Cimetière de Picpus et la Terreur

 


Ce petit cimetière privé de l'Est parisien abrite deux fosses communes où furent enfouies les 1366 victimes de la Terreur entre le 14 juin et le 27 juillet 1794 (chute de Robespierre). Elles avaient été guillotinées près de là, à la barrière du Trône (aujourd'hui place de la Nation).

Parmi elles, seize religieuses du Carmel de Compiègne, dont Elisabeth Vérollot (née à Lignières dans l'aube) qui inspirèrent plus tard, à l'écrivain Georges Bernanos, Le Dialogue des carmélites. Dispersées dès août 1790 dans des refuges anonymes, elles furent trahies par la régularité de leur vie et incarcérées ensemble à la Visitation où elles reprirent leur vie commune. Sur le chemin de l'échafaud, elles purent entonner des cantiques et des psaumes sans que quiconque se hasardât à les en empêcher. La Mère prieure obtint le cruel privilège de mourir la dernière. Cela se passa le 17 juillet 1794, dix jours avant la fin de la Terreur.

Parmi les autres hôtes involontaires de ce cimetière, on peut citer le poète André Chénier, le vicomte Alexandre de Beauharnais, premier mari de l'impératrice Joséphine,... et beaucoup de nobles aux noms prestigieux.

Les descendants de ces nobles sont enterrés à côté des fosses communes, sur une parcelle qui a été aménagée sous la Restauration. Beaucoup d'entre eux, officiers dans les armées de la République, sont tombés au service de la France ou dans la Résistance.

Le tombeau le plus illustre est celui du marquis de La Fayette, héros de l'Indépendance Américaine.Il est surmonté d'une bannière étoilée en témoignage de reconnaissance des États-Unis. Le lieutenant-colonel Charles Stanton a lancé à cet endroit, le 4 juillet 1917, la fameuse apostrophe : «La Fayette, nous voici !»

Les surs de l'Adoration perpétuelle du Sacré-Cur veillent encore de nos jours sur cet émouvant cimetière.


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