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Marcel Carné

Paris, 1909 / Clamart, 1996

Dans un colloque en Italie, dans une conférence en Californie, l'image de référence du cinéma français demeure le couple Gabin-Morgan du Quai des brumes (« T'as de beaux yeux, tu sais... ») ou la course désespérée de Baptiste cherchant Garance dans la foule des Enfants du paradis. Marcel Carné, en symbiose avec Jacques Prévert, a imposé son réalisme tragique, qu'il l'ait conjugué au présent dans les années de l'avant-guerre, ou au passé dans la France occupée.

L'âge d'or de Marcel Carné couvre une décennie, de 1937 à 1946 - ses années Prévert. Non qu'il ait été sans talent avant et après, mais pendant ces années-là, le désespoir tendre du poète s'inscrivait comme dans un écrin dans les lumières travaillées, dans les décors de Trauner, sur les visages de Michèle Morgan ou d'Arletty qui étaient la matière vive de la mise en scène de Carné. Ce réalisme était tout d'artifices, le château blanc des Visiteurs du soir comme la station de métro des Portes de la nuit étaient des édifices de bois et de plâtre faits pour s'exalter dans le faisceau des projecteurs. Des décors comme des états d'âme.

Carné a été cinéphile - auteur à vingt ans d'un documentaire lumineux, Nogent Eldorado du dimanche - puis critique avant d'apprendre le métier à l'ombre de Jacques Feyder. La saison Prévert se termine en 1947 : insuccès des Portes de la nuit, échec de La Fleur de l'âge resté inachevé. Ensuite, Carné fera encore de beaux films, et d'autres indignes de son métier ou de son image passée. Il ne pourra éviter qu'on les compare à ses chefs d'oeuvre. Ses dix années glorieuses l'ont écrasé. (source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")



1937





1938
QUAI DES BRUMES
Réalisation:  Marcel Carné; Scénario:  Jacques Prévert
Adaptation:  Marcel Carné; Dialogues:  Jacques Prévert; Auteur adapt.:  Pierre Mac Orlan
Production:  Ciné Alliance; Producteur:  Gregor Rabinovitch
Image : Eugen Schüfftan, Louis Page, Marc Fossard, Pierre Alékan
Son : Antoine Archimbaud; Décors:  Alexandre Trauner; Montage:  René Le Hénaff
Musique : Maurice Jaubert
Récompense:  Prix Louis Delluc, Grand Prix du Cinéma Français Louis Lumière.  Autres Prix: Prix Méliès de l'Académie du Film ex eaquo avec La bête humaine de Renoir (1938).  Distingué à la VI Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica, à Venise en 1938, pour ses qualités artistiques. 
INTERPRETES:  Michèle Morgan (Nelly **, voix2) / Jean Gabin (Jean *, voix1) / Michel Simon (Zabel) / Pierre Brasseur (Lucien) / Edouard Delmont (Panama) / Aimos (Quart Vittel) / Robert Le Vigan (le peintre)

SUJET:  Un déserteur de l'armée coloniale rencontre une jeune fille dans le port où il se cache. Elle l'aime. Il fait la connaissance de voyous mais aussi d'affranchis généreux qui essaient de lui venir en aide. Rien n'empêche cependant le destin de séparer tragiquement les amants
(© David F. Bell. Duke University. Durham North Carolina. USA)




1938




1939

Le jour se lève

Scénario  : Jacques Viot et Jacques Prévert.
Direction Photo : Curt Courant, noir et blanc.
Décors : Alexandre Trauner.
Musique : Maurice Jaubert.
Production : Sigma.
Durée : 1 h 25.

Interprètes  : Jean Gabin (François), Jacqueline Laurent (Françoise), Arletty (Clara), Jules Berry (Monsieur Valentin), Bernard Blier (Gaston), René Génin (le concierge), Jacques Baumer (le commissaire).

Résumé : François l'ouvrier sableur a tué Monsieur Valentin. François se suicide au petit matin. Entre ces deux coups de feu, François, barricadé dans sa chambre d'hôtel, au dernier étage d'un immeuble de banlieue, se remémore les événements qui ont fait de lui un assassin ; une histoire d'amour toute simple saccagée par la cynisme sans scrupules de Monsieur Valentin.

(...) Cette façon d'attaquer l'histoire par l'épilogue, par l'assassinat du dompteur de cabots et de revenir en arrière, de traduire en somme le monologue intérieur du barricadé qui revit sa vie, cette manière de jouer avec le temps et de mêler le siège des policiers à l'évocation des mobiles du crime, tout cela a de la puissance et du ragoût...

