Mare Nostrum Corsica 
- Préfiguration des nouveautés 2017 sur les lignes de Corse -

En 2017, suite - et fin ? - de la réorganisation des lignes de Corse
Les Mega Express Two et Pascal Paoli à Bastia, en juillet 2016 ; photo : Romain Roussel
Après le Big Bang intervenu en 2016 avec la disparition de la SNCM au profit de Corsica Linea et la réorientation des lignes de la Corsica Ferries et de la Moby Lines, de nouveaux rebondissements interviennent en 2017 avec de nouveaux arbitrages entre dessertes de la Corse et de la Sardaigne et la perspective de création d'une compagnie régionale maritime corse... Photo : Romain Roussel.



Après une saison 2016 décevante sur les lignes de Corse, quelles perspectives pour 2017 ?

Jusqu'à l'été 2010, les trafics maritimes de la Corse ont connu une hausse quasi-continue, interrompue net depuis, en contrecoup du plafonnement de l'aide sociale, puis de sa suppression en 2014, année également marquée par la fin des subventions au service des ferries en saison sur Marseille. Les trafics maritimes corses stagnent depuis 2015, suite notamment à la forte réduction d'activité de la SNCM et de Corsica Linea, ce qui contraste avec la  reprise spectaculaire observée sur les lignes maritimes sardes, qui se relèvent de la forte crise des années 2011-2012. 

Comme c'est maintenant le cas depuis plusieurs années, avec un peu plus de 4 millions de voyageurs sur une année mobile flottante à fin août 2016 (c'est-à-dire sur la période de douze mois qui va de septembre 2015 à août 2016 inclus) selon l'Observatoire régional des transports de la Corse (ORTC), les trafics passagers maritimes de l'île demeurent loin de leurs record historique établi en 2010 (4,66 millions de passagers), voir premier graphique. Les trafics passagers maritimes corses ressortent donc à un niveau très proche de celui déjà constaté en 2015 par l'ORTC, et ce alors même que l'on pouvait initialement s'attendre à des niveaux supérieurs. En effet, en dépit d'une avant-saison peu favorable en raison d'une météo inhabituellement capricieuse et d'un moindre nombre de ponts de mai qu'en 2015, la saison 2016 s'annonçait pourtant sous de meilleures auspices. Tout d'abord, la situation sociale et actionnariale s'était considérablement apaisée à la Corsica Linea, après plus de deux années de forte agitation à la SNCM dont elle a pris la suite. Toutefois, la concernant, ce contexte plus favorable, s'il a bien permis une reprise de parts de marché perdues sur le marché du fret insulaire, ne s'est pas traduit par une évolution simialire de son trafic passagers, qui a fortement pâti du retrait quasi-total des ferries. Le Danielle Casanova, quasi-exclusivement dévolu à la ligne Marseille-Tunis en saison, n'a ainsi effectué que deux rotations symboliques sur la Corse durant l'été 2016, alors qu'il était encore présent les week-ends de pointe durant l'été 2015, occasionnant des pertes importantes de trafic pour l'ex-SNCM par rapport à des niveaux déjà historiquement bas. L'ORTC rapporte ainsi que le trafic passagers de la Corsica Linea sur la Corse a encore chuté de 43% en août 2016, après des pertes déjà considérables les deux années précédentes (-61% en août 2015 et -31% en août 2014). Sur les quatre premiers mois de la saison 2016 (mai à août), la Corsica Linea a ainsi, pour la permière fois, transporté un peu moins de passagers que La Méridionale (145 716 contre 155 379 selon l'ORTC) dont le trafic, quoiqu'en progression de 9%, ne s'accroît que d'un peu plus de 12 000 voyageurs sur la période en raison de capacités limitées, quoique la compagnie ait bénéficié exceptionnellement au cours de la saison 2016 de l'affrètement du Monte d'Oro de Corsica Linea sur la ligne Marseille-Ile Rousse. Pour mémoire, il y a seulement trois ans, la SNCM transportait encore 714 372 passagers sur cette période de l'année, soit près de 570 000 voyageurs de plus que Corsica Linea aujourd'hui ! A lui seul, cet effondrement suffit en apparence et en première analyse à expliquer le recul des trafics maritimes observé ces dernières années sur les lignes de Corse.

