Mare Nostrum Corsica

La SNCM
Le Pascal Paoli, au large du Cap Corse, en navigation vers Marseille
La SNCM a indiqué qu'elle remplacerait progressivement les différents navires de sa flotte par des cargos mixtes. Ici, le Pascal Paoli, devenu célèbre
lors de son "détournement" pendant la grande grève de la SNCM à l'automne 2005


Profil de la compagnie aux bateaux blancs

La Société Nationale maritime Corse Méditerranée opère dans le transport des passagers, des véhicules et du fret en Méditerranée occidentale. Toute l'année, ses navires, battant pavillon français, assurent des services réguliers entre le continent français et la Corse et des liaisons internationales vers la Sardaigne, la Tunisie et l'Algérie, principalement au départ du port de Marseille. Cinq de ses navires (les Danielle Casanova, Napoléon Bonaparte, Pascal Paoli, Paglia Orba et Monte d'Oro) bénéficient de la certification Qualicert pour les prestations qu'ils offrent à leurs passagers.

La SNCM est l'héritière d'une longue histoire maritime : en 1850, la Compagnie de Navigation Mixte voit le jour et développe son activité dans le domaine du commerce et du transport de passagers avec les colonies françaises. A la même époque, en 1855, est créée la Compagnie Générale Maritime, rebaptisée Compagnie Générale Transatlantique dès 1861, qui se spécialise dans la desserte de la Corse et les voyages vers les Amériques. Au fil des ans, l'Histoire et les deux guerres mondiales redessinent la physionomie du trafic maritime d'alors. Mais c'est autour de ces deux compagnies que se construit la future SNCM : en 1969, ces deux compagnies fusionnent et deviennent la Compagnie Générale Transméditerranéenne, souvent appelée familièrement la "Transat". Ce n'est qu'en 1976, à l'époque de la naissance du concept de continuité territoriale, que la nouvelle compagnie publique prend le nom de SNCM. Début octobre 2005, à l'issue d'une longue grève largement médiatisée, est entériné le changement de statut de la compagnie, prévoyant la cession de 75% des parts au secteur privé (38% au fonds d'investissement Butler Capital Partners, 28% à Veolia transport, qui devient l'opérateur industriel de la société, et 9% à ses salariés). Veolia est, depuis, devenu l'actionnaire majoritaire de la compagnie en novembre 2008 en reprenant les parts de Butler Capital Partners.

Le siège de la compagnie, qui compte 9 navires (voir la présentation de la flotte affectée à la Corse), est situé à Marseille. Avant l'entrée en vigueur du nouveau plan d'entreprise en 2008 qui a entraîné une réduction de près de 400 postes, sans licenciements secs, la compagnie a compté jusqu'à 2 400 salariés. Elle employait en moyenne annuelle 1 409 salariés en équivalent temps plein en 2005, dont 1 058 en CDI (parmi lesquels, 456 résidants corses) d'après le rapport d'activité 2005 de la SNCM. Cette même année, sur l'ensemble de ses lignes, elle a transporté au total 1 079 000 passagers et 737 000 mètres linéaires de fret (dont 797 000 passagers et 725 000 mètres linéaires de roll sur la Corse), réalisant un chiffre d'affaires de 183 millions d'euros, à rapprocher de la subvention de continuité territoriale d'environ 66 millions d'euros versée annuellement par la Collectivité territoriale de Corse (63 millions pour les seules lignes de Marseille). En 2008, le chiffre d'affaires de la SNCM a atteint environ 310 millions d'euros, y compris subventions, pour 1,15 million de passagers transportés sur l'ensemble de ses lignes nationales et internationales et la compagnie a renoué dans le même temps avec l'équilibre financier.

 

La SNCM et la desserte maritime de la Corse Haut de page

Dans le cadre du contrat de continuité territoriale, la desserte de la SNCM s'étend à la quasi-totalité des ports de Corse, à savoir Ajaccio, Bastia, Ile Rousse, Propriano et Porto-Vecchio (voir fréquences des dessertes sur la page des lignes et des précisions sur le dispositif de continuité territoriale corse en réponse à l'idée fausse n°4) ; seuls Calvi et Bonifacio ne sont pas desservis. Sur les 9 navires que compte la compagnie, 6 sont affectés au service public de la Corse au départ de Marseille : 4 cargos mixtes pour le transport du fret et des passagers toute l'année (service dit "de base") auxquels s'ajoutent 2 cruise-ferries au départ de Marseille pour les passagers et leurs véhicules en saison et pendant les vacances scolaires (service dit "complémentaire") tandis qu'un autre ferry, le Corse, vient desservir Nice en saison. Si le principe du subventionnement du fret et du transport de passagers en période creuse fait quasiment l'unanimité, le coût du service complémentaire saisonnier (qui représente environ la moitié des 72 millions d'euros de subventions de continuité territoriale perçues en 2006 par la SNCM) est critiqué par la concurrence et par certains observateurs. Ceux-ci soulignent le fait que, s'agissant d'un trafic essentiellement touristique - donc potentiellement rentable - le système de l'aide sociale au passager serait nettement plus efficace pour développer le trafic : la subvention d'aide sociale coûterait en moyenne 10 euros par passager touristique transporté, contre 100 euros environ pour les passagers transportés en saison par la SNCM sur ses lignes de Marseille dans le cadre de la délégation de service public (voir la réponse à l'idée fausse n°5).

Il est à noter que ce dernier système d'aide bénéficie également à la SNCM au départ de Nice, ou plus précisément à ses passagers, pour un montant de 2,5 millions d'euros en 2006. Le principe en est le suivant : l'Assemblée de Corse définit les personnes éligibles à la subvention de 15 euros par voyage (jeunes de moins de 25 ans, étudiants de moins de 27 ans, seniors de plus de 60 ans, familles voyageant avec enfant(s), personnes handicapées ou invalides et leur accompagnateur éventuel et résidants corses) et celle-ci est directement déduite du prix du billet plein tarif. En raison de son faible coût au regard du développement du trafic qu'il a permis, l'Assemblée de Corse a décidé de proroger ce système de l'aide sociale maritime au départ de Toulon et Nice pour la période 2007-2012 ; son montant unitaire a toutefois été abaissé à 12 euros à compter de 2010 et l'enveloppe consacrée à cette aide sera plafonnée à 16 millions d'euros.

Au total, ce sont donc 7 navires de la SNCM qui desservent quasi-exclusivement la Corse, tandis que les 2 autres car-ferries de la compagnie sont principalement positionnés sur les lignes du Maghreb (essentiellement, la desserte de l'Algérie et de la Tunisie au départ de Marseille).


Quelques grandes dates de l'histoire de la SNCM
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L'entrée du Napoléon Bonaparte à Bastia, en août 2009 
D'après les informations parues dans la presse courant février 2010, le Napoléon Bonaparte serait, avec l'Ile de Beauté et le Corse, l'un des navires qui pourrait être mis en vente par la SNCM si la future délégation de service public ne devait plus subventionner les ferries entre Marseille et la Corse


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