Mare Nostrum Corsica 

Faible croissance du trafic passagers du port de Bastia en 2017 (+1,6%), qui reste malgré tout le premier port français de Méditerranée pour les lignes régulières


Le port de commerce de Bastia a été inauguré en 1877 et fortement réaménagé par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bastia et de la Haute-Corse ces trente dernières années, qui en a fait réaliser un film promotionnel par drone grâce à la société spécialisée Dronimages.

Bastia est le principal port de Corse, tant pour le trafic des marchandises que pour les flux de passagers :


Bastia de retour au-dessus du seuil des 2,1 millions de passagers pour la 2è année consécutive ! 



Comme attendu au vu du renouveau de l'offre maritime en 2016 et 2017 (nouvelle ligne Nice-Bastia et renforcement de Genova-Bastia à la Moby Lines grâce au Moby Dada et au Moby Zazà, remplacement de la SNCM par Corsica Linea, mise en service du Pascal Lota et du Mega Andrea à la capacité accrue à la Corsica Ferries...), avec 2 177 000 passagers dénombrés par l'Observatoire régional des transports de la Corse (ORTC) sur les lignes régulières, le port de Bastia a connu une légère embellie de son trafic passagers en 2017 (+1,6%) pour la seconde année consécutive, après +2,6% en 2016. Même si celle-ci aurait pu être plus importante au vu du développement de l'offre de transport, elle permet de rompre avec les cinq années précédentes de clôture du bilan en négatif, après les nets replis enregistrés en 2011 (-9,8%) et 2012 (-4,7%), puis ceux plus modérés de 2013 (-0,5%), 2014 (-2,0%) et 2015 (-1,4%) ! Sur deux ans, Bastia regagne donc un peu plus de 88 000 voyageurs, dont 33 000 en 2017. Depuis 2010 toutefois, les pertes de trafic passagers représentent en tout environ 350 000 passagers annuels alors que, dans le même temps, les autres ports corses pris dans leur ensemble n'ont vu leur trafic régresser que de 163 000 passagers. Bastia, dont le trafic portuaire avait avoisiné les 2,5 millions de voyageurs lors des années record de 2009 et 2010, conclut donc les années 2016 et 2017 à peine au-dessus de la barre des 2,1 millions de voyageurs et retrouve un trafic passagers voisin de celui des années 2006-2007 !

La tendance à la diminution du nombre de traversées enregistrée sur le port de Bastia de 2001 à 2005, due pour partie à une rationalisation des dessertes de la part des différentes compagnies et à un accroissement de la taille des navires et qui s'était inversée de 2006 à 2010 a sévèrement repris en 2011 suite au retrait de nombreux navires (NGV Liamone II, Moby Corse - sur les lignes de Toulon - et Corsica Express Seconda, pour ne parler que du port de Bastia) avant de s'infléchir par la suite, ce qui a contribué à la diminution du nombre moyen de passagers par voyage. Outre des effets de la crise, cette diminution du nombre de voyageurs transportés par navire, particulièrement marquée en 2010 puis en 2012 et 2013 peut être rapprochée en particulier du développement de lignes concurrentes de celles de la Corsica Ferries sur l'axe Bastia-Toulon, dans un premier temps par la Moby Lines (en 2010, ligne arrêtée pour des raisons financières par la compagnie à la baleine bleue en février 2011), puis par la SNCM (de 2012 à 2014, la ligne ayant été suspendue faute de rentabilité courant octobre 2014). En 2015, la raréfaction de l'offre de transport maritime a permis de faire remonter à près de 500 passagers par rotation le nombre de voyageurs sur le port de Bastia. Avec 454 passagers en moyenne sur les 4 720 rotations du port recensées par l'ORTC, les données de 2016 marquent une nouvelle diminution, en lien notamment avec les débuts difficiles de la Mobysur l'axe Nice-Bastia et l'allongement de la période de desserte par cet opérateur sur des périodes hors saison, par définition moins porteuses de trafics élevés. Le nombre de rotations enregistrées au port de Bastia en 2017 n'est pas encore publié ; le graphique suivant sera actualisé des données 2017 dès que celles-ci seront disponibles.