On aurait toutefois pu s'attendre à une progression au global des lignes de Corse, l'offre maritime ayant été globalement supérieure en 2016 qu'en 2015 malgré le retrait du Danielle Casanova. En effet, la Corsica Ferries et la Moby Lines avaient diversifié - et notablement accru, en particulier pour la Moby - leur desserte en proposant de nouvelles lignes. La Corsica Ferries a ainsi inauguré fin mai et début juin 2016 de nouvelles liaisons entre Toulon, Nice et Porto Vecchio, avec des prolongements sur la Sardaigne (à l'est vers Golfo Aranci depuis Nice, à l'ouest vers Porto Torres, relié de manière directe à Toulon). Toutefois, si ces liaisons ont effectivement drainé de nouveaux voyageurs sur les lignes sardes et sur le port du sud Corse (dont le trafic a doublé en août), il semble que sur la Corse ont ait davantage assisté à un ripage des passagers d'un port insulaire à l'autre pour cette première année d'exploitation, le port d'Ile Rousse par exemple étant affecté par un recul notable en été (-22% sur le seul mois d'août). Les trafics de la Corsica Ferries ont probablement été aussi défavorablement impactés par la fermeture soudaine - et semble-t-il définitive - du port de Calvi aux ferries à partir du 12 août 2016, le maire de la ville souhaitant le consacrer à la plaisance et aux croisières plutôt que d'investir dans la mise en place des nouvelles mesures de filtrage de sécurité pour l'embarquement des car-ferries. À la Moby, après des débuts commercialement difficiles sur sa nouvelle ligne Nice-Bastia dont elle attendait beaucoup (seulement un peu moins de 22 000 voyageurs en juillet 2016 lors du deuxième mois d'exploitation, soit 15% de moins que le nombre de passagers qu'elle avait transporté en juillet 2010 lorsqu'elle avait inauguré une éphémère ligne Toulon-Bastia), l'expérience s'est brutalement interrompue le 13 août 2016 suite à l'incendie du Moby Zazà dans le port de Nice. Quant à ses lignes Italie-Corse, malgré une explosion de ses capacités (de 2 allers-retours par jour pendant l'été 2015 à 3 ou 4 en 2016) et le transfert d'une grande partie de ses passagers malheureux ayant réservé sur Nice et privés de navire à la baleine bleue depuis la mi-août, la Moby n'y a connu qu'une augmentation relative de ses trafics (+12% en juillet et +10% en août selon l'ORTC), sans rapport avec l'accroissement de son offre de transport. Il semble qu'en dépit des espérances des compagnies, la clientèle touristique - italienne, en particulier - ait privilégié les autres îles italiennes au détriment notamment de la destination Corse.

Globalement, la stagnation des trafics maritimes de la Corse en 2016 (-1,1 % de mai à août selon l'ORTC) se traduit de nouveau par une érosion au profit de l'aérien (qui progresse de 4,4 % sur la même période), prolongeant ainsi le mouvement amorcé depuis quelques années déjà (voir un précédent article thématique de Mare Nostrum Corsica sur ce sujet), en dépit des inconvénients de ce dernier mode de transport en termes de durée des séjours et de bilan environnemental. Cette situation contraste très fortement avec celle observée dans le même temps sur la Sardaigne (où le low cost aérien s'est développé quelques années plus tôt qu'en Corse), qui après des années très sombres en 2011-2012 en particulier retrouve une vraie dynamique. Les trafics maritimes sardes ont ainsi progressé de 6,0% en 2015 et, en 2016, sur les huit premiers mois de l'année, les ports du nord Sardaigne (Olbia, Golfo Aranci et Porto Torres) annoncent une hausse de plus de 21 % de leur trafic passagers global par rapport à la période comparable de l'année dernière (voir deuxième gaphique) !

Le programme de l'ensemble des compagnies maritimes pour 2017 se précise, même si les programmations initiales peuvent encore évoluer d'ici l'été prochain. Malgré des évolutions très contrastées entre trafics maritimes corse et sarde, il semble que les deux îles continuent toutes deux de conserver une attention particulière dans les programmations des compagnies maritimes présentes sur ces deux marchés (Moby Lines, Corsica Ferries et, dans une moindre mesure, Corsica Linea). 



Pour la saison 2017, la Corsica Ferries inaugure un nouveau navire, le Pascal Lota, renforce sa desserte sur plusieurs lignes vers la Corse et la Sardaigne et en ouvre de nouvelles avec les ports italiens de Piombino et Livorno
Photo : Peter Therkildsen
À la Corsica Ferries, la grande nouveauté de 2017 est sans conteste la mise en service d'un nouveau navire de type Mega Express de grande capacité, renommé Pascal Lota en hommage au fondateur de la compagnie, disparu début 2016. Le navire, construit en 2008, a navigué jusqu'à fin janvier 2017 entre Tallinn et Helsinki (Estonie-Finlande) aux couleurs de la compagnie Tallink ; photo : Peter Therkildsen.

La Corsica Ferries a révélé et ouvert à la vente ses traversées pour l'été 2017 le 10 octobre 2016. La nouveauté majeure de l'année 2017 est l'entrée en service à partir du mois de juin d'un nouveau navire de type Mega Express de grande capacité, le Pascal Lota, qui vient s'ajouter à la flotte déjà existante de la Corsica Ferries. Construit en 2008 et doté d'une bonne vitesse de pointe (près de 28 noeuds) celui-ci a en effet la plus grosse capacité de la flotte des bateaux jaunes, en garage (environ 700 voitures) mais aussi en passagers (2 300), il s'agit du quatrième navire d'une série initiée en 2001. La compagnie préfère depuis quelques années de faire naviguer ses navires sur plusieurs lignes au cours de l'année plutôt que de les spécialiser dans une seule : nombre de ses clients, principalement des lignes corses, devraient donc pouvoir l'emprunter sur leur parcours habituel à une date ou à une autre. En été, le navire effectue en particulier de nombreuses rotations au départ de Nice et de Savona, principalement vers Bastia mais aussi vers l'Ile Rousse, en outre il accoste aussi régulièrement à Toulon à destination des ports de Corse, principalement vers Bastia et assure aussi quelques traversées Livorno-Golfo Aranci.  

