Balzac ne cessa d’honorer ce suave pays tout au long
de sa vie. L’air du pays natal le revigorait. Il s’emportait
parfois et faisait, à son propos, des déclarations
amoureuses : " Honte à qui n’admirerait
pas ma joyeuse, ma belle, ma brave Touraine dont les sept vallées
ruissellent d’eau et de vin ! "
Le Château de Saché
Au cœur de la Touraine, le château de Saché est
le lieu d'inspiration privilégié d'Honoré de
Balzac.
Né à Tours le 20 mai 1799 dans la rue de l'Armée
d'Italie, aujourd'hui disparue, Balzac fit ses études au collège
oratorien de Vendôme. Malheureux de n'avoir pas l'amour de
sa mère, Honoré ne revient plus voir sa famille. En
1830, il séjourne avec Madame de Berny (son amie et son inspiratrice) à la
Grenadière, à Saint-Cyr-sur-Loire, tout près
de Tours. C'est là qu'il place la demeure de Lady Dudley dans Le
Lys dans la vallée.
La Touraine était déjà chère à son
cœur, mais elle le devient davantage quand il découvre
Saché. De Paris, il lui faut 23 heures pour venir en diligence
jusqu’à Tours. Il ne lui restait alors qu’une
vingtaine de Km pour arriver au château. Saché fut un
havre de paix dans la vie mouvementée et rythmée de
Balzac. C’est dans ce lieu de refuge, que
le grand romancier vient trouver l'inspiration de 1823 à 1837.
Il
y a écrit une dizaine de romans dont Le père goriot, les Illusions
perdues et le Lys dans rouge. Sur les bords de l'Indre,
entouré d'un magnifique parc romantique, ce beau château
Renaissance offre aux amateurs de littérature un intérieur
1830 reconstitué, une exposition d'objets, de manuscrits,
de sculptures et surtout la chambre à coucher du « père » de
Lucien de Rubempré. Ce sont « ces heures solennelles » de
cette grande ombre rôdeuse que nous ressuscitent le manoir
de Saché. "J'ai entrepris l'histoire
de la société... Une génération est un
drame à quatre ou cinq mille personnages saillants. Ce drame,
c'est mon livre." (Balzac, Lettres).
Concernnat Saché, Balzac déclare
dans une lettre :
" A Saché, je suis libre et heureux comme
un moine dans son monastère... Le ciel est si pur, les chênes
si beaux, le calme si vaste ! "
Et il décrit le trajet de Tours à Saché :
" Pour aller au château de Frapesle,
les gens à pied
ou à cheval abrègent la route en passant par les landes
dites de Charlemagne... Ces landes plates et sablonneuses, qui vous
attristent durant une lieue environ, joignent par un bouquet de bois
le chemin de Saché, nom de la commune dont dépend Frapesle ".
Je suivis le chemin de Saché sur la gauche de la rivière,
en observant les détails des collines qui meublent la rive
opposée.
Puis enfin j'atteignis un parc orné d'arbres centenaires qui
m'indiqua le château de Frapesle. J'arrivai précisément à l'heure
où la cloche annonçait le déjeuner ".
- Visite -
Château de Saché
37190 SACHÉ
A 17 km au sud-ouest
de Tourssur la route d’Azay-le-Rideau
Tél. 02 47 26
86 50 - Fax. 02 47 26 86 50
- Horaires d'ouverture -
Du 02 janvier au 30 mars : 10h - 12h30 et 14h - 17h (Fermé le Mardi)
Du 01 avril au 30 juin : 10h -18h
Du 01 juillet au 31 août : 10h -
19h
Du 01 septembre au 30 septembre
: 10h - 18h
Du 01 octobre au 31 décembre : 10h
- 12h30 et 14h - 17h (Fermé le Jeudi)
Fermé les 1er janvier & 25 décembre
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La Grenadière
(Propriété privée
non ouverte au public)
Histoire du lieu :
Honoré fait la connaissance de Laure de Berny
vers 1821, alors qu’il donne des leçons à ses fils à Paris
et à Villeparisis. Il a vingt-deux ans, elle en a quarante-cinq.
Il trouve auprès d’elle l’amour d’une mère
que la sienne ne lui aura jamais donné. Comme Madame de Warens
pour Jean-Jacques Rousseau, Madame de Berny devient la confidente,
la conseillère puis l’amante. Dans toutes les autres femmes
qu’il connaîtra, il se cherchera une autre mère.
Cette liaison qui dure une douzaine d’années fait scandale.
Elle libère le jeune Honoré du joug familial. Entre juin
et septembre 1830, Balzac loue La Grenadière pour y séjourner
avec elle en même temps qu’ils visitent les abords de la
Loire. A trente et un an, il retrouve ainsi Saint-Cyr-sur-Loire, le
village où il fut mis en nourrice jusqu’à quatre
ans. Laure de Berny, depuis des années, conseille et encourage
sa vocation. Il vient de commencer à signer "de" Balzac
ses articles dans différents journaux. Son premier vrai roman,
Les Chouans, vient d’être publié. Sa consécration
littéraire est pour bientôt. Dans Le lys dans la vallée,
Madame de Mortsauf doit plusieurs traits à Madame de Berny.
En 1832, Balzac écrit La Grenadière en une
nuit, à Angoulême.
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La Grenadière,
Nouvelle d'Honoré de
Balzac :
Fuyant un passé qu'elle voue au silence, une femme, Augusta
Willemsens, s'établit avec ses deux enfants dans le domaine
de La Grenadière, bâtie au coeur de la Touraine, surplombant
le paysage de la Loire et ses riants coteaux. Objet du regard admirateur
des habitants de la ville, Mme Willemsens veille jalousement sur sa
retraite et sur le bonheur de ses deux fils qui forment, avec elle,
l'image d'une idylle familiale. Cependant, la belle Mme Willemsens
languit d'un mal mystérieux. Tandis que le brillant été vire
aux brumes pâles de I'automne, sa mort s'annonce imminente. Elle éprouve
une grande détresse à laisser ses deux fils démunis
et sans protections, sort dont une faute passée la rendrait
coupable. Avant de mourir, elle remet à ses deux enfants adultérins
l'acte de naissance qui, à leur majorité, leur révélera
l'identité de leur vrai père qui, dit-elle, s'est sacrifié pour
le soin de ses fils. Elle dévoile enfin 1'existence d'un mari
1égitime, un Lord Brandon de Londres, auquel elle annonce sa
mort par une lettre où elle lui pardonne. Bientôt
Mme Willemsens, ou Lady Brandon, s'éteint, emportant avec elle
le secret d'un drame amoureux et d'une mort mystérieuse. Le
plus jeune des orphelins est envoyé au collège, tandis
que l'aîné, bravant un avenir incertain, s'engage dans
la marine.