escale continentale, dans la soirée du 10 avril 1912. A son bord ont pris place, entre autres passagers fameux, le colonel John Astor, le plus riche noyé du naufrage, et sa très jeune (et très enceinte) épouse. Après ces faits, le Nomadic continua paisiblement ses transbordements pour la White Star, puis, en 1937, il fut vendu, rebaptisé "Ingénieur Minard", et reprit ses rendez-vous avec les paquebots géants. Durant la guerre, le Nomadic fut utilisé comme dragueur de mines, et s'en tira sans dommages (contrairement au Traffic, qui sombra dans des circonstances mystérieuses). L'"Ingénieur Minard" fut racheté, dans les années 60, lorsque les transatlantiques commençaient à se faire rares, et remorqué jusqu'à Nogent par un ferailleur, qui le revendit à un amateur de vieilles coques, qui lui redonna son nom d'origine et lui fit redescendre la Seine jusqu'à Paris. Un bref coup d'oeil à la ligne générale du bateau vous convaincra vite des intentions de l'architecte naval qui l'avait dessiné : faire une réplique miniature des "Olympic Class". La poupe est semblable (en plus petit) à celle qui s'enfonça dans les flots de l'Atlantique un certain 15 avril, l'étrave quasi-verticale reprend la ligne à la mode au début du siècle, et même les couleurs sont celles du légendaire paquebot englouti. A voir, donc.