S'agissant des lignes desservies, celles inaugurées en juin 2016 (Nice-Porto Vecchio et son prolongement vers Golfo Aranci sur la côte est de la Sardaigne, mais aussi Toulon-Porto Torres, sur la côte ouest de la Sardaigne, et son prolongement vers Porto Vecchio) sont de nouveau proposées pour la saison 2017, même si des évolutions interviennent quant à leur fréquence et aux navires les desservant. En effet, durant l'été 2016, c'est essentiellement le Corsica Victoria, qui a effectué la plupart des liaisons Nice-Porto Vecchio-Golfo Aranci, tandis que son jumeau, le Sardinia Regina desservait principalement la ligne sarde Livorno-Golfo Aranci, en renfort du Mega Express Three

En 2017, ces jumeaux retrouvent certains jours leur affectation antérieure, à savoir la desserte à titre principal de Savona-Bastia (de nuit et de jour) et de Livorno-Bastia (de jour, en sus du Corsica Marina Seconda). Cela permet ainsi à la compagnie aux bateaux jaunes de proposer des traversées avec des navires de plus grande capacité sur Nice-Porto Vecchio-Golfo Aranci, différents Mega Express s'y relayant, à une fréquence toutefois moindre que celle constatée en 2016. En effet, pour la saison 2017, l'accent est surtout mis sur l'autre ligne sarde de la compagnie au départ du continent français, à savoir Toulon-Porto Torres, qui devient plus fréquente. Cette ligne s'effectue désormais aussi le week-end et selon les jours soit en traversée de jour (généralement en 7h), soit de nuit ; celle-ci se prolongeant dans certains cas sur Porto Vecchio. Là encore, les navires employés sont des Mega Express. La paire mythique de ferries en provenance de la mer Baltique, les Mega Andrea et Mega Smeralda continue selon les jours d'effectuer des traversées de nuit sur Toulon-Bastia et Toulon-Ajaccio notamment, mais aussi, de jour et de nuit, sur Savona-Bastia les week-ends notamment et de jour sur lignes d'Ile Rousse, depuis Savona, Nice ou Toulon. Les lignes Toulon-Corse (principalement vers Bastia, Ajaccio et Ile Rousse) continuent par ailleurs en 2017 de constituer le coeur de la desserte de la Corsica Ferries, les autres Mega Express de la compagnie y étant prioritairement affectés, conjointement avec les lignes de Nice. Toutefois, sur ces lignes également, les horaires ont été revus en 2017, notamment suite à la fermeture définitive du port de Calvi pour raisons administratives depuis le 12 août 2016, ce qui conduit la compagnie à mieux étager sa programmation du port Balanin restant (celui d'Ile Rousse) afin de mieux répartir le trafic au sein de la journée. Enfin, la réaffectation partielle des Corsica Victoria et Sardinia Regina aux lignes de Savona et de Livorno permet également de renforcer la présence de la compagnie sur la ligne Livorno-Bastia, desservie jusqu'à 4 fois par jour les samedis de pointe, soit davantage qu'en 2016. À titre de variante, en saison, la Corsica Ferries assure même quelques traversées Piombino-Bastia à l'aide du Corsica Marina Seconda et du Sardinia Vera, dans une programmation qui s'ajoute à celle du NGV Corsica Express Three dont les traversées sur Piombino-Portoferraïo (Ile d'Elbe)-Bastia ont, comme à l'habitude, été commercialisées dans un second temps une fois attribués les créneaux horaires de départ du port de Piombino. Les traversées du Corsica Express Three reprennent quasiment à l'identique la programmation de l'été 2016 : départs les mercredis et jeudis en saison de Piombino à 19h35, escale à Portoferraïo sur l'île d'Elbe à 2015 et arrivée à Bastia à 22h ; retour de Bastia pour Piombino à 7h les jeudis et vendredis, escale à l'île d'Elbe à 8h30 et arrivée sur le continent à 9h25.

Au global, les lignes Italie-Corse de la compagnie aux bateaux jaunes sortent donc renforcées lors de cette saison 2017, de même que la desserte du port d'Ajaccio, qui bénéficie désormais les samedis de pointe de 4 départs par jour de et vers Toulon ou Nice, contre un maximum de 3 lors des saisons passées. Nouveautées inaugurées à l'hiver 2016-2017, la Corsica Ferries propose désormais aussi ponctuellement, hors période estivale, quelques traversées expérimentales de nuit entre Savona et Porto Vecchio et de jour entre Ajaccio et Porto Torres. La première permet notamment de faciliter les séjours au ski dans les stations alpines pour les résidents corses tandis que la seconde permet de concilier transport des marchandises entre Corse et Sardaigne et renforcement des liens hors saison entre les deux îles ainsi qu'entre la Sardaigne et le port de Toulon (les traversées de Porto Torres vers Ajaccio se prolongeant vers Toulon, et celles d'Ajaccio vers Porto Torres faisant suite à des traversées Toulon-Ajaccio).

Enfin, la programmation estivale 2017 de la Corsica Ferries prévoit la création de nouvelles lignes maritime au départ du port italien de Piombino (à environ 90 km au sud de Livorno) vers Porto Vecchio, en Corse mais aussi vers Golfo Aranci en Sardaigne de mi-juillet à début septembre. Cette programmation, datant de la mi-décembre 2016, a évolué à la mi-avril 2017, certaines de ces liaisons étant finalement programmées de et vers Livorno. Avec cette programmation depuis Livorno et Piombino, la desserte du Sud de la Corse et de la Sardaigne s'en trouve ainsi renforcée. Le navire choisi pour inaugurer ces nouvelles liaisons est le Sardinia Vera, qui aurait sinon été relégué au rôle de navire de réserve, comme ce fut déjà le cas à certaines périodes par le passé. Certaines de ces traversées au départ de Piombino s'effectueront de manière combinée entre Corse et Sardaigne.  