Alexandre Arnoux, Les nouvelles littéraires, 17 juin 1939

Le décor de Trauner contribue pour sa part, non seulement à la compréhension du drame, mais plus encore à sa constitution. Comme Le jour se lève serait impensable sans la musique, le drame se viderait de toute crédibilité sans le décor qui l'authentifie... Le réalisme de Carné sait, tout en restant minutieusement fidèle à la vraisemblance de son décor, le transposer poétiquement, non pas en le modifiant par une transposition formelle et picturale comme le fit l'expressionnisme allemand, mais en dégageant sa poésie immanente, en le contraignant à révéler de secrets accords avec le drame. C'est en ce sens qu'on peut parler du « réalisme poétique » de Marcel Carné, très différent du « néo-réalisme » de l'après-guerre. En dépouillant presque totalement l'expressionnisme de ses recours à des transpositions visibles du décor, Carné a su en intérioriser intégralement l'enseignement poétique... La perfection du Jour se lève, c'est que la symbolique n'y précède jamais le réalisme, mais qu'elle l'accomplit comme par surcroît.

André Bazin, Ciné-club, décembre 1949

(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")



René Clair
Paris, 1898 / Paris, 1981

Il est né à Paris, dans le quartier des Halles. Tenté par une carrière littéraire à la veille de la guerre, il publie des poèmes et des articles de critique, et devient acteur pour Feuillade et Protazanov. C'est en 1924 qu'il réalise ses trois premiers films, entre fantastique et dadaïsme, dont Entracte, qui est conçu pour accompagner un ballet de Francis Picabia et Eric Satie, Relâche, au prestigieux Théâtre des Champs-Elysées.

Le jeune René Clair débute donc sous le signe de l'Avant-garde. Il s'oriente ensuite, dans les ultimes années de l'art muet, vers la comédie brillante. Mais ce sont les premières expériences du parlant qui lui apportent la consécration et très vite une gloire universelle. Sceptique en 1927 sur les possibilités d'un cinéma sonore, il réfléchit ensuite à un possible usage du son traité comme un matériau aussi malléable que la lumière ou le comédien. Entre 1930 et 1932, entre Le Million et 14 Juillet, il tourne quatre films au studio d'Epinay, imposant sa vision aérienne, poétisée et convenue du petit peuple de Paris. Fantaisie, rythme tendu et mise en scène inventive presque toujours saisie dans le mouvement caractérisent son écriture, qui se teinte de social quand la crise économique obscurcit l'horizon (A nous la liberté).

Après l'échec immérité du Dernier milliardaire en 1934, il s'expatrie en Angleterre, puis aux Etats-Unis pendant la guerre. Sa deuxième carrière française commence en 1947 avec Le Silence est d'or, un hommage attendri à l'art muet. Très attendus, ses films d'après-guerre sont moins inventifs, plus mélancoliques et plus académiques aussi que ceux de sa jeunesse. Il est lui-même le premier cinéaste élu à l'Académie française, en 1960.
(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")

1931



1931

"A nous la liberté"
Réalisation : René Clair


Photo : Collection Cahiers du Cinéma - D.R

Scénario : René Clair
Direction photo : Georges Périnal, Georges Raulet
Musique : Georges Auric
Production : Tobis
Noir et blanc . Durée : 97 minutes
A l'initiative de René Clair, le film est ressorti en 1951 dans une version au montage plus serré, raccourci d'environ quinze minutes.
Interprètes :
Raymond Cordy (Louis), Henri Marchand (Emile), Rolla France (Jeanne), Paul Olivier (l'oncle), André Michaud (le contremaître), Germaine Aussey (Maud).

Chanson du film
La liberté, c'est toute l'existence,
Mais les humains ont créé les prisons,
Les règlements, les lois, les convenances
Et les travaux, les bureaux, les maisons.
Ai-je raison ?
Alors disons :
Mon vieux copain, la vie est belle,
Quand on connaît la liberté,
N'attendons plus, partons vers elle,
L'air pur est bon pour la santé.
Partout, si l'on en croit l'histoire,
Partout on peut rire et chanter,
Partout on peut aimer et boire,
A nous, à nous la liberté !

Résumé : Deux amis qui se sont connus en prison se retrouvent dans l'univers de l'entreprise : l'un d'eux, qui s'était évadé, est devenu un patron puissant, l'autre, sa peine purgée, n'est qu'ouvrier. Ils sont aussi mal à l'aise l'un que l'autre dans l'enfer industriel, et choisissent l'évasion.
(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")


Julien Duvivier

Lille, 1896 / Paris, 1967

Il a eu une longue carrière de cinéaste français, coupée par deux séjours aux Etats-Unis, le premier en 1938, le second pendant toute la seconde guerre mondiale.

