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La SNCM, de 1976 à 2016
Le Pascal Paoli, au large du Cap Corse, en navigation vers Marseille

Ici, le Pascal Paoli, le long du cap Corse, devenu célèbre lors de son "détournement" pendant la grande grève de la SNCM à l'automne 2005


Profil de la compagnie aux bateaux blancs

Avant de devenir Maritima Ferries (MCM) début 2016 suite à sa reprise par le groupe Rocca puis Corsica Linea en avril 2016 suite à son absorption par le consortium Corsica Maritima, la Société Nationale maritime Corse Méditerranée opérait de longue date dans le transport des passagers, des véhicules et du fret en Méditerranée occidentale. Toute l'année, ses navires, battant pavillon français, assuraient des services réguliers entre le continent français et la Corse et des liaisons internationales vers la Sardaigne, la Tunisie et l'Algérie, principalement au départ du port de Marseille et, secondairement, depuis Toulon et Nice (ces dessertes ont finalement été abandonnées début 2015 suite aux difficultés rencontrées par la compagnie). Plusieurs de ses navires (les Danielle CasanovaPascal Paoli, Paglia Orba et Monte d'Oro) bénéficiaient de la certification Qualicert pour les prestations offertes à leurs passagers. Dans le cadre du contrat de continuité territoriale, la desserte de l'ex-SNCM s'étendait à la quasi-totalité des ports de Corse, à savoir Ajaccio, Bastia, Ile Rousse, Propriano et Porto-Vecchio ; seuls Calvi et Bonifacio n'étaient pas desservis. Sur les 8 navires en service que comptait la compagnie en 2014, 5 à 6 étaient principalement affectés au service de la Corse au départ de Marseille, les autres servant sur les lignes internationales à destination du Maghreb (Tunisie, Algérie) depuis Marseille. 

La SNCM est l'héritière d'une longue histoire maritime : en 1850, la Compagnie de Navigation Mixte voit le jour et développe son activité dans le domaine du commerce et du transport de passagers avec les colonies françaises. A la même époque, en 1855, est créée la Compagnie Générale Maritime, rebaptisée Compagnie Générale Transatlantique dès 1861, qui se spécialise dans la desserte de la Corse et les voyages vers les Amériques. Au fil des ans, l'Histoire et les deux guerres mondiales redessinent la physionomie du trafic maritime d'alors. Mais c'est autour de ces deux compagnies que se construit la future SNCM : en 1969, ces deux compagnies fusionnent et deviennent la Compagnie Générale Transméditerranéenne, souvent appelée familièrement la "Transat". Ce n'est qu'en 1976, à l'époque de la naissance du concept de continuité territoriale, que la nouvelle compagnie publique prend le nom de SNCM. Début octobre 2005, à l'issue d'une longue grève largement médiatisée, est entériné le changement de statut de la compagnie, prévoyant la cession de 75% des parts au secteur privé (38% au fonds d'investissement Butler Capital Partners, 28% à Veolia transport, qui devient l'opérateur industriel de la société, et 9% à ses salariés).Veolia Transdev est, alors, devenu l'actionnaire majoritaire de la compagnie en novembre 2008 en reprenant les parts de Butler Capital Partners mais a annoncé peu après le début des années 2010 son souhait de se retirer de son capital. De fait, la compagnie est restée un an à la recherche de repreneurs suite à son dépôt de bilan et à son placement en redressement judiciaire en novembre 2014. Dans le cadre de sa reprise début 2016 à 100% par le groupe Rocca, seuls les 4 navires mixtes et, les week-ends de très haute saison, le ferry Danielle Casanova étaient programmés pour la Corse pour la saison 2016, l'autre ferry subsistant, le Méditerranée assurant à temps plein la desserte du Maghreb.

Le siège de la compagnie, qui ne comptait plus que 6 navires lors de la dernière année d'activité de la SNCM (la flotte ayant été réduite en 2014 puis en 2015), était situé à Marseille, même si la SNCM a abandonné ses locaux historiques du boulevard des Dames début 2014 (autrefois siège de la Transat) pour de nouveaux bureaux plus fonctionnels rue de Ruffi. Avant l'entrée en vigueur du nouveau plan d'entreprise en 2008 qui a entraîné une réduction de près de 400 postes, sans licenciements secs, la compagnie a compté jusqu'à 2 400 salariés. Elle employait un peu plus de 1 400 salariés permanents en 2014 et environ 2 000 en tout au plus fort de la saison. Si la compagnie n'a plus publié de rapport d'activité sur son site web depuis sa privatisation, son chiffre d'affaires hors subvention (qui dépassait 75 millions d'euros par an jusqu'en 2012 et a été réduite à un peu moins de 60 millions d'euros en 2014) avait atteint 191 millions d'euros en 2012 d'après ses derniers comptes publics déposés. En 2013, sur ses seules lignes de Corse, la SNCM avait transporté 1 017 000 passagers selon l'Observatoire régional des transports de la Corse (ORTC) mais aurait connu un déficit de près de 40 millions d'euros selon des déclarations à la presse de ses dirigeants (contre un déficit comptable de 14 millions d'euros en 2012), qui serait en partie imputable à l'ouverture de la ligne Toulon-Bastia en dehors du cadre du service public, d'après plusieurs syndicats de la compagnie. Lors de sa dernière année d'activité, en 2015, le trafic passagers de la SNCM avait chuté à seulement 358 974 voyageurs sur ses lignes de Corse, soit plus d'un million de moins que son record de 2000, et la compagnie ne comptait plus que 6 navires, contre 13 au plus fort de son activité.


Nota Bene : ce graphique représente la flotte de la SNCM effectivement en service, toutes lignes méditerranéennes confondues (Corse et Maghreb) pendant les saisons 1992 à 2015. Il inclut donc les navires affrétés (comme l'Excelsior pendant les saisons 2013 et 2014) et exclut ceux acquis par la compagnie mais qui n'ont pas navigué sur ses lignes (comme le premier Jean Nicoli, acheté à l'été 2006 puis revendu fin 2007) ainsi que les navires loués à des tiers par la SNCM (comme le NGV Liamone un temps affrété par Raromatai Ferries en Polynésie française). Par ailleurs, l'ancien cargo Monte Rotondo a été comptabilisé ici comme fréteur pur en raison de sa très faible capacité passagers. Le point 2015 de la SNCM correspond à ce stade au plan Poséïdon mis en oeuvre par le dernier actionnaire, Transdev. Lors de sa dernière année d'activité, les 4 navires mixtes de la SNCM (Jean Nicoli, Pascal Paoli, Paglia Orba et Monte d'Oro) étaient tous positionnés à plein temps sur la Corse tandis que les deux ferries restant (Méditerranée et Danielle Casanova) étaient principalement positionnés sur celles du Maghreb (Marseille-Algérie et Tunisie), surtout pour le premier d'entre eux.


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L'entrée du Napoléon Bonaparte à Bastia, en août 2009    
À gauche, le Napoléon Bonaparte, ex-navire amiral de la SNCM avant son accident, navigue depuis 2015 pour le compte de la compagnie italienne GNV sous le nom de Rhapsody ;
à droite, le logo blanc et bleu de l'ex-SNCM.


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