Corsica Linea (MCM, ex-SNCM) et La Méridionale naviguent de concert sur Marseille-Corse dans l'attente de la création de nouvelles entités régionales maritimes corses d'ici l'été 2019
Les Girolata de La Méridionale et Pascal Paoli de Corsica Linea devant la tour CMA-CGM à Marseille en juillet 2016 ; photo : Jean-Pierre Fabre.
 
La Méridionale et Corsica Linea sont de nouveau partenaires pour la nouvelle desserte de service public maritime Marseille-Corse transitoire qui couvre la période début octobre 2016 - fin septembre 2017. Une nouvelle période transitoire est prévue jusqu'à fin juin 2019, mais à terme, il faudra aussi compter désormais avec les nouvelles entités régionales corses...

Nota Bene - Photo de Jean-Pierre Fabre, des Girolata et Pascal Paoli, devant la tour CMA-CGM, à Marseille en juillet 2016. Une photo analogue du même auteur est présentée en page des photos 2016 : prise en décembre, le Girolata y arbore désormais ses nouvelles couleurs !


La Corsica Linea a succédé à l'ex-opérateur historique de la Corse, la SNCM, disparue début 2016 après de nombreux rebondissements. Désormais présidée par Pascal Trojani, qui a pris le relai du repreneur désigné Patrick Rocca en avril 2016, la compagnie installe progressivement ses nouvelles couleurs dans le paysage maritime insulaire. Ses navires passent un à un aux nouvelles couleurs - rouges - du consortium (le premier a été le Jean Nicoli fin mars 2016, suivi par le Pascal Paoli fin mai et par le Danielle Casanova en juin), même si certains ont gardé à ce stade leur livrée provisoire anonyme blanche et bleue faute de temps pour leur arrêt technique avant la saison estivale 2016 (c'est par exemple le cas des Paglia Orba et Monte d'Oro et du ferry Méditerranée, comme illustré sur la page des photos de 2016). Toutefois, le nouveau cap de la compagnie, différent de celui avalisé en novembre 2015 par le tribunal de commerce de Marseille, reste encore à affiner. Et ce, en particulier depuis que les actionnaires de Corsica Linea ont accepté de céder leurs deux navires mixtes les plus anciens (Monte d'Oro et Paglia Orba) à la Collectivité territoriale de Corse à compter de l'automne 2017 afin de constituer une compagnie maritime régionale corse, dont les contours demeurent encore à préciser (en fait, trois entités sont envisagées, l'une possédant les navires et les deux autres - associant dans des proportions variables partenaires publics et privés - pour la desserte des ports principaux et secondaires de l'île, voir l'article thématique dédié). Après plusiuers reports, la validé de cette cession, contestée en justice par plusieurs syndicats de la compagnie, ne sera finalement jugée que le 13 février 2017. Le calendrier de création des futures entités régionales a été annoncé fin décembre et comportera plusieurs étapes jusqu'à fin 2018, pour une date de début de service effectif fixée au 1er juillet 2019.

Avec La Méridionale, la Corsica Linea a été la première sur la Corse à ouvrir à la vente ses réservations pour la saison 2017, dès le 5 octobre 2016. il s'agisait toutefois là que d'un programme préliminaire, qui ne comportait à ce stade que des navires mixtes, et qui a été complété fin décembre de quelques escales supplémentaires de ferries de nuit sur la ligne Marseille-Ajaccio. Les deux compagnies commercialisaient déjà en commun depuis courant septembre leur programme de rotations jusqu'à début avril 2017, dans la continuité des dessertes assurées en 2016. Fait notable, cette commercialisation est même intervenue avant le 30 septembre 2016, c'est-à-dire avant même que la délégation de service public transitoire couvrant la période octobre 2016-septembre 2017 ne leur ait été officiellement attribuée par les élus corses ! Comme en 2016, aucune rotation sur les ports de Toulon et de Nice n'est donc programmée par la Corsica Linea en 2017. Les quatre cargos mixtes de la SNCM (Pascal Paoli, Jean NicoliMonte d'Oro et Paglia Orba) poursuivent leurs dessertes respectives au départ de Marseille vers Bastia, Ajaccio, Porto Vecchio et l'Ile Rousse, selon le schéma de traversées nocturnes établi par le cahier des charges de la délégation de service public (DSP) maritime. Pour autant, à la demande de l'Office des transports de la Corse, les arrivées du Pascal Paoli à Bastia sont avancées à 6h du matin (au lieu de 7h) plusieurs fois par semaine afin de faciliter la circulation automobile dans la ville ; les horaires du Piana en revanche sont inchangés. Suite à l'annulation à partir d'octobre 2016 par le tribunal de commerce de Bastia de la DSP Marseille-Corse initialement prévue pour durer jusqu'en 2023 et la création de la compagnie régionale maritime à l'horizon de l'automne 2017, leur affectation est, toutefois, moins certaine à moyen terme. Si la commande des quatre nouveaux navires un temps envisagée par l'avant-dernière équipe dirigeante de la SNCM (voir la page spéciale sur leurs caractéristiques techniques) n'a pu être finalisée, des annonces concernant la modernisation de la flotte de Corsica Linea ont été faites en octobre 2016. Cette modernisation concernera en premier les navires Paglia Orba et Méditerranée, le second devant subir des réfections partielles de ses locaux deux années de suite (les salons pendant l'hiver 2017/2018 et les cabines l'hiver suivant) avec pour objectif affiché d'en prolonger la "durée de service" de dix ans. Ce ferry Méditerranée devrait en 2017 et en théorie aussi par la suite être de nouveau consacré à la desserte du Maghreb pendant la saison, et desservir principalement sur la ligne Marseille-Alger. Concernant l'ouverture à terme de nouvelles lignes (plusieurs destinations en Méditerranée occidentale au départ de Marseille avaient été évoquées par les nouveaux dirigeants de la compagnie : Baléares, Barcelone, Sardaigne, Sicile...) rien de concret n'a à ce stade été présenté. La compagnie dit étudier toujours ce qu'il est possible de faire entre la Corse et l'Italie, où la SNCM s'était elle-même investie durant les années 1990 avec sa filiale Corsica Marittima puis en son nom propre, à l'époque à perte...

