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 Le « torchecul » de  Guargantua

Gargantua, chap. XIV et XV

 

Ce texte, un peu cru de Rabelais, vient juste avant ses propos sur la réserve qu’il émet au sujet de la rupture entre la pédagogie médicale et la pédagogie médicale stricte.


 

 

 

 

 

 

 

Rabelais, Gargantua, 1534


 

Chap. 13
Comment Grandgousier congneut l'esperit merveilleux de Gargantua à l'invention d'un torchecul.


Sus la fin de la quinte année, Grandgousier, retournant de la defaicte des Ganarriens, visita son filz Gargantua. Là fut resjouy comme un tel pere povoit estre voyant un sien tel enfant, et, le baisant et accollant, l'interrogeoyt de petitz propos pueriles en diverses sortes. Et beut d'autant avecques luy et ses gouvernantes, esquelles par grand soing demandoit, entre aultres cas, si elles l'avoyent tenu blanc et nect. A ce Gargantua fEist response qu'il y avoit donné tel ordre qu'en tout le pays n'estoit guarson plus nect que luy.
"Comment cela ? dist Grandgousier.
- J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expedient que jamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
"Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande ;
"une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes ;
"une aultre foys d'un cache coul ;
"une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais

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Rabelais, Gargantua, 1534


la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derriere ; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit !
"Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
"Puis, fiantant derriere un buisson, trouvay un chat de Mars ; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
"De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
"Puis me torchay de saulge, de fenoil, de aneth, de marjolaine, de roses, de fucilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde ; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
"Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrine.
- Voyre, mais (dis Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?

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Rabelais, Gargantua, 1534


- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
- Quoy ! (dist Grandgousier) mon petit couillon as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sus nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard !
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !

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Rabelais, Gargantua, 1534


"En voulez-vous dadventaige ?
Ouy dea, respondit Grandgousier. Adoncq dist Gargantua :
RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs ;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys ;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.
"Or dictes maintenant que je n'y sçay rien ! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbesiere de ma memoire.
- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
- Quel ? (dist Gargantua) chier ?
- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous fays quinault en ce propos ?
- Ouy vrayement, dist Grandgousier.
- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul,

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Rabelais, Gargantua, 1534


sinon qu'il y ayt ordure ; ordure n'y peut estre si on n'a chié ; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
- O (dist Grandgousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet ! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu ! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe ! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier - mais ô le mal plaisant torchecul ! - puis d'un chappeau. Et notez que des chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetassez, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
"Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
"Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien duveté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté

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Rabelais, Gargantua, 1534


mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cueur et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. "

















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Guargantua (1535 ou 1534) est plus nettement humaniste : il commence avec une allusion au Banquet de Platon et s’adresse à un public éduqué vivant à la cour. Ce livre est comme Socrate un silène, car son extérieur grotesque cache un « divin » savoir. Gargantua, mal éduqué par un père rustre et par deux théologiens de la Sorbonne, est guéri de sa folie par « un sçavant médicin » (Phrançoys Rabelais) et devient un chevalier de la Renaissance. La guerre picrocholine, influencée par Lucien et par des souvenirs d’enfance de Rabelais à La Devinière, est un chef-d’œuvre, tournant en ridicule l’empereur Charles Quint. Nous y rencontrons « Le Moyne » - Frère Jean, - parmi les plus réussis des personnages comiques de tous les temps : il devient l’abbé de Thélème (de l’Arbitre) où jeunes aristocrates humanistes et évangélistes, des deux sexes, persévéreront, en dépit des persécutions, « jusques à la fin ».

 

 
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Dernière mise à jour : 23 octobre 2010