Duvivier a beaucoup tourné, trop sans doute, alternant des films qui sont parmi les plus grands du cinéma français, et des oeuvres mineures, films de commande exécutés rapidement. Son image en a souffert : on l'a souvent traité en technicien sans personnalité - à tort. Si on ne s'attache qu'à la ligne de crêtes qui joint ses oeuvres majeures, on découvre un cinéaste tourmenté, pessimiste, construisant autour de personnages forts un environnement sombre, écrasé par un destin mauvais. Il est un des créateurs, dès sa période muette, de ce réalisme noir qui a dominé les trois premières décennies du cinéma parlant, y introduisant très tôt (La Tête d'un homme, en 1933) une lumière empruntée à l'expressionnisme allemand.
(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")

.... 1936 1936

Pépé-le-Moko

Scénario: Julien Duvivier, Jacques Constant, Roger Ashelbé d'après un roman de Roger Ashelbé.
Photographie: Jules Kruger et Marc Fossard.
Musique: Vincent Scotto et Mohamed Iguerbuchen.
Production: Robert et Raymond Hakim.

Pépé le Moko (Jean Gabin), à la tête d'une bande de truands, se cache dans la Casbah d'Alger en compagnie de ses hommes et de sa maîtresse Inès (Line Noro). L'inspecteur Slimane (Lucas Gridoux), aidé de son indicateur Régis (Fernand Charpin), conçoit un plan pour le faire sortir de la Casbah où sa capture est impossible. Il se sert de l'amour de Pépé le Moko pour une touriste, Gaby (Mireille Balin), à qui il fait croire que Pépé est mort. Quand ce dernier apprend que Gaby s'embarque pour la France, il sort de sa cachette pour la rejoindre sur le port. Il est alors dénoncé par Inès, jalouse de perdre l'homme qu'elle aime. Traqué par la police, Pépé le Moko se suicide sur le quai, sans avoir eu le temps de parler à Gaby, dont le bateau s'éloigne.  

Le film fut d'abord proposé à Jean Renoir, qui le refusa, et c'est Julien Duvivier qui hérita de ce qui allait devenir le plus gros succès public d'avant-guerre. Au pittoresque d'une Casbah reconstituée en studio s'ajoute une galerie prestigieuse de seconds rôles (Saturnin Fabre, Marcel Dalio, Charles Granval, la chanteuse Fréhel). Le mythe Gabin, victime de la fatalité, commence avec Pépé le Moko et le couple qu'il forme avec Mireille Balin, la femme fatale du cinéma français, sera repris l'année suivante par Jean Grémillon dans Gueule d'amour.  (encyclopedie Yahoo)

Jean Gabin dans Pépé-le-Moko
 
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Jean Renoir
Paris, 1894 / Los Angeles, 1979

N'aurait-il réalisé qu'un seul film, La Règle du jeu, sorti sur les écrans parisiens en 1939, six semaines avant la déclaration de guerre sous les cris de haine de ses premiers spectateurs, que Renoir serait le plus important, sinon le plus grand cinéaste français. Maîtrise du cinéma tel qu'il se fait et prémonition du cinéma qui se fera, perception aiguë des déchirements et des angoisses d'une société malade, prodigieux sens du spectacle révélateur, tout concourt au chef-d'oeuvre qui saisit dans le mouvement un monde au bord du gouffre.

Renoir est nourri à la fois de l'impressionnisme pictural et du naturalisme littéraire, il a été marqué dans son âme et dans sa chair (une blessure de 1915 qui le fera souffrir toute sa vie) par la guerre qui lui a révélé le peuple, la solidarité des hommes, et inculqué un pacifisme à tout prix. Il entre en cinéma par amour pour une actrice, apprend le métier en le pratiquant, tirant son inspiration des maîtres qu'il admire, Stroheim plus que tout autre. Renoir est un cinéaste cinéphile.

L'art de Renoir atteint son apogée dans les années trente. Sarcastique, puis pour un temps en phase avec la société (compagnon de route du Parti communiste en 1935, il engage son talent et sa plume au service du Front populaire), il est généreux et gourmand, sensuel et plein de compassion, solidaire jusqu'au déchirement. La guerre et l'Occupation lui sont insupportables : il quitte la France en 1940.

Le Renoir de l'après-guerre est un citoyen américain, qui fait des films à Hollywood et vient se ressourcer au pays natal, où il tourne quelques films nostalgiques, parfois très beaux.

L'influence de Renoir est restée. La génération des ciné-clubs se nourrit de son oeuvre et y puise des leçons de cinéma et de liberté qui seront le ferment de la Nouvelle Vague.
(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")

1935 1937 1938

La Marseillaise de Jean Renoir

Réalisation : Jean Renoir
Scénario : Jean Renoir, avec Carl Koch et Nina Martel-Dreyfus
Direction photo : Alain Douarinou, Jean Bourgoin
Musique : classique, et Joseph Kosma
Production : Société de production et d'exploitation du film La Marseillaise
Noir et blanc . Durée : 135 mn.