S'il veut rester leader incontesté en Corse, le port de Bastia devra à l'avenir être plus allant quant à l'évolution de ses infrastructures et mieux adapter ses quais à l'accueil des navires de plus grande taille qui sont de plus en plus nombreux et deviennent incontournables. La capacité du port à accueillir l'Excelsior (navire affrété par la SNCM en remplacement du Napoléon Bonaparte, pendant les saisons 2013 et 2014), qui mesure 202 mètres de long, a constitué à ce titre une gageure, sachant que Bastia n'accepte d'accueillir le Mega Express Three de la Corsica Ferries
, à peine plus long (212 mètres), que hors saison. Alors que le projet de réalisation éventuelle d'un nouveau port de Bastia plus au Sud, à la Carbonite, se heurte à des obstacles divers (d'ordre environnementaux et financiers notamment, au vu du coût très élevé d'une telle structure et des risques que cela représenterait pour la préservation d'espèces marines protégées et de la plage de l'Arinella), le comblement partiel du quai Nord Est désormais achevé apparaît comme une première réponse - partielle - à l'accueil d'un nombre croissant de navires de près de 180 mètres et à la pénurie d'espaces de stockage des remorques de fret - voir articles sur les perspectives 2018 et la controverse sur le port de la Carbonite et son alternative possible.


Bastia se maintient pour la cinquième année consécutive au-dessus de la barre symbolique des 50% du trafic passagers total des ports Corses qui enregistrent, au global, de meilleures performances en 2017




Globalement, avec 4,14 millions de passagers, les ports de Corses voient au global leur trafic un peu plus progresser en 2017 (+2,1% selon l'ORTC) qu'en 2016 (+0,8% ), après cinq années mauvaises : -4,5% en 2011, -1,3% en 2012, -3,0% en 2013, -4,3% en 2014 et -1,1% en 2015 ! Après une stabilité en 2014-2015, les trafics et parts de marché des différents ports insulaires se déforment toutefois quelque peu en 2017, à l'image de celle de Bastia (-0,3 point). Au total, avec 52,5% du total, le port de Bastia a draîné en 2017, comme en 2016, un peu plus de la moitié des passagers maritimes des lignes de Corse. Cette analyse ne serait pas complète si l'évolution du trafic portuaire de Bastia n'était pas resituée dans le contexte de celle des autres ports de Corse.

Pour la deuxième année de suite, le phénomène le plus notable est la percée - encore toute relative - de Porto Vecchio, dont le trafic a bondi de 88 000 passagers en 2015 à 180 000 passagers en 2016 puis à 220 000 voyageurs en 2017 à la faveur des nouvelles lignes successivement ouvertes sur cette destination par la Corsica Ferriesvers le continent (Nice, Toulon, Livorno et Piombino) et la Sardaigne (Porto Torres et Golfo Aranci). Porto Vecchio franchit donc pour la première fois la barre des 200 000 voyageurs en 2017 ce qui laisse loin l'ancien record de trafic établi en 2012 (142 000 passagers) lorsque la SNCM avait renforcé par des ferries sa desserte estivale de la ville en sus des cargos mixtes. Les parts de marché du port passent donc en deux ans de 2,2% à 4,4% puis à 5,3% du trafic global des ports de Corse entre 2015 et 2017 !

Autre fait marquant de l'année écoulée : la disparition du port de commerce de Calvi
. Il est remarquable de noter qu'en 2016, on observait encore une stabilité à 1,4% de parts de marché du port de Calvi qui, avec un peu plus de 58 000 voyageurs enregistrés entre le 1er janvier et le 12 août 2016, date de sa fermeture définitive, enregistrait autant de voyageurs que sur l'année 2015 toute entière ! Au vu de cette très bonne performance, il apparaît particulièrement dommageable que le port ait été définitivement fermé depuis le 13 août 2016, et ce d'autant que le trafic croisières auquel ce port était supposé se consacrer désormais est lui aussi paradoxalement en net recul en 2017 (41 204 croisiéristes selon l'ORTC, soit -20,8% par rapport à 2016 !). Cette décision de fermeture du port de Calvi est d'autant plus perdante pour la Balagne que le trafic qu'il générait ne s'est pas reporté sur le port voisin de l'Ile Rousse en 2017... En effet, à la défaveur d'une moindre programmation de ferries, le trafic du port de l'Ile Rousse n'a que modestement progressé en 2017 (moins de 15 000 voyageurs supplémentaires, soit +3,8%, pour un total de 395 000 passagers), à contre-courant de la tendance enregistrée jusqu'en 2015. Il semble que le trafic du port, très axé sur Toulon et surtout, traditionnellement sur Nice, ait souffert du contrecoup du renforcement de l'axe Nice-Bastia, suite à l'ouverture de la ligne par la Moby Lines et au renforcement des capacités de la Corsica Ferries sur d'autres ports de l'île. Toutefois, la situation devrait s'améliorer en 2018 à l'Ile Rousse au vu du fort renforcement de la desserte estivale depuis Nice par la Corsica Ferries.