Selon de premières indiscrétions confirmées le 11 octobre 2016 par le directeur général de la compagnie Pierre-Antoine Villanova, la desserte de la Tunisie devrait être sensiblement revue à la baisse pour l'été 2017 (passage de trois rotations hebdomadaires à deux), le Danielle Casanova devant être de nouveau employé sur les lignes Marseille-Corse en renfort en saison, comme par le passé par la SNCM. Une telle programmation, hors marché de la DSP, pourrait néanmoins nécessiter un accord de la Commission européenne, qui pourrait y voir une atteinte à la discontinuité de l'exploitation entre SNCM et Corsica Linea, discontinuité qui avait permis d'effacer les montants importants de subventions à rembourser du fait de trop perçus... De fait, ces traversées supplémentaires en ferry pour l'été 2017 finalement commercialisées fin décembre 2016 apparaissent bien moins ambitieuses que celles anticipées en octobre dernier lorsque Pierre-Antoine Villanova avait déclaré vouloir augmenter de 20% les rotations de sa compagnie, afin de repasser de 10% à 15% de parts de marchés pour le transport de passagers dès 2017 (soit sensiblement plus de 400 000 passagers sur la Corse, contre environ 300 000 annoncés par la direction de la compagnie pour 2016) et à 30% à terme, dès lors que la compagnie pourra faire l'acquisition de navires supplémentaires... Ainsi, à ce stade, sont programmées une seule rotation hebdomadaire du Danielle Casanova, de nuit dans les deux sens, les week-ends sur Marseille-Ajaccio de la mi-juillet à début septembre, et aucune rotation sur Bastia. Pourtant, il y a quelques mois, la prévision d'escales préliminaire présentée sur le site de la CCI territoriale de Bastia laissait augurer à Bastia jusqu'à trois rotations par semaine du Danielle Casanova en août 2017 de et vers Marseille. Par ailleurs, des rotations supplémentaires les week-ends estivaux avaient été annoncées à bord du Monte d'Oro - dédié à la desserte d'Ile Rousse - mais n'ont pas été programmées à ce jour. Quelques semaines auparavant, avaient en revanche été ouvertes à la vente les traversées supplémentaires du Jean Nicoli, qui assure dix traversées en saison entre Marseille et Porto Torres en Sardaigne pendant l'été 2017, contre cinq en août 2016. 

Reconduite jusqu'à fin septembre 2017 aux côtés de la Corsica Linea dans le cadre de la délégation de service public transitoire entre Marseille et les ports Corses, La Méridionale ne prévoit pas de nouvelle entrée en flotte à moyen terme (dans le cadre de la précédente DSP annulée en justice, il était prévu que le prochain remplacement, celui du Kalliste, intervienne en 2023)Sa programmation pour 2017 s'inscrit dans la continuité de celle des années précédentes, avec le Piana principalement affecté à Marseille-Bastia - ligne phare pour le fret - le Kalliste sur Marseille-Propriano et le Girolata sur la liaison Marseille-Ajaccio. En sus des rotations prévues par la DSP, quelques traversées de jour sur Marseille-Propriano avec le Kalliste sont de nouveau programmées en 2017 lors des périodes de pointe (départ de Marseille certains dimanches à 10h, arrivée Propriano à 20h ; retour en traversée de nuit). La principale nouveauté 2017 s'inscrit en termes d'image : les navires de la compagnie arborent progressivement une nouvelle livrée, mêlant deux tons de bleus (au lieu d'un seul auparavant), le logo de la compagnie a été également retouché et une tête de maure est désormais peinte sur le flanc avec l'inscription "Of Corse !" (voir détails en page La Méridionale)