Interprètes :
Andrex (Arnaud),
Edmond Ardisson (Bomier),
Louis Allibert (Moissan),
Pierre Renoir (Louis XVI),
Lise Delamare (Marie-Antoinette),
Louis Jouvet (Roederer),
Gaston Modot et Julien Carette
(les volontaires de Valmy).

 
Photo : Photothèque Positif - D.R.


« Renoir, fidèle à son vieux principe des "équilibres", soucieux, ici, d'éviter la fausseté et le guindé inhérents aux films à costumes avec personnages historiques, va réussir parfaitement à humaniser les trente principaux personnages de cette fresque, néo-réaliste à force de réalité quotidienne. La Marseillaise est le film de Renoir dont le dialogue est le plus riche en vocabulaire culinaire. La vraie cuisine s'y mèle à la cuisine politique et l'on s'émeut tout autant sur les Marseillais que sur les Suisses, sur les paysans brimés q"> sur les courtisans émigrés. Beaucoup de noblesse chez les révolutionnaires, beaucoup d'ingénuité et de pureté chez les nobles, Renoir brasse ici tout un monde, plaidant pour toutes les causes avec cette objectivité, cette générosité, cette domination intelligente que nul ne lui a jamais contestées. »

François Truffaut, Cahiers du cinéma, n° 78, Noël 1957

Résumé : 1792, la Patrie est en danger. Un bataillon de Volontaires se forme à Marseille. Les Marseillais gagnent Paris, où les sans-culotte préparent l'insurrection du 10 août, qui aboutit à l'arrestation de Louis XVI. Ce jour-là, la Révolution a rompu les ponts avec les monarchies européennes. La première bataille s'engage à Valmy.
(source: ministère français des affaires étrangères "les 100 films pour l'an 2000")





sortie en salle juillet1939
LA REGLE DU JEU
Réalisation:  Jean Renoir; Scénario:  Jean Renoir, Carl Koch, Camille François
Dialogues: Jean Renoir, Carl Koch, Camille François; Production:  Nouvelles Editions de Films
Dir. de prod.:  Claude Renoir; Assist. réal.:  André Zwobada, Henri Cartier-Bresson
Image:  Jean Bachelet, Jean-Paul Alphen, Alain Renoir; Son:  Joseph de Bretagne
Décors:  Eugène Lourié, Max Douy; Montage:  Marguerite Houllé-Renoir, Huguet
Musique:  Roger Désormières, Joseph Kosma; Costumes:  Coco Channel

INTERPRETES:  Nora Gregor (Christine de la Chesnaye) / Mila Parély (Geneviève de Marrast **) /Odette Talazac (Charlotte de la Plante) / Paulette Dubost (Lisette) / Claire Gérard (Mme La Bruyère) / Anne Mayen (Jacqueline) / Lise Elina (la journaliste radio) / Marguerite de Morlaye (une invitée) / Marcel Dalio (le marquis de la Chesnaye *) / Roland Toutain (André Jurieux) / Jean Renoir (Octave ***) / Pierre Magnier (le général) / Pierre Nay (Saint-Aubin) / Richard Francoeur (La Bruyère) / Geo Forster (l'homosexuel) / Nicolas Amato (le Sud-Américain) / Corteggiani (Berthelin) / Gaston Modot (Schumacher) / Julien Carette (Marceau) / Edy Debray (Corneille) / Léon Larive (le cuisinier) / André Zwobada (l'ingénieur) / Camille François (le speaker) / Henri Cartier-Bresson (le domestique anglais) / Georges Marceau / Marcel Melrac (Adolphe) / JacquesBeauvais (le maître d'hôtel)

SUJET:  Des gens du monde réunis au cours d'une partie de chasse, révèlent subitement les dessous de leurs apparences honnêtes.  Les maris, les femmes, les amants, les maîtresses et jusqu'aux domestiques, tous jouent le même jeu dont la règle reste le mensonge.
(A sa première projection, le film avait 113', ramenées à 100' à la demande du producteur, puis à 90' et même 85' après les premières séances publiques.  En octobre 1939, il est interdit, ressort en 1945 dans sa version mutilée et enfin en 1965 pour la première fois dans sa version presque intégrale grâce à la patiente reconstitution de Jean Gaborit, Jacques Maréchal et Jacques Durand.  Titre Original:  'Les Caprices de Marianne - Fair Play - La Chasse en Sologne')
(© David F. Bell. Duke University. Durham North Carolina. USA)


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