Dernier fait remarquable de l'année 2017, le rebond d'Ajaccio, qui après une année 2016 difficile repasse la barre du million de passagers sur les lignes régulières, avec 1 011 000 passagers selon l'ORTC, soit une hausse de 4,5% sur 2016 et un gain de 0,6 point de parts de marché, à 24,4% du total des ports de Corse. Cette bonne performance est à rapprocher notamment de la bonne tenue des lignes de la Corsica Ferries sur Toulon et Nice et du net rebond du trafic de la Corsica Linea sur Marseille, à la faveur d'une programmation estivale renforcée par davantage d'escales du ferry Danielle Casanova les week-ends. Ces bons résultats de la plate-forme ajaccienne sont toutefois ternis par le recul observé sur le marché des croisières, en repli de 21,9% selon l'ORTC sur la cité impériale, avec un peu moins de 794 000 croisiéristes en 2017.

Propriano, avec seulement 66 000 passagers et 1,6% de parts de marché, continue de reculer en 2017 (-2,6%) après le net recul déjà enregistré en 2016 (-15,6%), du fait de la suppression des escales estivales des ferries gros porteurs de la SNCM, non reconduites par la Corsica Linea qui lui a succédé.
Enfin, on note en 2017 une reprise du trafic passagers à Bonifacio (273 000 passagers, +5,3%) après le repli enregistré en 2016 (-2,5%) suite au développement de nouvelles lignes corso-sardes concurrentes.



A Bastia, les lignes françaises ont repris le dessus depuis 2010, mais Livorno est repassé devant Toulon depuis 2016 après trois années de domination varoise...
L'arrivée de Livorno du Mega Andrea, en août 2017, passant devant le Moby Zazà ; photo : Romain Roussel
Avec plus d'un quart du trafic passagers sur Bastia en 2017, la ligne de Livorno reste en tête à la faveur d'une importante offre estivale de transport de la Corsica Ferries et de la Moby Lines.
Ici, les Moby Zazà et Mega Andrea arrivant à Bastia en provenance de Livorno, en août 2017 (photo : Romain Roussel).

Point positif, on observe pour la seconde fois consécutive en 2017 une croissance des trafics passagers à la fois sur les lignes françaises (1 155 137 passagers, soit +1,4% après +3,6% en 2016) et italiennes (1 021 876, soit +1,8% après +1,5% en 2016) selon les chiffres de l'ORTC. Avec les reprises déjà enregistrées en 2014 (+6,5%) et en 2015 (+1,2%), cela fait donc quatre années de suite que se confirme une embellie des lignes italiennes, qui se redressent après quatre années consécutives de repli, parfois fort : -3,8% en 2010, -11,5% en 2011, -14,3% en 2012 et -0,8% en 2013. On pouvait toutefois espérer mieux au vu de l'intensification de la desserte intervenue en 2017 : en particulier, la Moby Lines avait allongé sa période de desserte et fait passer de une à deux ses rotations estivales les week-ends sur Bastia-Genova (en réduisant certes sa présence sur Bastia-Livorno, passant en été de trois à deux allers-retours au maximum) tandis que la Corsica Ferries avait maintenu une forte présence sur Bastia-Livorno et Bastia-Savona ! Par ailleurs, l'embellie de ces dernières années ne doit pas faire oublier que le trafic italien du port de Bastia reste encore en 2017 inférieur de 247 000 passagers à son niveau de 2009, soit une diminution de près de 20%, qui reste une chute inquiétante, même si elle est moindre que celle enregistrée dans le même temps sur les lignes sardes, touchées de plein fouet (voir article thématique sur la comparaison des trafics passagers corses et sardes) par l'intensité de la crise économique en Italie mais qui se sont davanatge redresées depuis, les ports sardes comptabilisant au total plus de 5 millions de passagers en 2017 selon l'Autorità di Sistemo Portuale della Sardegna (AdSP).