L'avenir de la liaison corso-sarde Propriano-Porto Torres, assurée jusqu'ici jusqu'à 2 à 3 fois par semaine par le Kalliste de La Méridionale en traversée de jour, dans le prolongement de sa traversée de nuit Marseille-Propriano, et qui avait déjà failli totalement disparaître
dès le printemps 2015, faute de rentabilité, a été clarifié fin décembre 2016. Celle-ci est prorogée par le Kalliste de La Méridionale, dans un premier temps sans subvention de janvier à août 2017 à raison d'une escale par semaine (les rotations supplémentaires assurées en août par le Kalliste sur Marseille-Propriano mobilisent ce navire), en attendant de possibles subventions par la suite. En effet, l'actuel OTC chercherait toujours à négocier l'octroi de subventions européennes (plus exactement, la création d'un groupement européen de coopération territoriale, ou GECT) afin de pérenniser cette liaison qui serait déficitaire de plusieurs centaines de milliers d'euros par an selon les déclarations des dirigeants de La Méridionale. Pour mémoire, un projet de renforcement des liens maritimes entre les deux îles voisines, baptisé In. Port. O, avait été évoqué dès fin janvier 2013 dans le cadre d'un séminaire organisé à Sassari, en Sardaigne, en présence des représentants de l'Office des transports de la Corse de l'époque. L'idée serait notamment de rechercher une meilleure intégration des infrastructures d'accès de part et d'autre du détroit de Bonifacio et des financements européens pour développer une véritable continuité territoriale entre la Corse et la Sardaigne.

Enfin, lors de la précédente DSP, l'
Office des transports de la Corse de l'époque n'avait pas obtenu
des compagnies délégataires SNCM et La Méridionale qu'elles alternent un jour sur deux les traversées vers les ports de Porto Vecchio et Propriano. Déjà identifié comme l'un des points faibles de la précédente convention de service public, cette concentration de la desserte fret de l'extrême Sud sur trois jours de la semaine serait un frein pour l'économie du sud de l'île. Au vu du programme communiqué par les compagnies, la remise à plat de la DSP Marseille-Corse intervenue depuis octobre 2016 n'a rien changé de ce point de vue-là. Les compagnies délégataires - La Méridionale et Corsica Linea - n'ont semble-t-il pas cédé sur ce point (l'alternance des jours de desserte des ports du sud de la Corse n'était pas imposée par le cahier des charges mais seulement explicitement conseillée dans le rapport de l'OTC adopté le 30 septembre 2016...), les départs de Marseille pour Propriano et Porto Vecchio - et vice-versa - s'effectuant toujours les mêmes soirs en 2017 !



Une nouvelle organisation de la desserte de la Corse par la Moby Lines en 2017, suite à l'incendie du Moby Zazà à Nice en août 2016, et un avenir incertain pour la BluNavy sur Bonifacio-Sardaigne... 
Départ des Moby Corse et Moby Zazà de Bastia à 11h en août 2016 ; photo : Romain Roussel
Même si ces deux navires (le Moby Corse, en haut sur la photo, et le Moby Zazà en bas) sont confirmés sur la Corse pour 2017, ils devraient naviguer en cadence
et on ne devrait donc pas les voir simultanément partir du port de Bastia à 11h du matin,
comme ce fut le cas pendant l'été 2016. Photo : Romain Roussel. 




Quant à la Moby Lines, ses horaires 2017
pour la Corse ont finalement été commercialisés à la mi-novembre 2016, deux semaines après ceux sur la Sardaigne. La compagnie n'a pas communiqué sur ce décalage inhabituel dans les dates de commercialisation, mais il pourrait s'expliquer par le fait que les opérations d'acquisition en cours à la Moby concerneraient davantage la desserte de la Corse pour 2017. Aussi, la programmation 2017 de la compagnie à la baleine bleue est-elle encore assez innovante pour 2017, après une année 2016 déjà marquée par de grandes nouveautés, avec notamment l'inauguration le 6 juin 2016 une ligne quotidienne Nice-Bastia (de nuit dans le sens de plus grande affluence en 9h et de jour dans le sens creux en 7h30, ce qui est assez lent). Le navire ayant assuré cette liaison était une nouvelle entrée dans la flotte, le Moby Zazà, ex-Wind Perfection de la société d'hôtel flottants C-Bed, navire construit en 1982 et comportant un nombre conséquent de cabines (plus de 300). Le navire a toutefois dû brutalement cesser ses traversées le 13 août 2016 suite à un sérieux incendie qui s'est déclaré à bord alors que le ferry venait d'accoster au port de Nice. Depuis cette date, le trafic Nice-Corse de la Moby est totalement interrompu et la liaison ne devrait reprendre que le 9 décembre 2016, à raison d'un aller-retour par semaine en hiver avec le Moby Corse. Avant son interruption déjà, la ligne Nice-Bastia de la Moby avait connu un démarrage commercial difficile : selon l'ORTC, à peine plus de 41 000 voyageurs auraient emprunté cette ligne entre le 6 juin et le 13 août. À titre de comparaison, lorsque la Moby desservait la ligne Toulon-Bastia six années plus tôt, elle avait transporté 17% de voyageurs en plus en juillet 2010 qu'en 2016 sur Nice-Bastia et ce alors même que le trafic fret est aussi plus important sur Toulon que sur Nice ! En théorie, la Moby aurait déjà dû reprendre l'exploitation avec un autre navire (le Moby Zazà étant encore en réparation à Napoli mais le Moby Corse étant sans affectation depuis la fin septembre 2016), car elle est tenue de desservir la ligne Nice-Bastia toute l'année si elle souhaite en continuer l'exploitation commerciale, celle-ci étant soumise à des obligations de service public qui imposent une continuité de la desserte tout au long de l'année et pas uniquement en saison. La reprise de la ligne en plein hiver signifie que la Moby souhaite continuer à exploiter cette liaison en 2017.