Ainsi, alors que les
lignes italiennes avaient de nouveau supplanté les lignes françaises sur le port de Bastia en 2008 puis en 2009 (ce qui n'était plus arrivé depuis 20031) à la faveur de la toujours plus grande concentration des dessertes italiennes sur l'escale bastiaise et des efforts tarifaires des compagnies Corsica Ferries et Moby Lines pour stimuler la demande, les lignes françaises ont de nouveau repris le dessus depuis 2010, en dépit des difficultés récentes qu'elles rencontrent. En effet, l'ouverture - éphémère - de la ligne Bastia-Toulon par la Moby Lines en 2010 a fortement stimulé les lignes continent-Corse dont le trafic s'est ensuite partiellement - et temporairement - reporté sur Marseille en 2011, une fois fermée la ligne de la Moby. En 2012 et 2013, les lignes françaises ont aussi profité de la réouverture de la ligne Bastia-Toulon par la SNCM, en sus de la liaison toujours opérée par la Corsica Ferries. À l'inverse, au début des années 2010, les lignes italiennes ont subi de sensibles réductions de capacités hors saison comme en saison, suite aux retraits successifs de ferries tels que les Maria Grazia On., Moby Corse, Moby Freedom et Moby Wonder de la Moby Lines ou du Corsica Express Seconda de la Corsica Ferries, ce qui a contribué à limiter la concurrence par les prix et le nombre des traversées offertes sur ces trajets. Ce mouvement baissier s'est toutefois interrompu en 2013, suite à l'ouverture par la Corsica Ferries d'un lien saisonnier avec Piombino et Portoferraïo (sur l'île d'Elbe) qui a connu un certain succès - en dépit d'une programmation encore très modeste, restreinte à la très haute saison, qui limite ses parts de marché à 0,9% - et à la ré-extension des périodes de desserte des lignes Genova-Bastia et Livorno-Bastia par la Moby Lines. En 2016 et 2017, les programmations volontaristes assurées par les compagnies Corsica Ferries et Moby Lines sur les lignes reliant Bastia à l'Italie ont contribué à soutenir le trafic et ce phénomène devrait se reproduire en 2018. 




En 2017, les liaisons du port de Bastia sont toujours concentrées sur si
x destinations principales et les parts de marché des différents ports continentaux ont généralement peu évolué par rapport à 2016, comme le montrent les statistiques de l'ORTC. Avec 26,2% de parts de marché en 2017, le trafic avec Livorno (en français, Livourne, situé en Toscane) a retrouvé depuis 2016 sa première place, perdue depuis 2013. Avec 569 000 passagers, Bastia-Livorno consolide ses positions en 2017 (+1,7%) en dépit de la réduction de l'offre estivale de transport de la Moby Lines sur cet axe (passage de trois à deux allers-retours apr jour en saison). Après le franc rebond de 2016 (+10,6%) à la faveur alors d'un plus grand nombre d'escales, l'axe Bastia-Livorno rompt ainsi depuis deux ans avec une longue série baissière : -4,0% en 2015, après -4,1% de 2013, après -7,9% en 2012, -11,2% en 2011 et -5,2% en 2010, série qui n'avait connu qu'une exception sur la période récente en 2014, avec +1,9% ! Sur la Corse, Bastia-Livorno reste toutefois devancée par la ligne Ajaccio-Toulon (654 000 passagers, +0,4%), toujours première ligne de Corse en 2017 (voir page des lignes), mais reste depuis deux ans devant Bastia-Toulon (près de 532 000 passagers, +5,5% sur 2016), en léger rebond en dépit d'une concurrence accrue sur Nice. Livorno voir sa place de première destination sur Bastia en 2018 disputée par Toulon à la faveur de la nouvelle réduction de l'offre estivale de la Moby sur ce port (pasage de deux à une seule rotation par jour) et de l'intensification du nombre de rotations de la Corsica Ferries sur Bastia-Piombino en périodes de pointe