Le navire qui dessert la ligne Nice-Bastia en 2017 n'est plus le Moby Zazà. La ligne est opérée à compter du 1er juin 2017 par un nouveau navire, à des horaires assez similaires à ceux de 2016 (traversées de nuit dans le sens de plus grande affluence partant à 22h et arrivant à 8h le lendemain, et traversée de jour dans l'autre sens avec départ à 11h et arrivée à 19h). Ce nouveau navire est d'ores et déjà enregistré officiellement sous le nom de Moby Dada et est arrivé fin novembre 2016 à Genova,  en Italie, pour travaux d'adaptation à sa nouvelle ligne. Construit en 1981, doté de nombreuses cabines, d'une capacité d'
environ 1 750 passagers et d'un garage pouvant loger un peu plus de 300 voitures (sa capacité pourrait être portée à environ 500 voitures en cas d'ajout de car-decks supplémentaires), il s'agit de l'ex-Princess Maria, un des deux navires jusqu'ici exploités par la compagnie St Peter's Line en Russie (les deux navires ayant au demeurant une longueur compatible avec un accostage dans le port de Bastia). La presse internationale rapportait il y a peu que la Moby était en voie d'acquisition de parts (majoritaires ?) de la compagnie russe St Peter's Line, jusque-là également propriétaire d'un autre cruise-ferries de grande capacité, construit en 1986, le Princess Anastasia. La compagnie italienne a confirmé début décembre 2016 que ces deux navires seraient effectivement gérés désormais par la Moby. De premières déclarations de l'actuel dirigeant russe de la compagnie laissaient penser que ces ferries pourraient rester naviguer sur leur ligne actuelle (entre Russie et la Finlande sur la ligne St Petersbourg-Helsinki), ce qui ne serait finalement le cas que du second d'entre eux, le Princess Anastasia...  

Quant à ses lignes Italie-Corse, la Moby avait déjà
nettement renforcé sa desserte en 2016 : le nombre de traversées sur Livorno-Bastia était passé en saison de 1 traversée quotidienne en 2015 à 2 à 3 les jours de pointe en 2016 (à des horaires cadencés dans les deux sens : départs à 8h, 14h et, de nuit, à 21h). Pour assurer ces traversées, la Moby avait mis en service le 18 juin 2016 un deuxième navire sur cet axe afin d'épauler le Moby Vincent. Son choix s'était porté sur le Moby Kissex-Banasa de la compagnie marocaine Comarit, qui a fait faillite il y a quelques années. Ce navire de 1975 était promis à la démolition mais a finalement retenu l'attention de la Moby Lines en raison de ses caractéristiques d'emport proches de celle du Moby Vincent (et sans doute aussi, de son coût modique). Pour 2017, l'éviction du Moby Zazà de la ligne de Nice entraîne en cascade une remise à plat de ses lignes italo-corses. Seul le Moby Vincent conserve ses horaires classiques au départ de Livorno vers Bastia. Les Moby Zazà et Moby Corse, dont les capacités sont très proches (environ 450 voitures chacun et de 1 200 à 1 400 passagers) naviguent quant à eux de concert sur les lignes Genova-Bastia et Livorno-Bastia suivant un schéma horaire calqué sur celui de la desserte par les Corsica Victoria et Sardinia Regina de la Corsica Ferries sur les lignes Savona-Bastia et Livorno-Bastia. Plus précisément, la ligne Genova-Bastia serait désormais assurée de nuit dans les deux sens (des rotations de jour supplémentaires sontt programmées en été les samedis et dimanches) et Livorno-Bastia ne serait plus assurée que de jour avec des départs matinaux de Bastia et en milieu de journée de Livorno, en complément de ceux du Moby Vincent. La concurrence avec la Corsica Ferries se fait donc plus frontale en termes d'horaires de départ. Le nombre maximal de traversées de la Moby reste donc de 5 par jour dans chaque sens mais se répartit donc un peu différemment de celui de 2016, avec une traversée de plus sur Genova-Bastia (au maximum deux au lieu d'une) et une de moins sur Livorno-Bastia (au maximum deux au lieu de trois).

Dans ce schéma, sauf rebondissement, le Moby Kiss, très critiqué à Bastia pour le bruit de ses moteurs (ce qui avait nécessité l'emploi d'un groupe électrogène de substitution pour les nuits passées à quai) ne serait donc pas reconduit sur les lignes de Corse où ne serait pas employé non plus l'autre nouveau navire acquis par la Moby début octobre 2016. Ce ferry, d'ores et déjà baptisé Moby Niki, n'est autre que l'ancien Corsica Serena Seconda, que la Corsica Ferries avait employé sur ses lignes de Corse de 1983 à 2010. Construit en 1974, ce navire avait été vendu en 2011 à une compagnie albanaise par la Corsica Ferries et il avait alors été renommé European Voyager et navigué entre l'Italie et l'Albanie à partir de 2011. Doté d'un très faible nombre de cabines, ce navire pourrait - sous réserve d'officialisation - venir renforcer la desserte de l'île d'Elbe de la compagnie à la baleine bleue à partir de Piombino ; desserte désormais privée du Moby Love, vendu à la compagnie grecque Portucalence début 2017.

Par ailleurs, la Moby a annoncé à l'été 2016 avoir d'autres projets de développement - en théorie aussi pour 2017, mais finalement non concrétisés à ce stade - et notamment celui d'une ligne au départ de Barcelona, qui pourrait relier la Catalogne à l'Italie, vraisemblablement à Civitavecchia (d'autres lignes similaires au départ de Barcelona existent déjà : celle de GNV vers Genova et de Grimaldi Lines vers Savona et... Civitavecchia !). L'armateur a en effet constitué un groupe de premier plan, Onorato Armatori, avec les deux compagnies italiennes rachetées depuis 2010 (la Toremar, qui dessert l'île d'Elbe et la Tirrenia, qui dessert notamment la Sardaigne et la Sicile) dont il doit assurer le développement dans un contexte de concurrence accrue avec Grimaldi Lines, notamment sur les lignes sardes. La presse italienne rapporte que cette concurrence accrue sur le fret à destination de la Sardaigne aurait fait plonger la Moby dans le rouge lors du premier semestre de 2016, à -18,5 millions d'euros, contre un bénéfice de 973 000 euros sur la même période de 2015 (le chiffre d'affaires du groupe aurait reculé de 13% lors de cette période, et serait revenu de 249,5 à 216,5 millions d'euros). La Moby refuserait également de payer une tranche de versement de 55 millions d'euros prévue initialement pour avril 2016 lors du rachat de la Tirrenia du fait de la non résolution du contentieux européen sur les aides d'Etat à la Tirrenia (qui reçoit une subvention annuelle de 72 millions d'euros) mais cela n'aurait aucun lien selon sa direction avec ses moins bons résultats financiers du premier semestre 2016...


Sur les lignes corso-sardes enfin, un bras de fer se joue entre la Moby et le nouvel entrant de 2016, la BluNavy (ces deux compagnies sont déjà en concurrence sur l'île d'Elbe depuis plusieurs années). En effet, sur la ligne Bonifacio-Santa Teresa di Gallura, la BluNavy avait pris le relai de la Saremar en avril 2016 (en reprenant son navire, l'Ichnusa), suite à sa liquidation judiciaire. Jusqu'alors la Saremar était la seule compagnie à desservir cette liaison toute l'année, la Moby ne l'effectuant qu'en saison avec le ferry Giraglia. La BluNavy avait programmé ses liaisons jusqu'au 30 septembre 2016, dans l'attente d'une subvention intra-communautaire que élus corses et sardes avaient appelé conjointement de leurs voeux pour permettre à la compagnie de poursuivre ses liaisons toute l'année. À ce jour, aucun système de subventionnement n'a encore été mis en oeuvre, même si son principe a été confirmé par les exécutifs corse et sarde et devrait se concrétiser d'ici l'été 2017. Si la BluNavy avait temporairement prolongé son activité jusqu'à fin octobre 2016, elle a cessé ses rotations le 1er novembre (elle avait de longue date annoncé qu'elle ne pourrait poursuivre ses rotations au-delà si aucun crédit n'était voté en sa faveur). En effet, la Moby a pour la première fois prolongé son activité sur cette ligne jusqu'au 31 décembre 2016 et souhaite continuer eu-delà ; la compagnie à la baleine bleue avait même annoncé avoir pour projet de mettre deux navires au lieu d'un sur cette ligne pendant la saison 2017, ce qui aurait constitué un monopole sur Bonifacio-Santa Teresa di Gallura... Dernière proposition en date, émanant début novembre 2016 de Vincenzo Onorato, président du directoire de la Moby : que la compagnie à la baleine bleue affrète - au prix du marché - le navire de sa concurrente pour la saison 2017 et reprenne aussi ses navigants ! Interrogé sur sa position sur le sujet par Corse Matin le 9 novembre 2016, Jean-Félix Acquaviva, le président de l'Office des transports de la Corse dénonce "les effets d'annonce" et "le rapport de force entre les opérateurs maritimes pour capter un marché". Il indique qu'il va rencontrer à la fois la Moby Lines, Blu Navy et la Région autonome de Sardaigne à ce propos mais que quoi qu'il en soit, la Collectivité de Corse s'inscrit "dans une construction qui se poursuit avec la Sardaigne pour élaborer deux DSP corso-sardes sur deux lignes distinctes, Bonifacio-Santa Teresa di Gallura et Propriano-Porto Torres". Il rappelle que la Commission européenne "a émis un avis favorable" à ces projets et que la première DSP serait lancée par la région sarde. Dans l'attente de la mise en oeuvre de ces projets, la BluNavy a finalement ouvert ses réservations 2017 sur la ligne Bonifacio-Santa Teresa pour la période allant de la mi-avril à la fin septembre et la Moby n'a pour l'heure programmé qu'un seul ferry sur cette desserte... 


Le Princess Maria, avant qu'il ne devienne Moby Dada ; photo : Peter Therkildsen
Le Princess Maria de St Peter's Line, avant qu'il ne devienne le Moby Dada de la Moby Lines. Photo : Peter Therkildsen.


Les photos présentées sur ce site sont la propriété de leur auteur et ne sont pas libres de droits

- Retour à la page principale de Mare Nostrum Corsica - Haut de page