La performance du port de Toulon (24,4% de parts de marché, +0,9 point), qui occupe donc la deuxième place sur Bastia n'en demeure pas moins remarquable : cette plate-forme ne représentait encore en 2000 qu'un trafic symbolique avec la Corse avant que la Corsica Ferries ne croie en ses chances de développement et s'y investisse pleinement à l'année avec ses Mega Express (voir graphique ci-dessous). Sur l'ensemble de la Corse, Toulon est premier depuis 2007, très loin devant Nice et Marseille, avec un trafic passagers - assuré entièrement par la Corsica Ferries - supérieur à 1,4 million en 2016. Ces chiffres ne comprennent pas le développement récent par la Corsica Ferries de liaisons entre Toulon et la Sardaigne ; par ailleurs, ils sont un peu sous-estimés aux dires de l'ORTC, car une partie importante des voyageurs dont la destination finale est Porto Vecchio est comptabilisée dans le trafic corso-sarde en raison de l'escale intermédiaire faite par la compagnie à Porto Torres sur la ligne Toulon-Porto Vecchio ! En 2018, la ligne de Toulon vers Bastia devrait encore davantage être concurrencée par celle de Nice, à la faveur de la réorganisation des liaisons de la Moby sur cet axe (passage en saison de rotations de nuit, qui n'avaient pas rencontré le succès espéré, le trafic de la Moby sur cet axe restant loin des 200 000 voyageurs annuels initialement attendus, à des rotations de jour...). 

Sur Bastia arrivent ensuite, les ports de Nice puis de Savona. Plus précisément, avec près de 396 000 passagers (-5,0%), Nice recule en 2017 après le fort rebond observé en 2016 (+20,1%). Cette contre-performance ramène les parts de marché de Nice à 18,2% (au lieu de 19,4%, toujours selon les chiffres de l'ORTC). Elle peut surprendre car la Moby partait d'un trafic faible l'année précédente car elle avait en particulier dû interrompre son service plusieurs mois en 2016 suite à l'incendie du Moby Zazà en plein mois d'août ! Savona, desservi uniquement par la Corsica Ferries, recule de nouveau de 3,9% en 2017 (après -11,5% en 2016) avec environ 298 000 passagers, soit 13,7% de parts de marché. Cette baisse est toutefois à relativiser par deux années précédentes de forte progression (+8,0% en 2015, après +6,7% en 2014). Le port voisin de Genova voit son trafic se renforcer (6,2% de parts de marché avec 134 000 passagers, soit +14,0% en 2017) du fait de l'intensification de la desserte qui a vraisemblablement conduit à reprendre des parts de marché aux lignes de Nice et de Savona. En 2018, le grand port ligure bénéficie d'une programmation encore renforcée et pourrait donc de nouveau tirer son épingle du jeu, quoique la concurrence avec Nice, vers Bastia mais aussi vers l'Ile Rousse, s'intensifie. Marseille enfin a fini de voir son trafic s'effriter après le point bas touché en 2016, avec des parts de marché alors historiquement faibles (10,2%) suite au retrait des ferries de la SNCM sur la ligne depuis 2015. En 2017, Bastia-Marseille regagne 0,3 point de parts de marché avec près de 228 000 passagers (+4,0%). Sur cette ligne emblématique de la desserte maritime de la Corse, dont le trafic était traditionnellement très robuste et constant, on est encore très loin - près de 40% plus bas - des niveaux records de trafics dénombrés par l'ORTC en 2003 (378 000) et en 2012 (375 000) ! En 2018, la programmation de quelques touchers estivaux du ferry Danielle Casanova de la Corsica Linea sur cette destination devrait amplifier le rebond déjà observé en 2017 (et qui a surtout bénéficié à Ajaccio-Marseille jusqu'ici).





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Notes :

[1] Rappelons que de 1986 à 2003 inclus, proximité géographique oblige, le trafic du port de Bastia avec l'Italie avait alors supplanté celui avec le continent français ; il avait même représenté certaines années les deux-tiers du trafic total (jusqu'en 1995). Il faut dire que le trafic avec l'Italie est désormais quasi-exclusivement concentré sur le port de Bastia (si l'on excepte les rotations Corse-Sardaigne, assurées principalement depuis Bonifacio, et les liaisons saisonnières vers l'Ile Rousse et Porto Vecchio de la Corsica Ferries) tandis que le trafic Corse-continent français, réparti sur cinq ports (Bastia et Ajaccio, mais aussi Ile Rousse, Propriano et Porto-Vecchio), ne l'est qu'à environ 42% en 2017. Rappelons également qu'en 2002, on dénombrait encore quatre compagnies opérant vers l'Italie au départ de Bastia - soit deux de plus qu'aujourd'hui - avant le retrait de la filiale Corsica Marittima de la SNCM et le dépôt de bilan de la Happy Lines qui desservait la ligne Bastia-La Spezia...


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